‹ Traité pratique d'anatomie médico-chirurgicaleChapitre 19 sur 122 · DU SYSTÈME CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME CARTILAGINEUX

(ions sans influence directe ou immédiate sur les tissus adjacerUs et ne donnant lieu à aucune douleur.

Il suffit de se rappeler quel grand rôle la plupart des chirurgiens de nos jours font encore jouer à l'altération des cartilages dans les maladies articulaires, et en particulier dans ces variétés d*arthropathies si improprement désignées sous le nom de tmneur blanche, pour comprendre toute Timportance que réclamait la solution d'une pareille question. Si en eflet, ainsi que je crois Tavoir démontré dans les divers mémoires auxquels j*ai déjà plusieurs fois renvoyé le lecteur pour de plus amples détails, ui les cartilages, ni les tissus fibreux ne peuvent devenir le point de départ de CCS affections si graves ; si les altératians fréquentes dont ils sont le siège ne sont que consécutives, il ne reste plus dans les tissus composant les articulations que les os et ks synoviales comme origine possible de ces maladies, que Ton peut alors diviser en deux classes : affections de la synoviale, ou synovite, d*une part, et affections du tissa osseux, ou ostéites articulaires, de Tautre.

Les diverses altérations observées dans les cartilages sont V amincissement, Vusure, \kperte d" élasticité yV atrophie, V érosion t^/ceroiVe, improprement appelée par B. Brodie ulcération, Y hypertrophie, et surtout le ramollissement, la plus commune de tontes, caractérisée par la décomposition du tissu cartilagineux en ûbres perpendiculairemeot implantées à la surface de Tos, comme les soies du velours sur la trame, et qoeTon a désignée pour celte raison sous le nom d'altération velvétique, du mot anglais velvet (velours). Toutes ces lésions depuis longtemps connues et parfaitement étudiées à l'œil nu ou à la loupe, ont été plus récemment Tobjet des investigations DÙcroficopiques de MM. Toyn-Bee (1), Redfern (2) et Broca (3). Il ne m'a point paru qoe ces recherches, très intéressantes d'ailleurs au point de vue de l'histoire naturelle, aient rien ajouté d'essentiel à ce que nous savions déjà concernant leur signifiatico padiologique; elles ont seulement révélé quelques détails déstructure intime dont on s'est, à mon avis, beaucoup exagéré l'importance.

Keste à examiner deux autres questions bien distinctes, et que j'ai le regret de ne pouvoir traiter avec tout le développement qu'elles exigeraient. Je veux parler de h possibilité de cicatrisation et d'ossiûcation des cartilages articulaires.

Jusqu'à ces dernières années la cicatrisation des lames cartilagineuses articulaires était regardée comme impossible; les expériences de Dœrner et d'Autenrieth, les miennes propres, les observations de M. Cruveilhier et des autres pathologistes, semblaient avoir mis la question hors de doute, lorsque M. Broca présenta à la Société aoatomique plusieurs pièces sur Ies(|uelles il crut remarquer une cicatrice réunissant des fragments cartilagineux. J'ai lu avec beaucoup d'attention les observations sur lesquelles s'est fondé M. Broca, et je suis étonné qu'on les ait laissées jusqu'ici sans réfutation. J'extrais les lignes suivantes d'une de celles qui paraissent le plus probantes, et à laquelle on a semblé attacher le plus d'importance : il s'agit d'une fracture de l'olécrâne réunie par un cal ûbreux {h).

• Ce qu'il y a de plus intéressant dans celte pièce (dit le rapport), c'est l'existence d'une membrane de cicatrice qui unit les bords du cartilage diarthrodial fracturé. Elle présente deux bords et deux faces; ces deux bords s'insèrent sur le bord corres-

(1) HiloiophicaX Transactions, 1841, t. I, p. 172.

(î) Anormal nuiriiion in arlicular cartilages ^ avec figures, Edinburgb, 1849.

(3) BuHeiéns de la Société anatomique, 1851-1852, passim.

iV Bulletins de la Sociélé anatomique, 1851, p. 106 et ioiv.

S*i A>ArOMIB GÉNÉRALE MÊlMCO-CHIIHJBr.ICALË.

