‹ Traité pratique d'anatomie médico-chirurgicaleChapitre 16 sur 122 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

ànatomie générale médico-chirurgicale.

§ L — Des téguments.

Le système tégumeiitairc comprend h peau et les membranes muqueuses.

Tons les éléments dont l'ensemble constitue le corps humain sont contenus entre ces deux sortes de membranes, qui forment un tout continu, interrompu seulement en on |)oint chez la femme, là où la muqueuse génito-urinaire communique par roriûce des trompes avec la séreuse péritouéale.

En outre de cette propriété commune d*être partout continues, qu'elles partagent avec les systèmes vasculaires et nerveux, la peau et les muqueuses offrent entre elles b plus grande analogie de texture : c'est par leur intermédiaire que l'homme se met en rappoit avec le monde extérieur. Elles jouissent de deux fonctions principales, la com/osition et la décom)x>sition, l'absorption et la sécrétion, et c'est ce qui a fait dire à Burdach, dans le langage de la philosophie allemande, qu'elles étaient bipolaires (i).

Ces diverses raisons, qui ont paru suffisantes aux auteurs d'anatomie générale descriptive pour ne point séparer leur histoire, m'autorisent également à les réunir dans on seul chapitre pour les envisager au point de vue médico-chirurgical ; j'ajouterai de plus cette considération, qui me justifierait, s'il en était besoin, d'avoir placé leur étude en première ligne: c'est que, topographiquenicut parlant, quelle que soit Topération pratiquée par le chirurgien, la peau ou les muqueuses doivent d'abord ètœ intéressées. Je ne méconnais pas toutefois que s'il existe entre elles des analogies, illcs offrent aussi des différences, surtout au point de vue de leur développement enibnonnaire, différences que je m'attacherai également à faire ressortir.

1" De la peau.

La peau, organe du tact et du toucher, peut être considérée comme une liniile itnsibk et résistante, suivant l'expression de M. Cruveilhier, qui, par sa sensibilité, nous meien rapport avec les qualités tangibles des corps extérieurs, et par sa résistance nous préserve de leur action trop immédiate.

(I) Burdach, Trailé de physiologie ^ t. VU.

2 ANATOMIE (;ÊM:RALE MÉDICO-CHIRUBGICALE.

Il faut ajouter ((u^ellc est en outre un organe tr^s actif de sécrétion et aussi d*absoqHion, laquelle, pour s'exercer, parah a\oir besoia capeodant de conditions spéciales.

Disfiositiom générales et pt-opriétés de la j/ea{n, — La peau est douée d'nne grande aoppiôsc; aussi m moule-t-cflo sur MUsi les ln<filiiés d6i puties profondes qa'dk raproduii ifec fidélité.

Sa surface externe présente des plis nombreux dont h formation tient à diverses causes. Les uns, dus à la contraction musculaire, peuvent être désignés sous le nom de plis miLiculnires : lois sont ceux qu'on ohsene aux paupières, entre la joue et les lèvres, et dont la connaiiw<^nce et l'inspection jouent un si gfand h>le dans le diagnostic médical ; les autres, résultant de la distension forcée de la peau revenue ensuite sur elle-même, et qu on désigne sons le nom de oergetiures; les derniers enfm, beaucoup plus importants, se \oient au niveau des articulations : M. Cruveilhier propose de les appeler />/f> de loconioiion. C'est sur ces derniers que Lisfraac, dans ses cours, attirait Tattention. Ils sont permanents, à peu près constants et inhérents à la CjMtstitution même de la peau; ils peuvent donc ser\ir de guide à la main du chirurgien dans h pratique de certaines opérations, eu aidant à la détermination des interlignes articulaires. J'aurai occasion de les signaler dans chacune des régions où on les rencontre.

Est il possible de poser une règle générale lorsqu^il s*agit de pratiquer une incision sur les parties qui présentent des plis nombreux? En d'autres termes, faut-il too^^Mirs inciser parallèlement aux plis, ou les couper perpendiculairement? Il est difficile de donner un précepte absolu ; cependant on peut dire qu*il y a généraleoient avantage à suivre la direction des plis, lorsqu^il importe de ne pas laisser nue cicatrice trop apparente : aux paupières, par exemple, il n'est pas un chirorgiea qui ne sache que les incisions doivent être faites parallèlement an bord libre. Il est vrai qa*au pli de raine, on a donné le conseil de les diriger perpendiculairemeot à l'arcade de Fallope ; mais c'est qu'il est bien d'autres raisons déterminantes de la direction des incisions que celle des plis cutanés, et que la situation des gros vaisseaox, le voisinage d'organes importants, etc., doivent avant tout être pris en considération.

La face profonde de la peau présente des adhérences plus on moins intimes selon les régions : à la face et aux lèvres en particuUer, elle fait corps avec les fibres musculaires qui s'y implantent ; à la paume des mains, à la plante des pieds, à laiaselle, etc. , elle adhère intimement par l'intermédiaire d'im tissu fibreux émané des aponévroses, tandis que |>artout ailleurs elle est unie plus ou moins Ucbement aux parties profondes par un tissu cellulaire à laides mailles, ce qui lui permet une locomotion, un déplacement facile, dont le chirurgien a su tirer parti dans beanoonp de cas.

C'est en effet au moyen de ce glissement que, dans les amputations, l'aide peut relever et attirer vers la racine du membre les téguments que le chirurgien détache des parties prof(^ndes |)ar une incision circulaire. Sans lui, l'autoplastie dite par glissement serait rendue, sinon iin|)ossible, au moins très dilTicile, et dans certaines régions, au pénis par exemple, cette locomotion do la |>eau est telle que, si dans l'amputatiou de la verge on ne faisait fixer cette membrane par un aide sur le pubis, on riscpierait, lorsqu'on attire cet organe pour en faciliter la section, d'eu dépouiller toute la racine. C'est encore cette laxité do tissu cellulaire qui permet de soulever la peau, de la détacher et d'en former im pli, qu'on traverse à sa base lors(|u'on veut pratiquer on aéloOi on qu'on incise dans toute sa hauteur aftn d'éviter avec cer-

titode de bleavr les organes sous-jacents, lorsqu'on pratique Topération de la hernie étranglée.

Ces Tiriétés dans l'adhérence de la peau entraînent de grandes différences dans ks procédés opératoires pour la réunion des plaies : aux lèvres, par exemple, Tadhé- ■00 ne peut s'obtenir, ï cause de Tinsertion des fibres musculaires sur la face profonde du derme, qu'à l'aide de la suture entortillée, c'est-à-dire de celle qui agit sur kl parties profondes, tandis que dans la région thoracique l'indépendance des té- (aments et leur facile déplacement permettent de les rapprocher à l'aide de simples budekttes agglutinalives, même après ces grandes pertes de substances qui suivent l'iblalkm dn sein.

Aux paupières, au prépuce, au périnée chez la femme, la finesse de la peau, son peu de résistance, excluent les sutures entortillées, et comme, d'autre part, la région «prête mal à l'emploi des emplâtres agglutinatifs, la suture dite à points passés, qui ae comprend que la peau, et mieux encore les serres-fines de Vidal (de Cassis), Mi d'une grande ressource. J'ai publié dans V Union médicale (1) deux faits d'autoplastie des paupières qui prouvent que ce mode de réunion des plaies est réellement appelé à rendre de grands services dans les régions où se rencontrent toutes les oQttditioiis indispensables à sa réussite, à savoir, la souplesse de la peau, une grande fiaoK» et im facile glissement sur les parties sous-jacentes.

Enfin, c'est encore cette facilité de locomotion qui fait que la peau se laisse attirer par les brides cicatricielles, celles qui succèdent aux larges brûlures, par exemploi ce qui entraînent des difformités contre lesquelles échouent tous les efforts de Fart.

C'est par sa face adhérente que la peau reçoit les vaisseaux qui la nourrissent ; aoKi la f oitrOB se mortifier dans les cas où elle se trouve isolée des parties sous-jaooiles, comme dans les vastes phlegmons diffus ou certaines lésions tramatiques qui h décollent dans une grande étendue. Il faut bien se garder dans ces cas d' introduire le doigt par les ouvertures que l'on a pratiquées ou qui se sont opérées spontanément, pour explorer sans précaution l'étendue du décollement, ainsi qu'ont l'habitude de le faire quelques chirurgiens; on s'exposerait ainsi à rompre des vaisseaux qui Miraient pu y entretenir la vie. On a recommandé, dans ces cas, de pratiquer de bonne heure des contre-ouvertures, afin de faciliter l'écoulement des liquides qui s'accumulent si promptement dans le tissu cellulaire sQus-cutané, le distendent et le mortifient, d'où la gangrène consécutive de la peau.

Il ne faudrait paa cependant se Urop effrayer de cette dénudation de la face adhérente des téguments ; Us possèdent, surtout dans certaines régions, une drculation tellement riche, qu'elle peut suffire à de grands lambeaux ne tenant plus au reste de rorganisme'que par un pédicule plus ou moins étroit C'est sur ce principe foiH dameoial qu'4*st basée rauu>pla8tie par les méthodes indienne et italienne. Bien phis, dans ks lambeaux pris à la face, au front pour la rhinoplastie, par exemple, la gangrène est souvent le résuhat de l'engorgement produit par une circulation artériellei c'est-à-dire afférente, beaucoup U*op active, et qui n'est plus en rapport avec la circulalioD en retour ; c'est pour venir en aide à cette dernière et rétablir l'équilibre, qu'on applique sur l'extrémité du lambeau une ou plusieurs sangsues. Enfin, on a vu la pctu, détachée complètement et dans une étendue considérable des tiisus sous-iacents,

(I) Auée 1849» pa|«s 613, eiit onoiéro du 27 décembiei

W' rt*culk!r et ¥'4i]u*^luûuer cimtrt' t\iuU> prv^ ihkiu : ck L le préctifiu* ée ne juiuii» la «airHîer u»ut ^*îiLMird. H ck* Uist^r ^ la ualurv W M>iti <U l'éUtuiDalMiu.

