‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 40 sur 133 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

DU RHODIUM.

Détermination du rhodium. — Lorsque le rhodium se trouve à l'état d'oxyde, ou de chlorure rhodique, dans une dissolution, la meilleure manière de le déterminer consiste, d'après Berzelius, à verser Une dissolution de carbonate sodique en excès dans la liqueur, à dessécher cette dernière, et à faire rougir le résidu sec dans un creuset de platine. Après qu'on l'a traité ensuite par l'eau, il reste de l'oxyde rhodique, qu'on réunit sur un filtre, et qu'on lave, d'abord avec de l'acide chlorhydriqueî puis avec de l'eau 5 on le calcine avec le filtre, et on le réduit par le gaz hydrogène , qui en opère aisément la réduction. On pèse le métal ainsi obtenu. Cette réduction par le gaz hydrogène peut être exécutée de la môme manière que celle de l'oxyde cobaltiqtie , qui a été décrite p. 97. Elle s'accomplit d'autant plus facilement, qu'à peine exiget-clle l'emploi de la chaleur.

Il éSt difficile de séparer le rhodium d'autres métaux avec lesquels il peut se trouver mêlé dans des dissolutions > parce que le gaz sulfide hydrique ne le précipite pas d'une manière complète, mais seulement pour la plus grande partie. Il y a peu de substances, parmi celles qui ont été précédemment passées en revue, avec lesquelles on le rencontre combiné dans la nature ; aussi n'est-il pas nécessaire d'indiquer ici les moyens à l'aide desquels on parviendrait à le séparer de toutes ces substances. Le rhodium n'existe que dans les minerais de platine; nous verrons plus loin, en parlant du platine, comment on doit s'y prendre pour le séparer des métaux contenus dans ces minerais.

Manière de séfyarer le rhodium de plusieurs autres métaux, — Le rhodium, à l'état métallique, étant insoluble même dans l'eau régale , on pourrait recourir aux acides simples pour le séparer d'autres métaux. Cependant les alliages dont il fait partie le contiennent fort souvent dans un état lel , qu'il suffit de ces acides simples pour le dissoudre en même temps que les autres métaux, et qu'en certaines circonstances il s'oppose à ce que ceux-ci soient complètement dissous.

HHODIU*. lïl

Lorsqu'on veut le dissoudre aisément, on se sert, d'après Berzelius, de bisulfate potassique, avec lequel il est susceptible d'entrer en fusion. Le rhodium se dissout dans ce sel , par l'action de la chaleur rouge, avec dégagement d'acide sulfureux ; mais la dissolution s'opère avec lenteur, et elle exige qu'on ait soin, pendant qu'elle a lieu, de mettre sur le creuset en platine un couvercle qui ferme bien, afin que l'excès d'acide ait de la peine à se dissiper. Dès qu'en retirant le couvercle la masse saline se fige et cristallise à la surface, on ôte le creuset du feu, et on le laisse refroidir; puis on épuise le sel par l'eau bouillante , et l'on traite ce que celle-ci à refusé de dissoudre avec une nouvelle quantité de bisulfate potassique. Quand le sel fondu contient peu de rhodium, U est rouge et transparent ; mais lorsqu'il en est presque saturé, il a une teinte foncée et noire. Après le refroidissement, il est coloré en jaune foncé ou en jaune clair, suivant que la quantité de métal qui s'y trouve contenue est plus ou moins considérable. L'eau froide le dissout avec lenteur, mais il se dissout facilement dans Veau chaude : la dissolution est jaune.

Tant que le sel continue à se colorer, il faut réitérer la fusion. Pour ne pas être obligé d'employer des quantités trop considérables de bisulfate potassique , on peut , quand ce sel parait avoir perdu la plus grande partie de son acide libre, y ajouter des quantités pesées d'acide sulfurique distillé, chauffer le tout avec circonspection, jusqu'à ce que l'eau de l'acide soit dissipée, et ensuite continuer la fusion. Ce qui reste sans se dissoudre doit être traité de la môme manière, jusqu'au moment où, par le défaut de coloration du flux, on a acquis la cohviction que le sel ne s'empare plus d'aucune parcelle de rhodium.

En suivant cette marche, on peut séparer le rhodium des métaux qui étaient contenus avec lui , et qui ne sont point attaqués par le bisulfate potassique.

Manière de séparer le thodium du cuivre. — Lorsqu'une dissolution contient du rhodium et du cui vre, on s'y prend de la manière suivante, d'après Berzelius, pour séparer ces deux métaux l'un de l'autre : On verse là liqueur dans un flacon bouché à l'émed , et On y fait passer du gaz sulfule hydrique, jusqu'à ce qu'elle en soit saturée. Alors on bouche le flacon, et on le laisse en repos,

172 MARCHE DE l/ANALYSE QUANTITATIVE.

pendant douze heures, dans un endroit échauffé : ce laps de temps écoulé, le sulfure de cuivre est complètement, et le sulfure de rhodium en grande partie précipité. On filtre la liqueur; on la chauffe et on l'évaporé , ce qui fait qu'elle donne encore du sulfure de rhodium, qu'on ajoute aux autres sulfures métalliques. Ceux-ci sont alors grillés, tandis qu'ils sont encore humides, dans un creuset de platine, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide sulfureux. Le grillage terminé, on verse de l'acide chlorhydrique concentré sur la masse; l'acide se colore en vert, parce qu'il s'y dissout du sous-sulfate cuivrique, tandis qu'il reste de l'oxyde rhodique. On verse de la dissolution de potasse dans la liqueur, pour en précipiter l'oxyde cuivrique.

La liqueur qu'on a séparée des sulfures métalliques par la filtration contient encore un peu de rhodium. Après l'avoir débarrassée du sulfide hydrique, en la faisant chauffer, on en obtient le rhodium, au moyen du carbonate sodique, par le procédé qui a été indiqué plus haut. Quant à l'oxyde rhodique obtenu, on le réduit à l'aide du gaz hydrogène, et l'on pèse le rhodium métallique.

Manière de séparer le rhodium du fer. — Le rhodium peut se rencontrer, dans des analyses, non-seulement uni à du cuivre, mais encore combiné avec du fer, puisqu'on s'en est servi dans ces derniers temps pour l'allier en petite quantité avec l'acier. Voici comment on s'y prend, d'après Berzelius, pour le séparer du fer : On fait passer du gaz sulfide hydrique dans la dissolution acide, pour en précipiter la plus grande partie du rhodium, à l'état de sulfure, que Ton grille, et que l'on convertit ainsi en oxyde rhodique. La liqueur séparée de ce dernier par la filtration est mêlée et chauffée avec de l'acide nitrique, ce qui transforme l'oxyde ferreux en oxyde ferrique. On précipite celui-ci par l'ammoniaque, on le lave , on le fait rougir, et on le pèse. L'oxyde ferrique ainsi obtenu contient encore du rhodium, et dans un état tel , qu'il est dissous en même temps que l'oxyde ferrique par l'acide chlorhydrique. On réduit l'oxyde ferrique au moyen du gaz hydrogène, et on dissout le métal dans de l'acide chlorhydrique, qu'il faut avoir soin de chauffer sur la fin. De celte manière, la petite quantité de rhodium reste dans un état que l'on ne connaît point en-

Page 1