OU BROME
Détermination du brôme. — Le brome , dans les combinaisons avec les métaux et avec l'hydrogène , peut être déterminé de la
rmowK. 463 même manière absolument que le chlore (p. 469) , par le moyen de la dissolution de nitrate argcnlique. Si la combinaison est soluble dans l'eau , on traite la dissolution exactement comme celle des chlorures correspondans ; le bromure argentique produit se sépare de môme que le chlorure argentique : après Pavoir séché , on le fait fondre, comme celui-ci , et d'après son poids on calcule celui du brome.
Le brôme des bromures volatils est également déterminé de la même manière que le chlore des chlorures volatils (p. 471 ). Les bromures volatils le sont moins que les chlorures correspondans.
On sépare aussi le brôme des bromures insolubles par les mêmes procédés que le chlore des chlorures non solubles ( p. 481 ).
Pour séparer les bromures métalliques volatils de ceux qui ne le sont pas , on s'y prend de même qu'à l'égard des chlorures correspondans (p. 486).
Les bromures peuvent aussi , comme les chlorures , être décomposés par l'acide sulfurique : d'après la quantité de sulfate qu'on obtient, on calcule celle du brôme (p. 483).
Gomme il se dégage du gaz bromide hydrique, du gaz acide sulfureux et du brôme, pendant la décomposition des bromures métalliques par l'acide sulfurique, l'opération doit être faite, non dans un creuset de platine , mais dans une capsule ou dans un creuset de porcelaine.
Cependant il y a quelques bromures métalliques , par exemple le mercurique , qui ne sont pas décomposés par l'acide sulfurique.
Lorsqu'il s'agit de déterminer la quantité de brôme libre , on s'y prend de même que pour le chlore à Pétat de liberté ( p. 469 ). Que ce corps soit pur, mêlé à l'eau, ou dissous dans l'eau, on le traite avec circonspection par un excès d'ammoniaque, qui le convertit tout entier en bromure ammonique, avec dégagement de gaz nitrogène. La réaction est si forte, que, si l'on n'y fait pas attention, il peut aisément s'échapper un peu de bromure ammonique. Après avoir étendu la dissolution d'une suffisante quantité d'eau , on l'acidifie par l'acide nitriqne, et au moyen d'une dissolution de nitrate argentique on précipite le brôme, à Pétat de bromure d'argent.
Manière de séparer le brôme du chlore. — D'après ce qui vient d'être dît, on voit qu'il est irès-facile de déterminer le brome avec une grande exactitude dans les combinaisons, lorsque celles-ci sont pures et non contenues dans d'autres composés : mais celte détermination a beaucoup moins d'intérêt que celle à laquelle on veut arriver quand les bromures sont associés à des chlorures, ce qui est le cas le plus commun.
Le chlore et le brôme, les chlorures et les bromures correspondais, ont tant d'analogie ensemble, qu'on ne connaît encore aucune manière exacte de séparer le brôme du chlore , et que la détermination du premier doit avoir lieu, la plupart du temps, d'une manière médiate.
Une méthode sûre pour déterminer le brôme, quand sa combinaison est associée à un chlorure, consiste à opérer de la manière suivante : Au moyen d'une dissolution de nitrate argenlique , et en prenant les précautions nécessaires , on précipite ensemble le chlore et le brôme de la liqueur , à l'état de chlorure et de bromure argenliques. Après avoir séché le précipité , on fait fondre à la manière accoutumée , et on en détermine le poids. On retire du creuset de porcelaine tout ce qu'on peut obtenir de la masse fondue , en chauffant faiblement ce creuset , ce qui fait fondre la combinaison argentique sur les côtés, et permet d'en retirer la plus grande partie, à l'aide d'une baguette de verre. On en prend une quantité pesée , qu'on introduit dans une boule de verre , et à travers laquelle on fait passer du chlore gazeux sec , tandis qu'on la chauffe. La totalité de la combinaison argentique se convertit parlà , avec expulsion du brôme , en chlorure d'argent , qui pèse moins que ne pesait d'abord le mélange du bromure et du chlorure argentique. Quand on ne veut pas recueillir le brôme, on peut se servir, pour celte opération, de l'appareil décrit et figuré p. 99. La différence de poids entre le mélange de bromure cl de chlorure et le chlorure pur doit être multipliée par i ,820, pour obtenir la quantité du brôme que le chlore gazeux a chassé du mélange. Le calcul repose sur ce que la quantité du brôme est à celte différence de poids comme le poids atomique du brôme à la différence des poids atomiques du brôme et du chlore. On trouve la quantité de chlore çn déduisant du mélange de chlorure ci de bromure d'argent
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la quantité d'argent existante dans le chlorure argontique obtenu en dernier lieu , ee qui fait connaître le pouls commun du chlore et du brome, dont on soustrait la quantité calculée de brome.
Suivant Berzelius, on peut renverser cette méthode sans qu'elle perde de sa certitude. Après avoir fait fondre le mélange de chlorure et de bromure d'argent dans le creuset de porcelaine, on l'y réduit en posant dessus un petit morceau de zinc distillé ou du fer pur : au bout de vingt-quatre heures la réduction est complète. On acidifie la liqueur avec une goutte d'acide chlorhydrique. L'argent réduit se détache alors parfaitement des parois du creuset ; on l'écrase, et on le fait bouillir, d'abord , avec de l'eau acide , puis avec de l'eau pure ; ou le fait rougir, et on le pèse ; ensuite on calcule combien il faut de chlore pour convertir cet argent en chlorure : on prend la différence entre ce dernier et le mélange de chlorure et de bromure argentiques , et on calcule de la mémo manière.