LV^U4'«$^4e# 4e b (icau ^ arit> mjIou I^ v^kiUb : uuIW part eille u'ecst p\nh fine qv^aui paiijMvrei>. ni piub épaktt»»- qu'au takm ; «sire cv^ <k*tis eUrviueb on tnime tooi les Nfetormédtaifeii

Son ^{^Msfi^.kt est ti>% ^;raude ; joaiie à uiie içrande lYMfSUMkoe. «Ile loi permH do M^ dimeudre cot'NÎdéirabk^fuettt. &attï> é}ir(Hiierde nifiUire. dmâ qu*cii peut »'tii asssorer ette8»a)«ut de fakv pénétrer bur kcadaireuntfiiilruBientnKMiMiedaniih protedenr 4le$ dutlrs Ou la loit alur> f^^nner CMume un «momoir qtH ne M' basse entamer eC <l2iacéj>-J' ijiK- quand la <ii^1enM<.<fi e«< panettuc à ioia deivier dc^çré. OCbf eqiMence fMtuec die cvujprendre ocHtuueut de» ojtj.^ pesante e( ninf par une %it«»e accéliTée peii%e!Ut biv)t*r au-de^yjn» d«' li peau, qui cède et réfârte tvoi à b fciis, des ^Ml^an»^ friabieï^ |jn>kMkdfiij«itjt mIim-ii, comuie le (Me. b raie, et même les moscleSi qtii le >utt( liej^itMiaut beaucoup ii>(/inb. Il a'e«t pas de semaine oà. dans les grands b^pitaux, 4>u n'ait t^nocènÀim dnf mât à^% faits i i'appoî de ces dunnéesL i*ai re^ dernièreineut d4a^ umm tenice un uiabde qui atak éîé surpris par un ébonlement de terr^, et qui beoiUait de j>nnie abord ne pmenUr aucune lésion grare, b pean é^ lueiiilif*^ et du tronc paraitcant partout intacte En i'n^minant arec attention, d u«f Tut |>a» diflicile de iifCMinaftre ce(>endant que b cuisse droite était le siège d'un éwHrtiw ^i»n<'l«tfffiâeiit sanguin, quoii|iie les t/'gunients ne fissent point entamés ni l'otf fracturé, i'/ti Itofiiiix* iiHiurut dans b Mirée, et TautofJMe défiKMitra qu'outre cet ét>anclHiii«tit, qui était d'i à tiii<» frituraiion des nittsclesde la cuis!»e. il evistait uuc iu|iiure du (tHif qui ai ait dét<*ruiiné b uwirt.

</esi O'tii' élasticité, jointe à cette résistance, qui fait encore que daus les pbies par iffi>truffiMit aiiitouibiit, cdkfs |»ar anue à leo, par eieinple, b halle jkiusso la |Hfûu d<naut dlcaiant de b ix^rforer, de niéineqiiVlle l'entraîne 2i sa sortie.

On f¥*ut ir.iitliMirs w faire une juste idée de ces deux propriétés, résistance et ébiticiié, |Mir res|)érience suiianie: On diss<*que un long morceau de peau qu*on Iêïvh* adhérer dans IV-tfndue de qiicl(|Uf*s centiinétns seuirrneni, et à l'aide de ce btiilH'au qui s'allon;;e ronsidérableinent, on |M.*ut soulever un cadavre pesant cent liiif^t j!i cent ( iuqiianli* li\res.

Ij r^fi\iriHitf- (fiî la peau eM en raison directe de son éla.siicité; die existe aussi bien sur \v cada\re tpie sur le vivant, et se trouve t»galemenl pnmvée par Texpériiiiic qui précède. Kii ciïi't, on n*a pas plutôt détaché la |)eau des parties sousjaci*nlc*s, qui» If tainlM^aii, rétracté et re\enu sur lui-même, ne peut plus, h beaucoup |M*^*h, ntouirir lesiMci» cpriï occupait primilivement. Cette rétractililé, qui résulte de la strurlnie de la piau et lui appartient en propre, doit toujours être prési*nte à Tesprit du rhiriirgirn, soit ([u*il pratique une opération autoplastique, afin de tailler tion laiulN*aii lieaiicouf) |)lus grand cpie la solution de continuité qu il veut combler, holt qu'il iMiJéve inie tumeur, afin tle ne jwinl faire subir une |>ertc de substance tmp cousidéralile. l't)utefois il ne faut pas que cette distension soit |>ortée trop loin, car il eu n^uite des lacérations, des déchirures connues sous le notn de vergethtres, qui annonrent cpie le derme a perdu tout à la fois sou élasticité et sa rétractililé : e*eil ce ^pM Vùà nhaerie chea la plupart des femmes apm» la grossesse, chez les indIfUvi wMfMi, 60 chacein qui, après avoir été pourvus d*un embonpoint con- ÉliMnMti mltrhaint hmsgntanent

1a ifeWÂMde la pettaw m'occupera «{oe dans ses applications à la cliirurgie.

Ses panies ronslitaaiitcs sont : le derme, les papillet, Vépiderme, puis les diver» «pforrili tfo-étews, qu'on Tait rentrer dans la composition de la peau, quoique en réalilé ils ne lui appartiennent point; enfin les poils et les ongles.

Staitm vtrlkale de la peau pour montrtr Its àivert ilraieati gui la compaieal VI leur ordre d« lufwrpojifton.

A. Coucbe ^pidennique.

B. CoriH muqiiMit de Halpigbi.

C PipillM du dfrmc

D. Le AtttoK CI Ks aréolPi à travers leiqucllei

chemine le conduit ctcrflcnr d'une glande •odoripare.

E. Gland* nidoripare.

Vf, Conduit excrt'Ieur de la glande 'tu doriiiarc

Le derme, selon Breschel, forme la char|)ento de la peau ; il est fibreux, souple, nuis solide, cl c'est ï lui que doit se rapporter tout ce que j'ai dit de la résistaucc, de r^aslicitù et de la rétractilitii de la peau. Il est formé de fibres entrecroisées laisuat entre dies des ouvertures par lesquelles passent les papilles, les conduits cxcrélenrs et les poilj. II adhère an panniculo graisseux:, c'est-à-dire au (issu cellulaire XMB-cutané, par des lilanienls qui partent de sa Tare profonde cl circonscrivent des aréoles dans lesquelles se trouvent logées des vésicules adipeuses. Ce sont ces ai'éoles qui, au dire des auteurs, seraient le siège du furoncle et de l'authrax, M los douleurs quelquefois très vives qui accompagnent leur développement seraient dues îi la compression des rdcis nencux par la matière accumulée dans ces logés fibreuses peu etienstbles. Depuis longtemps j'ai acquis la conviction que le point de dépail du

6 ANATOMIE GÊNÉBALE MÊDICO -CHIRURGICALE.

furoncle est dans les follicules pilo-sébacés ; la matière qu'ils sécrètent normilement se mélange avec les produits versés par la poche kystique enflammée pour produire ce que l'on a appelé le bourbillon. Quoi qu'il en soit, il m*a semblé, coutraireinent k Topinion de quelques auteurs, que furoncle ou anthrax guérissent plus vite et phis sûrement par Tincision préconisée par Dupuytren et Lisfranc que par la temporisation.

Selon Kôlliker, il entrerait dans la structure du denne des fibres de tissu ceUulaire, des fibres élastiques et même des fibres musculaires lisses destinées à ériger les follicules pileux (1). C'est ï la présence de ces dernières et des fibres élastiques que serait dû le phénomène dit de la chair de poule.

Ijcs papilleê proéminent à la surface du derme sous la ibrme de petites saillies rangées en séries parallèles, curvilignes ou irrégulières. Selon Breschet (2), ellei sont Manchâtrti et constituées par tes nerfs, qui s'y terminent en anse. Yieher et Meissner ont démontré que, parmi les papilles, il en était de vasculaires et de nerveuses ; selon eux, également, les vaisseaux et les nerb s'y terminent en anse. Les papilles nerveuses se distinguent des vasculaires par la présence d'un petit corps ovale autour duquel s'enroutent les nerfs, petit corps considéré par Wagner comme l'appareil sensorial particulier de la peau, et qu*il a nonmié, pour cette raison, corpuiculum taciui. Ces corps sont encore connus sous le nom do corpuêcules de Afeissner^ du nom de l'auteur qui les a le mieux décrite. Orgàneg essentiels du lact et du toucher alors qu'elles sont revêtues de l'épidermc, les papilles ne déterminent plus que de la douleur lorsqu'elles en sont dépouillées, comme après l'application d'un véskatoire. Elles sont surtout dévetoppées ï la main, au pied et au mamcten, quoique cependant on puisse les démontrer partout ailleurs.

Vépiderme^ que Breschet faisait sécréter par un appareil blennogène^ dont l'existence n'a Jamais été démontrée, recouvre le derme et les papilles sur lesquelles il se moule et auxquelles il forme des étuLs qui les protègent et assurent l'exefcic^ de leurs fonctions. Il reproduit donc sur sa face externe toutes les inégalités papillaires, tandis que sa face profonde adhère si intimement au derme, que la macération après la mort ou un état pathologique pendant la vie peuvent seuls Ten séparer. On voit alors, quand on le détache avec précaution, de petits tractus que longtemps avant la démonstratfen directe on avait cru être des canaux destinés à l'excrétion de la sueur (Hunter, Bichat, Chaussier). Aujourd'hui, depuis les travaux de Purkinje et Wendt en Allemagne, de Breschet et Roussel de Vauzème en France, tout le monde est d'accord sur l'existence de ces canaux sudorifères spiroîdes nés de petites glandules siégeant au-dessous du denne qu'ils traversent, et s'ouvraut obliquement ï la surlace de répklerme (voy. fig. t).

C'est CTtre le derme, le corps papillaire et l'épiderme, que l'on rencontre cette couche giutineuse que Malpigld avait décrite comme une partie distmcte dans la structure de la peau, sous le nom de reie gluiinoium (corps muqueux de Malpighi), et qui 0*681 autra qa*aiie exmditkMl plastique issue des vaisseaux qui rampent k la mrface dn derme, ei tel la dêssichement constitue la croûte épidermique.

En liMii doic 1 Hmt tfM point sécrélé par un appareil spécial, il est formé d*im pkHdlTMpMI an sangnios et lymphatiques, lecpiel se concrète

1) 1 ir-^ ^ 10,

DES TÉCUMKNTS. 7

et forme k la surfice des parties e^senitelles de la poau comme un veniis protecteur compléteinent inorganique. Les micrographes y décrivent de larges cellules dites épiéermiqueê^ dont TassemUage constitue cette pellicule (Henle, MandI). Les plus superficielles sont les plus anciennement sécrétées, et lorsqu'elles s'usent par le frottement, elles sont remplacées par de plus jeunes, en sorte que leur i*enouvcllcment se fait ainsi sans interruption.

