PAROIS LATÉRALES ET VOUTE DU CRANE
'ensemble de toutes ces parois, tant osseuses que meuibraneuses , ou enveloppes rencépbale ; 3" la cavité crânienne et les parties contenues.
L — Parois latérales et voute du grane , ou région épigranienne.
€• parois latérales du crâne et sa voûte sont à peu près les seules sur lesquelles s paissions agir, la base du crâne échappant presque complètement à nos moyens vestigation et de thérapeutique ; j'ai donc cru devoir, à l'exemple de MAI. Vel-*
I et Malgaigne, et contrairement à Blandin, me borner à décrire ces seules ODS, d'autant mieux que cette base du crâne ne forme pas le moins du monde région naturelle, puisqu'on ne l'obtient qu'après avoir désarticulé les os de U et la colonne vertébrale. Ce que j'aurai à en dire trouvera d'ailleurs tout natu- «lent sa place et d'une manièi*e réellement plus profitable aux régions olfactive, ilaire, auriculaire et pharyngienne, qui reposent en partie sur elle. C'est là qu'il i question, par exemple, de ces écoulements de sérosité par le conduit auditif ifiie qui succèdent aux fractures du rocher, de la possibilité de ces excisions polypes pharyngiens qui prennent naissance sur l'apophyse basilaire, etc. , etc. , l«i considérations qui seraient évidemment déplacées en parlant du crâne en éraL
Nwr IL Velpeau, les parois latérales et la voûte du crâne offrent trois subdivisions :
II région frontale, 2'' la région temporo-pariétale, 3° la région occipito-mastoi* me.
Inidin distingue dans les parois crâniennes cinq régions : l'occipito-frontale, la
iporale, l'auriculaire, la mastoïdienne, et enfin la région de la base du crâne. ,
înfin M. l^Jalgaigne y reconnaît quatre régions : l'occipito-frontale, la temporale,
Disloîdienne et la sous-occipitale.
è ne puis adopter ni l'une ni l'autre de ces classifications. Je pense, avec Blandin,
les régions pariétale et occipitale diffèrent trop peu pour qu'on puisse les séparer
a i^ion frontale ; on y rencontre les mêmes couches sous-cutanées et profondes :
I donc s'exposer à des répétitions inutiles que de scinder ces régions.
)'aalre part» la région auriculaire, que le même anatomiste fait rentrer dans les
Ms du crâne, me semble devoir être rejetée à la face, où se trouvent d'ailleurs
t les autres oi^anes des sens. Enfm, la région sous-occipitale, admise par M. Mal-
(ne, se rattache trop évidemment â la région postérieure du cou, et offre d'ail-
% trop peu d'importance, pour qu'il soit utile de l'en séparer.
^oici donc la division qui m'a semblé la plus naturelle, et que je crois fondée sur
données anatomiques en même temps que sur l'utilité pratique.
ious la dénomination générale de région épicrânienne^ je comprends toute la
lion du crâne circonscrite par une Ugne semi-circulaire qui, partant de la racine
nez, suivrait l'arcade sourdlière, viendrait joindre l'apophyse zygomatique, puis
ant an-dessus du trou auditif externe, gagnerait l'apophyse mastoïde et rejoin*
itsorla ligne médiane, en suivant la ligne courbe occipitale supérieure, une ligne
iblable tracée sur le côté opposé; dans cette grande région épicrânienne, je dis-
(oe trois régions secondaires :
* La région occipito-pariéto-frontale ;
I* La région temporale ;
^ La région mastoïdienne.
236 ANATOMIE DES BÊGIONS.
i i" Région occipilo-pariéto-rroDtale.
Limites de la région, — En avant, une ligne étendue d*une apophyse orbitairc externe h Tautre, passant par les arcades sourcilières ; sur les côtés, la ligne courbe de la fosse temporale, facile à reconnaître sur un crâne dépouillé des parties molles et sur le vivant par les insertions du crotaphite, appréciables pendant sa contractiou; en arrière, par la ligne courbe occipitale supérieure, et les attaches du trapèze et do sterno-mastoîdien.
