‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 65 sur 133 · TELLURE · texte numérisé non relu

TELLURE

pité de ses dissolutions acides étendues, par le gaz sulûde hydrique, à l'état de sulfure de tellure d'un brun noir. Ce réactif peut servir à le séparer des substances qui viennent d'être désignées. On réunit sur un filtre le sulfure de tellure qui s'est produit. Si l'on a acquis la conviction qu'aucun autre sulfure métallique ne Ta accompagné dans sa précipitation , on pourrait très-bien le recueillir sur un Gltre pesé , et , après l'avoir fait sécher, déterminer son poids, d'après lequel on calculerait la quantité de l'acide tellureux. Mais souvent le sulfure de tellure contient un excès de soufre, ce qui arrive surtout lorsqu'il y avait de l'oxyde ferrique dans la dissolution. U faut alors prendre ce sulfure encore humide , avec le filtre, et le mettre en digestion dans de l'eau régale ; le tellure s'oxyde, tandis que le soufre se sépare en partie, et en partie aussi se transforme en acide sulfurique. On prolonge la digestion jusqu'à ce que le soufre mis en liberté ait acquis une couleur parfaitement jaune : alors on ûltre la dissolution , on détruit l'acide nitrique qui s'y trouve, en opérant comme il a été dit ci-dessus , et on réduit le tellure par le moyen d'un sulfite alcalin.

Lorsque de l'acide tellurique est combiné avec les substances désignées en tête du paragraphe , et qu'il s'agit de l'en séparer, on commence par le convertir en acide tellureux par le traitement au moyen de l'acide chlorhydrique. L'acide tellurique peut également être précipité par le gaz sulfide hydrique; mais la transmutation s'opère si lentement et si incomplètement, qu'on doit préférer de commencer par convertir l'acide tellurique en acide tellureux.

Quand du tellure métallique est combiné avec les métaux des oxydes qui ne sont pas précipités d'une dissolution acide par le gaz sulfide hydrique, on dissout l'alliage dans de l'acide nitrique ou dans de l'eau régale, et, après avoir étendu d'eau la dissolution , on la traite par le gaz sulfide hydrique. Il faut employer de l'acide nitrique fort pour dissoudre la combinaison , parce qu'il pourrait arriver quelquefois, en la traitant par de l'acide nitrique faible , qu'il s'opérât un léger dégagement de gaz lelluride hydrique.

Le gaz sulûde hydrique n'est pas le seul réactif auquel on puisse avoir recours pour séparer l'acide tellureux des oxydes métalliques inscrits en tête de ce paragraphe; la séparation s'exécute plus aisément encore à l'aide de l'acide sulfureux ou du sul- II. 19

290 MARCHE DE i/ ANALYSE QUANTITATIVE.

fite alcalin , lorsqu'il s'agit de liqueurs acides , parce que ces réactifs ne précipitent pas les oxydes en question. Quand on a dissous dans de l'acide nitrique ou dans de l'eau régale les combinaisons du tellure métallique avec les métaux de ces oxydes , il suffit , avant d'opérer la précipitation du tellure , de veiller à ce que l'acide nitrique soit détruit aussi complètement que possible dans la dissolution. Le tellure réduit contient quelquefois de petites quantités desmétaux dont il a été séparé par le sulûte alcalin ; mais cette quantité se réduit à peu de chose.

On sépare ensuite le tellure par la filtration, et on détermine les oxydes contenus dans la liqueur filtrée , en suivant les méthodes qui ont été indiquées précédemment.

Manière de séparer l'acide tellureux et l'acide teUurique des oxydes de mercure, forgent , de cuivre , de bismuth , de plomb et de cadmium. — On sépare l'acide tellureux et l'acide teUurique de ces oxydes par le moyen du sulfhydrate ammonique. On ajoute un excès de ce réactif à la dissolution , qui doit avoir été préalablement sursaturée avec de l'ammoniaque , et on laisse le tout digérer pendant long-temps à une douce chaleur. Le sulfure de tellure se dissout ainsi , tandis que les sulfures des autres métaux restent sans se dissoudre. Quoique le sulfure de tellure soit très-sol uble dans le sulfhydrate ammonique, il est bon de laisser digérer long-temps à une très-douce chaleur, dans un excès de ce sel, les sulfures métaltiques qui y sont insolubles.

Quand du tellure métallique est combiné avec les métaux des oxydes en question, on dissout la combinaison dans de l'acide nitrique ou dans de l'eau régale, puis on sursature la liqueur avec de l'ammoniaque, et on la traite comme il vient d'être dit. On précipite le sulfure de tellure de sa dissolution dans le sulfbydrate ammonique, au moyen d'acide chlorhydrique très-étendu, ou d'acide acétique; on réunit ce sulfure sur un filtre, on l'oxyde en le traitant par l'eau régale, et on réduit le tellure dans la liqueur, en suivant la marche qui a été tracée plus haut.

On peut, du reste, employer aussi la môme méthode pour séparer de l'acide tellureux les oxydes de cobalt, de zinc, de fer et de manganèse.

