‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 79 sur 122 · antimoine · texte numérisé non relu

antimoine

L’antimoine a la couleur blanche de l’argent ou du zinc , un grand éclat métallique , et une texture très-lamellcuse. Il est cassant et facile à pulvériser. Il entre aisément en fusion. Chauffé à l’abri du contact de l’air , il est peu volatil , ou ne le devient qu’à la température durougeblanc. Ilne s’altère point à l’ai r. Lorsqu’on le chauffe au contact de l’air, il reste rouge long-temps encore après que l’application extérieure de la chaleur a cessé, et il répand une épaisse fuméeblanche d’oxide an timonique , qui se dépose à sa surface, souvent en cristaux brillans. Si l’on chauffe un petit morceau d’antimoine sur du charbon , à la flamme du chalumeau , le globule métallique , après avoir cessé de fumer , se recouvre d’un réseau d’oxide antimonique cristallisé. L’antimoine peut, à l’air libre, être complètement volatilisé sous la forme d’oxide antimonique.

L’acide nitrique oxide aisément l’antimoine, mais ne le dissout point, parce que tous les degrés d’oxi dation du métal sont insolubles dans cet acide. Lorsqu’on traite l’antimoine par de l’acide nitrique de force ordinaire , la plus grande partie se convertit presque uniquement en oxide antimonique. L’antimoine n’est presque point attaqué, même à chaud , par l’acide hydrochlorique , quoique cet acide dissolve le sulfure antimonique. Le meilleur dissolvant de l’antimoine est l’eau régale; celle-ci le dissout complètement avec le secours de la chaleur, et la dissolution contient soit de l’oxide antimonique seul , soit aussi, quand la digestion a duré long-temps , une certaine quantité d’acide antimonieux. Lorsque l’antimoine contient

beaucoup de plomb, sa dissolution dans l’eau régale dépose, par le refroidissement, des paillettes de chlorure pîombique. Quand on sursature avec, de l’ammoniaque la dissolution de l’antimoine dans l’eau régale, le précipité qui résulte de là doit se dissoudre complètement dans un excès de sulfhydrale ammonique; s’il reste un sulfure métallique noir, on conclut de là que l’antimoine contenait dufer,du plomb, ou d’autres métaux étrangers. Quand on étend d’eau la dissolution de l’antimoine dans l’eau régale, elle devient laiteuse, ce qui n’a point lieu si l’on y a préalablement ajouté de l’acide tartrique. Lorsqu’on dirige un courant de chlore gazeux sur de l’antimoine , et qu’on fait chauffer celui-ci, sans cependant élever trop la température, on obtient du chloride antimonique liquide.

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