Cet données permettent de comprendre comment se forment les durillons et les cors, oonstimés par l'accumulation d'tme quantité variable de c^es cellules épider* iniques snr certains points culminants du derme qu'Irrite une pression incessante, n ne faut point confondre ces plaques cornées, complètement invasculaires, c^mme répiderme dont elles ne sont en définitive qu'un épaississement, avec ces autres productions qu'on désigne sous le nom de poireaux, et dans la structure desquelles entrent des vaisseaux sanguins. Ces derniers, dont J*ai récemment encore enlevé un très grand nombre à la plante des pieds d'un ouvrier pour lequel ils étaient une Téritabie infirmité, puisqu'ils l'empêchaient de se livrer à son travail, sont constitués, non par des cellules épidermlques, mais par des filaments réunis en un faisceau conique perpendiculaire h la surface du derme qu'il perfore. Ce cône, dont la grosseur varie et dont le sommet est dirigé vers la couche sous-cutanée, présente entre xliacmi des filaments qui le composent un ou plusieurs vaisseaux sanguins. Au microscope, je n'ai rencontré dans ces singuli6res productions que du tissu fibroplastique, et M. Ch. Robin, auquel j'en avais envoyé quelques-uns, m'a déclaré n'y avoir de son côté trouvé aucmi autre élément.

L*épidenne est hygrométrique ; il se gonlle par l'immersion prolongée dans l'eau, sei couches superflcielles se ramollissent et peuvent Otrc enlevées par un frottement on peu rude.

Entre les plaques épidermiques désignées sous le nom de ror5, et la surface du derme, il se développe quelquefois de petites bourses séreuses, lesquelles deviennent le siège d*une sécrétion séro-purulcnte donnant lieu à de très vives douleurs; lorsqu'on a enlevé la plaque cornée, on peut voir au-dessous une cavité formée aux dépens du derme irrité et ulcéré. Il suffit de la cautériser avec un crayon d'azotate d'argent taillé en pointe, pour mettre, momentanément au moins, obstacle au dévelom)ement d'une nonvelle sécrétion épidermique.

C'est encore à une sécrétion épidermique exagérée, à une véritable altéralion de cette fonction, qu'il faut rapporter ces cas d'ichthyose, et de cornes plus ou moins semblables à celles des animaux qu'on a observées sur dilTérentes parties du corps, et dont on trouvera une bonne description dans le Compendium de chirurgie de UM. A. Bérard et Denonvilliers (i).

C'est entre l'épiderme et le derme que chez le nègre, à toute la surface du corps, et chez les individus des autres races, mais dans certaines régions seulement, on rencontre le pîgmentum ou couche colorante, que les recherches des micrographes ont démontré être formée par des cellules renfermant un noyau et des granules dits pigmentaires.

\jf» vaisseaux de la peau sont très nombreux et forment un réseau d'une très grande richesse. On admet généralement que les artères, après s'être ramifiées fine-

(1) Compendimm de chirurgie, t. IL

8 ANATcMIi: C.flNflRAI.K M ÉDiCO -CHIRURGICALE.

inoiil dans lo corps |)a))illairfî et Tt^paissoiir du derme, so lerniîncnl en s'alx)uchaiu dircrteiuciit dans un réseau d'où partent les veines.

Quant aux lf/mphn(iqups, Bresrhet, Fohniann, Lautli, M. Sappey, admctlcut qu'ils sont très serrés autour des papilles et h leiu* base, où ils forment un réseau superficiel ou sus-dermi(]ue qui conimunique avec un réseau profond ou sous-dermique. Fohniann a\ait |K*nsé qu'ils présentaient des |KTtuis latéraux ou porcs, par lesquels se ferait l'inibihiiion après rainollissoniont préalable de la couche épidermiquc ; mais c'est Ih une hyfM)thèse que les recherches ultérietues n'ont pas |)ermis de vérifier. Cette ricliess<> des réseaux sanguins et lymphatiques, que personne ne conteste, |)ermet de se r<Midre compte de la facilité avec laquelle la peau s'irrite et 8*cnflammc. Selon Blandin et Sanson, certains érysîpèles reconnaîtraient pour siège le réseau capillaire a rtérioso- veineux, et d'autres le réseau lymphatique.

De la pré.sence des réseaux absorbants de la |)eau immédiatement sous Tépidcrme, découlent plnsiem*s conséquences prali(p)<'« de la plus haute imi)ortancc :

1<> Lorsipie le chirurgien pratique une inoculation, les chances de réussite sont d'autant plus grandes, qu'il se borne li soulever la couche épidermiquc ])our déi)oser et mettre en contact avec le réseau sanguin ])apillaire le virus qu'il veut présenter à ral)sorption ; s'il pique trop profondément, un écoulement de sang abondant sunient, qui cliass<; U\ liquide. C'est ainsi que j'ai vu souv<>nt des élèves ou des médecins négligeant cx's principes, ne réussir que trc*s rarement dans la vaccination.

2" La moindre tissure h ré|)iderme facilite l'acxession des liquides vinilcnts dans le torrent circulatoire; aussi faut-il s'abstenir de disséquer un animal mort du charbon ou de la morve, de toucher une fenune atteinte d'ulcération syphilitique de la vulve, si Ton est atteint d'une écorchure aux doigts. Alors même qu'on ne découvre aucune plaie par la<|uelle le virus peut s'introduire dans l'économie, il faut, par surcroit de précautions, toujours enduire la main d'un corps gras, qui s'oppose à l'absorption : on n'a qu(> trop d'exemples d'accidents terribles survenus faute de ces précauticms. Il importe donc de se bien graver dans la mémoire que l'absorption se fait d'une manière bien plus certain<' par de légères éraillures de l'épiderine, que par de larges plai(*s saignant abondamment.

Est-il indispensable, eomme le croient quelques physiologistes, qu'il y ait solution de continuité |)our (pie l'absorption puisse se faire ? Quant à moi, Je ne regarde |)oint la question comme déniiiti\ement résolue; là où la peau est fine et pourvue de réseaux vasculaires très riches, où répiderme aminci ne fonne qu'une couche pcllucide comnx^ au prépuce ou aux paupières, je ne serais pas éloigné d'admettre que l'introduction du virus dans l'économie puisse se faire sans effraction préalable de l'épiderme. On a c ité des exemples, qui paraissent iiiœntestables, de pustules malignes dévelopi>ées sur les paupières, de chancres sur le prépuce, par la seule déposition du \irus sur la peau, dont l'épiderme était intact; et pour les poisons minéraux, on a rap|)orté des cas extrêmement curieux d'absor|iiion dans les mêmes conditions. Tout le monde sait d'ailleurs que le roeitare métallique, le laudanum et la belladone, sont très activement absorbés par la pean noa dépouillée de son épiderme. Cependant il ne faudrait pas s*cxagérar 1* *'*Ti<g ^ pareUs faits, et pour rester dans la généralité, il faut se htter de dfar NHption de virus )i travers Tépidcrmc resté intact sont an moln' vt exœplioonek

S"* L'irritatioD par "^ ou un érysipi^le

détermine frdi leiqpetDÎs tKs

(kHilourcuT, des ganglioas auxquels ils vont se rc.idrc, el il suflTit sauvent, ()Our produire ce résultat, d*une cxulc^Mation aussi supcrncielle et aussi circoiiscritc que possible. La conséqueucc pratique à tirer de ce fait, c'est que, dès (|ue Tou découvre un éusorgeuienl gaiiglioniiaire, il faut rechercher dans les régions d*oû éniaiient les lymplialiques qui viennent s*y rendre, s'il n'existe pas une écorcliure, une fissuie, qu'on s'empressera de traiter; car c'est ici surtout qu'on peut appliquer justement cet axiome : Sublala causa, tollitur effectus.

Celte remarque conduit à une autre plus importante encore peut-être. Lorsque ùf% eiulcjratioos cutanées persistent pendant un long temps, comme cela arrive si souvent chez les enfants pour celles du cuir chevelu, des paupières, du nez, des nreillvs, des lèvres, etc. , les ganglions du cou se tuméfient, tantôt d'une manière aiguë, tantôt lentement et progressivement, suivant la nature du sujet, de telle soile que subissant tous les degrés de l'inflammation, ils passent à une suppuration ordioain^ment très lente et qui se fait jour par des ulcérations fongoûles. (>'est à cet état que la plupart des médecins ont donné le nom ù!écroueUe$, de scrofules, de tvmi,é» mm' ut sct^fuleux, ce qui, pour beaucoup d'entre eux, paraît emporter l'idée d'une affection si)éciale, à ce ])oint même (\\ie quelques-uns ont cru à l'existence d'un ^irns scrofuleux. Or c'est là une erreur qu'on ne saurait trop combattre : cet engorgement gaogiioonaire chronique n'est évidemment le résultat que d'une irritation persistante des réseaux lymphatiques de la peau, favorisée, il est vrai, par un état particulier du système al)sorbant, qu'on jHiurrait appeler avec M. Velpeau, exagération lymphatique. \liis de tempérament scrofuleux, mais de virus scrofuleux, en tant que caractérisé par cette tuméfaction des ganglions lymphatiques, il n'en existe point, et la conséquence pratique à tirerdeces considérations qui découlent directement de l'anatomie, c'est qu'il faut chez les enfants soigner la peau, la préserver non seulement des irritations mécaniques, mais encore de toutes les causes ([ui agissent physiquement sur elle, comme le froid trop intense, l'humidité et la malpropreté.

Les appareils sécréteurs qui se rattachent à la peau, mais qui, à proprement parler, n'en font qu'accessoirement partie, puisqu'ils sont situés dans le tissu cellulaire sous-cutané, sont les glandes sudoripares et les follicules dits sébacés, ou glandes sébacées.

Les glandes sudoripares, ai-Je dit, pourvues de conduits spiroïdes, qui versent la soeur à la surface épidennique, démontrées nettement d'abord à la main et au pied, pois successivement à toutes les autres régions du corps, moins la face concave du pavillon de l'oreille, le gland, le prépuce et un très petit nombre d'autres encore, M donnent lien d'ailleurs à aucune considération chirurgicale. Elles ne sont pas silnées partout à la même profondeur : ainsi à l'aisselle, iM. Uobin a montré qu'elles étaient appliquées immédiatement contre le derme, avaient trois fois au moins le volome des glandes sudoripares ordinaires, et s'en distinguaient encore par la nature de leur sécrétion odorante et alcaline. Leur structure d'ailleurs est essenliellemeut la mèoie» sauf la disposition du canal excréteur qui n'est point spiroïde, étant beaueaop plus comt.

Les follicules dits se6ac^'5, ou glandes sébacées, ont une importance pathologique bien aolremcnt grande. Eicbhorn (i), H. >Veber, G. Simon et M. Cli. Robin (2), ont

(I) Jammml dtà prùgrès, t. III et IV : Sur les excrétions de la peau. (S) Stir^Mêique% hypertrophies glandulaires. Id-8, 1852.

