DE L'IODE
Détermination de l'iode. — L'iode aussi peut être déterminé, dans ses combinaisons solubles avec des métaux et avec l'hydrogène , de la môme manière que le chlore et le brôme, par le moyen d'une dissolution de nitrate argenlique. Si la liqueur contient des carbonates, il est bon de l'acidifier avec l'acide nitrique , non pas avant d'y ajouter le nitrate d'argent, mais après avoir fait celte addition ; autrement il pourrait se séparer de l'iode, que la dissolution argenlique ne convertirait pas complètement en iodure d'argent.
Après avoir séché l'iodure d'argent , on le traite de la môme manière que le chlorure argenlique.
Si l'iode est contenu dans des dissolutions insolubles, on traite celles-ci, pour les décomposer, par du carbonate potassique et sodique, par du gaz sulfide hydrique, ou par du sulfhydrale ammonique, comme les chlorures correspondans (p. 481, 484 et 485).
La plupart des iodures peuvent être décomposés aussi par l'acide sulfurique et transformés en sulfates, de la môme manière que les chlorures (p. 485). Comme celte décomposition donne lieu à un dégagement d'acide sulfureux et d'iode, il ne faut pas faire usage de vaisseaux en platine. D'après la quantité de sulfate qu'on obtient , on calcule celle du métal : on trouve ainsi celle de l'iode par la perte.
Quelques iodures métalliques , par exemple l'iodure mercurique, ne sont pas décomposés par l'acide sulfurique.
Manière de séparer l'iode du chlore. — La méthode ordinaire, et assurément la meilleure jusqu'ici , pour séparer l'iode du chlore, quand la combinaison est soluble dans leau, consisté à verser une dissolution de nitrate argenlique dans la liqueur neutre ou acide, à précipiter simultanément de cette manière du chlorure et de l'iodure argentiques, et à mettre le précipité en digestion avec de l'ammoniaque, qui dissout le chlorure argenlique, laissant l'iodure. On réunit ce dernier sur un filtre, et on en dé-
iode. 499 termine la quantité. Prenant ensuite la liqueur ammoniacale filtrée, on en précipite le chlorure argentique, par le moyen d'un excès d'acide quelconque.
Cependant, il est souvent mieux, avant d'employer le nitrate argentique, d'ajouter un excès d'ammoniaque à la dissolution des combinaisons qui contiennent des chlorures et des iodures, a6n de voir s'il n'y a pas dans la liqueur des substances qui puissent être précipitées par l'ammoniaque. On verse ensuite la dissolution de nitrate argentique dans cette liqueur, pour précipiter l'iodure argentique, après la séparation duquel on précipite à son tour le chlorure argentique par le moyen d'un acide.
La méthode de séparer le chlorure argentique de l'iodure argentique par l'ammoniaque donne néanmoins des résultats qui ne peuvent s'approcher de la vérité que de loin, parce que l'iodure argentique n'est point absolument insoluble dans l'ammoniaque. C'est pourquoi il convient de ne pas employer un trop grand excès d'ammoniaque pour opérer la dissolution du chlorure argentique.
Suivant Fuchs, on réussit mieux à précipiter l'iode, comme iodure d'argent, des dissolutions de ses combinaisons , lorsqu'on ajoute à la liqueur une dissolution de chlorure argentique dans un excès d'ammoniaque.
Une méthode tout aussi sûre que celle qui vient d'être rapportée pour déterminer Tiode, quand il se trouve contenu avec du chlore dans des combinaisons, consiste à précipiter les deux corps ensemble, par le moyen d'une dissolution de nitrate argentique ; on fait fondre ce mélange de chlorure et d'iodure d'argent , et on en prend un poids déterminé, que l'on convertit en chlorure d'argent pur, à l'aide d'un courant de gaz chlore sec, comme j'ai dit qu'on le pratique pour opérer la conversion d'un mélange de chlorure et de bromure d'argent (p. 494). Le calcul pour trouver l'iode ressemble aussi à celui que j'ai indiqué au môme endroit. La différence de poids entre le mélange de chlorure et d'iodure d'argent et le chlorure d'argent produit à ses dépens doit ôlre multipliée par 1,309, afin de trouver la quantité de l'iode qui a été chassé du mélange par le chlore gazeux. Cependant, lorsqu'on veut déterminer sûrement et immédia-
V)k MARCHE DE l'analyse QUANTITATIVE.
