DO TISSU CELLULAIRE
loi une sécféliou de lymphe plastique qui obstrue les aréoles et forme une ligne d'induratioe, véritable barrière qui le force à se porter du cAté des téguments. Il en est de même pour Vurine et la bile, lorsqu'elles s'insinuent goutte à goutte. Mais si le poi est abondant, s'il possède des qualités très irritantes et délétères, il envahit de procbe en proche les traînées celluleuses qu'il fait disparaître avant que la sécrétion pbstiqne loi oppose une digue salutaire, et se porte ainsi trè.M loin du lieu où il a pris aaiBance : d'où le nom à^aècèê migrateur ou par congestion. Il en est de même de rorine, kNrsqo'eUe est chassée avec violence par les contractions de la vessie. Mais dans ces deni cas ce n'est plus par simple infiltration que les liquides procèdent , c'est par destruction, par gangrène, et j'ai déjà fait pressentir que la structure du tiwi rellolaire le prédisposait à cette mortification. On comprend dès lors que, dans lenr migration, ces liquides s'attaquent plutôt au tissu cellulaire qu'aux autres tissus, panre que, plus facile à détruire, il leur livre plus facilement passage; mais aussi on s'fipKqne pourquoi ib ne suivent pas fatalement, inévitablement le même chemin, aiiM qne l'ont écrit quel(|ues chirurgiens trop anatomistes. Dans les cas, en effet, où le tbBQ cdlnlaire oppose une résistance trop grande , soit à cause d'une induration sonenoe dans ses lamelles, soit pour toute autre raison, les liquides désorganisateurs l'attaquent alors aux aponévroses, qu'ils finissent par prforer, ce qui entraîne des modifications notables dans lefir trajet ultérieur.
Le tissa cellulaire est non-seulement destiné à isoler les organes, il sert encore à boHter leurs mouvements, qui deviennent très difficiles lorsqu'il a été détruit par la suppuration ; aussi n'est-ce que plus tard, et alors qu'il s'est r^néré, qu'ils se rétablissent.
Nul tissu, en effet, ne se reproduit avec plus de facilité, ainsi que le démontre le phénomène de la cicatrisation des plaies; toutefois, lorsqu'il a été fondu par la suppuration dans les endroits où il remplit des espaces considérables, comme à l'aisselle, à raine et autour de l'ettrémité inférieure du rectum, il laisse des vides qui ne se comhient que bien lentement. Dans ce cas, ainsi que le disait Boyer, il faut, pour que la eoérison de ces fistules intarissables s'effectue, que le malade engraisse.
Le tissu cellulaire possède une certaine élasticité, et lorsqu'il a été distendu par la |ra»se ou la sérosité, il revient facilement sur lui-même.
Envisagé d'une manière générale, il présente trois grandes yariétés: l"" le tissu cel^ luiaire sous-cutané; 2* le tissu cellulaire sous-aponévrotique : 8* le tissu cellulaire ifJancknique,
1* Le tissu cellulaire sous-cutané doit être divisé, avec M. Velpeau, en couche nrêoiaire et en couche lamelleuse.
La rouche aréolaire, située immédiatement sous le derme, à laquelle elle est inti* tannent unie par des filaments qui partent de cet organe, est serrée et renferme ordilaifvment une assez grande quantité de graisse. Elle est plus ou moins épaisse, selon h régions ; très prononcée à la plante des pieds, à la paume des mains, au dos, etc. , HIe est nulle ou presque nulle aux paupières et au cou. Son union au derme fait que h plaies qui l'intéressent n'ont que peu de tendance à s'écarter, et comme elle est tnveraée en tous sens par des cloisons fibreuses, les inflammations éprouvent beauroop de difliculté k s'y propager en nappe.
La couche lamelleuse, située plus profondément, et formant ce que l'on a désigné »a$ le nom de faseia super firialis, est constituée par un tissu comme éUlé en membraK, Il fibres plus lâches et moins résistantes.
2h ANATOMIË CflNÊRALE MÉDIGO-CHIROBGICALE.