L'acide tellureux tenu en dissolution avec quelques-uns des

oxydes ênumérés en tête de ce paragraphe petit également eh être séparé au moyen de l'acide sulfureux ou d'un sulfite alcalin , lors* que les oxydes ne sont point susceptibles d'être réduits par-là, ou ne forment pas , comme il arrive à l'oxyde plombique, des combinaisons insolubles avec l'acide sulfurique qui se produit. II n'y a donc, parmi les oxydes en question, que ceux de bisrnuth et de cadmium dont on puisse séparer ainsi l'acide tellureirx. Cependant on ne saurait conseiller cette méthode» même pour séparer l'acide tellureux de l'oxyde bismuthique, parce que, d'après Berthier, une quantité assez notable de bismuth se précipite arec le tellure

L'acide tellureux peut être séparé, au moyen de là dissolution de potasse, des oxydes qui sont insolubles dans un excès de ce réactif. Beaucoup d'acide tellureux se précipite en même temps que les oxydes.

Il existe une méthode facile de séparer l'acide tellureux et l'oxyde argentique l'un de l'autre, quand ils sont dissons tons deux dans de l'acide nitrique ou dans un autre acide. Elle consiste a recourir à l'acide chlorhydrique, qui, lorsque la dissolution est étendue, précipite complètement l'oxyde argentiqde, à l'état de chlorure argentique. Après avoir réuni ce dernier sûr un filtre, on réduit l'acide tellureux dans la liqueur filtrée, ensuivant la méthode qui a été décrite précédemment.

Une combinaison métallique d'argent et de tellure qu'on vent soumettre à l'analyse doit être dissoute dans de l'acide nitrique pur. La dissolution s'opère aisément avec le secours dè la chaleur. Lorsqu'elle est complète, on étend d'eau la liqueur, et on se hâte d'en précipiter l'oxyde argentique à l'état de chlorure argentique, par le moyen de l'acide chlorhydrique, parce que si on laissait la dissolution nitrique en repos pendant quelque temps , il s'y formerait des cristaux de u M unie argentique.

Manière de séparer le tellure métallique d'autres métaux.— Quand le tellure est combiné avec des métaux régulms, on parvient trèsbien à le séparer d'un grand nombre d'entre eux par le moyen du chlore. On prend un poids quelconque de la combinaison qu'il s'agit d'analyser, et on la chauffe dans un appareil semblable à celui qui est représenté p. 166, en faisant arriver un cou-

292 MAKCHE DE l'analyse quantitative.

rant de chlore sur elle. De cette manière il passe à la distillation du chlorure de tellure , tandis que les chlorures des autres métaux, qui ne sont pas volatils, restent. Si le courant de chlore qui passe sur le tellurure échauffé est fort , il se produit du chlorure tellurique blanc ; mais si le courant est faible, et la chaleur appliquée à la combinaison un peu forte, on obtient du chlorure tellureux noir, qui passe à la distillation, sous la forme de vapeurs violettes. On dirige le chlorure de tellure dans un flacon contenant de l'eau à laquelle on a ajouté de l'acide chlorhydrique. Le chlorure tellurique se dissout complètement dans cette liqueur, tandis que, quand on le traite par l'eau pure, il se sépare de l'acide tellureux. Mais le chlorure tellureux se dissout dans de l'eau mêlée d'acide chlorhydrique en laissant un résidu de tellure métallique noir ; traité par l'eau seule, il donnerait, en se décomposant, un mélange d'acide tellureux et de tellure métallique.

Quand l'opération est terminée , qu'il ne se dégage plus de chlorure de tellure, et que tout l'appareil est refroidi, on réduit par l'acide sulfureux ou par un sulfite alcalin l'acide tellureux dissous dans le liquide du flacon. Si auparavant du tellure métallique s'était séparé dans cette liqueur, il ne serait pas nécessaire de l'enlever par la filtration avant de réduire l'acide tellureux dissous. Quant aux métaux des chlorures métalliques non volatils, on les analyse d'après les méthodes qui ont été décrites précédemment.

Cette méthode peut être employée pour séparer le tellure nonseulement de la plupart des métaux qui ont été nommés jusqu'ici, mais encore de l'or, avec lequel on le rencontre combiné dans la nature.

Manière de séparer le tellure de C antimoine et de Cètain. — L'antimoine accompagne fréquemment le tellure. On peut l'en séparer, quand tous deux sont contenus dans des dissolutions, en précipitant le tellure par un sulfite alcalin : l'antimoine ne se trouve pas réduit par-là , et on peut ensuite le précipiter de la liqueur séparée du tellure par la filtration.

Lorsqu'on décompose les tellurures métalliques par le chlore gazeux, du chlorure d'antimoine passe à la distillation, avec celui de tellure. Après avoir dissous les chlorures volatils dans de

l'acide chlorhydrique, on sépare l'acide tellureux de l'acide anlimonique par le moyen qui vient d'être indiqué.

L'étain se sépare du tellure de la môme manière que l'antimoine.

Manière de séparer te tellure de Canenie. — On pourrait aussi séparer l'arsenic du tellure par la méthode qui sert à séparer ce dernier de l'antimoine.

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