‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 66 sur 133 · CHAPITRE XLÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLÏ

Détermination du iélénium et de Cacide sélénieux. — Quand du sélénium existe à l'état d'acide sélénieux dans une dissolution, la meilleure manière de le déterminer consiste à se servir de l'acide sulfureux , employé comme dans le cas où il s'agit du tellure. \pres avoir acidifié la liqueur qui contient l'acide sélénieux, en y ajoutant de l'acide chlorhydrique, on y verse une dissolution de sulfite alcalin. Le sélénium se réduit par-là sur-le-champ dans la plupart des cas, et se sépare sous la forme d'une poudre d'un rouge de cinabre, qui reste pendant très-long- temps en suspension dnns la liqueur; mais, quand on chauffe cette dernière jusqu'à l'ébullition , le sélénium réduit se resserre en un très-petit volume, et se colore en noir. Si alors l'addition d'une nouvelle quantité de sulfite alcalin ne produit plus de coloration en rouge, on réunit le sélénium réduit sur un filtre pesé, et on le lave; puis on le lait sécher avec une extrême circonspection , et quand son poids ne diminue plus, on en détermine la quantité.

11 arrive souvent néanmoins que l'acide sulfureux opère plus lentement la réduction du sélénium. Dans tous les cas, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est, après que le métal s'est séparé, d'agir exactement comme on fait quand on réduit l'acide tellureux par l'acide sulfureux , c'est- à-dire d'ajouter à la liqueur une nouvelle quantité de sulfite alcalin , et de laisser le mélange en rnpos pendant long-temps dans un endroit chaud; s'il ne se précipite plus de sélénium, on peut être certain que ce corps avait déjà été réduit en totalité la première fois.

MARCHE DE l/ANA>¥6E QUANTITATIVE.

. lorsqu'une dissolution dans laquelle on doit déterminer l'acide sélénieux contient en, même temps de l'acide nitrique, il (aut, avant d'ajouter le sulfite alcalin , décomposer complètement celui-ci par l'acide chlorhydrique. Pour y parvenir, on chauffe la liqueur sur un bain de sable, puis on y ajoute peu à peu de l'acide chlorhydriqup, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de chlore. Ensuite , on précipite le sélénium par un sulfite alcalin.

Détermination de Cacide sélénique. — Quand le sélénium existe à l'étal d'acide sélénique dans une liqueur, on ne peut pas, d'après Mitscherlich , le réduire par l'acide sulfureux. Il faut alors faire bouillir la dissolution avec de l'acide chlorhydrique , jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de chlore. L'acide chlorhydrique réduit l'acide sélénique en acide sélénieux, qu'on peut, à son tour, réduire ensuite par (acide sulfureux , ou par un sulfite alcalin , dont on ajoute peu à peu la dissolution à la liqueur acide.

Cependant, comme on parvient difficilement , avec l'acide chlorhydrique, à réduire les dernières traces d'acide Unique en acide sélénieux, il vaut mieux précipiter le premier de ces deux acides, à l'état de sélcniate barylique, par le moyen d'une dissolution de nitrate barylique. Le séléniate ainsi produit est aussi insoluble dans les acides libres étendus que (e sulfate barylique. C'est pourquoi il convient, quand la liqueur tient un séléni;,te ej) dissolution, de l'acidifier en y ajoutant un peu d'acide nitrique, et d'y verser ensuite une dissolution jfle nitrate barytique. Le séléniate barylique qu'on obtient est rougi au feu , conune le sulfate barytique; après la calcinalion, on le pèse, et, d'après son poids, on calcule la quantité de f acide sélénique. Cependant il faut , dans ce cas , avoir acquis la conviction que la totalité du sélénium est à l'état d'acide sélénique dans la liqueur; car, comme le sélénite barjtique estsoluble dans l'acide nitrique libre, ce sel resterait en dissolution. Si l'on craint que la combinaison qu'on examine ne contienne non-seulement de l'acide sélénique, mais encore de l'acide sélénieux , on n'a qu'à la mêler avec du nitrate alcalin, dans un creuset de porcelaine, et à faire fondre le mélange pendant quelque temps ; l'acide sélénieux se convertit par-là en acide sélénique. On dissout la masse fondue dans de l'eau, on sursalure la dissolution avec de l'acide nitrique , cl l'on précipite^ l'acide se-

lénique , à l'étal de séléniate barytique , par le moyen d'une dissolution de nitrate barytique.