10 ANATOMIE GÊNÉtALB MÉDICO-CIIIBITBGIC^LE.

attiré rutnikNi lar ces glandes otricublra. Depuis Wdber, oo siit qu'elles etisleot dans todlci ki régioiis , tandis qu'on les croyait antrefoîs résertées à certaines parties do corps, la lace, le coa, la poitrine, el le gland, par eiemple. Toujours en-a qne b 00 les rencontre en pins grande quantité et pins eoo^ilÀeoient dèfekppées.

Leur stnictnre et leur déveioppement est un des points importants de leur hisloire. On les croyait autrefos formées par une déprasion en cul-de*sac de la peau» coi-de-sac représentant un ou plusieurs csKums poorrus d*un canal à collet rétréci oomme celui d'une gourde, et Tcoant s'ourrir isolément et obliquement à la sorfKe épidermiqoe.

ri|. i.

GUméêt téhÊcéu el faUiemlê pUemx.

A. Follkule pikUB.

B.B'. GIsodcs lébscéct.

Les recherclMs modernes, principalement celles de M. Robin (i), conflrmées par edes de G. Sioxm et Kôffiker, ont démontré qu'elles naissaient par une excroissance de la gaine des foOicnles pileux, dont elles ne sont qu'une dépendance, et que, comme ces follicules et les glandes sudoripares, elles procédaient de la couche muqueuse de la peau. Cette indépendance originelle, prooTée d'ailleurs par la différence des épitbéliums, qui, plus urd, tapissent le fond des cub-de-sac glandulaires et les conduits excréteurs, a conduit M. Robin à des considérations pathologiques très ii^ieuses, qu'on lira avec beaucoup d'intérêt dans la thèse d'un de ses éièf eS| IL le docteur I^é (2).

Les glandes sébacées ne sont donc qu'une dépendance des follicules pileux, dans lesquels Tiennent s*oovrir leurs conduits excréleura, ce qui explique oomtnent Eichbom a pu dire qu'il n'existait point de foHicules sébacés oomme oiganes dis* tincts, et que la matière sébacée était siécrétée dans les cystes des poils, erreur qui n*a plus aujourd'hui besoin de réfutation.

Néanmoins il est des régions oomplétement glabres, oè Ton rencontre des glandes sébacées très défeloppées, ka petites lèiTes, par exemple, le gland et le prépuce du pénis. Aussi le nom tfr ttciifet pUemx^ que quelques mneurs ont

fouin leordauM* ttmivpii»

mm nm. p. 4is ei satv.

m O0 .ut» r tM.

DBS TtGOMEPITS. 11

Tfrfd nutetenant oA ett rintérét ptAologique de ces glandules. II airite souvent que leur orifice a*oblitère, et qu'alors la matière qu'elles sécrètent s'accumolant dans les cob-de-sac, les irrite, lA eunamme, donnant ainsi naissance à l'affection que les dematologdes désignent sous le nom i'aeme puneiaiû. Si Ton presse sur les parois dn folKcnle, on en fait sortir la matière qu'il recèle, et qui s'exprime, en passant par le goulot rétnl^i comme k travers une Dlière, sous forme de vermisseaux, qu'autrefob on a pris effectivement pour des vers, et qu'on nommait mnon», eomi*

Lorsque robiitéradon ne porte qne sur un seul follicule, et que la matière sécrétée ne provoque point une trop grande irritation des parois du sac, die peut s'accu* muler lentement en quantité plus ou moins considérable et former ce qu'on appelle one tanne. Si l'oblitération persiste, la tumeur grossit, et prend alors le nom do itéaiome, à*athértme, de milicfrii^ selon que la matière sébacée se mélange d'une plus ou moins grande quantité de ce liquide séro-purulent que sécrètent toujours liors les parois du follicule enflammé, en sorte que tanM^ êtéaiome, athérome, mé" liûMs^ n'expriment que des degrés différents d'une seule et même affection. Il (tndralt donc, ainsi que le réclame depuis si longtemps M. Velpeau dans ses Lpçùm diniçuti, bannir du langage médical ces expressions qui ne peuvent qu'induire en ermir, et désigner toutes ces maladies sous le nom de kyêtêi êébaeés, qui rappelle'nit lear origine et leur nature.

J'ai déjh dit que, selon moi, le furoncle avait également son siège dans le follicule pib-5ébacé. ^

Des tumeurs solides, que M. Robin désigne sous le noth de tumeurê glandu* hires, paraissent avoir aussi pour point de départ ces follicules; elles seraient, selon cet anteur, formées par l'amas des cellules épithéliales, dans ces organes dont le OMidnit excréteur s'atrophierait Ainsi séparées du tégument externe, et continuant k groMir, elles constitueraient une variété de ces tumeurs dites épidermiquei ou épitUlitmet, susceptibles d'un accroissement considérable, pouvant s'ulcérer » envahissant de proche en proche les tissus environnants, et simulant alors le cancer ï s'y méprendre ; l'inspection microscopique de la matière que contiennent ces ameors met promptement sur la voie du diagnostic J'ai recueilli un cas de ce genre : la tnmeur, située dans la région sous-maxillaire, avait envahi et détruit déjà toute la région sous -hyoïdienne gauche, lorsque l'ablation vint mettre un terme à ses ravages ; nous ne trouvâmes rien autre chose que des masses comme caséeuses, très odorantes, se détachant par écailles, et que le microscope démontra être uniquement constituées par des celhiles épithéliales. La thèse de !^l. Levé (p. 29) contient me observation analogue lue par M. Rouget à la Société de biologie.

Les onghi et les poils, qui ont été désignés sous le nom à* appendices de la peau, ne m*occuperont pas longtemps.

Les ongles, chei l'homme, favorisent l'exercice du toucher et la marche en soutenant la pulpe des doigts et des orteils. D'une couleur rosée due à leur transparence, qoi laisse voir la coloration du derme qui les supporte, ils présentent à considérer une racine, un corps et un organe sécréteur qu'on a nommé matrice de l'ongle.

La racine de l'ongle, cachée sous un repli de la peau, se prolonge en arrière jusque vers la saillie phalangienne ; elle est blanchfttre, beaucoup plus molle que le tissu de l'ong^ lui-même et peu adhérente, excepté dans le point où elle se d^age. U répiderme se replie sur elle et lui esf intimement uni.

i'I ANATOMIR r;^A(:RALe MÊDirO-rJURURGICALE.

ïjù corjM de Ttingle est très adLérent, par sa face |>rofoiide, au derme qui recouvre la pbalaitgc ; il e^t libre et dégagé sur ses bords et à sa partie aotérieure.

Lorsqu'on coupe un ongle d'avant en arrière, de soi bord libre à sa racine, on obsene qu'il est beaucoup plus épais en avant qu*à sa partie postérieure ; d'autre part,' sa lace profonde ou adhérente est inégale, striée longitudinalement, et ces stries corres|)ondeut à des rangées ou séries linéaires de papilles qu'on observe à la surface du demie.

Sous le nom de matrice de l'ongle^ les anatomlstes ont plus spécialement décrit la portion du derme qui reçoit la racine ; il faut cependant, si l'on attache à ce mot de motrice Tidée d'organe générateur, l'étendre à toute b portion du derme à laquelle il adhère. On ne peut saisir, en effet, aucune ligne de démarcation entre la portion du derme où s'insère la racine et celle que recouvre le corps de l'ongle ; on observe partout des lignes de papilles régulièrement inclinées en avant, et dont le sommet parait plonger dans la substance même de l'ouglc dont ou ne les détache qu'avec difficulté, et non sans d'excessi\es douleurs. Toutes ces papilles sont destinées à la nutrition de l'ongle, et il est bien démontré aujourd'hui qu'il s'accroit non seulement de sa racine à son bord libre, mais aussi par addition de couches successives qui s'appliquent sur sa face profonde dans toute sa longueur, à la manière des couclics épidermiques. I^ croissance en longueur est prouvée par une remarque que tout le monde a pu faire : c'est que les taches blanches qu'on y observe, et mieux encore U'S |)etits épancliements sanguins qui succèdent si fréquemment aux pincements di-s doigts, jb portent progressivement de la racine au bord adhérent , mettant ainsi plusieurs semaines à parcourir cet espace.

Quant à la croissance par couches stratiûées, elle est démontrée par l'épaisseur de plus en plus considérable des ongles de leur racine \ leur bord libre ; par la minceur comparative qu'ils conseneut lorsqu'ils sont dépounus d'adhérence dans toute leur partie antérieure, et qu'ils sont produits exclusivement par ce qu'on appelait autrefois la matrice : et enfin pr celte circonstance qui n'est point rare, de voir les papilles les plus rapprochées de Textrémilé des doigts surexcit«''es dans leur sécrétion, donner naissance à des couches cornées épaisses et irrégulières qui soulèvent celles qui progressent d'arrière en a\ant, s'\ adjoignent, et donnent ainsi à l'ongle, antérieurement, une épaisseur quatre ou cinq fois plus considérable qu'à sa racine.

La forme de l'ongle varie beaucoup, ce qui paraît tenir à des différences dans la disposition des extrvmités qui le supportent Ainsi les individus dont b main est grasse ont en général les ongles bien faits, tandis que ceux qui ont la main osseuse et maigre ont les ongles recourbés dans le sens antéro-postérieur, ce qui donne à leurs doigts une fonne arrondie, disgracieuse, ^ laquelle les patbologistes ont assigné le nom de doigts en massue. On a cru remarquer entre cette forme des doigts en massue et le développement des tubercules une coïncidence qui parait en effet ne pas être sans quelque fondement, et qui pourrait bien tenir à ce que, cliez les phthisiques, la nutrition des c.vlréuiités est toujours plus ou moins altérée.

Les ongles ont une tendaïue naturelle à se courber dans le sens de leur laideur, et c'est même un signe de l>eauté lors(priis forment presque un demi-cylindre. Aux mains, cette dis]X)sit ion n'a aucun inconvénient; mais il n'en est pas de même pour les pieds, et particulièrement pour le gros orteil. I.à eiïectivement, si la courbure est trop prononcée, les hords de longle iihivs et trâuchauLs rencontrant |)endant la marche ou la station les i>arties molles refoulées |>ar la pression contre le sol, les

ukiTeot, s\ enfoncent et déterminent des douleurs intolérables : c'est à celte maladie qu'on a donné le nom d*ongie incarne, d'ongle rentré dans les chairs. Le traitement AVoule des remarques précédentes. Il faut chercher à dégager les bords de Tongle, à Ks n-dressiT, en même temps que Ton écaHe par une douce pression les parties molles ulcérées; ce traitement palliatif, qui consiste dans l'interposition d'une mèche (ierharpie entre les bords de l'ongle et les parties molles, réussit dix-neuf fois sur \\ttaX. mais exige, pour être couronné de succès, d'être fait avec beaucoup de soin et dlntelligence, et d'être longtemps prolongé.

