‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 75 sur 133 · BORE · texte numérisé non relu

BORE

l 'l'an , on lave ordinairement la masse rougi e jusqu'à ce qu'on

croie que la portion de sulfate calcique qui reste sans se dissoudre est débarrassée de tous les sulfates plus solubles. Prenant alors la liqueur filtrée, on commence par y verser de }'oxalale ammonique, pour précipiter la chaux du sulfate calcique qui a été dissous; après quoi , on détermine quantitativement les bases.

On voit que tous les borates qui ne contiennent pas d*eau et qui sont decomposables par l'acide sulfurique peuvent être analysés de celte manière. On peut aussi traiter par la même méthode ceux qui contiennent de la chaux , pourvu qu'on pèse avec une exactitude rigoureuse la quantité de spath fluor pur qu'on y ajoute; dans ce cas, on déduit de la chaux qu'on obtient toute celle qui existe dans le spath fluor dont on s'est servi.

Dans ces cas, ou en général , il y aurait toujours un grand avantage à se servir du fluorure barytique pour opérer la décomposition, si le fluorure calcique était moins dispendieux. Ce qu'il y a de mieux , sous ce rapport, c'est l'acide fluorhydrique pur et préparé dans une cornue de platine, auquel Berzelius a eu recours aussi pour décomposer les borates. Le sel qu'on veut anar lyser est décomposé, dans un creuset de platine tarp , ayee un mélange d'acide fluorique et d'acide sulfurhydrique ; on chauffe le tout, on l'évaporé jusqu'à siccité,et on fait rougir le résjdu sec : les bases qui étaient contenues dans le borate restent combinées avec l'acide sulfurique.

Manière de séparer l'acide borique de l'acide silicique. — Lorsqu'une combinaison , outre de l'acide borique, contient encore de l'acide silicique, et qu'elle est susceptible de se laisser décomposer par les acides, on ne peut, en se servant des dernières méthodes dont j'ai donné la description, qu'arriver à une détermination ceileclive des deux acides. Il faut alors consacrer une nouvelle quantité de la combinaison à celle de l'acide silicique. Pour cela faire, on décompose la combinaison au moyen de l'acide chlorhydrique, qui laisse sans le dissoudre l'acide silicique, dont on détermine le poids. 11 vaut mieux cependant évaporer jusqu'à siccité la combinaison décomposée par l'acide chlorhydrique, humecter la niasse sèche avec de l'acide chlorhydrique, et ne déicr-

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miner l'acide silicique qu'après avoir traité par l'eau cette masse humectée.

Lorsqu'une combinaison dans laquelle il y a de l'acide borique et de l'acide silicique contient en outre de l'eau , ce qui est le cas, par exemple, des minéraux connus sous le nom de datolite et de botryolite, on en consacre une troisième quantité à la détermination de la quantité de cette eau. Il ne faut pour cela que faire rougir la combinaison dans un creuset de platine : la quantité de l'eau est indiquée par la perte en poids qu'elle éprouve.

Cependant la détermination quantitative de l'acide borique présente de très-grandes difficultés quand cet acide est engagé dans des combinaisons silicifères qui ne se laissent point décomposer par les acides. Elle devient plus difficile encore lorsque , ce qui est le cas le plus ordinaire, l'acide borique n'existe qu'en petile quantité. Les tourmalines et l'axinile nous l'offrent dans cet état.

En analysant de pareilles combinaisons, on ne peut arriver qu'à des résultats qui se rapprochent de la vérité.

C.-G. Gmelin s'est servi de la méthode suivante pour déterminer l'acide borique dans les tourmalines : Après avoir réduit la substance en poudre fine par la lévigation, on la môle avec du carbonate barytique , et on la fait rougir violemment : puis on traite la masse rougie par autant d'acide chlorhydrique qu'il en faut exactement pour la décomposer , et l'on évapore la liqueur acide jusqu'à siccité, au bain marie. La quantité d'acide borique qui se volatilise ainsi est si peu considérable, d'après C.-G. Gmelin, qu'on peut la négliger. L'acide silicique est écarté du résidu sec à la ma nière ordinaire. On môle la liqueur qu'on en a séparée par la filtration avec une dissolution de carbonate ammoniacal en excès, ce qui précipite la baryte; on filtre la liqueur, on l'évaporé jusqu'à siccité , cl on chauffe peu à peu le résidu jusqu'au rouge obscur faible. H ne peut pas se perdre d'acide borique dans cette opération, parce qu'il est combiné avec de l'ammoniaque, et que, pendant la calcinalion , il ne se dégage pas de vapeurs acides conietenant de l'eau, ce qui arrive quand on fait rougir le sulfate ammonique : c'est pourquoi aussi on doit enlever la baryte , non par de l'acide sulfurique, mais par du carbonate ammoniacal. Le résidu seç est alors pesé ; on verse ensuite dessus de l'alcool et

un peu d'acide chlorhydrique, et on met le feu à l'alcool. On répète cette opération jusqu'à ce que la flamme ne se colore plus le moins du monde en vert sur les bords. De cette manière, l'acide borique se trouve expulsé en totalité; il était contenu dans la dissolution à l'état de borate ammonique, mais ce sel a été converti en acide borique libre par la calcination. Le résidu est de nouveau rougi et pesé : la perte indique à combien s'élevait la quantité de l'acide borique.

Une autre méthode, que C.-G. Gmelin propose pour déterminer l'acide borique dans ces combinaisons, consiste à faire rougir la poudre de ces dernières avec du carbonate sodique , à lessiver la masse rougie avec de l'eau , et à précipiter, par la digestion avec une dissolution de carbonate ammoniacal, les petites quantités d'alumine et d'acide silicique que l'eau a dissoutes. Ensuite on évapore la liqueur jusqu'à siccité, on verse de l'acide sulfurique sur la masse sèche, et on dissout l'acide borique par la digestion avec de l'alcool , puis on sature la dissolution avec de l'ammoniaque, on fait rougir le résidu, qui consiste en acide borique, et on en détermine le poids.

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