Anatomie des formes extérieures, — D'avant en arrière, on trouve dans cette région les bosses ou arcades sourcilières, plus ou moins développées suivant les sujets, et dues à la projection en avant de la lame antérieure des sinus frontaux; plus haut, les deux bosses frontales, si prononcées chez certaines personnes, et qui donnent) leur physionomie une expression de sévérité pensive : une célèbre actrice, morte récemment, en offrait un exemple frappant. Entre les deux bosses frontales et soop cilières,^e voit le sillon frontal ; plus en arrière les bosses pariétales^ quelquefois sar la ligne médiane une saillie antéro-poslérieure très prononcée, qui soit la direction de la suture sagittale et forme comme une crête médiane; enfin, tout à fait en arrière la protubérance occipitale.
Les cheveux, plus ou moins abondants, ont tous, à partir du sommet, une implantation oblique de haut en bas, et tendent ainsi à gagner la circonférence du crâo%; suivant les sujets et les races, ils descendent plus ou moins bas sur le front.
Superposition des pians, *— On trouve, en procédant de la peau à la cavité crânienne, successivement :
1* La peau ;
2** Du tissu cellulaire graisseux ou couche sous-culanée ;
3° Le muscle occipito-frontal et Taponévrose épicrânienne ;
li*" Un tissu cellulaire lamelleux et très lâche ;
5* Le périoste externe ;
6* Les os composant la voûte du crâne;
7* La dure-mère;
S*" L'arachnoïde et la pie-mère,' recouvrant immédiatement la convexité des lobes cérébraux.
La peau de la région occipito-parîéto-frontale, chez beaucoup de personnes, surtout chez les femmes, est à la partie antérieure lisse et onctueuse, et souvent seinéa çà et là de petits points noirâtres, qui marquent l'orifice des nombreux follicula sébacés qu'elle contient dans son épaisseur. latéralement et en arrière elle est cou* verte de cheveux.
Dans un âge avancé elle se plisse, et les sillons transversaux que l'on y remarque sont dus à la contraction souvent répétée du muscle occipito-frontal, dont les fibres sont dirigées i)arallèlement au diamètre antéro-postérieur de la tète.
Très dense et très résistante en arrière, où elle crie sous le bistouri lorsqu'on y pratique des incisions, la peau devient plus souple en avant et latéralement. Sa face profonde est iiUiiiiemont unie ù raponèvrose épicninicnnc cl au muscle occipitofrontal par des prolonRoinonls fibreux qui interceptent entre eux des paquets adipeux d'une couleur jaunâtre.
Ce sont ces pelotons graisseux entrecoupés de tissu fibreux qui constituent la
DU SYSTEME NEUVEUX. 233
Oo peut doue regarder les diiïérenis déparlcmenls du système neneux œiniue CMupléteHieni isoK*s à leur origine; ce nVst que plus tard qu'ils s'unissent par les En» d'une solidarité réciproque, mais qui re^te toujours, ainsi que nous l'avons vu (rêcédetnment* moins étroitement établie entre le système sympathique et le système ctrébro-rachîdieu qu'entre les diverses portions de ce dernier. L'appareil nerveux ne subit point de grands changements par suite des progrès de
np;oo a observé cependant qu'il diminue un peu de volume chez les vieillards.
23H ANATOMIE DES RtCIONS.
ainsi qu'on Tobservo |>arloiu ailleurs pour lo vérilable périoste. Kilt* rccomre l'arachnoïdo, la pie-iiièn' <.'t le conoau, que je me iMirneà mentionner.
Artfircif vt veines, — Merfs. — Vnisseatix lymphatiques. — J'ai omis à drissein d*en parler rlieniin faisant, leur ^*tu(le |uirti^uli^^e nfayant paru plus profitable.
Los artèn's, divisées en antérieures latérales et postérieures, sont en avant la sasorbitairc et la frontale interne, fournies par rophthaluiiqnc ; latéralement lesdiiersrs branches de la temporale et de l'anncidaire ; et postérieurement l'orcipitale : toala ces branches sont extérieures aux os. Dans la cavité crânienne on rencontre In méningées antérieures, branches de Tethinoîdale ; les méningées postérieures, branches di>s pharyngiennes inférieure, occipitale et vertébrale ; et enGn les ramifiratinns de la méningée moyenne, qui trouveront ailleurs leur description.
