‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 35 sur 122 · OXIDE CHROMIQUÉ · texte numérisé non relu

OXIDE CHROMIQUÉ

L’bydrate chromique est gris-verdatre , et l’oxide fortement desséché est vert. Il se dissout aisément dans les acides , et la dissolution , meme étendue, a une couleur verte cl’émeraude foncée : cependant elle paraît violette quand on la regarde par transmission à la lumière artificielle. L’hydrate chromique perd son eau lorsqu’on le chauffe. Quand il commence à rougir , il laisse apercevoir un vif dégagement de lumière. Sa couleur est alors d’un vert foncé. Après avoir été rougi, il est insoluble dans les acides, excepté dans l’acide sulfurique, qui le dissout avec le secours de la chaleur.

Les dissolutions de Poxide chromique dans les acides ,

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et celles des sels chromiques dans l’eau , se comportent de la manière suivante avec les réactifs :

Une dissolution de potasse qu’on y verse en petite quantité produit un précipité vert clair, qui à froid se dissout aisément et complètement dans un excès du réactif. La couleur de la dissolution est alors verte , ordinairement comme celle de la dissolution chromique avant l’addition de la potasse. Lorsqu’on fait bouillir cette dissolution , l’oxide chromique tout entier se précipite avec une couleur verte, et la liqueur qui le surnage est limpide comme de l’eau. Ce précipité paraît également vert à la lumière artificielle.

L 'ammoniaque détermine, dans les dissolutions chromiques , un précipité gris bleu, qui a une teinte de violet. Ce précipité paraît entièrement violet à la lumière artificielle. La liqueur qui le surnage est rougeâtre , et com tient encore quelques traces d’oxide chromique, qui peuvent en être précipitées par une disgestion prolongée.

Une dissolution de carbonate potassique donne, dans la dissolution chromique , un précipité vert clair, qui devient presque bleu par l’effet d un repos prolongé , et qui semble violet à la lumière artificielle. Mais une très-grande par lie de ce précipité se redissout dans un excès du réactif, de sorte qu’alors la liqueur qui le surnage est verte et plus tard paraît bleuâtre. L’oxide précipité se dissout complètement dans un très-grand excès du réactif, et l’ébullition ne précipite rien de celte dissolution.

Une dissolution de bicarbonate potassique produit un précipité vert clair , que surnage une liqueur verdâtre. Par l’effet du repos, ce précipité et cette liqueur deviennent bleuâtres. Le précipité paraît violet â la lumière artificielle.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte de meme.

Une dissolution de phosphate sodique produit un pré-

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cipité vert clair dans la dissolution cliromique neutre.

Les dissolutions d’ acide oxalique , de cyanure ferrosopolassique et de cyanure ferrico-potassique ne produisent pas de précipité dans les dissolutions chromiques.

Une dissolution de chromât e potassique colore une dissolution chrornique acide en brun-jaune foncé : si l’on ajoute de l’ammoniaque, il se forme ensuite un précipité brun-jaune, tandis que la liqueur qui surnage reste teinte en brun-jaune. Une dissolution de cbromate potassique qu’on verse dans une dissolution chrornique neutre, y détermine sur-le-champ un précipité jaune, et la liqueur qui surnage est colorée en brun-jaune.

Une dissolution d'iodure potassique donne, dans une dissolution chrornique neutre, un précipité vert-blanchâtre, qui est soluble dans l’acide hydrochlorique.

Le suif hydrate ammonique produit, dans une dissolution cliromique neutre, un précipité verdâtre d’oxide chrornique.

La dissolution ou un courant de gaz suïfide hy drique ne détermine pas de précipité dans les dissolutions chromiques acides et neutres.

Les sels chromiques neutres qui sont solubles dans l’eau rougissent le papier de tournesol.

Les sels chromiques solubles dans beau se décomposent quand on les fait rougir.

Les sels chromiques insolubles dans l’eau se dissolvent pour la plupart dans les acides , quand ils n’ont point été rougis. Leurs dissolutions acides se comportent souvent comme les dissolutions acides de l’oxide chrornique*, de manière que, dans bien des cas, on court le risque de 11e pas faire attention à l’acide avec lequel l’oxide chrornique formait des combinaisons insolubles dans l'eau. Cependant on ne tarde pas, en ayant recours au chalumeau, à se convaincre de la présence de l’oxide cliromique dans ces combinaisons.

DES BASES

Au chalumeau , l’oxide chromique et ses, combinaisons se reconnaissent très-aisément à la belle couleur verte d’émeraude qu’ils communiquent aux flux. La couleur des flux est également verte dans la flamme intérieure et dans la flamme extérieure, du moins pour le sel de phosphore : ce caractère sert à distinguer, au chalumeau, l’oxide chromique de l’oxide cuivrique.

La plupart des combinaisons de l’oxide chromique, à l’état sec, se distinguent aisément, au chalumeau, même lorsqu’elles sont réduites aux moindres traces, du plus grand nombre des combinaisons dont il a été parlé précédemment. Quand elles sont dissoutes, on les reconnaît à la couleur verte de leurs dissolutions. Celles-ci se distinguent encore des dissolutions vertes d’autres substances parce que la dissolution du sulfide hydrique n’y fait point naître de précipité et en général n’y détermine aucun changement . L’oxide chromique a beaucoup de ressemblance avec l’oxide uraneux, tant dans ses dissolutions que dans sa manière de se comporter au chalumeau } mais la dissolution uraneuse jaunit par l’acide nitrique , qui lui abandonne de l’oxigène, et après la réaction duquel elle contient de l’oxide uranique. D’ailleurs elle diffère encored’une dissolution chromique par la manière dont elle se comporte avec les dissolutions d’acide oxalique, de cyanure ferrosopotassique et de sulfhydrate ammonique.

La présence de substances organiques non volatiles s’oppose à ce que l’oxide chromique soit précipité de ses dissolutions par les alcalis.

En traitant des acides je parlerai du plus haut degré d’oxidation du chrome , Y acide chromique.

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