<:'est suiioul aux membi-es llioraciques et abdominaux qu'elle est remarquable par son épaisseur et sa disposition membraniforme ; on la retrouve d'ailleurs très nettement encore au cou et à la partie inférieure de Tabdomen. Oansce dernier point, il est même possible d*en disséquer deux couches superposées» dont Tune, la plus profonde, se ûxesur l'arcade crurale. C'est dans son épaisseur que se ramifient lesveines dites 90US' cutanées et les nerfs de même nom ; mais elle ne renferme jamais d'artères importantes, si ce n'est dans les cas d'anomalie, comme on l'observe quelquefois pour la cubitale ou la radiale à l'avant-bras, la pédieuse au dot du pied. Cette dernière notion n'est pas sans importance, car elle permet, dans la maladie dite érysipèle pkltgmoHeux ou pfdegmon diffus^ de pratiquer hardiment des incisions sans crainte d'héroorrhagies, pourvu, bien entendu, qu'on ne dépasse pas Taponévrosc.
Les inflammations diffuses s'y développent a\ec une grande facilité ; aussi lorsqn'après ime opération où elle a été intéressée, on voit la suppuration tendre à s'em* parer des bords de la plaie que l'on a tenté de réunir, il faut se hâter de relâcher les points de suture, si l'on veut éviter l'extension rapide de la phlegmasie à toute la couche lamelleuse environnante. Elle se décolle avec la plus grande iacilité des aponévroses, auxqudies elle n'est unie que par les vaisseaux ou nerfe qui de loin en loin percent ces membranes pour se ramifier dans les téguments, et c'est dans son ^nù»seur que se fout le plus ordinairement ces épancbements sanguins qui suivent les contusions superficielles. Enfin, elle eftt le siège de ceue inflammation redoutable qu'on a désignée sous le nom de phlegmon di ffus ou érysipèle phlegmoneux^ tandis que c'est dans la couche aréolaire que se développent ces petits abcès sous-cutanés circoQscrits auxquels on a donné, à l'aisselle le nom d*abcès tubéri formes^ aux doigts celui de panaris^ et qu'il ne laut pas conibndre avec le furoncle.
2* Le tissu cellulaire sous-oponévrotique ou profond contient généralement moins de graisse que le précédent ; aussi se rapprocbe-t-il davantage des caractères que j'ai assignés au tissu cellulaire en général, c'est-à-dire qu'il est plus lâche et moins résistant, n'étant d'ailleurs point traversé par des lamelles fibreuses.
On le trouve en abondance autour des \ aisseaux et nerfs principaux dont il entoure la gaine dite tangentielle^ en deliors des gaines fibreuses qui enveloppent les muscles et isolent leurs contractions : vers la racine des membres, à l'aisselle, à l'aine, il comble les intervalles considérables qui existent entre les insertions musculaires, et se continuant sur les vaisseaux et nerfs qui émergent des cavités splancbniques, il établit une communication de la plus haute importance clinique entre ces cavités et les régions sous-aponévrotiques des membres. J'aurai soin, dans la description topographique, de déterminer le lieu et la manière dont se fait, pour cliaque région, cette communication que je ne puis ici indiquer que d'une manière générale.
C'est dans cette cx)iiclie cellulaire répandue entre les gaines musculaires que sedéveloppe cette formidable inflammation connue sous le nom de phlegmon profond ou sous-aponévrotigiie, et ronmie nulle |)art il n'existe de larges communications avec la couche soiis-ciitanée, on s'explicpie pourquoi les phénomènes inflammatoires y restent concentrés sans s\Hendre au tissu cellulaire superficiel.
Mais il i^t encore une autre variété du tissu cellulaire sous-aponé\rotiquequi, sans avoir ime grande iin|X)rtance, ne doit pas cependant être passée* sous silence : c'est c^lui qui se trouve n*nfermé dans \vs gaines miisculaire& Il entoure chaque faisceau et même chaque fibre ; réduit à sa plus siin|ile expression, il {Mirait constitué par une matière gIntiiMMe dans Iaquf4lf « I Télai pbysiologiqne. il ne s«* dé|)ose jamais de