La HUS'Orbitnirc ou fnmttdc rxUrne^ du volume des collatérales des doigts, sort de l'orbite par le trou sourcilier, vers le milieu de l'arcade, un peu plus près cepeidant de la racine du ne/., et m* divis<* en deux rameaux, l'un plus |)Clit, proM, sous-musculaire, l'autre d<*sliné aux téguments et situé entre le muscle frontal et h p'au. Sa direction <>sl à peu près parallèle à celle des Hbres umscnlaires, c*est-k-djrv qu'elle monte sur le front pres<|ue {KTpendiculairement, s'incliiiant toutefois n dehors et en arrière vers la fosse tem|H)rale, où elle va s'anastomoser avec les lanlîcations de la temporale suixTficielle.
L?^ frontale interne sort de l'orbite très près de la racine du nez; elle est tni |)etile, et ne présente d'im|H)rlanc<* pour le chirurgien que para? qu'elle alimeolele land)eau que l'on |)rend sur le front, dans les ojiérations rhinoplasliques. Elle marehe un |)eu obliquement (h* dehors en dedans et si pn*s de sa congénère, qu'on lescoDH prend souvent toutes les deux dans le même lamlM*au, ce qui n'est pas tonjonnin avantage, car la circulation aiïérenie devenant alors beaucoup trop active, eu é^Hd à la circulation eiïérente, la i;angrùnc peut survenir |>ar pléthore. C'est dans ce cas que j'ai vu Klandin appliquer sur le lainlx'au froid et goi-gé de sang des sangvin pour remédier à la slast* veineuse.
I.a feniparnlr snpvrfiriolh^ sortie delà «lande par(»tide, monte en serpentant jinque dans la région qui nous occupe et se divise v\\ plusieurs branches sous- cutanées, qui s'anastomosent avec la frontale externe en avant, et les ramifications de rauricolaire jwstérienn; et de l'occipitale en arrière.
(^Miant à Vaurirulnire /ntslrrieure et ù l'occipitale, elles sont réduites, lorsqu'elles arriu*nt dans la région, h d<*s ramnscules <|ui fournissent cependant du sang en aboodance dans les |)laies du cuir chevelu.
La direction de ces di\ erses branclu^s ar(ériell(*s est tellement flexueuse, qu'il est impossible, lorsfpron pratique une incision sur les téguments du crâne, de la diriger dans un sens qui penneiiede les éviter sûrement; elles forment par leurs anastomoses réciprotpies coniuK* nn lacis éreclile ; aussi la maladie désignée sims le mmàe varices arlérielles y a-lelie été pins souvent observée que partout ailleurs.
l*roj>oriionnelhMiient, les veines forment des troncs bien moins im|»ortantsqueles artères : la .seule veine vohiniinense est la préparate on frontale, qui suit h |)en près h' trajel (W l'autre iVoiiliile, ei qui, m s'anaslonin.sanl nwr. loplithalmique, fait largement comnHini(pi''r i«'ss\siènies \eiiien\ inira el extra-crànien.
Les troncs >eii)en\ inléririio ou sinus de cell^ région sont au contraire très volumineux ; formés par le dèdonhlenienl de la dure-mère, ces sinus sont le longitudinal suj)érieur, (|ui suit la direction i\v la sulure sagitiale et va s'al)oucher avec leslalé-
PAROIS LATÉRALES ht VOUTE DU CRANE. 950
raox qui marclient parallèlement à la suture lambdoîde; leur |X)int de jonction au j^ressoir d'Hérophiie correspond à la protubérance occipitale.
Les réseaux veineux acquièrent ici une haute importance, à cause des accidents mxquels donne lieu leur iuflanuiiation traumatique ; ils sont très développés, sur* hwi dans le diploé, où Dupuytren et Brescliet les ont signalés à Taitention des pathologistes; ils aident à la communication des deux circulations intra et extra crânienne, et les canaux veineux qui en partent versent leur sang dans les sinus.
Les ner/s sont très nombreux, et presque tous situés à Tcxtérieur du crâne; je db presque tous, car à Tintérieur on ne connaît guère que les petits filets fournis k k durennère paV la cinquième et la quatrième paire.