suffisante quantité d'hydrate barytique , sans toutefois en mettre trop , puis on l'évaporé lentement jusqu'à siccité, sans préalablement précipiter par le gaz acide carbonique la baryte qui a pu être mise en excès. Celle-ci est complètement convertie en carbonate barytique par l'acide carbonique de l'air atmosphérique, quand on n'a pas employé un trop grand excès d'hydrate barytique. On verse ensuite de l'eau sur la masse évaporée jusqu'à siccité, et on recueille le carbonate barytique sur un filtre. Alors on peut évaporer à siccité la liqueur filtrée, qui est une dissolution de nitrate barytique, et d'après le poids du résidu déterminer Ja quantité de l'acide nitrique : mais il est mieux de précipiter la baryte de la dissolution, en ajoutant à celle-ci de l'acide sulfurique étendu. Il faut, dans ce cas , s'être convaincu que la liqueur ne contient plus aucune trace d'hydrate barytique. On calcule ensuite la quantité du nitrate barytique ou de l'acide nitrique, d'après le poids du sulfate barytique qu'on obtient, à l'aide des tables.
Il faut avoir soin , en évaporant la liqueur qui tient le nitrate barytique en dissolution, de ne pas trop chauffer sur la fin, afin de ne point détruire une partie de l'acide nitrique.
Le carbonate barytique peut être substitué à l'hydrate dans cette analyse. Cependant l'hydrate mérite la préférence.
On peut s'y prendre aussi d'une autre manière pour déterminer l'acide nitrique dans une dissolution : on ajoute à celle-ci une quantité pesée d'oxyde plombique, et Ton évapore le tout jusqu'à siccité. La masse desséchée avec circonspection indique, après qu'on l'a pesée, quelle est la quantité de l'acide nitrique. Cependant cette méthode ne donne point un résultat aussi exact que celle qui consiste à déterminer l'acide nitrique par le moyen de la baryte. Cet acide forme avec l'oxyde plombique plusieurs sous-sels, qui sont insolubles dans l'eau , et que par conséquent on ne peut pas bien séparer des quantités, à la vérité peu considérables, de carbonate plombique qui , pendant l'évaporalion , ont pu se produire dans l'oxyde plombique mis en excès. Avec la baryte, au contraire, l'acide nitrique ne donne pas de sous-sels, mais seulement un sel neutre, qui est soluble dans l'eau.
Manière de séparer C acide nitrique des bases. — Quand l'acide nitrique est combiné avec les bases, on décompose les nitrates par
NITROGÈNE. 505
l'acide sulfurique dans un creuset deplatine, et on volatilise l'acide nitrique et l'excès d'acide sulfurique à l'aide d'une faible cbaleur rouge. On détermine ensuite la quantité de la base d'après le poids de sulfate qu'on obtient, et la perte indique celle de l'acide nitrique. On conçoit qu'en opérant ainsi , il faut que le sulfate soit de nature à ne pas perdre son acide par la calcination.
Quand on fait rougir les nitrates, ils laissent la plupart du temps de l'oxyde pur après la calcination ; la perte indique alors la quanti té de l'acide nitrique, quand le sel ne contient pas d'eau de cristallisation. Les combinaisons de l'acide nitrique avec les oxydes des métaux proprement dits n'exigent pas, pour se convertir en oxydes, un aussi baut degré de chaleur que celles avec les alcalis et les terres alcalines. On ne parvient à décomposer ces dernières qu'à l'aide d'une calcination très-violente; et lorsque l'opération s'exécute à Pair libre , les bases mises à nu absorbent promptement de l'acide carbonique.
