‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 60 sur 133 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

DU VANADIUM.

Détermination du vanadium et de ses oxydes. — D'après Berzelius , on détermine la quantité du vanadium , tant dans l'oxyde vanadique que dans l'acide vanadique , et dans leurs combinaisons, en les faisant rougir dans du gaz hydrogène , ce qui les convertit en sous-oxyde de vanadium , d'après la quantité duquel on calcule colle du métal.

Lorsque de l'acide vanadique est tenu en dissolution dans une liqueur, on peut en obtenir la totalité par l'évaporation. Si la liqueur contient des acides volatils, ou aussi de l'ammoniaque, ces substances se volatilisent quand on fait rougir à l'air le résidu sec de l'évaporation ; l'acide vanadique reste, et on peut en déterminer la quantité. Il est nécessaire alors de commencer par une chaleur très-faible, qui ne doit pas aller jusqu'au rouge, et de remuer la masse , si elle contient de l'ammoniaque ; autrement, un peu d'acide vanadique se réduirait en oxyde vanadique.

Manière de séparer C acide vanadique des oxydes métalliques

Les oxydes dont les sulfures métalliques sont insolubles dans un excès de sulfhydrate ammonique pourraient être séparés de l'acide vanadique au moyen de ce réactif, en suivant la même marche que pour séparer ces oxydes de ceux d'antimoine, de tungstène et de molybdène , comme aussi d'autres oxydes qui sont de nature acide. Le sulfure de vanadium dissous dans le sulfhydrate ammonique en excès serait précipité par un acide , et devrait être ensuite grillé à l'air libre , jusqu'à ce qu'il se fût complètement converti en acide vanadique.

Manière de séparer C acide vanadique de l'oxyde plombique

L'oxyde plombique qu'on trouve dans la nature , combiné avec l'acide vanadique, ne peut point, d'après Berzelius, être séparé de ce dernier par l'ébullition avec du carbonate alcalin. C'est pourquoi , s'il y a en outre de l'acide arsenique ou de l'acide phospborique combiné avec le plomb, on peut séparer les deux sels du vanndate plombique au moyen d'une dissolution de carbonate

sodiquc, avec laquelle on fait bouillir la combinaison réduite en poudre, et qu'on évapore à plusieurs reprises jusqu'à siccité avec cette dernière. L'eau dissout ensuite , outre le carbonate sodique en excès , du phosphate et de l'arséniate sodiques , tandis qu'il reste du vanadate ef du carbonate plombiques. Lorsque la combinaison contient du chlorure plombique , l'eau dissout ensuite du chlorure sodiquc.

L'acide sulfurique ne peut pas non plus séparer complètement l'acide vanadique de l'oxyde plombique , môme après qu'on a dissous la combinaison dans de l'acide nitrique étendu. La séparation complète ne s'obtient qu'en fondant le vanadate plombique avec du bisulfate potassique. Après avoir traité la masse fondue par l'eau , il reste du sulfate plombique, tandis que la liqueur lient en dissolution du vanadate potassique et le bisulfate potassique qu'on a employé en excès.

Si le vanadate plombique contient du chlorure plombique» on dissout la combinaison dans de l'acide nitrique étendu , et l'on verse dans la liqueur une dissolution de nitrate argentique, qui en précipite du chlorure argentique, dont on détermine la quantité. Après la fiilration , on précipite , par de l'acide chlorbydrique , l'excès qu'on a mis de nitrate argenlique ; on évapore sur-lechamp la liqueur filtrée, on y verse sur la fin de l'acide sulfurique , on la fait chauffer pour dissiper complètement l'acide chlorhydrique et l'acide nitrique , et on y ajoute ensuite du bisulfate potassique : on fond le tout dans un creuset de platine, et on traite la masse fondue ainsi qu'il vient d'être dit tout à l'heure.

Maniàe de séparer l'acide vanadique de lu baryte. — On ne peut pas séparer la baryte de l'acide vanadique en traitant la combinaison par l'acide sulfurique , même en ajoutant de l'acide chlorhydrique, ou en décomposant l'acide vanadique par l'alcool. Dans tous les cas , on obtient un sulfate barytique qui devient jaune après avoir subi la calcinalion , et qui contient de l'acide vanadique.

On ne parvient à séparer la baryte de l'acide vanadique qu'en ayant recours à la méthode par laquelle on dégage ce dernier de l'oxyde plombique , c'est-à-dire en fondant la combinaison avec du bisulfate potassique, dans un creuset de platine, et traitant la

masse fondue par de l'eau chaude*, qui laisse du sulfate barytique pur.

Manière de séparer Cacide vanadique des alcalis fixes, — Celte séparation est difficile à obtenir, d'après Berzelius. On ne peut presque d'aucune manière dégager l'alcali de l'acide vanadique, à tel point qu'il n'en contienne plus du tout. Le mieux est de dissoudre le Yanadate dans de l'acide chlorhydrique, de mettre la dissolution en digestion avec un peu de sucre , jusqu'à ce qu'elle devienne bleue et que l'acide vanadique se soit converti en oxyde vanadique , de précipiter ensuite ce dernier par l'ammoniaque, et de laver le précipité de vunadite ammonique avec de l'eau chargée d'un peu d'ammoniaque, dans laquelle il est insoluble. Cependant il reste encore une trace de vanadium dans la liqueur filtrée. On évapore celle-ci , et on fait rougir le résidu sec jusqu'à ce que le chlorure ammonique soit volatilisé ; l'alcali reste alors k l'état de chlorure métallique.

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