Berzelius a indiqué une autre méthode pour séparer le chlore du brome, et déterminer immédiatement ce dernier. 11 est nécessaire ici , quand le chlore et le brôme sont contenus avec des métaux ou avec de l'hydrogène dans la combinaison qu'on analyse, de les en séparer, pour les mettre à l'état de liberté. Dans cette vue, on mêle la combinaison avec du suroxyde de manganèse en poudre, et on introduit le mélange dans une petite cornue tubuléc, qui est pourvue d'un récipient contenant un peu d'eau. On verse dans la cornue de l'acide sulfurique en excès, préalablement mêlé avec un cinquième d'eau , puis on chaude la cornue. Le chlorure de brome, dans lequel prédomine plus ou moins l'un des deux principesconstituans, se condense dans le récipient, qu'on a soin de bien refroidir, et se dissout dans l'eau que renferme ce récipient. I,a cessation des vapeurs rougealres annonce que l'opération est terminée. On sature alors complètement de chlore gazeux la dissolution aqueuse de brôme contenant du chlore , et l'on ajoute de l'hydrate potassique, jusqu'à ce que la liqueur soit incolore. 11 se forme du chlorure, ainsi que du chlorate et du bromate potassiques. Alors on verse dans la liqueur du nitrate argculiquc, qui précipite du chlorure cl du bromate aigentlqucs. Après avoir lavé le préci-
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pité, Oh le fait macérer, avec de l'eau de barile, dans un flacon bouché , ce qui donne naissance à du bromale baril ique , sans qu'il se décompose de chlorure d'argent. L'eau de barite , qu'on a dù employer en excès, ayant été évaporée, on obtient du bromate barilique cristallisé, qu'on lave avec un peu d'alcool ordinaire, pour être bien certain qu'il ne contient aucune trace de chlorure barilique, après quoi on peut le convertir en bromure baritiquc par la calcination.
Aucune de ces méthodes, la première surtout , ne peut servir à déterminer, môme d'une manière approximative, de très-petites quantités de bromures mêlées avec de très-grandes quantités do chlorures. Cependant ce cas est le plus fréquent de tous, le brome ne se trouvant que dans des eaux salées et dans des eaux minérales où , la plupart du temps, il n'entre que pour une proportion trèsfaible, comparativement à celle des chlorures.
Lorsqu'on dispose d'une grande quantité de ces eaux , il est possible d'en concentrer assez le brome pour arriver à le déterminer d'une manière certaine. On prend un volume ou un poids quelconque de l'eau, et on y verse une dissolution de nitrate argentique, qui précipite à la fois le chlore et le brôme, à l'état de chlorure et de bromure argentiques , dont on détermine la quantité. Si l'eau est alcaline, on l'acidifie préalablement par l'acide nitrique; ensuite on ajoute avec circonspection de la dissolution de nitrate argenlique à un autre volume ou poids assez considérab de l'eau , de manière à précipiter non pas la totalité, mais seulement la plus grande partie du chlore ; on recueille le chlorure aigentique sur un filtre , et on en détermine le poids. Tant que la totalité du chlore n'est point précipitée , tout le brôme est encore dissous. Si ensuite on ajoute encore du nitrate argentique à la liqueur filtrée, avec l'attention d'en mettre sur la fin un excès, ce qui restait de chlorure et la totalité du brome se précipitent, combinés avec de l'argent ; et la quantité du brôme peut être tellement élevée dans le précipité, relativement à celle du chlore, qu'il y ail possibilité ensuite d'avoir recours à la méthode précédemment décrite pour déterminer le brôme, méthode qui consiste à convenir la totalité de la combinaison argenlique en chlorure d'argent pur, par le moyen du chlore gazeux.
taionis. >W~ Une autre méthode pour séparer le brôme du cldore a été proposée par M. Henry: On précipite, par le nitrate argcntique, ces deux corps à l'état de bromure et de chlorure ~ et on met le précipité en contact avec de l'acide sulfurique dilué et du zinc. Lorsque la réduction de l'argent est terminée, on filtre la liqueur, et on y ajoute de la baryte, en léger excès, qui précipite le zinc et l'acide sulfurique ; on filtre de nouveau , et on évapore à siccité le liquide filtré, qui consiste en chlorure et en bromure barytiques, mélangés avec l'excès de baryte; on traite ce résidu par l'alcool absolu, qui ne dissout que le bromure barylique.
On peut encore procéder comme il suit , d'après M. Piria : On décompose dans une cornue le mélange de chlorure et de bromure par l'acide sulfurique faible; on recueille les acides chlorhydrique et bromhvdrique dans une dissolution de baryte caustique, dont on précipite l'excès, quand le dégagement de ces acides est terminé, par un courant d'acide carbonique. La liqueur étant filtrée, on l'évaporé à sec, et on la traite par l'alcool absolu, qui dissout le bromure et laisse le chlorure barylique.
Dans l'un ou dans l'autre procédé, ce sel étant obtenu , il convient de le décomposer par le nitrate argcntique acide, afin de doser le brôme à l'état de bromure argcntique. E. P. ]
Détermination de l'acide bromique. — L'acide bromique peut être déterminé, dans beaucoup de ses combinaisons, par un procédé analogue à celui qu'un emploie pour la détermination de l'acide chlorique (p. 489). Quand on fait rougir les bromates, ils se convertissent, avec dégagement de gaz oxygène, en bromures métalliques, dans lesquels on peut déterminer le brôme à la manière ordinaire.
Peut-être parviendrait-on, dans certains cas, à séparer l'acide bromique comme bromate argentique , qui , de même que le chlorure d'argent , est soluble dans l'ammoniaque et insoluble dans l'acide nitrique étendu.
498 MARCHE DE l' ANALYSE QUANTITATIVE.