Fréquemment les papilles qui sécrètent l'ongle s*enflamment, et fournissent une Sicrétion séro purulente analogue h celle que l'on rencontre dans la maladie dite tijuniiole, mal blatte ou mal d* aventure. L'ongle alors se décolle, est repoussé, tombe i-t se reproduit connne l'épiderme. dont il est complètement l'analogue Si les pa* pilles génératrices sont malades, comme cela a lieu dans certaines affections géné-« nies, la syphilis, par exemple, l'eczéma, etc., on voit son tissu s'altérer, de lisse et poli qu'il était devenir rugueux, s'épaissir, queliiuefois s'amincir, et enfm tomber cuiiuue les poils, comme les cheveux.

hesfjoiis, véritables produits épidermiqnes, sont sécrétés par des follicules situés daos les couches profondes de la peau, quelquefois même au-dessous du derme, (bns le tissu cellulaire sous-cutané. Abondants à la tête où ils prennent le nom de die«eu\, aux aisselles, à la région pubienne où ils n'apparaissent qu'à la puberté, ils >oot rares partout ailleurs, excepté chez quelques individus du sexe masculin qui «n sont littéralement cou\erts. Leur présence semblerait caractériser une exubérance de force, si l'on en croyait le proverbe ancien : Homo pilosus, fortis, proverbe souvdit démenti par l'observation rigoureuse, car il n'est i)oint rare de voir des indi* udu!» cliétifs en être abondamment pour\us. Le follicule qui les produit doit être cuibidéré comme une dé|)endance du tégument externe, forment un cul-de-sac du fmulduqud s'élève une papille, le bulbe pilifêre, analogue à la papille dentaire. J'ai (it'jà dit que les poils a\ aient tous une origine qui leur était commune avec les glandes utriculaires sébacées, dont la sécrétion semble faciliter leur sortie.

l>'a|»ri's les tra\au\ de >i. Mahon jeune (1), la teigne favcuse, porvigo favcsa^ serait due à une maladie du bulbe pilifère et du follicule pileux ; il est encore une autre adection de la peau qui paraît porter sur lui son action, c'est le pityriasis ff / siaplur, qui détermine si fréquemment V alopécie,

Iji^ |M>iLs, examinés au microscope, se présentent sous l'aspect de cornets imbriqués, poun IIS à leur base d'un canal central rempli d'une substance constituée pir d^^ {granules et des cellules pigmentaires. C'est à ces cellules que les poils doivent o tii* coloration si variable selon les sujets, et presque toujours en rapjwrt avec celle (le la peau, car on ne voit point les nègres offrir ces variations de couleur dans la chevelure, si commune dans la race caucasienne, par exemple. Aussi, dans la détcrluioation des races humaines, les physiologistes tiennent-ils grand compte de cette n>loratiou, de même que les pathologistes y attachent un grand prix pour l'appréciat ttfi des constitutions indi\ iduelles.

l De dernière remarque se présente : lorsqu'on veut réunir une plaie située dans ooe région pounuc d'une grande quantité de poils, il faut avoir grand soin de les tenir toojoqrs Iri^s courts, et mieux encore de les raser jusque sur le bord de la solu-

.1; Iktkerchês sur le siège el la nature des kigt.ef.

12 ANATOMIK r;^.>(:RALe MÊDICO-CllIRl'Rr.ICALE.

Le cor|)s de Tungie est très a<lltérent, |)ar sa face profonde, au derme qui recouvre la phalange ; il est libre et dégagé sur ses bords et à sa partie antérieure.

ljoni\uùn conpe un ongle d'avant eu arrière, de soi bord libre à sa racine, on obsene qu*il est beaucoup plus épais en avant qu*à sa partie postérieure; d'autre part," sa lace profonde ou adhérente est inégale, striée kmgitudinalement, et ces stries correspondent à des rangées ou séries linéaires de papilles qu'on observe à la stvface du derme.

Sous le nom de mntrice de l'ongle^ les aualomistes ont plus spécialement décrit la portion du derme qui reçoit la racine ; il faut cependant, si l'on attache à ce mot de motrice l'idée d'organe générateur, l'étendre à toute la portion du derme à laquelle il adhère. On ne |)eut saisir, en eiïet, aucune ligne de démarcation entre la portion du derme où s'insère la racine et celle que recouvre le corps de l'ongle ; on obsene partout des ligues de papilles régulièrement inclinées en avant, et dont le sommet parait plonger dans la substance môme de l'ongle dont on ne les détache qu'avec difficulté, et non sans d'excessives douleurs. Toutes ces papilles sont destinées à la niitrilion de l'ongle, et il est bien démontré aujourd'hui qu'il s'accroît uon seulement de sa racine à son bord libre, mais aussi par addition de couches successives qui s'appliquent sur sa face profonde dans toute sa longueur, à la manière des couches épidermiques. La croissance en longueur est prouvée par une remarque que tout l(> monde a pu faire : c'est que les taches blanches qu'on y observe, et mieux encore les |)etits épanchements sanguins qui succèdent si fréquemment aux pincements des doigts, M,|)ortent progressivement de la racine au bord adhérent, mettant ainsi plusieurs semaines «i parcourir cet espace.

Quant à la croissance par couches stratifiées, elle est démontrée par l'épaisseur de plus en plus considérable des ongles de leur racine à leur bord libre ; par la minceur comparative qu'ils conservent lorsqu'ils sont dépourvus d'adhérence dans toute leur partie antérieure, et qu'ils sont produits exclusivement par ce qu'on appelait autrefois la matrice: et enfin par cette circonstance qui n'est point rare, de voir les papilles les plus rapproché(*s de l'extrémité des doigts surexcitées dans leur sécrétion, donner naissance ci des couches cornées épaisses et Irrégulières qui soulèvent celles qui progressent d'an ière en a\ant, s'y adjoignent, et donnent ainsi à l'ongle, antérieurement, une épaisseur ((ualre ou cinq fois plus considérable qu'à sa racine.

La forme de l'ongle varie beaucoup, ce qui paraît tenir à des différences dans la disposition des extrémités qui le supportent. Ainsi les individus dont la main est grasse ont en général les ongles bien faits, tandis que ceux qui ont la main osseuse et maigre ont les ongles recourbés dans le sens antéro-postérieur, ce qui donne à leurs doigts une forme arrondie, disgracieuse, h laquelle les pathologistes ont assigné le nom de doigts en massue. On a cru remarquer entre cette forme des doigts en massue et le développement des lul)ercules une coïncidence qui paraît en effet ne pas être sans quelque fondement, et qui pourrait bien tenir à ce que, chez lesphthisiques, la nutrition des extrémités est toujours plus ou moins altérée.

Les ongles ont une tendance' naturelle à se courber dans le sens de leur laideur, et c'est même un signe de beauté lorsqu'ils forment presque un demi-cylindre. Aux mains, cette disposition n'a ancnii inconvénient; mais il n'en est pas de même pour les pietLs, et particulièrement pour le gros orteil. Là effectivement, si la courbure est trop prononcée, les l)ords de l'ongle libres et tranchants rencontrant [Mandant la marche ou la station les |>arties molles refoulées par la pression a)ntrc le sol, les

DES TÊGUMBBITS. 45

dans le pbarriu et jutcpie daoa les fosses nasales, quelquefois même des vomissements.

Bichat, réfléchissant à l'étendue considérable qu'offrent par leur développement les surfaces muqueuses, aurait voulu qu'on tentât de porter sur elles la médication dite révulsive, qu'on emploie si fréquemment sur lelégument externe. Il pensait, par aemple, qu'on irriterait avec avantage la membrane pituitaire dans certaines affections des yeux, au lieu de placer des vésicatoires à la nuque ; qu'au moyen d'une mode introduite dans l'urètbre on stimulerait la vessie dans les cas de paralysie. Ces idées ingénieuses n'ont peutrétre pas été assez méditées par les chirurgiens; j'ai conseillé récemment, dans un cas de conjonctivite chronique que rien n'avait pu modiier, d*exdter h membrane pituitaire avec le tabac en poudre, et j'ai obtenu ainsi «le goérisoQ complète. La cautérisation pharyngienne dans l'asthme, par la méthode k Dncrot, de Marseille, n'est-elle pas fondée sur le même prindpe? G*est là, je le répète, une idée féconde et qui mériterait d'attirer sérieusement l'attention despathologislet.

Les muqueuses ont une coloration en général beaucoup plus prononcée que celles de la peau, omis il faut noter cependant qu'il en est quelques-unes qui se dépouillent, pour passer d'une région dans une autre, d'une grande partie de leurs éléments amtemiques, ce qui détermine de grandes variations dans leur aspect : ainsi la oonjiMClive oculaire à l'état sain est presque transparente, tandis que sur les paupières die est presque toujours plus ou moins rougeltre. Cette coloration est due à la pré- «née du sang dans les capillaires, ainsi que le prouve leur teinte violacée dans l'asphyxie, et blanche ou rosée cbei les individus qui ont succombé à une bémorrhagie m qui sont dans un état syncopaL

Gertaines muqueuses sont très densei^ trè$ épamn^ tandis que d'autres ressemblent \ de véritables feuillets séreux. Les premières, comme celles de h voûte pabh line, du voile du pahis, des lèvres, peuvent supporter des points de suture, et sont nsceptibles des mêmes opérations autoplastiques que le tégument externe ; les autres. Kl coBtraire, se déchirent sous l'influence des tractious les plus légères.

V&ihértnct des muqueuses présente également de grandes différences ; en gé«^ aérai, elles sont assez lâchement unies aux tissus sous-jacents, ce qui facilite leur ifissement <Iette disposition peut être utilisée en médecine opératfldre, et la muqoeoie qm double les joues et les lèvres peut être facilement détachée, puis renvenée, pour être suturée à la peau dans certaines atrésies de la bouche. C'est U ce qui constitue le procédé dit da bordagt^ imaginé par Dieffenbach, que j'ai appliqué avec tneeèi à une atrésie des paupières déterminée par la contraction de l'oiiiicuhhre.

C*eit aussi à cette laxité que sont dues les chutes de la muqueuse du rectum si fréquentes chez les enfants, et la sortie de ces bourrelets hémorrhoidaires dont l'étranglement détomlDe parfois de si vives douleurs.

Si htoBoqueuses adhèrentaux parties sous-jacentes par rintcrmédiaire d'un tissu celiohdrc très lâche en certains points, et qui permet une locomotion en masse de toute la membrane, en d'autres pointe II est très serré et s'oppose à tout déplacement Cette dernière disposition, que l'on retrouve dans toute l'étendue des bronpar exemple, explique comment ni la graisse ni là sérosité ne peuvent s'y accuœ qui aurait infailliblement et très rapidement amené l'asphyxie ; tandis que ka rapEa aryténihépiglouiques, qui appartiennent, k proprement parler, auunt au

1& ANÂTOMIE GÊNÊBAU MtOlCO-GHIRURGICALE.