Cependant on peut s'y prendre d'une autre manière pour séparer les bases de l'acide nitrique, et alors, dans certains cas, on parvient à déterminer ce dernier immédiatement. Lorsque l'acide nitrique est uni à un oxyde métallique avec lequel il forme un sel soluble dans l'eau , et que l'oxyde peut être complètement précipité de la dissolution du sel , à l'étal de sulfure métallique, par le moyen du gaz suit nie hydrique, on emploie ce dernier réactif pour séparer la base de l'acide. La liqueur séparée du sulfure métallique pur la Oltration contient alors la totalité de l'acide nitrique, avec un peu de sulGde hydrique dissous. On y verse un excès de dissolution d'hydrate barytique, et l'on procède ensuite exactement comme il a été dit plus haut. En évaporant le tout jusqu'à siccité, la baryte qu'on a mise en excès se combine avec de l'acide carbonique. Dans le même temps aussi, la petite quantité de sulfure barytique auquel le sulfide hydrique dissous avait donné naissance se transforme, par l'effet de l'oxydation , en hyposulfite et en sulfate bary tiques. Lorsqu 'ensuite on verse de l'eau sur la masse sèche, il n'y a que le nitrate barytique qui se dissolve. On ajoute de l'acide sulfurique à la dissolution, et, d'après le poids du sulfate barytique qu'on obtient, on calcule la quantité de l'acide nitrique.
Dans «es expériences, il est nécessaire de ne pas employer,
afin de calculer la quantité de la base d'après celle qu'on obtient de sulfate barytique ou strontianique. On verse ensuite de la dissolution d'hydrate barytique dans la liqueur filtrée, pour la débarrasser de l'acide sulfurique qui a été mis en excès , puis on détermine l'acide nitrique par le procédé dont j'ai déjà parlé plusieurs fois.
Les méthodes décrites jusqu'ici peuvent servir à déterminer immédiatement, dans la plupart des nitrates, non-seulement la quantité de la base, mais encore celle de l'acide nitrique. Lorsque ces sels contiennent de l'eau de cristallisation , la perte indique à combien elle se monte.
11 n'y a que quelques nitrates dans lesquels la quantité de l'acide nitrique ne puisse pas être déterminée d'une manière immédiate, et ne puisse l'être que par la perte. C'est là le cas, par exemple, des combinaisons de l'acide nitrique avec les alcalis. Il faut décomposer ces sels au moyen de l'acide sulfurique; d'après la quantité de sulfate alcalin qu'on obtient , on détermine celle de l'alcali, et la perte indique celle de l'acide nitrique.
Cependant lorsqu'une dissolution contient des nitrates alcalins, et qu'on veut déterminer avec exactitude la quantité de l'acide nitrique, on peut s'y prendre pour cela de la manière suivante : On ajoute de l'acide sulfurique à la dissolution , et l'on distille le tout jusqu'à siccité, dans une cornue, à une chaleur modérée : le produit est recueilli dans un ballon qui contient une dissolution d'hydrate barytique. Il faut veiller à ce qu'il ne se perde point d'acide pendant la dissolution. Celle-ci terminée, on en évapore lentement le produit jusqu'à siccité, et on verse de l'eau sur Je résidu sec : le nitrate barytique se dissout, et il reste du carbonate barytique. Ce dernier peut être accompagné de sulfate barytique si , pendant la distillation , de l'acide sulfurique a passé dans le récipient. On détermine ensuite la quantité de l'acide nitrique dans la dissolution du nitrate barytique, en ayant recours à l'acide sulfurique, et s'y prenant comme je l'ai dit plus haut. Il y a beaucoup d'avantage à employer cette méthode pour la détermination de l'acide nitrique dans les eaux de puits qui contiennent des nitrates.
Les nitrates solides peuvent être analysés comme les substances
NîTROGfcwfc. 600
organiques nîtrogénéês, au moyen de l'oxyde cuivriquc, Ce dont il sera question plus lard.
Détermination de Cacide nitreux. — La meilleure manière d'analyser les combinaisons de l'acide nitreux consiste à déterminer la quantité de base qu'elles contiennent, et à doser celle de l'acide d'après la perte. On peut décomposer les nitrites par l'acide sulfurique, et calculer la composition d'après le poids du sulfate qu'on obtient. On peut aussi détruire l'acide nitreux par la calcination du sel, et déterminer ensuite la quantité de base qui reste. Il est difficile, quand on emploie ces méthodes, de connaître à combien l'eau de cristallisation s'élève dans la combinaison.
Cependant la méthode de calculer l'acide nitreux d'après la perte, après avoir déterminé les bases des nitrites, n'est pas la seule qu'on puisse employer pour connaître la quantité d'acide dans ces sels. On peut aussi arriver à cette connaissance par la conversion de l'acide nitreux en acide nitrique, d'après la quantité duquel on calcule celle de l'acide nitreux. La meilleure manière d'obtenir ce résultat consiste à mêler un poids quelconque de nitrite avec de l'hydrate de suroxyde de baryum, et à verser de l'eau sur le mélange; en le faisant digérer ensuite, l'acide nitreux se transforme en acide nitrique; on décompose par l'ébullition l'excès du suroxyde, qui donne ainsi de l'hydrate bary tique, en dégageant du gaz oxygène. Cela fait , on détermine la quantité du nitrate barytique, en s'y prenant comme il a été dit p. 503.