Qo peut diviser ces nerfs : en anlérieui^s, qui sont le frontal, branche de Topthal- Bique marchant parallèlement à Fartère frontale ; en latéraux, qui viennent du nerf ktULf mais surtout de Tauriculo-temporal, du temporal superficiel, des branches «vkulaires et mastoïdienne du plexus cervical ; enfm en postérieurs, fournis par les hiBBches postérieures des premiers nerfs cervicaux. Ces nerfs accompagnent gênénlonent les artères dans leur distribution.
Vûisêeaux lymphatiques. — Très mal connus jusqu'à ces derniers temps, ils ont éà parfaitement démontrés et mis en lumière par les belles préparations déposées M musée de la Faculté, lors d*un concours pour la place de chef des travaux anato- Hques (1842).
C'est d'après ces pièces que je vais les décrire ; le rôle qu'ils jouent dans les phé- MBènes pathologiques est très important.
. On peut les diviser en antérieurs, latéraux et postérieurs. Les antérieurs, moins lombreux, naissent des téguments près de la ligne médiane, et descendent, les uns iRCtement en avant, en se portant le long du nez, pour gagner le réseau facial et ae jeter dans les ganglions sons-maxillaires; les autres obliquement vers la fosse tem* ponle, pour gagner les ganglions parotidiens les pins élevés.
Les latéraux, qui naissent sur le sommet du crâne par un réseau très riche, se portât, les uns en avant de l'oreille et se jettent dans les ganglions parotidiens avec les pécédents, les autres en arrière du pavillon, pour gagner les ganglions mastoïdiens et wos-occipitaux.
Les postérieurs, enfin, très nombreux, descendent verticalement pour gagner, la igné courbe occipitale, au-dessous de laquelle ils viennent aborder les petits ganglions «Nis-occipitaux et cervicaux postérieurs.
^ Déductions pathologiques. — Au point de vue pathologique, les parties molles de cette région, si riches en nerfs et en vaisseaux artérioso-veineux et lymphatiques, peuvent être considérées comme ne formant que deux couches, une superficielle, constituée par la peau, l'élément cellulo-graisseux, le muscle occipito-frontal et son aponévrose; une deuxième, profonde, formée par le tissu cellulo-lamelleux, sousépicrânien et le périoste.
Les vaisseaux et nerfs sont presque tous contenus dans la première, et tous les éléments qui la composent sont unis les uns aux autres d'une manière tellement intime, qu*il est rare qu'une affection qui y débute n'y reste pas longtemps confinée. Les accidents qui accompagnent les plaies de cette région en sont un exemple. Si h solation de continuité ne dépasse pas cotte première couche et se complique d'inflammation, cette dernière pourra bien se produire sous la forme érysipélateiise, envahir toute la surface du cuir chevelu^ passer à la face, et s'accompagner d'engor-
gcmcnt des ganglkns; mais rarement, en raison de la densité du tissu cellulolibreutqni unit )a peau à Taponévrose et qui s*opposc aux suffusions plastiques, elle s'accompagnera de suppuration. Évidemment, dans ce cas, le siège de la maladie est dans la peau et la couche sous-cutanée, ci très probablement Télément lymphatique, qui y prédomine, y participe vivement, ainsi que le prouve Tengorgement des ganglions.
Dans le cas, au contraire, où la plaie a dépassé l'aponévrose et a intéressé le tissu Tamelleux sous-aponévrolique, rinflammalion s'en empare; s'y établit, et ne trouvant qu'une médiocre résistance, soulève la première couche, au-dessous de laquelle la suiïusion purulente peut ainsi s'étendre, jusqu'aux limites d'insertion de l'afioué'» vrosc épicrâniennc. On peut voir, alors, que la peau n'est point rouge, qu'elle est seulement soulevée en même temps que l'aponévrose et le tissu sous- cutané parle pus développé au-dessous d'elle, et que la st^uration, qui quelquefois arrive jusqu'aux oreilles, jusqu'à l'apophyse zygomatique, ne passe jamais à la face.