L'acide sélénieux pourrait, dans quelques combinaisons, être déterminé comme séléniate barytique , en faisant fondre la combinaison avec du nitrate alcalin, et traitant la masse fondue comme

il vient d'être dit.

Manière de séparer ïacide sélénieux et l'acide sélénique des oxydes de chrome, (furane, de nickel, de cobalt, de line, de fer et de math ^dnç&ô f d$$ (xl$&i%& • 1j «iciclt/ sélénieux tttin t |préoi pi lé p

par le gaz sulfide hydrique, de dissolutions acides, à l'état de sulfide sélénieux, qui a une couleur jaune , ce réactif est un moyen qu'on peut employer pour séparer aisément le sélénium des oxydes en question , lorsqu'il existe* l'état d'acide sélénieux dan# une liqueur. Le sulûde sélénieux qu'on obtient est retiré tout humide encore du ûltre ; on verse dessus de l'eau régale, et on l'y laisse digérer jusqu'à ce que le sélénium soit complètement dissous et qu'il reste tout au plus un faible résidu de soufre. Cependant il vaut mieux opérer une dissolution complète au-moyen de l'acide nitrique fumant, parce qu'il pourrait arriver que le soufre non dissous retînt encore du sélénium. On fait ensuite digérer la dissolution avec de l'acide chlorhydrique , jusqu'à ce que l'acide nitrique soit totalement détruit, puis on l'étend d'une petite quantité d'eau, et on en précipite le sélénium par un sulfite alcalin. Néanmoins , comme les substances désignées en tète du paragraphe ne sont point réduites par l'acide sulfureux, il est souvent préférable de commencer par précipiter le sélénium de la dissolution acide, en versant un sulfite alcalin dans celle-ci , et, après avoir recueilli le métal sur un ûltre, de déterminer les autres substances dans la liqueur fdtrée.

Lorsque les métaux des oxydes en question sont combinés à l'état régulin avec du sélénium , on dissout à chaud la combinaison dans de l'acide nitrique ou dans de l'eau régale. Il est vrai que , par cette médiode, les métaux s'oxydent avant le sélénium ; mais, en prolongeant la digestion, celui-ci se dissout également d'une manière complète. Avant d'ajouter ensuite du sulfite alcalin à la dissolution , il faut détruire l'acide nitrique par l'acide chlorhydfiaue

Î96 MARCHE DR l'aKALTSE QUANTITATIVE.

Si, au lieu d'acide sélénieux, c'est de l'acide sélénique qui se trouve combiné avec des alcalis, des terres, ou les oxydes métalliques dont il s'agit, la séparation du sélénium ne peut être obtenue ni par l'acide sulfureux, ni par le gaz sul6de hydrique , parce que ces deux réactifs sont sans action sur l'acide sélénique. Il faut alors, ou faire bouillir la dissolution avec de l'acide chlorhydrique, jusqu'à ce que l'acide sélénique soit converti en acide sélénieux, ou bien , ce qui vaut mieux, on y verse une dis-

V Ml

l'acide sélénique, à l'état de séléniate barytique, d'après le poids duquel on détermine la quantité de l'acide.

Si la combinaison d'acide sélénique dont on doit faire l'analyse est insoluble dans l'eau et les acides, comme il arrive, par exemple, au séléniate barytique , il faut la faire bouillir avec de l'acide chlorhydrique, pour convertir l'acide sélénique en acide sélénieux. Les sélénites insolubles dans l'eau étant solubles dans les acides, la réduction est complète quand la combinaison se trouve dissoute dans l'acide chlorhydrique.

La réduction en acide sélénieux de l'acide sélénique contenu dans des combinaisons insolubles dans les acides ne s'accomplit toutefois souvent qu'avec une lenteur extrême par ce procédé. Aussi est^il mieux , la plupart du temps , d'employer la méthode suivante : On prend un poids quelconque de la combinaison insoluble , on la mêle avec le quadruple de carbonate potassique ou sodique, et on fond le mélange dans un creuset de platine. On traite ensuite la masse fondue par l'eau , qui dissout du séléniate alcalin , ainsi que le carbonate excédant , et laisse les terres indissoutes , à l'état de carbonates. On verse de l'acide nitrique dans la dissolution, pour la rendre acide, et l'on en précipite l'acide sélénique , à l'état de séléniate barytique.

