‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 57 sur 133 · AN VI MOI M · texte numérisé non relu

AN VI MOI M

déterminer la quantité. Cependant on s'abstient de cette pesée lorsque l'alliage contient du cuivre ou quelques antres métaux dont la quantité ne peut point être calculée d'après le poids des chlorures métalliques obtenus. La pesée a lieu, soit en déterminant le poids de l'appareil , après avoir coupé une partie du tube courbé, dissolvant ensuite les chlorures dans l'eau, et pesant de nouveau l'appareil vide; soit en lavant et séchant bien la portion coupée du tube de verre recourbé, et la pesant avec la boule de verre, ce qui indique le poids des chlorures métalliques, attendu que la boule avait déjà été pesée auparavant. Ce dernier procédé est celui auquel on doit recourir lorsqu'on a des chlorures qui sont insolubles dans l'eau et dans les acides, comme, par exemple, le chlorure argentique. L'analyse des chlorures métalliques s'exécute ensuite d'après les règles qui ont été tracées précédemment. Si la boule de verre contient du chlorure argentique avec d'autres chlorures métalliques, on traite le mélange par l'eau et un peu d'acide, mais de préférence à tout autre par l'acide chlorhydrique; puis, on ajoute beaucoup d'eau , on chauffe le tout, et on sépare par la filtration le chlorure argentique non dissous, dont on détermine la quantité. On précipite ensuite les autres métaux de la liqueur filtrée , à l'aide des méthodes que j'ai décrites plus haut , et l'on en détermine le poids.

Cette méthode peut être employée pour séparer l'antimoine du cobalt, du nickel, du plomb, du cuivre, de l'argent, du platine et de l'or; mais, quand il y a du plomb, on doit avoir soin de ne pas chauffer la boule trop fortement.

Cependant elle n'est pas aussi bonne que celles qui consistent à précipiter l'antimoine de dissolutions par le moyen du gaz sulfide hydrique, ou à le dissoudre par un excès de su 1 (hydrate ammonique. Mais , ainsi que nous le verrons plus loin , celte méthode est surtout utile, et même alors préférable à toutes les autres , lorsqu'il s'agit de séparer du sulfure d'antimoine d'autres sulfures métalliques. Quant aux alliages métalliques, ils sont plus difficiles à décomposer par le chlore que les sulfures, et il arrive souvent, lorsqu'on analyse beaucoup d'entre eux par le moyen de ce réactif, que le chlorure métallique restant, s'il est fusible, enveloppe des petites parcelles d'alliage non encore décomposées, qu'il met à IL 1G

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l'abri de l'action du chlore gazeux , surtout quand la combinaison métallique ne peut point être pulvérisée.

On a essayé de séparer l'antimoine de plusieurs métaux nobles , l'argent principalement , en le coupellant dans le moufle d'un fourneau à essai : traité ainsi, l'antimoine se convertit en oxyde antimonique, et se dissipe sous la forme de fumée, tandis qu'il reste l'argent, qu'on pèse. Cependant , lorqu'on fait rougii un alliage uniquement composé d'argent et d'antimoine dans une coupelle de cendre d'os, et qu'on le lient dans le moufle jusqu'à ce qu'on n'aperçoive plus de fumée d'antimoine , on obtient , d'après Bonsdorff, du régule d'argent dont la surface est terne et grisâtre, et qui contient encore à peu près un pour cent d'antimoine, ce qui fait qu'il ne se dissout pas complètement dans l'acide nitrique. Mais en coupellant encore une fois ce régule avec environ cinq fois son poids de plomb pur, jusqu'à ce que l'argent ait produit l'éclair, on le débarrasse parfaitement de l'antimoine.

L'antimoine pourrait aussi être séparé de l'or par la môme méthode.