On pourrait aussi , au lieu du suroxyde de baryum , employer le suxoxyde plombeux ou le suroxyde plombique, pour transformer l'acide nitreux en acide nitrique. Cependant , comme l'acide nitrique forme avec l'oxyde plombique des sous-sels insolubles, on ne parvient pas à bien séparer le nitrate plombique du suroxyde de plomb qui a été mis en excès.
Les nitrites peuvent, comme les nitrates alcalins, être analysés au moyen de l'oxyde cuivrique.
Tous les degrés d'oxydation du nitrogône peuvent être complètement décomposés en faisant passer leurs vapeurs sur du cuivre ou du fer rougi . Dulong s'est servi le premier de celte méthode pour l'analyse de l'acide nitreux anhydre. Il employait un tube de porcelaine, dans lequel il introduisait un poids déterminé de 01
640 MARCHE DE l'aNALVSE QUANTITATIVE.
de cuivre ou de fer bien décapé ei en grand excès. Les deux extrémités du tube étaienl munies de bouchons en liège traversés par un tube de verre. L'un de ces tubes servait à amener le gaz, et l'autre à l'éconduire, après la décomposition , pour en mesurer le volume. Le gaz soutint du tube de porcelaine passait encore à travers un tube de verre plein de chlorure calcique, afin qu'on pût l'avoir constamment exempt de touie humidité. La portion du tube de porcelaine où se trouvait le fil métallique était alors chauffée jusqu'au rouge, après quoi on y faisait passer le gnz. Il se produisait de l'oxyde ferrique ou cuivrique et du gaz nitrogène. L'opération terminée, on pesait le fil métallique, pour déterminer le poids de l'oxyde; on mesurait aussi le volume du gaz nitrogène recueilli. Lorsque la combinaison contient de l'eau, une partie de celle-ci se trouve absorbée par le chlorure calcique, et l'autre décomposée, quand on a employé du 111 de fer; dans ce dernier cas, le gaz nitrogène est mêlé avec du gaz hydrogène.
Les mélanges du gaz nitrogène avec d'autres gaz sont analysés d'une autre manière; mais il vaudra mieux ne traiter de cet objet que dans le chapitre où je parlerai de l'analyse des gaz. 11 est plus convenable aussi de renvoyer à ce chapitre pour les méthodes à suivre dans l'analyse des mélanges de gaz oxygène et de gaz nitrogène, de l'air atmosphérique entre autres.
[ Le dosage de l'acide nitreux des nitrites, d'après la perte que subissent ces sels par la calcination, peut conduire à des erreurs graves, à cause surtout de la difficulté qu'on éprouve à déterminer exactement Teau de cristallisation de ces mêmes sels; on ne sait comment répartir exactement la perte, de sorte qu'il est facile de prendre pour de l'eau de cristallisation une partie de l'oxygène appartenant à l'acide lui-môme.
Pour éviter cette confusion, on peut employer la méthode suivante, qui m'a permis de distinguer, dans les produits qui résultent du contact du nitrate plombique dissous dans l'eau avec le plomb , deux sortes de sels cristal lisables, les uns formés par l'acide hyponitrique (S), les autres par l'acide nitreux (N).
Lorsqu'on met un sel formé par l'un ou l'autre de ces acides en contact avec l'acide acétique, si l'on a soin d'ajouter l'acide peu à
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peu, afin que le mélange ne s'échauffe point, ce sel se dissout sans qu'il se produise aucun gaz ; ainsi, tandis que les acides minéraux font dégager de ces combinaisons de la vapeur nitreusc, l'acide acétique, môme concentré et en grand excès, les dissout sans les altérer, pourvu que la température ne s élève pas. Si on met alors un poids déterminé de peroxyde plombique pur en contact avec celte dissolution , au bout de quelques instans d'agitation du mél.mge , l'acide nilrcux ou l'acide hyponitrique passe à l'état d'acide nitrique; de là résulte la dissolution d'une quantité de peroxyde plombique proportionnelle à la quantité d'oxygène absorbé; de sorte que l'acide nitreux dissout une fois plus de peroxyde plombique que ne fait l'acide hyponitrique.