Manière de séparer C acide sélénieux et Codée sélénique des oxydes de mercure, a* argent, de cuivre, de bismuth, de plomb et de cadmium. — On sépare l'acide sélénieux de ces oxydes au moyen du suifhydrate aramonique. Si la combinaison est insoluble, on cherche à la dissoudre dans un acide. On sursature ensuite la liqueur avec de l'ammoniaque, et on y verse du sulfhydrate ammonique; ce réactif dissout le sulfide sélénieux , tandis que les sulfures des au-

très métaux se précipitent. Cette manière de séparer le sélénium de la plupart des métaux qui viennent d'être nommés mérite la préférence sur celle qui consiste à employer l'acide sulfureux, parce que les oxydes de plusieurs de ces métaux sont réduits par l'acide sulfureux. Lorsqu'une dissolution nitrique contient de l'acide sélénieux et de l'oxyde plombique , on ne doit avoir recours qu'au seul sulfhydrate ammonique pour détruire la combinaison ; car si on précipitait l'oxyde plombique par du carbonate ammoniacal, )e précipité, dans le cas même où l'on aurait mis un grand excès de ce dernier, retiendrait encore de l'acide sélénieux. Lors même qu'on se sert d'acide sulfurique pour précipiter l'oxyde plombique de la dissolution, il faut, si l'on veut obtenir la totalité du sulfate plombique, évaporer la dissolution jusqu'à siccité , et chauffer la masse sèche jusqu'à ce qu'on en ait complètement éloigné tout l'acide libre, tant l'acide sélénieux que l'acide sulfurique qui a pu être mis en excès. C'est pourquoi , en procédant de cette manière à l'analyse , on ne peut point déterminer la quantité du sélénium.

Dans les analyses au moyen du sulfhydrate ammonique, on procède de la même manière que quand il s'agit de séparer les oxydes de l'antimoine et de l'arsenic des oxydes métalliques signalés en tête du paragraphe : on trouvera la description de la marche à suivre p. 238 et p. 274. Quoique le sulflde sélénieux se dissolve aisément dans le sulfhydrate ammonique , il est bon cependant d'en ajouter un excès à la dissolution sursaturée d'ammoniaque, et d'y laisser les métaux digérer pendant long-temps à la chaleur. On réunit ensuite sur un filtre les sulfures métalliques qui ne se sont pas dissous, et on les lave avec de l'eau à laquelle on a ajouté du sulfhydrate ammonique; puis on détermine la quantité des métaux qui y sont contenus , d'après les méthodes qui ont déjà été indiquées précédemment. On acidifie la dissolution dans le sulfhydrate ammonique avec de l'acide chlorhydrique étendu , ou avec de l'acide acétique, ce qui précipite du sulûde sélénieux , lorsque la liqueur contenait de l'acide sélénieux. On réunit ensuite le sulfide sélénieux sur un filtre, et on l'oxyde , encore humide, par l'eau régale, après quoi on ajoute du sulfite alcalin à la liqueur, pour réduire le sélénium , comme il a été dit plus haut.

Si c'est du mercure qu'on sépare ainsi du sélénium , il est

nécessaire d'attendre le refroidissement complet pou* fdtrer la dissolutipn du sulfide sélénieux et la débarrasser ainsi du sulfura de mercure^

Au reste, mi peut également employer cette méthode pour séparer le manganèse , le fer , le zinc et le cohalt, du sélénium,

Cependapt si la dissolution conliept, non de l'acide sélénieux , mais de l'acide sélénique combiné avec les oxydes métalliques dont il s'agit ici » après avoir, précipité ces derniers par le sulfhydrate amffipnique, et avoir séparé par la filtration les sulfures métalliques insolubles qui se sont produits, m ne peut pas précipiter de s,ulfide sélénieux en versant un, acide étendu dans la liqueur , parce que l'acide sélénique n'esi point converti en sullule sélénieux par le sulfhydrate anamonique. Mais , la dissolution étant acide « on en précipite l'acide sélénique par le nitrate barytique , ainsi qu'il a été dit précédemment , et on le détermine comme séléniate baiyiique, ce qui i'aii qu'il n'est point nécessaire de séparer les bases de l'acide sélénique par le moyen du sulfbydrate ammonique. Si la combinaison de l'acide sélénique avec les oxydes métalliques en question , qui ne peuvent être précipités de d i^ol u lions acides par le gaz sulfide hydrique , est soluble dans l'eau , après les y avoir dissous, on précipite l'acide sélénique de la liqueur par une dissolution de nitrate barytique. Mais on peut aussi avoir recours au gaz sulfite hydrique, au moyen duquel ou précipite te* oxydes, a l'état de sulfures métalliques, puisque l'acide sélénique n'est point converti en sulfide sélénieux par ce gaz ; l'acide sélénique reste ensuite dissous , et on le détermine dans la liqueur qui a été séparée des sulfures métalliques par k Wtcalion. Cependant f lorsqu'on emploie cette méthode, û ne £aut point ajouter d'acide chiot hydrique à la dissolution , attendu qu'un peu d'acide sélénique pourrait être converti en acide sélénieux , qui donnerait naissance à du sulfide sélénieux quand on viendrait à faire passer du gaz sulfide hydrique à travers la liqneur. . '