J'ai eu pendant longtemps dans mon service une vieille femme de soixante-quaut ans, qui avait reçu des coups de bâton sur la tête, ayant déterminé plusieurs plaio contuses : quelques-unes intéressaient la couche sous-aponévrotique. Il en résulta une suppuration diiïuse qui décolla tous les téguments du crâne d'une oreille ï l'autre et de l'occiput au front, on sorte que le cuir chevelu en totalité jouait sur les os du crâne. La suppuration était d'ailleurs nettement limitée, latéralement aux conduits auditifs externes et à l'apophyse zygomatique, en arrière à la ligne courbe occipitale supérieure^ en avant aux arcades sourcilières. Je pratiquai dans chaque région temporale, et h l'occiput dans le lieu le plus déclive, plusieurs incisions par lesquelles s'écoula une quantité considérable d'un pus sanguinolent; puis ayant coo* staté avec le doigt que le périoste intact restait seul sur les os du crâne, je cherchai par une compression méthodique à opérer le recollement du cuir chevelu. Ces tentatives ayant échoué, je me résolus alors, pour obtenir une sécrétion plastique unissante, à scarifier, avec un bistouri long et étroit, la face profonde des tégument» décollés, etj*eus la satisfaction d'obtenir ainsi une guérison complète. Mais les téguments du crâne avaient perdu toute leur mobilité et restèrent adhérents au périoste par des nodosités fibrincuses longitudinales, qu'on pouvait facilement distinguer à travers les téguments.
Lorsque l'inflammation de cette couche sous-aponévrotique se produit par le fait d'une contusion, ou spontanément, la résistance de la couche superficielle qui s'oppose à l'issue du pus devient la cause d'accidents redoutables qu'une incision allant jusqu'aux os fait cesser immédiatement : telle était la pratique de Pott, telle était aus.si celle de J.-L. Petit.
Une autre conséqueiice de cette fusion eu une seule couche, de la peau du tissa cellule-graisseux et de l'ai^onévrose, c'est que dans toutes les plaies à lambeaux, ces derniers sont constitués par ces trois éléments, et contiennent toujours alors une suffisante quantité de vaisseaux pour leur nutrition, quelle que soit leur étendue; d'où la iK)ssibililé, je dirai même la nécessité de les réappliquer immédiatement et sans hésitation.
Faut-il pratiquer la suture? Sans doute, elle n'est pas sans danger, à cause de la sensibilité et de rirrilabilité de la couche traversée |)ar k*s épingles; mais M. Vel- |)eau me semble aller trop loin on la proscrivant coni))iélomont. 11 est des cas où elle fsi indisi)ensable et rend les plus grands services.
PAROIS LATÉRALES tT VOUTE DU CRANE. 2^1
Les ji^aies qui iotéresseut la partie antérieure de la région peuvent ouvrir le sinus frootal, circonstance qu'on doit avoir toujours présente à la mémoire, de crainte d'erreur de diagnostic; on pourrait croire en eiïct à une plaie pénétrante du crâQêg surtontsi, comme dans un cas dont j*ai été témoin, on voyait le sang qui s'écOiÉë être agité de mouvements correspondants aux inspirations et expirations. Ces mouvements trouvent, dans la communication normale du sinus avec les fosses nasales, une explication très rationnelle.
La structure lamelleuse et la richesse vasculaire de la région expliquent la fréquence des épanchements sanguins qu'on y observe, et qui se font, soit dans les couches extérieures, soit au-dessous des os.
Les premiers peuvent siéger entre la peau et l'aponévrose, entre l'aponévrose et le périoste, entre le périoste et les os ; les seconds, entre la dure-mère et les os, dans la cavité de Tarachnoîde, entre elle et la pie-mère, entre la pie- mère et le cerveau, et enfin dans le cerveau.
Parmi les épanchements qui se font à l'extérieur du crâne chez les adultes, ceux fnoDt lieu entre la peau et l'aponévrose sont promptement limités par la résistance des couches environnantes; ils constituent les bosses sanguines qui surviennent si rapidement à la suite d'un coup, môme assez léger, et qu'une pression avec un corps dur dissipe de même.
Ceux qui se font dans les couches sous-aponévrotiques sont également dus à une cootosion plus ou moins violente, et sont généralement moins bien limités; Blandin dit même que dans ces cas le sang s'infiltre au loin et ne (orme jamais tumeur (1). U.Malgaigne (2) cite un de ces épanchements survenus chez un enfant scorbutique, elqoi occupait le front, les deux tempes et le vertex.
Quant aux épanchements sous-périosiiques, beaucoup plus rares, ils auraient besolo, pour passer définitivement dans la science, d'observations plus concluantes que cdb données par Malaval (3).