Uou de coaliouité, leur préteoce comme corpi étranger pouvant nuire k la réunion» soit immédiate, soit consécutive

s* Dm moqoeQiei.

Les membranes muqueuses ne nous oiïriront que bien peu de considérations pn* tiques, et leur histoire intéresse beaucoup plus le médecin que le chirurgien. Biles forment deux grandes sections, la gasiro-pulmonaire et la génitc^urinaire. II en est bleu une troisième, mais elle est tout à fait isolée, de peu d'importance et d'une étendue beaucoup moindre, c'est la membrane qui tapisse les conduits galadophoret.

DUpoiiiion géiérale et propriitéi det muqueuse$. — Envisagées d*une manière générale, les muqueuses doivent être considérées comme un véritable tégument interne destiné à isoler, à limiter les organes profonds, et ayant comme Tcxteme des fonctions d'absorption et de sécrétion ; toutefois la muqueuse gastro-pulmonaire est douée d'une faculté absorbante bien supérieure à celle de sécrétion, puisqu'elle sert d'intermédiaire entre l'organisme et les matériaux introduits pour la ré|)aration, tandis que la muqueuse génito-urinairc, jouissant de fonctions plus spécialement sécrétdres, exerce son action presque exclusivement sur le sang dont elle est destinée à accomplir la dépuration. Leur analogie de fonctions avec la peau est donc frappante ; celle de structure ne Test pas moins, ainsi que nous le verrons bientôt.

Leur êensibilité varie beaucoup selon les points où on l'explore : près des orifices naturels, elle est exquise, et pour chacun d'eux d'une nature toute spéciale; dans les parties profondes elle devient plus ou moins obtuse. Rien n'égale la sensibilité de la conjonctive, qu'un grain de poussière irrite et fait rougir, de la muqueuse olfactive, de celle du prépuce, de l'anus, etc. , tandis que des corps étrangers volumineux peuvent séjourner dans les bronches, l'intestin, le vagin, sans qu'on en ait omscience. Cette sensibilité présente, dans chacun des points qu'on expIcMH, une véritable ipéciatùcUian qui en fait presque une sensation particulière : quelle différence, en effet, entre la sensation qu'apporte la titillation de la luette et celle que détermine l'irritation de la couijonctive I

L'excitation portée sur une membrane muqueuse provoque, alors même qpt'eOe n'est pas perçue, ou du moins que l'individu n'en a pas conscience, des mouvements involontaires dans les appareils musculaires qui lui sont annexés ; c'est ce que l'on a appelé YacOon réflejce : c'est ainsi que l'irritation de la coiyonctive détermine instinctivement la fermeture des paupières, que celle de l'arrière-gorge amène les vomissements, et que celle de l'anus provoque des contractions intestinales. On a quelquefois utilisé ces données physiologiques : ainsi, chez les enfante constipés, mais auxquels on ne veut pas cependant donner des purgatifs, de crainte d'irritation intestinale, on obtient des selles eu stimulant la muqueuse rectale, soit avec un soppositoire de savon, soit comme le font certaines gardes- malades, en introduisant simplement une branche de persil tixmipée dans l'huile, moyen réellement très eflEcace et presque toujours sui\i d'effet

Ces sympathies, si Ton veut leur donuer ce nom, sont d'ailleurs réciproques et se manifestent eu sens inverse dans certaines maladies : c'e.st un signe de calculs développés dans les voies uriuaires que la dcuiangeaison insupportable et souvent répétée de l'extrémité de la verge, accompagnée de fréquentes envies d'uriner; et tout le monde sali que la présence devers dans les voies digcstives occasionne des picotements

DBS TÉGUMENTS. 17

f^ Ton a Voccasîon d'observer cette affection, qui offre la plus grande analogie if « les iarmet ou kystes sébacés,

Sebo M. Robin, ils pourraient aussi devenir le siège de tumeurs glandulaires H^pertrophiques caractérisées par l'accuniulation de cellules épilbéliales, quoique plus nremeot cependant.

Je ne ferai que mentionner les follicules dits microscopiques que Sprot-Boydt et Bœhm, par exemple, ont décrits dans la membrane muqueuse digestive.

Les papilles des muqueuses tantôt sont très saillantes et plus spécialemeut desti* nées ^ des phénomènes de sensibilité, comme à la langue, par exemple ; d'autres fois beaacoop plus petites, quoique parfaitement visibles à l'œil nu, comme à l'intestin pêf, où elles constituent des organes d'absorption. Leur structure et leur dispositioD, qui est do ressort de Fauatomie descriptive, ne doit point m'occuper.

Le réseau vasculaire de ces membranes est très riche ; on pourrait même dire qa*eUes sont presque exclusivement constituées par un lacis artériel et veineux, mais Nuiout veineux. J*ai déposé dans le musée de la Faculté des pièces relatives à la stroctore de la muqueuse des fosses nasales, du pharynx, du larynx, et des organes génitaux, dans lesquelles la matière à injection, poussée par les veines, a pénétré si Mo, qu'il n'est pas possible de trouver un point qui n'en soit rempli.

Cps réseaux artérioso*veineux, selon Dœllinger cité par Burdacli (1), formeraient iraient deux et même trois couches superposées dans lesquelles les vaisseaux, se capiiiarisant de plus en plus, arriveraient ainsi jusqu'à la surface de la membrane, où ib lionneraieut, de concert avec les vaisseaux lymphatiques, la couche dite viileuse, 00 des villosités. Quoi qu'il en soit, ce que nous devons constater, c'est cette ricbesse des réseaux vasculaires qui explique la facilité avec laquelle se produisent les hémorrhagies par les surfaces muqueuses, et cela par transsudation et sans aucune déchirure.

Les vaisseaux lymphatiques y sont également très abondants, et leur disposition <biB les papilles a été parmi les anatomistes un sujet de discussion qui est loin d'être encore épuisé, (le qu'il y a de certain, c'est qu'il existe immédiatement audessous de Tépithélium de toutes les muqueuses, mais principalement de la digestive, m lacis ou réseau de vaisseaux lymphatiques très riche.

La question de savoir si l'absorption se fait par les lymphatiques ou les veines exclusivement, est aujourd'hui tranchée; les expériences de Magendie ont démontré qu'elle avait lieu à la fois par ces deux ordres de vaisseaux, mais surtout par les ieine& La rapidité avec laquelle s'effectue à la surface des muqueuses, soit pulmonaire, soit digestive, l'absorption de certaines substances telles que le chloroforme, l'éther, le laudanum et bien d'autres encore, comparée à la lenteur et à l'incertitude de l'absorption cutanée, est un fait bien digne d'attirer l'attention, et il est curieux de rechercher à quoi tiennent ces différences. Certainement l'inégale épaisseur delà cooche épitbéliale dans les deux ordres de téguments est un fait dont il faut tenir compte, mais ce qu'il faut surtout noter, c'est l'inégalité de richesse des réseaux lymphatiques, et surtout veineux, qui est tout à l'avantage àes muqueuses, ce qui s'accorde parfaitement avec les expériences déjà citées de Magendie, qui ont démontré quelle part énorme il fallait faire aux veines dans l'absorption des substances iKmentaires et médicamenteuses.

{!) fraité d0 physMogk, t. VIL

16 ANAIOUIL GÉNÉRALE Mf:f>IO>-CHIBLBGIC.4LE.

phannx qu'au lannx, etifoi sonc form^ par la muqoeosephanogieoiie doabk!-ed*an tbiMi i mailles larges et extensibles, sont soinent, an contraire, le siège d'une infîltratioo séreuse désignée à ton sous le nom ^œdem^ de h glotte^ maladie très grave, pour !af|uHle le chirurgien doit se hâter de pratiquer la trachéotomie

Les muqueuses sont à peine rctractiles, ce qui tient à l'absence d'un véritable derme à fibres entrecroi>ées, comme celui qu'on obsene à la peau ; aussi ik où les conduits et résenoirs qu'elles tapissent doivent prendre une ampliation brusque offrent-elles des replis pour suffire à cette dbtension. lue fois qu elles ont été distendues au delà de leur capacité d'extension, elles deviennent flasques et ne reprennent que rarement leurs dimensions primitives.

1^ muqueuse de l'urèthrc semble faire exception à cette règle générale, mais ce n*est là c|u'une apparente infraction à la loi ; et si après l'amputation de la verge on é|)rouve quelque difficulté à retrouver Torifice du canal à la surface de lÉ plaie, ce n'est point parce que la muqueuse elle-même s'est rétractée, mais parce que le tissu érectile qui l'enveloppe circulairement l'a entraîné dans sa rétraction. C'est là ce qui a fait donner à M. Barthélémy le conseil d'introduire une sonde avant l'opérstiou, précaution au moins inutile, et qui ne sert qu'à rendre l'amputation plus longue et plus pénible.

Est-ce à l'absence de rélractilité de la muqueuse qu'il faut attribuer la formation de ces rétrécissements valvulaires que l'on observe dans le rectum, par exemple, ainsi que le prétend M. Malgaigne? Ou faut-il les attribuer à une exsudation de lym|>he plastique organisée en brides, d'après les idées de Ducainp, de Laënnec et Lisfranc? Je crois que ces deux opinions |)euvent parfaitement se concilier, car l'absence de rétractilité à elle seule ne piiunait suffire à former un rétrécissement permanent, si la sécrétion d'une lymphe plastique vcM-sée sous l'influence de l'inflammation ne venait organiser en brides solides et résistantes c(*s replis tem|)oraires.

La ntrncture infime ûen miiqueu.ses ne nous offre presque rien à noter ayant trait a la clinique externe : elles sont pourvues d'une fmme fiOro-oHlvlrnse qu'on peut considérer comme leur derme^ ^'np[tari'H$ de s^cn'fionel d'aùsorptioti, de réseaux nerveux, lymphatiques et sanguins, et d'un ppithrlinm\i\us ou moins apparent.

Le derme des muquei ses est tantôt très pronoiia'*, très éj>ais, et confondu avec les tissus sur lesquels il rei)ose, comme à la voiltc palatine et aux fosses nasales, où Il est impossible de le séparer du périoste; d'autres fois il est à |>eine marqué, comme dans l'intestin grêle ou dans les bronclies. Ce derme, l'analc^e de celui de la peau, puisqu'il forme la charpente de la muqueuse, est bien loin toutefois d'en avoir la résistance et l'élasticité. Aussi les muqueuses, ainsi que je l'ai dit précédemment, sont-elles faciles à déchirer, en général, et presque déjwurvui^s de rétractilité.