Cette méthode peut surtout être mise en usage pour l'analyse de séléniates qui sont insolubles dans l'eau, et dont les bases sont converties en sulfures métalliques par le gaz sulflde hydrique, cas dans lequel se trouve par exemple le séléniate plombique. On met la combinaison pulvérisée dans un vase , avec de l'eau , et Ton lait

sélénium* 29.9 traverser celle-ci par un courant de gaz sulfide hydrique , jusqu'à ce qu'elle n'en absorbe plus : on sépare le sulfure de plomb par la 61- (ration , et l'acide sélénique se trouve dans la liqueur.

Manière de séparer le sétmium des métaux. — Les combinaisons du sélénium avec des métaux sont dissoutes dans de l'acjae lubrique ou dans de l'eau régale ; le métal se convertit par-là en oxyde, et le sélénium en acide sélénieux : il ne se produit pas d acide séténiqujî. On a recours aux méthodes précédemment décrites pour séparer l'acide sélénieux des oxydes métalliques , dans la dissolution.

On peut très-bien encore séparer le sélénium des métaux en faisant passer du chlore gazeux sur la combinaison , et séparant ensuite par la distillation le chlorure de sélénium , qui est volatil , des autres chlorures métalliques, qui ne le sont pas. On réussit bien mieux, et beaucoup plus rapidement, à décomposer par le chlore les séléniures que les antimoniures et les arséniures métalliques, ce qui fait que l'emploi de celte méthode est fort } conseiller dans les analyses de sélépiures métalliques. On se sert pour cela d'un appareil semblable à celui qui est représenté p. 46$. 11 est bon que le tube de verre soudé avec la boule e , et courbé à angle droit, n'ait pas un trop petit diamètre. On prend un poids quelconque c-u sélénjyre , on introduit cette masse dans la boule de verre e , on monte l'appareil , et , quand il est totalement rempli de gaz chlore , on chauffe la boule à l'aide de la plus petite flamme qu'on puisse produire avec une lampe à esprit de vin à double courant d'air : aussitôt que le chlorure de sélénium commence à se produire, il se volatilise sur-Je-çfiarap. P'abqrd, on voit paraître un liquide oléagineux et jaune orangé, qui est du chloride sélénieux, et qui coule par )e tube dans le flacon k , au tiers plein d'eau; là, ce chlorure subit une décomposition ayant pour résultat de mettre en évidence du sélénium , qui se redissent bien ensuite , en grande partie, dans la liqueur , par l'effet du courant de chlore auquel elle livre passage, mais dont cependant une fa i ble quantité reste souvent au fond du vase, sous la forme de petits globules. Plus tard il ne se forme que du chloride sélénique, qui se condense dans le tube courbé à angle droit , et qui pourrait l'obstruer s'il était trop étroit : de là vient qu'il est nécessaire de

présenter firtxjuerament la flamme d'une petite lampe à esprit de

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vin à ce tube, afin de chasser vers le flacon le chlorure qui s'y est déposé.

La plupart des séléniures métalliques sont si aisément décomposés par le gaz chlore, qu'une demi-heure déjà après que l'appareil entier est plein de ce dernier, tout le sélénium se trouve complètement converti en chlorure, lorsqu'on opère sur une quantité de combinaison qui s'élève à quelques grammes. L'opération est terminée quand , au moyen de la flamme d'une petite lampe à esprit de vin , on a chassé autant que possible le chloride sélénique de la boule , et qu'on voit qu'il ne s'en forme plus de nouveau. On laisse alors la boule refroidir peu à peu : après le refroidissement , on coupe avec une bonne lime la portion du tube dans laquelle se trouve encore du chloride sélénique , et l'on fait tomber celui-ci dans le flacon k , qu'ensuite on bouche promptement.