On sépare du peroxyde restant le mélange soluble de nitrates et d'acétates formés; le poids de cet oxyde, bien lavé et séché, étant comparé à son poids primitif, fournit la quantité qui a été dissoute par un poids donné du sel soumis à l'analyse.
Il est très-essentiel que le peroxyde plombique ne contienne plus ni protoxyde ni minium; on ne l'obtient dans cet état qu'après que les lavages réitérés avec l'acide nitrique étendu et chaud ne lui enlèvent plus aucune partie soluble. En outre, ce corps étant trôs-hygroscopique , il faut avoir soin de le peser dans des circonstances pareilles, avant et après son contact avec les sels à analyser et l'acide acétique. E. P. ]
Manière de séparer le nitrogène du phosphore. — La combinaison de phosphore et de nitrogène qui est involatilisabîe et infusible à l'abri du contact de l'air, et qui résiste aux plus forts réactifs, s'analyse quantitativement comme il suit : On en môle une quantité pesée avec une quantité également pesée d'oxyde plombique rougi depuis peu, et l'on verse de l'acide nitrique sur le mélange. On évapore le tout jusqu'à siceilé, et l'on fait rougir la masse sèche avec circonspection jusqu'à ce que tout le nitrate plombique soit complètement détruit. Il reste alors du phosphate plombique, dont on détermine la quantité par le surcroît de poids que l'oxyde plombique a acquis. D'après la quantité de l'acide phosphorique, on calcule celle du phosphore contenu dans la combinaison. Quant à celle du nitrogène, on la trouve par la perte. La déterminer aulre-
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ment entraîne les plus grandes difficultés et ne réussit que d'une manière incomplète.
Manière de séparer le nitrogène du chlore et de l'iode. — La facilité avec laquelle les combinaisons de nitrogène et de chlore ou d'iode se décomposent fuit que leur analyse rigoureuse présente des difficultés, et qu'elle n'est pas sans danger. Comme ces^ composés se réduisent en leurs élémens à une haute température , on pourrait recourir à ce moyen pour déterminer la proportion des corps qui les constituent; mais il est impossible de recueillir bien exactement les produits de la décomposition , parce qu'elle s'accompagne d'une forte explosion. Lorsqu'on traite les combinaisons dont il s'agit par du cuivre et de l'eau , on obtient des combinaisons de cuivre avec du chlore ou avec de l'iode, tandis que du nitrogène est mis en liberté. On peut déterminer avec précision la quantité du chlore ou de l'iode dans les nouveaux composés qui se sont produits ; on recueille le gaz nitrogène qui se dégage, et on en évalue le volume.
Manière de séparer le nitrogène du carbone; analyse des combinai' sons du cyanogène. — Les combinaisons du carbone et du nitrogène (cyanogène) avec d'autres substances sont fort importantes. On peut les analyser en déterminant avec précision la quanlité du métal , et calculant celle du cyanogène d'après la perte. La plupart de ces combinaisons se convertissent en chlorures métalliques , avec dégagement de gaz cyanide hydrique , quand on les traite par l'acide chlorhydrique. En déterminant le poids du chlorure métallique qui a été produit, on trouve aisément la composition du cyanure métallique , si ce dernier ne contient pas d'eau de cristallisation.
Si le cyanogène est combiné avec des métaux que le gaz sulfide hydrique précipite complètement de leurs dissolutions, à l'état de sulfures métalliques , on peut avoir recours à ce gaz pour opérer la décomposition, môme quand le cyanure est insoluble dans l'eau. Il suffit alors de mêler ce dernier avec de l'eau, et de faire passer un courant de gaz sulfide hydrique à travers la liqueur : le métal se trouve ainsi converti en sulfure métallique , et l'on peut en déterminer la quantité. La liqueur séparée du sulfure métallique par la filtration contient de l'acide cyanhydrique. On n'a cependant
HtTHOGÊNF. 5t3
point encore examiné si tous les métaux susceptibles d'être convertis en sulfures par le sulfide hydrique perdent cette propriété quand ils sont à Tétai de cyanures simples. Les cyanures de mercure et d'argent en jouissent; tous deux, le premier même à l'état de dissolution dans l'eau, sont complètement réduits en sulfures par lesulGde hydrique.