Les appareils de sécrétion et d'absorption sont très inégalement répartis sur les diverses muqueuses.

On trouve dans toutes ces iiKMnhranes des follicules qui représentent les glandnles sébacées de la peau. Leur structure e^t la même; comme elles ils représentent des sacs ovoïdes dont l(; goulot rélréri vicMit s'ouvrir à la surface muqueuse. Tantôt ils sont solitaires, d'autres fois aKKlonièn's, c'esl-à-dire réunis en grand nombre et très serrés. Leur orifice peut s'obliirKT connue celui d(^ folliculi^ sébacés, et l'on voit abrs If cul-de-hac folliculaire, considérahlcinenl dilalé, s'emplir d'une humeur vb/ioerv. transparente, (|ui u'rsl auhM» (|ui' li»ur pi*oduil de sécrétion retenu cl a*:.:uruuV. ^esl surtout à la fac<; interne des lè\ ivs cl des joues, et au col de l'utérus

ms TÉGUMENTS. 17

<|iie Ton a l'occasion d'observer cette affection, qui offre la plus grande analogie nteiatmmeiùQ kystes sébacéi.

Seioo M. Robin, ils pourraient aussi devenir le siège de tumeurs glandulaires bypertrophiqoes caractérisées par raccuniulation de cellules épilbéliales, quoique plus rarement cependant.

Je oe ferai que mentionner les follicules dits microscopiques que Sprot-Boydt et Bœfam, par exemple, ont décrits dans la membrane muqueuse digestive.

Les pattes des muqueuses tantôt sont très saillantes et plus ^)écialeineut desti* aéesk des phénomènes de sensibilité, comme à la langue, par exemple; d'autres fois beaoconp plus petites, quoique parfaitement visibles à l'œil nu, comme à l'intestin grêle, où elles constituent des organes d'absorption. Leur structure et leur disposition, qoi est du ressort de l'anatomie descriptive, ne doit point m'occuper.

Le réseau vasculaire de ces membranes est très riche ; on pourrait même dire fo'eUes sont presque exclusivement constituées par un lacis artériel et veineux, mais nrtoat veineux. J'ai déposé dans le musée de la Faculté des pièces relatives à la stractare de la muqueuse des fosses nasales, du pharynx, du larynx, et des organes 96nitam, dans lesquelles la matière à injection, poussée par les veines, a pénétré si Ma, qu'il n'est pas possible de trouver un point qui n'en soit rempli.

Os réseaux artérioso-veineux, selon Dœllinger cité par Burdacli (1), formeraient soavenC deux et même trois couches superposées dans lesquelles les vaisseaux, se caplHarisant de plus en plus, arriveraient ainsi jusqu'à la surface de la membrane, où ib formeraient, de concert avec les vaisseaux lymphatiques, la couche dite viileuse^ OQ des Tillosités. Quoi qu'il en soit, ce que nous devons constater, c'est cette ricbesse des réseaux vasculaires qui explique la facilité avec laquelle se produisent les hémorrhagies par les surfaces muqueuses, et cela par transsculation et sans aucune déchirure.

Les vaisseaux lymphatiques y sont également très abondants, et leur disposition dans les papilles a été parmi les anatoraistes un sujet de discussion qui est loin d'être eocore épuisé. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il existe immédiatement audenoos de l'épithéUum de toutes les muqueuses, mais principalement de la digestive, on lads où réseau de vaisseaux lymphatiques très riche.

La question de savoir si l'absorption se fait par les lymphatiques ou les veines exclusivement, est aujourd'hui tranchée; les expériences de Magendie ont démontré qu'elle avait lien à la fois par ces deux ordres de vaisseaux, mais surtout par les veines. La rapidité avec laquelle s'effectue à la surface des muqueuses, soit pulmonaire, soit digestive, l'absorption de certaines substances telles que le chloroforme, Téther, le laudanum et bien d'autres encore, comparée à la lenteur et à l'incertitude de l'absorption cutanée, est un fait bien digne d'attirer Tattention, et il est curieux de rechercher à quoi tiennent ces différences. Certainement l'inégale épaisseur delà Goocte épithéliale dans les deux ordres de téguments est un fait dont il faut tenir compte, mais ce qu'il faut surtout noter, c'est l'inégalité de richesse des réseaux lymphatiques, et surtout veineux, qui est tout à l'avantage àes muqueuses, ce qui s'accorde parfaitement avec les expériences déjà citées de Magendie, qui ont démon - Uré qudie part énorme il fallait faire aux veines dans l'absorption des substances alimentaires et médicamenteuses.

(1) Traité de physiologie, t. Vil.

i8 ANATOMIE GÉNÉRALE MÉDKXMlfflRURGICALE.

Les nevfi des miiqueases sont eo général foarnis pir le tjrBtènie gangiioniuire ; il \\\ a d*exceptîon que pour les orifices, qui les reçoifent du systèine céffébro-apinaL Cette dispoeitiOD rend compte de la différence de senwhiKté, que j'ai préoédeminem signalée, entre les muqueuses placéei très près de i'eitérieur et celles qui sont profondément situées.

Vêpithélium, analogue de l'épidémie, tapisse toutes les muqueuses; autrefois» ou croyait que les membranes profondes en étaient dépourvues» mais M. Flourens» et depuis MM. MandI, Henle, etc. , ont démontré qu'il existait panout, ici sous la forme pafimeateuse, là aous la forme cylindrique, aUleurs sous la formé vibratile. L'épithélium, dont la structure est la même que celle de l'épiderme, peut quelquefois s'épaissir et prendre l'aspect de ce dernier, comme on l'observe wr les muqueuses» qui sont soumises au contaa longtemps prolongé de l'air el des corps estérioirs.

Cel épîtbélium remplit par r^q^^rt à la muqueuse les mêmes ionctioiis que l'épiderme relativement à la peau, c'est-i-dire qu'il protège et garantit les papilles de la langue et de l'intestin» par exemple, du contact trop immédiat des corps étrangers alimentaires ini antres; et tout le monde sait que si, par suite de longues maladies» ou par d'autres causes, l'épiderme de la cavité buccale est enlevé, toutes les substances, même liquides, déterminent de vives douleurs^ C'est la présence de cet épîtbélium qui empêcbe les deux suriaces d'im canal en contact cootinud d'adbérer et de s'oblitérer; mais il faut ajouter que même après la cbute de l'épitbélium» et probablement à cause de leur structure essentiellement veineuse» et par conséquent peu plastique, peut-être aussi à cause de la persistance de la sécrétion folliculairs, 1er couches sous-épiihéliales n'ont que peu de tendance à l'adhésion : témoin les essais infructueux tentés par Vidal (de Cassis) poiv oblitérer le vagin dans les cas de ûstules vésico-vagpnaks^ Toutefois il ne faudrait pas croire que» dans certaines circonstances, deux parois muqueuses ne pussent se fusionner. L'oblitération du col ulérin, l'adhésion des joues, celle des paupières, les brides, les rétrécissenients que l'on observe dans le rectwn et dans l'urèthre, témoignent de la possibilité de ce tùL

/^râe/o/)^Eiefiien/.— C'est vers le commencement du deuxième UMiis qu'appamlt la peau, uniquement composée alors du derme et de l'épiderme réunis, elle naît du feuillet externe ou animal du blastoderme, d'après fiaer. Les papilles n'appanussent que vers le quatrième mob; elles ont dès lors l'aspect qu'eles auront chea l'adulte. C'est è peu prés à la même époque cpie l'on peut distinguer à la plante des pieds et aux mains le pannicule graisseux; ira peu avant, déjà, on avait pu constater l'origine des glandes sébaoéesw

Les poib et les ongles apparaissent dès le milieu dn iroisièaie mois; à cette époque» Tépiderme est tout à fait distinct et séparé du derme.

La peau, primitivement, ne comnmnitpie point avec la muqueuse intestinale; eUc se recourbe supérieurement et inlérienrcment poiv contribuer à la formation des capuchons céphalique et caudal , et c'est à s» dépens que se formeront phn ted les ouvertures supènenie et inférieure. La muqueuse intestinale, en cfct» nait dn feuillet interne ou végétatif dn Maitodsrmf qui s'enfonce supérieurenient dune les capuchons céphaiinn ut caadal pour oauMiiuti les fmxm curtf incu et fmxm infaiar

dcWoML

Peu à peu le /bnen tm tnpins ttnl l*oMHnnc» séiudepour s'

avec r«ofhBB aUWre qui s^onvre dans la ca%ité pbarjn-

« «t A irian oMiu la penn ci b muqueuse imesti

DU TISSU CiOXULAiAe. 19

nde, tand» qu'inféneoreinent le fm)ea inferior, qui représente le rectum, ttavauce, se perfore et Tient gagner roovertare anale également fonnée aux dépens du tégument externe*

Les commonications entre la muqueuse i)ulmonaire et la cavité pharyngienne , entre la itessle, débris de Tallantoîde, et les organes génitaux externes, s'établissent de la même manière.

Il n*y a dtmc, à proprement parler, que la cavité pharyngienne qu'on puisse con« «dérer comme un prolongement, comme une dépression du tégument externe, puisque les antres muqueuses , l'intestinale et la géuito-urinaire principalement, sont formées par nn feuOlet tout à fait indépendant , le feuillet interne de la vésicule |)la8todermiqu&

Pour la mnquense pulmonaire, le doute existe; peut-être est-elle une dépendance de la cavité pharyngienne, quoique cependant elle paraisse, d'après Reicliert, naître d'an bhstème intermédiaire.

Cette étnde dn développement de la peau et des muqueuses permet de se rendre compte de ces vices de conformation qui consistent dans l'imperforation des divers oiifices natards. Dans ces cas , il y a im arrêt dans la marche des deux feuillets Uartodermiqnes dont la rencontre n'a pu s'effectuer. Ils ne sont quelquefois séparés que par on simple diaphragme membraneux, et la membrane hymen, lorsqp'elle est iiupwtwrée, représente les vestiges de la séparation qui existait jadis entre les organes géaitanx internes et externes.

Je dob ici me borner \ cette remarque générale ; lorsque je traiterai de chacun de ces organes en particufier, je me réserve d*entrer dans des détails dont la connais^ siBce est indispensable k l'intdligence de leurs déviations.

En pariant des propriétés et de la structure des muqueuses en général , j'ai dit qo'eD» diflïraient beaucoup, selon qu'on les observait à l'entrée ou dans la profondeur des oTganes; n'est-il pas probable que ces différences tiennent à ce que primi^ tirement ces membranes n'ont pas eu la mên^e origine, et n'en faut-il pas chercher la cause dans Thistoire de leur développement ?