Les chlorures métalliques restés dans la boule sont analysés ensuite d'après les méthodes que j'ai déjà indiquées précédemment. Lorsqu'il n'y avait que du plomb combiné avec le sélénium , il est bon de commencer par peser la boule de verre avec le chlorure plombique, et ensuite de la peser seule, ce qui fait connaître le poids de ce dernier. Mais, en présence du cuivre, il est inutile de déterminer le poids des chlorures métalliques. Si la combinaison contenait du fer, une partie du chlorure ferrique se trouve avec les chlorures non volatils, tandis que l'autre s'est volatilisée avec le chloride sélénique.

On fait chauffer le liquide du flacon k jusqu'à ce que le chlore libre se soit volatilisé; ensuite on y ajoute de l'acide chlorhydrique, et on précipite le sélénium par un sulfite alcalin. Cependant , quelque facile qu'il soit de précipiter complètement le sélénium d'une dissolution d'acide sélénieux, au moyen de l'acide sulfureux , la précipitation s'effectue avec peine quand un courant de gaz a traversé long-temps une dissolution aqueuse de chloride sélénique. La dissolution d'acide sélénieux prend une teinte rouge de cinabre quelques instans après qu'on y a ajouté l'acide sulfureux ; mais souvent ce dernier n'y fait pas naître sur-le-champ le moindre précipité, ce qui prouve qu'il a dû se produire de l'acide sélénique. Il faut une longue ébullition avec de l'acide chlorhy-

SÊLÉNHJ*. 301

drique pour que le sulfite alcalin précipite complètement le sélénium. On est obligé de conserver long-temps encore la liqueur séparée par la filtration du sélénium réduit , de la faire bouillir une seconde fois avec de l'acide chlorhydrique , et d'y ajouter ensuite du sulfite alcalin , pour voir si la totalité du sélénium a été réduite. Lorsque le séléniure contient du fer , on détermine , dans la liqueur séparée du sélénium par la filtration , la quantité de ce métal qui , pendant l'analyse, a distillé avec le choride sélénique.

Il y a surtout de l'avantage à employer celtte méthode analytique quand le séléniure contient du plomb. Seulement il est nécessaire, dans ce cas, de ne chauffer la combinaison qu'avec beaucoup de ménagement , tandis qu'on la traite par le chlore, parce qu'autrement un peu de chlorure plombique pourrait se volatiliser avec le chlorure de sélénium.

Si le séléniure contient du mercure, ce qui arrive souvent, l'application de cette méthode convertit le mercure en chlorure mercurique, qui se volatilise avec le chloride sélénique, et se dis* sout dans le liquide du flacon k . On le sépare du sélénium par le procédé indiqué précédemment.

On peut encore recourir à une autre méthode pour analyser les combinaisons du sélénium avec beaucoup de métaux. Après avoir pulvérisé le séléniure, on le fait fondre avec un mélange de nitrate et de carbonate alcalins , jusqu'à ce qu'il soit complètement oxydé. La masse fondue est traitée par l'eau , qui dissout du séléniate, du carbonate el du nitrate alcalins : on sursature cette dissolution au moyen de l'acide nitrique, et l'on en précipite l'acide sélénique, à l'état deséléniate bary tique, par une dissolution de nitrate barytique. Le métal oxydé reste inaltaqué par Peau, lorsqu'il est insoluble dans le carbonate alcalin , ce qui arrive la plupart du temps. Après l'avoir lavé, on le dissout dans de l'acide chlorhydrique, et l'on en détermine la quantité à l'aide des méthodes qui ont été exposées précédemment.

Manière de séparer le sélénium de Cétain , de l'antimoine et de farsenic. — Les oxydes de ces métaux, contenus dans des dissolutions, avec de l'acide sélénieux, peuvent en être séparés en réduisant ce dernier par l'acide sulfureux, qui n'exerce pas d'influence

302 MARCHE DE i/ANALYSE QUANTITATIVE.

réductive sur eux. Si c'est de l'acide sélénique qu'il s'agit de les séparer, on le convertit , par l'acide chlorhydrique, en acide sélénieux, qu'on réduit ensuite par l'acide sulfureux. Après avoir séparé le sélénium réduit , on précipite les oxydes métalliques de la liqueur filtrée, en suivant les méthodes qui ont été précédemment décrites.

