‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 59 sur 133 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

DU MOLYBDÈNE.

Détermination du molybdène et de l'acide molybdique. — Quand l'acide molybdique existe dans des dissolutions, on peut, après avoir étendu ces dernières et les avoir rendues acides, l'en précipiter, par le gaz sulfide hydrique, à l'état de sulfide molybdique, qui est brun. La première action de ce gaz communique une couleur bleue à la liqueur, et ce n'est qu'à la faveur d'un excès de ce gaz que l'acide molybdique se précipite assez complètement, sou» la forme de sulfure brun. Cependant la liqueur qu'on sépare du précipité par la filtration, et surtout l'eau de lavage, conservent ordinairement encore une teinte bleuâtre. Il faut les chauffer, et y verser une dissolution de sulfide hydrique, qui en sépare une petite quantité de sulfide molybdique brun. . Cette opération doit être répétée plusieurs fois de suite, à chacune desquelles on continue d'obtenir un peu de sulfide, qu'on ajoute au précipité produit en premier lieu. Enfin on a une liqueur presque incolore, de laquelle la dissolution aqueuse de sulfide hydrique ne peut plus précipiter de sulfide molybdique.

On réunit le sulfide molybdique brun sur un filtre pesé, on le feit sécher avec précaution , et on en détermine; Je poids } ensuite

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on en fait entrer un poids donné dans un appareil semblable à celui qui est décrit p. 99 , et on le chauffe, comme il a été dit là de le faire pour l'oxyde cobaltique, dans un courant de gaz hydrogène sec, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de soufre, qu'on chasse de l'appareil au moyen de la flamme d une petite lampe à esprit de ▼in. Le sulfure de molybdène bran se convertit ainsi en sulfure de molybdène gris (Mo S'), d'après lequel, avec le secours des tables, on calcule la quantité du molybdène.

On peut aussi précipiter l'acide molybdique de ses dissolutions neutres ou acides. Pour cela , quand la dissolution est acide , on la rend ammoniacale , après quoi on y verse un excès de sulfhydrate ammonique, dans lequel se dissout le sulOde molybdique produit, On laisse la liqueur en repos pendant quelque temps, ce qui lui fait acquérir une couleur jaune d'or; puis, après l'avoir étendue d'une suffisante quantité d'eau, on y ajoute de l'acide chlorhydrique, et on laisse le tout tranquille jusqu'à ce que l'odeur du gaz sulûde hydrique se soit dissipée. De cette manière, tout le molybdène se précipite à l'état de sulfure , qu'on traite par le gaz hydrogène, comme il vient d'être dit.

Manière <fe séparer l'acide molybdique des oxydes métalliques. — On peut, à l'aide il m sulfhydrate arrçmonique, séparer l'acide molybdique de la plupart des oxydes métalliques dont il a élé parlé Jusqu'ici. On dissout la combinaison molybdique dans un excès d'acide; et, à celfe occasion , je dirai qu'il n'y a qu'un petit nombre de cas où l'on doive prendre pour cela de l'acide nitrique : on rend la dissolution ammoniacale, et on la met en digestion avec un excès de sulfhydrate ammonique. Les sujfures métalliques qui se précipitent sopt séparés par la filtraiion de la dissolution du sulûde molybdique, qu'on précipite ensuite de la liqueur iiltrée en y versanj de l'acide chlorhydrique.

Il est bon d'employer cette méthode lors môme que le molybdène est combiné avec des oxydes métalliques non précipitables d'une dissolution acide par le gaz sulfide hydrique, parce que l'acide molybdique contenu dans une dissolution acide n'est converti que lentement en sulfure de molybdène brun par le gaz sulfide hydrique.

Quand la combinaison de l'acide molybdique avec un oxyde

métallique est difficile à décomposer par les acides, on peut la fondre, comme les tungstales, soit avec du carbonate potassique ou sodique , soit avec du bisulfate potassique , ce qui la décompose. Dans le premier cas, en traitant la masse fondue par l'eau , on obtient les oxydes pour résidu , lorsqu'ils sont insolubles dans une dissolution de carbonate alcalin , tandis que l'eau dissout du molybdate alcalin et l'excès du carbonate alcalin dont on s'est servi. Dans le second cas, c'est-à-dire après la fusion avec du bisulfate potassique, presque toujours l'eau dissout la totalité de la masse fondue.

Lorsqu'il s'agit de séparer l'acide molybdique d'oxydes dont les sulfures métalliques sont solublcs dans un excès de sulfhydrate ammonique , la séparation offre des difficultés dont on n'est point encore parvenu à triompher.

Manière de séparer l'acide molybdique des terres et des alcalis, — Quand l'acide molybdique est combiné avec un alcali ou avec une terre, on peut d'abord traiter la dissolution par le sulfhydrate ammonique, puis en séparer du sulûde molybdique par le moyen de l'acide chlorhydrique, et déterminer l'alcali ou la terre dans la liqueur filtrée. Mais on peut aussi décomposer le sel par l'acide nitrique, et ensuite évaporer le tout à siccilé; l'acide molybdique se trouve mis à nu par-là , et, en traitant la masse sèche par l'eau, il reste sans se dissoudre , tandis que l'eau dissout le nitrate alcalin ou terreux. On peut aussi séparer l'acide molybdique de la chaux, de la strontiane et de la baryte, en faisant digérer pendant longtemps la combinaison décomposée par un acide avec un excès d'une dissolution de carbonate potassique ou sodique , ce qui sépare la terre, à l'état de carbonate, tandis que l'acide molybdique reste dissous dans la liqueur alcaline. Peut-être serait-il mieux de fondre la combinaison avec un excès de carbonate alcalin , et de traiter ensuite la masse fondue par l'eau, qui laisserait le carbonate terreux indissous, tandis qu'elle enlèverait le molybdale alcalin.

VANADIUM

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