En résumé , la peau et les muqueuses, quoique primitivement indépendantes et complètement séparées pendant la vie embryonnaire , offrent, lorsqu'elles se réunissent pour ne plus former qu'une membrane continue, une analogie assez complète de structure et de fonctions, pour qu'il soit permis de les regarder sinon comme ktentiques, ahsi que le veulent certains anatomistes, du moins comme constituant deux groupes très rapprochés.

§ II. — Du Tissu CELLULAIRE.

Si je voulais tracer l'histoire du tissu cellulaire au point de vue hislologique , à l'exemple de Burdach (l), de Henle (2), je pourrais considérer les tendons, les aponévroses, la tunique adventice des vaisseaux , les séreuses, etc., comme des dérivés (le ce tissu , et y rattacher leur description ; mais, au point de vue cliirui*gicai , celle iiiédiode entraînerait, si je ne me tronii)e, de graves inconvénients, le système fibreux par exemple, ne se prêtant à aucune considération générale, à aucun rapprochement

(i) Traité de physiologiey^i. VÎI.

;2) Traité étanalomie générale^ t. I, p. 374.

2U ANâTOMIE générale MÊDICO-GHIRURGICALE.

Utile avec te tissu cellulaire d*uDe part, et les membranes séreuses de Tautre. J'^ donc cru devoir conserver les divisions anciennes et décrire séparément Ions o systèmes, tout en reconnaissant cependant qu'ils ont pour origine commune, quai on descend dans les derniers éléments de leur structure microscopique, des ûlaoM cylindriques longs et très déliés, mous et hyalins, de grosseur à peu près la mè^ partout, à contours lisses , nets , mais clairs, présentant un diamètre qui varie i 0,0003 à 0,0008 de ligne , et possédant ime élasticité assez prononcée due à la pK sence d'autres fibres dites jaunes ou élastiques. Réunis côte à côte et disposés en iai ceauT, ces filaments forment les lamelles du tissu cellulaire, les ligaments, les ta dons, etc. , tandis que quand ils s'entrecroisent suivant les directions les plus variée ils constituent des membranes.

Le tissu cellulaire , dont Haller le premier fit sentir toute l'importance (1), a è ainsi nommé à cause des cellules qu'on y démontre par l'insufilation , non de o cellules microscopiques qui ont acquis de nos jours une si grande importance , c égard au rôle qu'on leur fait jouer dans la formation des tissus , mais de cellules Q aréoles assez spacieuses pour être parfaitement visibles à l'œil uu , communiquai toutes les unes avec les autres, et qu'Albinus retrouvait jusque dans les épiploons (2]

fiordeu (3) et C. Woliï (U) pensaient que ce prétendu tissu cellulaire n'était auti cliose qii'une substance gélatineuse, molle, sans forme ni structure , sans fibres i vaisseaux, et k laquelle la distension seule donnait la forme lamelleuse et aréolain

Cette opinion, adoptée par Blumenbach, Meckel , et d'autres anatomistes modemet est évidemment erronée, et il est démontré aujourd'hui que les lamelles qui const tuent le tissu cellulaire existent bien positivement , et ne résultent point des prépara tiens qu'on lui a fait subir, ainsi, d'ailleurs, que l'avait dit Bichat(5).

Quant aux cellules, que je nommerai aréoles, pour éviter toute ambiguïté, elk sont également incontestables et formées par l'intersection des lamelles ; seulemei elles ne sont point , pendant la vie, distendues soit par une vapeur séreuse, soit pa un liquide, comme quelques anatomistes l'ont prétendu même de nos jours : elk existent, si je puis m'exprimer ainsi, virtuellement, prêtes à se laisser distendre soit par des gaz comme dans l'emphysème, soit par des liquides comme dans l'œdème soit par la graisse comme à l'état normal

Examiné à l'œil nu, et sans le secours des verres grossissants , le tissu cellulaire s présente sous l'apparence de lamelles blanchâtres, se déchirant avec facilité par 1< plus légères tractions, ce qui explique comment on peut, avec im instrument mous» comme la sonde cannelée par exemple, dénuder les vaisseaux lorsqu'on veut en pn tiquer la ligature, ou éuucléer avec le doigt, comme on le ferait d'une châtaigne qu'o sépare de sa coque, certaines tumeurs ou des ganglions lymphatiques dégénérés littéralement plongés dans une atmosphère celluleuse.

Cette couleur blanchâtre n'existe qu'après la mort: pendant la vie, ce tissu a un teinte très légèrement rosée , ainsi qu'on peut s'en assurer sur les animaux qu'o soumet aux vivisections. 11 est très peu nche en vaisseaux : la plupart de ceux qu'oi

(1) Elemenla physiologiœ, t. I, p. 8.

(2) Spécimen inaugurale exhibens novam lenuium hoininis inlestinorum descriptionem Leyde, 1722.

(3) Recherches sur le lissu muqueux, 1767. (i) Nova Acta Acad. Peiropol, t. VI, 1790. (o) A natomie générale, 1. 1, |i. 58.

DU TlS:iU CELLULAIBE. 21

\ nncaolre m hii ^^rtienneut poiat en pro]H« e( ne font qne le traverser ; ccpeiidat , pir des injeclionB pénéininreK, on parrieiil à démoatrer sur les lamelles qui In ranMÎtiwai od awei beau réseau de capillaires unt artériels que veineux des jiIuh Miés, mais il ne raudrail pas dire avec Huysch qu'il est composé exclusivement de Mincanx. C'est i cette particularité de structure qu'il doit sou peu de résistance au\ iilamnutioos suppuratives qui le détruisent avec une grande rapidité, taudis que les gi^aan qu'il enveloppe, les muscles, par exemple, se conservent longtemps intacEs nmilien de sa fmiie pnmlente, sans doote i cause de leur puimanle vascularisaiion.

Fig. 3. Fig. 4.

A. Fibra blancbu de liitu cellulaire tu milieu desquellri le remarque une mIIdIc

i Dijau I, et i ttté une cellule iiucljol^ déiuhée D.

B. Fibre* Jaune* ou élaitiqnei antstomotétt entre ellei et mi\»Dg(ts aai fibre*

lilaocbet.

E. Ln mtmt* fibre* JiuDe*, m*i« oEHnl un enclievtlrerneDl bien |ilui proDoa<:é.

Mascagni supposait que le» lymphatiques y étaient lr^s abondants, et Breschet itaii adopté celte opinion ; mais les recherches de AI. Sappey (1 ) ont démontra que le lissa cellulaire , loin d'être le sot dam lequel puisent lei trôna lymphatiques, n'en renfermait pas un seul qui lui fitt propre. Il est donc proluble qu'Ainold, (|ui a décrit et figuré ceux que couiieiii le tissu cellulaire de l'orbite, a été trompa-, comme Fohmaïui. par ane injection des aréoles du tissu cellulaire. Sa sensibilité est d'ailleurs très obscure; Béclard n'y admettait point de nerfs {"î).

22 ANATOMIE GÊNÊRALB IIÉMCO-CHIRURGICALE.

II est rare de trouver le tissu cellulaire complètement dépourvu de graisse; près* que toujours il s*en dépose dans ses aréoles, et ces deux tissus se trouvent teHemeut combinés, et d'une manière si intime, qu*il est réellement bicu difficile de ne pas les considérer comme n*en formant (|u*nn seul

f.a graisse, dont on ignore d'ailleurs complètement le mode de production, s'y trouve contenue dans des vésicules microscopiques, arrondies et parfaitement liises lorsqu'elle y demeure liquide, comme cela a lieu à la température Kabituelle du oorpa, tandis qu'elles sont polyédriques et irrégolières sur le cadavre, k cause du refroiditscMUcnlqui coagule leur contenu. Ces vésicules, qui ont de 0,018 à 0,036 (1), se réunissent pour former dos lobules sous forme de grappes, placées entre les lamelles du (issu cellulaire qu'elles sé|)arcnt et écartent, et dont elles changent complètement Taspect lorsqu'elles sont on grande quantité. I^ présence de la graisse dans certaines régions est constante, même che/. les individus les plus maigres et les plus émaciés : on en rencontre toujours dans Torbitc, où elle paraît remplir un rôle protecteur par rapport au globe oculaire; à la plante des pieds et à la paume des mains, où elle forme un coussinet graisseux qui garantit les cxpansicms neneuses contre le contact trop immédiat dos corps extérieurs. Son accumulation, lorsqu'elle dépasse certaines l)ornes, devient une véritable maladie qu'on désigne sous le nom de poit/Mrcie, et peut causer les acddcnts les plus graves, entraver, par exemple, la circulation, en rocx)uvrant le cœur d'une couche graisseuse épaisse qui gêne notablement ses contractions. Jamais heureusement il ne s'en développe , môme dans ces cas, dans la cavité crânienne, mais on la rencontre en abondance et à l'état presque fluide dans le canal rachidien ; il peut se faire alors que le liquide cèplialo-racliidien se trouvant refoulé dans la cavité encéphalique, les centres nerveux intracrâniens soient comprimés d'une manière permanente par un mécanisme que j'exposerai longuement en décrivant le crûne en général (2).

Le tissu cellulaire combh' les intenalles qui existent entre les organes ; on le rencontre partout, et partout il est continu à lui-même : aussi comme ses aréoles communiquent toutes entre oitos, on s'explique comment, dans Tanasarque et les épanchements sanguins qui succt^dent aux contusions , le sérum ou le sang peuvent , en s'infiltrant de proche en proche , gagner les parties déclives, sollicités par les lois de la |)esantour, à laquelle ils obéissent une fois qu'ils sont sortis des vaisseaux.

Les chirurgiens ont mis à profit ces remarques, et toute une méthode de théra- Identique clûrurgicale est i)asée sur ce principe , à savoir, la facilité avec laquelle les aréoles du tissu cellulaire se laissent pt'nétrer : je veux parler de la compression , à laquelle \iont se rattacher comme méthode acc<'ssoire l'élévation. Que se propose-t-on |)ar ces procédés ? IK' refouler dans la circulation générale les liquides extravasés dans les mailles dn tissu cellulaire. Or, n'est-il pas évident que ce résultat serait impossible à obtenir si la communication facile entre les aréoles ne permettait pas de répandre le liquide sur une tri*s large surface, afin de faciliter son absorption ?

La sérosité et le sang ne sont pas les seuls liquides qui peuvent ainsi cheminer de proche en proche dans le tissu cellulaire ; le pus, l'urine, la bile, jouissent aussi de cette propriété, mais le mècanisnie est bien diifih^nt Lorsque le pus est en petite quantité et sécrété sous rialMacce d^one pblegmasie aigné. il pn>voqne autour de

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