vanadium
A l’état métallique, le vanadium a de la ressemblance avec le molybdène. Il n’a pas tout-à-fait la blancheur de l’argent, et jouit d’un grand éclat, mais qui n’est point uniforme. Il est complètement privé de malléabilité. Il ne s’oxide ni à l’air, ni dans l’eau; mais, quand on le conserve, il devient peu à peu moins brillant, et prend une teinte de rouge. Les acides sulfurique , hydroclilorique et hvdrofluorique bouillans 11e le dissolvent pas; mais il est dissous par l’acide nitrique et par l eau régale; la dissolution est d’un beau bleu foncé. Une dissolution bouillante d’hydrate potassique ne le dissout point. Il 11e décompose pas les carbonates alcalins, à la chaleur rouge, comme font le silicium et le zirconium. Le zinc 11e peut le réduire , par la voie humide, de ses dissolutions soit acides, soit alcalines.
Dans ses combinaisons , le vanadium a la plus grande
CORPS SIMPLES. *11
analogie avec les combinaisons correspondantes del’urane, du tungstène et surtout du chrome.
C’est avec le chrome qu’on est le plus exposé à confondre le vanadium engagé dans des combinaisons. Les combinaisons de ces deux métaux colorent le borax et le sel de phosphore du même vert au chalumeau; cependant on les distingue l’un del’autre parles moyens qui ont été indiqués plus haut (p. 25 1). Tous deux, le chrome et le vanadium, donnent des acides qui sont rouges, des sels qui ont une couleur jaune, et dont les dissolutions deviennent d’un rouge foncé par l’addition d’un acide. Cependant les dissolutions des chromâtes alcalins conservent leur couleur quand on les chauffe, tandis que celles des vanadates se décolorent. L’acide chromique est très-soluble dans l’eau , et il a une saveur fort acide : l’acide vanadique est trèspeu soluble dans l’eau, quand il ne contient pas de l’oxide vanadique , auquel cas la dissolution a une couleur verte : aussi la dissolution est-elle insipide, quoiqu’elle ait une couleur jaune. L’acide chromique, quand on le fait rougir, abandonne de l’oxigène et se convertit en oxide cliromique; ce qui n’arrive point à l’acide vanadique (p. 2.46). L’oxide chromique est vert, insoluble dans l’alcali et dans l’eau ; il n’absorbe pas d’oxigène quand on le fait rougir. L’oxide vanadique est vert aussi , quand il contient de l’acide vanadique, mais alors il se dissout dans l’eau et l’alcali, et s’oxide lorsqu’on le fait rougir.
Le vanadium ressemble à l’urane en ce que l’oxide uraneux est vert, l’oxide uranique jaune, et la réaction au chalumeau identique de part et d’autre. Les dissolutions de l’oxide uranique dans les acides, qui ont une couleur jaune, sont cependant précipitées en jaune par l’ammoniaque; le précipité ne change point de couleur par l’action de la chaleur , ce qui n’arrive pas aux dissolutions de l’acide vanadique , qui , mêlées avec un excès d’ammoniaque, se décolorent quand on les chauffe, et qui, en pré-
3^8 TRAITÉ d’àNÀLYSE CHIMIQUE.
sence du chlorure ammonique , déposent une poudre blanche de vanadate ammonique. Il est vrai que les dis— solutions uraniques ne sont point précipitées par une dissolution de carbonate ammoniacal, lorsqu’on y verse celle-ci en grand excès ; mais , par une longue ébullition, il s’y forme un précipité, ce qui n’arrive pas aux dissolutions de l’acide vanadique. Les dissolutions uraniques donnent un précipité rouge-brun avec celle du cyanure ferroso-potassique ; celles de l’acide vanadique en donnent un vert.
Le vanadium ressemble au molybdène en ce que tous deux peuvent produire des combinaisons dont les dissolutions sont bleues. Cependant les dissolutions bleues que forme le molybdène perdent leur teinte bleue et se décolorent quand on les fait bouillir avec une dissolution de potasse , tandis qu’il se précipite de l’oxide molybdique brun noir*, au contraire, dans les dissolutions de l’oxide vanadique , les alcalis font naître un précipité gris-blanc ; et lorsqu’on met les alcalis en excès, le liquide qui surnage ce précipité est brun.
Le tungstène peut aussi quelquefois former des dissolutions bleues *, cependant le vanadium n’a pas beaucoup d’analogie avec lui sous d’autres rapports, et il s’en distingue aisément déjà au chalumeau.
20 TUNGSTENE.
Le tungstène réuni en masse est d’un gris d’acier , assez brillant, très -dur, cassant et fort pesant; mais la difficulté extrême que présente sa fusion, fait que jusqu’ici on est rarement parvenu à l’obtenir fondu. On se le procure plus aisément sous la forme d’une poudre d’un gris de fer, qui acquiert le brillant métallique par le frottement. Il ne change point à l’air; mais quand on l’y fait rougir , il absorbe de l’oxigène et passe à l’état d’a-
CORPS SIMPLES
eide tungs tique. Ce phénomène a lieu surtout quand il est à l’état de poudre , forme sous laquelle le métal brûle presque comme de l’amadou. On n’a point examiné la manière dont il se comporte avec les acides.