‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 50 sur 133 · ÉTAIN · texte numérisé non relu

ÉTAIN

chaleur, jusqu'à ce qu'elle n'exhale plus la moindre odeur desulfuie hydrique. Si la dissolution ne contenait que de l'oxyde stanncux, après qu'elle est saturée de gaz sulfide hydrique, le sulfure d etain se précipite avec plus de rapidité, cl on doit le recueillir sur un fdtre tandis que la liqueur a encore l'odeur de sulfide hydrique.

On pourrait , à la vérité, recueillir sur un Gltre pesé le sulfure d'élain obtenu de celte manière , et , après l'avoir séché, déterminer, d'après son poids, la quantité de l'oxyde stannique ou de l'oxyde stanneux, suivant celui des deux oxydes qui existait dans la liqueur. Cependant , lorsqu'on ignore à quel degré d'oxydation l'étain était dans la dissolution , ou quand celle-ci contenait un mélange des deux oxydes, il est impossible de procéder

La meilleure méthode, et la plus simple, pour déterminer combien le sulfure d'étain contient d'étain, consiste à le convertir en oxyde stannique, d'après le poids duquel on peut calculer celui du métal. On s'y prend pour cela comme il suit : Après la dessiccation, qui n'a pas besoin d'être complète, on met le sulfure d'étain dans un creuset de platine ouvert, et on l'y chauffe doucement, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide sulfureux, inconnaissable à son odeur. Alors seulement on pousse la chaleur jusqu'au rouge. Si l'on débutait par chauffer fortement le sulfure jaune, il perdrait la moitié de son soufre, et se convertirait en sulfure noir, qui entre aisément en fusion , attaque vivement alors le creuset de platine, et se convertit très- difficilement en oxyde stannique quand il a été fondu , tandis que cette conversion s'opère complètement lorsqu'on exécute le grillage avec beaucoup de lenteur et à une température incapable de faire entrer le sulfure en fusion.

Au reste, on ne commet presque pas de faute en ne convertissant pas la totalité du sulfure noir en oxyde stannique, car ces deux corps ont à peu près le même poids atomique. Le seul inconvénient réel alors, c'est que le creuset de platine se trouve altéré.

Sur l'oxyde stannique obtenu , qui doit avoir une couleur blanche, on place un petit morceau de carbonate ammoniacal, et l'on fait ensuite fortement rougir le creuset. S'il résulte de là

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une petite perte de poids , on peut répéter l'opération jusqu'à ce qu'après deux calcinations et pesées successives le poids reste le môme. Le carbonate ammoniacal chasse de l'oxyde stannique les dernières traces d'acide sulfurique produit par le grillage.

La nature nous offre l'oxyde stannique mêlé avec très-peu de substances étrangères, mais dans un tel état de densité, qu'il est insoluble dans les acides. C'est ce qui arrive aussi à do l'oxyde stannique artiûciel que l'on a fait rougir. Lorsqu'on veut déterminer quantitativement la petite quantité de substances étrangères qui se trouvent mêlées avec l'oxydo stannique naturel, il faut diviser ce dernier par la lévigation , le mêler avec trois ou quatre fois son poids de carbonate potassique ou sodique , et Taire rougir le tout ensemble. De l'acide carbonique se dégage du carbonate alcalin, ce qui oblige à chauffer peu à peu le mélange. Il faut alors observer les mêmes précautions que celles qui sont nécessaires dans la fusion de l'acide silicique ou des silicates avec les carbonates alcalins, et que je décrirai plus loin fort au long, ce qui me dispense de les énumérer ici. Après avoir été fondu avec l'alcali , l'oxyde stannique est soluble dans les acides. On détermine non-seulement l'oxyde stannique contenu dans la dissolution , mais encore les substances étrangères qui l'accompagnaient.

Manière de séparer L'étain d'autres métaux. — On n'éprouve pas beaucoup de difficultés à séparer l'étain d'autres métaux. S'il s'agit d'un alliage, on le fait bouillir avec de l'acide nitrique. Tous les métaux dont il a été question jusqu'à présent, excepté ceux qu'on appelle nobles, comme le platine, l'or, etc., sont oxydés par l'acide nitrique, et leurs oxydes se dissolvent dans cet acide, à l'exception de l'oxyde stannique. Le mieux ensuite est d'évaporer la dissolution nitrique, avec l'oxyde stannique non dissous, jusqu'à ccque l'acide nitrique en excès soit volatilisé pour la plus grande partie ; on y ajoute alors de l'eau, et l'on réunit sur un filtre l'oxyde stannique , dont on détermine la quantité ainsi qu'il a été dit précédemment. Les oxydes dissous dans la liqueur sont déterminés d'après les méthodes que j'ai fait connaître plus haut. Si l'alliage contenait du bismuth, il est bon d'ajouter un peu d'acide nitrique à l'eau de lavage , aûn qu'il ne se mêle pas de sous-sel bismuthique à l'oxyde stannique. On sé-

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