IHHidaiit (lii cartilage de cliaqiio fragment. Sa face antérieure, parfaitement lisse, esi placi'C sur le inviwa ni\eau que le* reste d<' la surface articidaire; sa face ifrofondi »e Continue satu interruption avec la substance du cal fibreux. * Suit le délai luicroscopique de celte bandelette, qui était couiposéc de tissu fibreux. Je dirai d*abord que ce qui est douué comuic un cas rare par M. Broca est an

coutraiiv assez commun, et se voit dans beaucoup de fractures articulaires qui ne se réunissent habituellement que par un cal fibreux, celles de la rotule particulièrement; mais jus(|u a présent personne n*a\ai( songé à donner ce fait comme une preuve de la |)ossibilité de la cicatrisation des cartilages.

(^est qu^en effet les choses reçoivent une explication bien plus naturelle, qui n*ett pas eu o|ipostiou, comme la cicatrisation des cartilages, avec les lois générales de la patliologic, et que voici: La hiuplie |)las(ique versée entre les fragments ne reste pas comprise strictement entre leurs surfaces ; elle sV'|)anche jusque dans la carilé articulaire, (|ui ({iiel({uefois s*ennainme, connue dans les cas d'arthrite trauniatiqœ On |)eut voir alors, si Ton a occasion de suivre ce travail |Nithologique, que les os et la synoviale se vascularisent et projettent sur les cartilages des jetées membraoîformes, dont les vaisseaux viennent se confondre et s'anastomoser avec ceux qui se dévelop|)ent dans la lymphe plastique, en sorte que souvent il se forme entre ki surfaces articulaires des brides vasculaires |>arfaitement organisées. Ce sont ces fausses membranes qui, plus tard, |)assant à l'état fibreux, déterminent ces difficultés dans l'accomplissement des mouvements, et rendent si grave le pronotck des fractures dans les articulations.

Tout ce travail s'accom|>lit en passant par des phases analogues & celles qui pri^ sideiit à la formation des fausses ankyloses, suite de synovites aiguës ou chroniqucii et il est démontré que ces brides fibreuses, qui se |>rolongent sur les cartilages et y adliérent, ne sont autre cliose que des pseudo-membranes organisées à leur surface, les(|nellcs liniss<M)t par Ivs absorlxT et h*s faire dis|>araitre. C'est là un travail doat j'ai siii\i toutes lc»s phases, et j'ai fait dessiner avec soin quelques-unes de cet dispositions.

Adiiioitez que ce travail, au lieu de se pn)|>agor à toute l'articulation, reste confiai aux smfaces fragmentaires de Tos et du cartilage, comme dans l'obsenalion dlée plus haut, et \ous verrez s'établir entre elles les mêmes brides fibreuses. N*cst-il pal évident qu'ici cx)mmc dans ces cas de fausses ankyloses précédemment cités, les faces cartilatjinvnsvs divisées se sont recouvertes préalablement de pseudo-membrai vasculaires, et que c'e.st entre elles que s'est faite la cicatrice fibreuse, et non entre les lamelles canilagiiieuses elles-mêmes, qui seules n'auraient pu suffire à cette réparation? La meilleure preuve que celte cicatrice a eu pour base des vaisseaux 4e nou\4!lle foriiiaiitm fournis |»ar l'os, c'est que si l'os n'est pas intéressé, s'il n'y a pu d'iiillammaiion, si le cartilage seul est brisé, la réunion n*a pas lien : témoin cetli fciiifiK; (lotit riilNioirc est lapimitée par M. Cruveilhrer (i). Elle tombe sur la hanche, é|)rouve iin(^ ^i\<' douleur (|tii fait croire d'abord à une luxation, puis guérit parfaitement, /y/./; f/ns aprrs <'lle iiiouri, el l'on trouve aux cartilages une perte de substance sans aucune apparim*' iW travail ri|>araienr : o;« eûf dit que le brisement venait d'ttujii' lit' II.

Il e.si vrai (jiie M. r,uilteiii {'i;, dans des expériences sur des animaux, a tromé

{\) Àrt'Mivet tUmvdtumv.i IV, p. 1(;ri.

(2) Monthly journ, ufmffdn. ^riencr, irptfnibre 1851.

J^ÊÊ^ÊÊWÊÈ

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