ACIDE HYDE.OBROMIQTJE
L’acide hydrobromique pur est un gaz qui a beaucoup de ressemblance avec le gaz cliloride hydrique. Le gaz bromide hydrique répand â l’air des vapeurs blanches, qui sont plus épaisses que celles auxquelles le gaz chloride hydrique donne naissance. Il est décomposé par le gaz chlore , qui lui enlève son hydrogène , et met en liberté le brome 5 celui-ci se montre alors sous la forme de vapeurs rougeâtres , ou , s’il est en quantité plus considérable, se précipite en gouttelettes de la même couleur. Le gaz bromide hydrique est extrêmement soluble dans l’eau. La dissolution est incolore, et, soit concentrée , soit étendue, elle ressemble à l’acide hydrochlorique concentré et étendu. Cependant lorsque le gaz bromide hydrique contient du brome libre, l’acide liquide a une couleur rougeâtre très-foncée.
La dissolution concentrée de gaz bromide hydrique dans l’eau dégage du gaz bromide hydrique quand on la fait bouillir. Cet efïet n’a point lieu lorsqu’on opère sur une dissolution étendue. L’acide hydrobromique chargé de brome perd, par l’ébullition, son brome, ainsi qu’une
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partie du gaz bromide hydrique , et il reste un acide étendu sans couleur.
Une dissolution de chlore dans l’eau, ou un courant de gaz chlore , colore l’acide hydrobromique liquide en rouge , parce que du brome se trouve mis en liberté. L’«cide nitrique n’agit point rapidement sur l’acide hydrobromique ; mais quand on fait chauffer le mélange , il y a également du brome mis à nu, et l’on obtient ainsi un liquide semblable à l’eau régale. L acide sulfurique peut également, lorsqu’il agit sur de l’acide hydrobromique amené à un certain degré de concentration, lui enlever l’hydrogène *, ce qui s’accompagne d’un dégagement d’acide sulfureux. Le suroxide de manganèse et le suroxide plombique dégagent aussi du brome gazeux de l’acide hydrobromique, quand on les fait chauffer avec ce dernier.
L’acide hydrobromique forme avec les oxides métalliques des bromures métalliques , qui ressemblent sous bien des rapports aux chlorures métalliques. Les combinaisons du brome avec les métaux dont les oxides constituent des acides puissans , sont volatiles, mais toujours moins que les chlorures correspondans , auxquelles elles ressemblent quant à leur manière de se comporter avec l’eau.
Les dissolutions des bromures métalliques solubles dans l’eau se reconnaissent par les réactifs aux mêmes caractères que l’acide hydrobromique libre.
Une dissolution de nitrate argenlique produit dans ces dissolutions un précipité blanc, qui est insoluble dans l’acide nitrique étendu, mais qui se dissout dans l’ammoniaque , quoiqu’il y soit moins soluble que le précipité blanc de chlorure argentique. 11 se distingue aussi de ce dernier par sa faible teinte de jaunâtre , qui disparaît aussitôt qu’on verse dessus de l’acide liydrochlorique. Si l’on ajoute encore un peu de chlorure calcique , la liqueur prend, à raison du brome qui devient libre , une couleur
Acides.
jaunâtre ou rougeâtre , suivant que la quantité du bromure argentique était plus ou moins considérable.
Une dissolution de nitrate mercureux produit, dans les dissolutions des bromures métalliques et dans l’acide hydrobromique, un précipité blanc, tirant sur le jaunâtre.
Les dissolutions plombiques y déterminent un précipité blanc , qui ne se dissout pas même dans une grande quantité d’eau , caractère auquel on le distingue du chlorure plombique.
Lorsqu’on verse de Y acide nitrique dans les dissolutions des bromures métalliques , et qu’on fait ensuite chauffer le tout, il se dégage des vapeurs d’un jaune-rouge, qui sont dues à du brome gazeux. Si la dissolution des bromures métalliques était incolore, elle acquiert par là une teinte de jaune-rouge, ou, si elle est étendue, elle en prend seulement une jaune. Lorsqu’on ne fait point chauffer le mélange, la dissolution du bromure métallique n’éprouve aucun changement sensible de la part de l’acide nitrique.
Quand on fait passer du gaz chlore dans une dissolution incolore d’un bromure métallique, celle-ci prend également une couleur jaune-rouge ou jaune, à causedu brome qui se trouve mis en liberté. Le chlorure calcique produit le même effet, quand on le verse dans une dissolution de bromure métallique qui a été rendue acide par l’addition d’un acide quelconque.
Si l’on verse une dissolution d amidon dans des dissolutions incolores de bromures métalliques auxquelles on a ajouté de l’acide nitrique, la liqueur devient brune. Mais celte coloration est peu caractéristique*, on ne se sert proprement de l’amidon que pour distinguer les bromures des iodures métalliques, et non pour reconnaître l’existence des premiers dans des dissolutions.
Lorsqu’on met les bromures métalliques à l’état solide dans un tube de verre blanc soudé à l’une de ses extré-
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mités, qu’on verse dessus de l’acide sulfurique concentré, et qu’on fait chauffer le tout , il se dégage du brome qui , sous forme gazeuse, remplit la partie la moins chaude du tube, et que sa couleur jaune , semblable à celle de l’acide nitreux, fait reconnaître très-aisément au jour, moins bien à la lumière artificielle. En même temps , il se forme aussi de l’acide sulfureux et de l’acide hydrobromique. Quelques bromures métalliques , par exemple le bromure mercurique, ne sont point décomposés par l’acide sulfurique.
Les bromures métalliques paraissent se comporter, quand on les chauffe, de même que les chlorures métalliques.
Au chalumeau, un bromure métallique joint à une boule de sel de phosphore qui tient de l’oxide cuivrique en dissolution, donne une couleur bleue à la flamme, ainsi que le font en pareille circonstance les chlorures métalliques; seulement la teinte de la flamme produite par les bromures tire davantage sur le verdâtre.
L’acide hydrobromique et les bromures métalliques se reconnaissent, dans les dissolutions, aux précipités que font naître dans celles-ci les dissolutions de nitrate ararentique et de nitrate mercureux. Le bromure argentique diffère de tous les précipités que le nitrate argentique détermine dans les dissolutions des substances dont il a été parlé jusqu’ici , par son insolubilité dans l’acide nitrique étendu ; cependant il faut excepter sous ce rapport le chlorure et le bromate argenliques. La manière dont on distingue le chlorure argentique du bromure argentique a été indiquée plus haut (p. 296). Le bromure argentique diffère du bromate par sa teinte jaunâtre et parce que ce dernier, comme en général les bromales, donne du gaz oxigène quand on le fait rougir. On reconnaît la présence du brome dans les bromures métalliques insolubles dans l’eau , en suivant la marche qui a été tracée (p. 296) pour le bromure argentique.
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