Manière de séparer l'antimoine de Curane, du nickel, du cobalt, du zinc, du fer et du manganèse. — Un moyen meilleur que le sulfbydrate ammonique pour séparer l'antimoine , dans des dissolutions, des oxydes de l'urane , du nickel , du cobalt , du zinc, du fer et du manganèse, consiste à verser de l'acide tartrique dans la liqueur acide, à l'étendre d'eau ensuite , et à y faire passer un courant de gaz sulûde hydrique, afin de précipiter l'antimoine à l'état de sulfure , en observant les règles et les précautions qui ont été énumérées précédemment. Cependant la présence de l'acide tartrique dans la liqueur séparée du sulfure d'antimoine par la filtration , s'oppose à ce qu'on puisse précipiter les autres oxydes au moyen des réactifs qui les précipitent ordinairement; car, dans la plupart des cas, l'acide tartrique, quand il existe en quantité suffisante, ne permet pas à la potasse de précipiter ces oxydes. C'est pourquoi il faut sursaturer la dissolution avec de l'ammoniaque, et y ajouter ensuite du sulfhydrate ammonique, qui précipite les oxydes à l'état de sulfures métalliques. On dissout ces sulfures, et Ton détermine les quantités d'oxydes contenues dans

les dissolutions, en ayant recours aux méthodes qui ont été indiquées plus haut.

Le plus difficile alors est de déterminer l'oxyde niccolique , parco que le sulfhydraleammonique a de la peine à le précipiter sous la forme de sulfure niccolique. Alors, ou l'on observe les précautions que j'ai indiquées, p. ) 1 \ , en traitant de la précipitation de l'oxyde niccolique à l'état de sulfure niccolique , ou bien , en séparant l'antimoine du nickel , on s'abstient d'ajouter de l'acide tar trique à la dissolution , omission qu'il faut faire aussi quand on ▼eut séparer les oxydes d'antimoine des terres et des alcalis.

La méthode qui consiste à séparer l'antimoine des oxydes désignés en tôle du paragraphe i en précipitant la dissolution acide par le gaz sulOde hydrique, est préférable à celle qui a pour objet de dissoudre le sulfure d'antimoine dans du sulfhydrate ammonique.

Manière de séparer tes oxydes de C antimoine des terres et des alcalis. — Quand on sépare l'antimoine des terres et des alcalis par le moyen du gaz sulfide hydrique , it est bon de ne point ajouter d'acide tartrique à la dissolution , car cet acide empêcherait les terres d'être précipitées par les alcalis. C'est pourquoi , lorsqu'une liqueur séparée du sulfure d'antimoine par la filtration contient de l'acide tartrique, la baryte est la seule substance que l'on puisse bien déterminer, attendu que l'acide sulfurique la précipite complètement. Quant à l'alumine et à la magnésie, au contraire, les alcalis ne sauraient les en précipiter le moins du monde. Aussi , lorsqu'on veut séparer les oxydes de l'antimoine des alcalis et des terres , est-il mieux d'ajouter assez d'acide chlorhydrique à la dissolution pour qu'elle devienne claire, ou, quoique la liqueur acide étendue soit laiteuse, d'y faire arriver de suite un courant de gaz sulfide hydrique. Lorsqu'on a éclairci la liqueur paT de l'acide chlorhydrique concentré, on peut, si la plus grande partie de l'anùmoine a été précipitée à l'état de sulfure, y ajouter la quantité d'eau nécessaire pour empêcher l'acide chlorhydrique d'agir sur le sulfure d'antimoine, et ensuite continuer la précipitation par le gaz sulfide hydrique.

Détermination des oxydes de l'antimoine quand il s'en trouve plusieurs ensemble. — Lorsqu'une liqueur contient plusieurs oxydes d'antimoine dont on doit déterminer les quantités, l'analyse

présente des difficultés presque insurmontables. Si , après avoir rendu la dissolution acide, on veut en précipiter tout l'antimoine par le gaz sulfide hydrique, pour tirer des combinaisons d'antimoine et de soufre qu'on obtient des conclusions applicables aux quantités d'oxygène des oxydes , la chose ne peut avoir lieu qu'autant qu'il n'y a point d'acide ta r trique dans la liqueur. En présence de cet acide, une dissolution qui contient , par exemple , de l'acide anlimonieux , précipite un sulfure d'antimoine dont la composition est analogue à celle de l'acide anti mon i que.

Jusqu'à présent on ne connaît point de méthodes à l'aide desquelles on puisse déterminer sûrement les quantités des divers oxydes de l'antimoine, lorsque plusieurs d'entre eux existent à la fois dans des combinaisons solides.

Quand de l'acide antimonique est uni à de l'acide anlimonieux r on pourrait, d'après le volume de gaz oxygène que le premier de ces acides dégage, sous l'influence de la chaleur rouge, conclure quelle est la quantité de l'acide antimonique.

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