Veut-on cependant déterminer la quantité du cyanogène immédiatement , on s'y prend pour cela de la manière suivante : On pèse une certaine quantité du cyanure , on le mêle avec une quantité convenable d'oxyde cuivrique , et on fait rougir le mélange. Le cyanogène se convertit en gaz acide carbonique et en gaz nitrogène, de telle sorte que le mélange gazeux contient deux volumes du premier et un du second. On peut aisément ensuite , d'après le volume de ce mélange gazeux , déterminer la quantité du cyanogène qui était contenu dans la combinaison. Cependant il est nécessaire que le cyanogène ne soit pas combiné avec le méial d'un alcali ou d'une terre alcaline. Toutes les précautions qu'il faut observer pour arriver à un résultat exact seront décrites au long dans le chapitre suivant , ce qui me permet de les passer ici sous silence.
Les cyanures métalliques doubles se produisent bien plus souvent que les cyanures métalliques simples, et les combinaisons de ce genre qu'on rencontre le plus fréquemment sont celles des cyanures de fer avec d'autres cyanures. Ce qui en rend l'analyse plus difficile que celle des cyanures métalliques simples , c'est qu'ils résistent bien davantage que ces derniers à la décomposition. Le gaz sulfide hydrique ne les décompose pas, dans beaucoup de cas , même lorsqu'ils contiennent des métaux qui , engagés dans d'autres combinaisons, sont complètement précipités de leurs dissolutions par ce réactif, à l'état de sulfures métalliques. Ce sont surtout , d'après Rammelsberg , les combinaisons des cyanures de cadmium , de mercure et d'argent avec d'autres cyanures métalliques , notamment ceux de potassium et de sodium , q tic le gaz sulfide hydrique ou le sulfhydrate ammonique précipite aisément et complètement de leurs dissolutions, à l'état de sulfures -, en sorte qu'on peut très-bien recourir à ces réactifs pour les analyser. Au U. 33
contraire , les combinaisons des cyanures de fer , de nickel , de cobalt , de cuivre , de manganèse et de zinc avec ceux de potassium et de sodium ne sont pas précipitées de leurs dissolutions, à l'état de sulfures, par le gaz sulfide hydrique ou le sulfhydrate ammonjque , ou du moins ne le sont qu'après un très-long espace de temps et d'une manière fort incomplète.
Plusieurs autres réactifs qui précipitent complètement, d'autres liqueurs, les métaux dont je viens de parler, par exemple, les dissolutions des alcalis, ne les précipitent point lorsqu'ils sont combinés avec du cyanogène et forment des cyanures doubles.
Le meilleur moyen pour analyser les cyanures doubles est l'acide sulfurique concentré , qui lui-môme cependant ne les décompose qu'autant qu'on le chauffe avec eux : à une basse température, il ne fait souvent que les dissoudre, sans les décomposer. Quand la décomposition est effectuée par l'action de la chaleur, on accroît celle-ci pour volatiliser l'acide sulfurique excédant. D'après la quantité des sulfates qu'on obtient , on peut calculer la composition du cyanure.
Il est certains cas au moins où l'on parvient à opérer la décomposition de ces cyanures doubles , en prenant un poids déterminé de la combinaison , après l'avoir pulvérisée, la mettant dans un matras , versant dessus de l'acide nitrique fumant , chauffant le tout pendant long-temps» lorsque la première réaction est passée, et ajoutant ensuite de l'acide chlorhydrique. Les métaux qui sont combinés avec le cyanogène se convertissent en oxydes. Il est nécessaire de faire digérer très-long-temps l'acide nitrique fumant ou l'eau régale avec la combinaison , si l'on veut obtenir que cette dernière soit complètement décomposée. Lorsqu'on se sert d'acide nitrique fumant , ta décomposition est ordinairement accompagnée drun dégagement de gaz cyanide hydrique. D'après la quantité des oxydes métalliques qu'on obtient, on calcule celle des métaux, et ensuite on trouve celle du cyanogène par la perte, si la combinaison ne contenait pas d'eau de cristallisation. Cependant la décomposition par l'acide sulfurique concentré est presque toujours préférable à celle par l'acide nitrique, cette dernière