L'acide sélénique peut aussi être séparé de l'acide arsenique, dans des dissolutions, en ajoutarit à celles-ci ûhe dissolution de nitrate barytique et de l'acide nitrique libre : ce dernier dissout fârséniate barytique , mais non le séléniate. On recueille celui-ci sur un filtre, et on le pèse : d'après son poids, on calcule celui dé l'acide sélénique.

Si une dissolution contenait de l'acide sélénique avec des oxydes d'antimoine ou d etain, et avec de l'acide arsenieux, il faudrait chercher à dissoudre ceux-ci dans de l'acide chlorhydrique, et la liqueur acide ayant été étendue d'eau , en précipiter l'acide sélénique à l'état de séléniate barytique; s'il y a des oxydes d'antimoine, on doit ajouter de l'acide tartrique à la liqueur, avant d'y verser de l'eau. On évite toute application dé chaleur, parce qu'elle pourrait réduire une partie de l'acide sélénique en acide sélénieux.

Les séléniures d'arsenic peuvent être fondus avec un mélange de carbonate et de nitrate alcalins , jusqu'à ce qu'ils soient complètement oxydés. On dissout dans l'eau la masse fondue, on ajoute à la liqueur de l'acide nitrique et une dissolution de nitrate barytique, et l'on sépare le séléniate barytique qui s'est précipité.

Cependant , si le séléniure d'arsenic contenait une quantité considérable d'autres métaux , il serait difficile d'éviter une perte en le fondant avec du carbonate et du nitrate alcalins , même après avoir mis beaucoup de carbonate ; c'est pourquoi , dans des analyses rigoureuses, il convient mieux d'oxyder totalement ou en grande partie la combinaison par l'acide nitrique ou l'eau régale, d'ajouter avec circonspection du carbonate sodique en excès à la dissolution , si elle contient encore une su (lisante quantité d'acide nitrique libre, d'évaporer le tout jusqu'à siccité, etd«

faire fondre le résidu. On traite la masse fondue comme il vient d'être dit.

Manière de séparer le sélénium du tellure. — Quand ces deux substances ont été précipitées ensemble par l'acide sulfureux , dans le cours d'une analyse, on les fond avec un mélange de carbonate et de hilrale alcalins, à une température qui ne soit pas trop élevée ; on ajoute de l'acide nitrique et du nitrate barytique à là dissolution de la masse fondue, et, à l'aide de la filtration, Oîi àêpSLté le sélénlate barytique indissoûs du tellura te barytique dissous. L'àcide fellurique est réduit eri acide téllureux, dans la liqueur filtrée, par le moyen de l'acide chlorhydrique , puis, à 1'âîde dé l'acide sulfureux , on féduit l'acide téllureux lui-même.

Cependant une perte peut aisément avoir lieu pendant la fusion du sélénium et du tellure avec le carbonate et le nitrate alcalins. C'est pourquoi il vaut mieux traiter le sélénium contenant du tellure par l'acide nitrique, ou aussi par l'eau régale; puis, quand il a été oxydé en grande partie, et qu'il existe encore une quantité considérable d'acide nitrique libre, ajouter du carbonate sodique en excès, évaporer le tout à siccilé, et fondre ' le résidu sec. La masse fondue est traitée comme il vient d'être

dit.

S'il s'agit de séparer l'acide sélénieux de l'acide téllureux, dans une dissolution , on évapore celle-ci à siccité, et on traite le résidu par un mélange de carbonate et de nitrate alcalins, comme je viens de le dire. On procède de môme à l'égard des combinaisons solides qui contiennent de l'acide sélénieux.

Détermination des quantités de l'acide sélénieux er de l'acide sèlénique, quand ils existent tous deux ensemble. — - Il est facile de déterminer la quantité de l'acide sélénique et de l'acide sélénieux, lorsqu'ils Se trouvent contenus tous deux ensemble dans une dissolution. On détermine d'abord l'acide sélénique à l'état de sétéiriate barytique, dans la liqueur acidiûée par l'acide nitrique, et l'on trouve ensuite celle de l'acide sélénieux par le moyen du gaz sulfide hydrique ou de l'acide sulfureux.

304 MARCHE DE l'aNalysE QUANTITÀTIVË.

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