Les épanchements intracrâniens, objets de tant de discussions, seront examinés qoaod nous étudierons la cavité crânienne.
Les tumeurs qui apparaissent dans la région épicrânienne sont de diverse nature ; elles avaient été autrefois désignées d'une manière générale sous le nom de loupes. Cette dénomination, qui n'entraîne avec elle aucune signification précise, a été abandoRDéc, et on lui a substitué sans beaucoup plus de raison les noms de tanne, Agatherme, de stéatomey de mélicéris (6). Aujourd'hui, il est reconnu que ces tumeurs oesoDt autres que des kystes sébacés ou des bosses sanguines.
Les kystes sébacés se rencontrent dans toute l'étendue de la région, mais surtout daos la portion occipitale ; ils sont constitués par la rétention de la matière sébacée dans les folUcules, et, comme eux, occupent la couche sous-cutanée.
Les bosses sanguines anciennes et dénaturées, qu'il ne faut pas confondre avec les kystes sébacés, sont enveloppées d'une membrane kystique fibrineuse qui contient un liqoide rougeâtre, quelquefois mélangé de grumeaux fibrineux. Ces kystes sanguins siègent ordinairement dans la couche sous-cutanée, mais j'en ai observé dans la couche lamelleuse sous-aponévrotique, contrairement à ce que pensait Blandin ; on
(1) Analomie topographique, p. 37-38.
(2) Anatomie chirurgicale, p. 291, !'• édil.
(3) Mémoires de l'Académie de chirurgie, 1. 1, p. 208. l*) Yo)ez Des téguments, p. il,
2/i2 ANATOIIÎE DES RfiCIONS.
comproiul la dilTércncc qui sépare ces deux variétés, rous le rapport des conséquences opératoire».
,ffe»i aussi dans cette région qu*appa naissent habituellement ces tumeurs dont le stégc varie autant que la nature, et qu*on a désignées sous le nom collectif de fongus de la dure-mère, très improprement, car M, Velpeau a démontré que cette membrane n'était pas toujours, bien s*en faut, leur point de départ (1).
Il n*est point rare de voir une des bosses frontales plus développée que l'autre; cette inégalité peut induire en erreur. J*ai vu un malade atteint d'une amaurose, avec douleur très vive s'irradiant selon le nerf frontal, qui avait précisément la bosse frontale de ce côté beaucoup plus volumineuse que l'autre. Je pensais à une exoslose, lorsque le malade, voyant que mon attention se |)orlait de ce côté, me prévint qu'il |)ortait celte difformité depuis son enfance.
M. Velpeau fait obsener que l'on trouve quelquefois, sur une des saillies frontales, un sillon artériel creusé dans l'os et appréciable à travers les téguments. Il rapporte, à ce sujet, qu'un homme transporté sans connaissance à la Pitié, et dont une des bosses frontales était déprimée, offrait cette particularité, de telle sorte qu'on aunit très bien pu être induit en erreur et croire à une fracture queles symptômes obsenés |)ouvaient faire supposer ; l'autopsie démontra qu'effetivement il en existait une, mm sur un autre point du crâne. Ces saillies peuvent, par l'effet de l'âge, s'atrophier, phénomène dû à la résorption du diploé; on voit alors la table externe devenir inégale, comme après la guérison des cxostoses syphilitiques.
Ix>s fractures par cause directe ont été souvent observées, soit sur le frontal, soit sur le pariétal, soit sur l'occipital, et il importe, lorsqu'on explore le fond d'une plaie, de ne point prendre une suture pour une fracture ou une fêlure. Le seul moyen d'éviter les erreurs de diagnostic, c'est de bien connaître leur direction k l'état normal (2) ; il faut toutefois se rappeler qu'on les voit quelquefois se dévier. Quesnay, Van Swieten, M. Velpeau, en citent des cas |)our la suture sagittale principalement (3), et tout le monde connaît l'histoire de ce chanoine, rapportée par Saucerotte [h), auquel on voulait pratiquer le trépan à la suite d'une chute qui avait occasionné une plaie dans la région occipitale. Tn des chirurgiens consultants, Noa— velle, s'y opposa en faisant observer que ce que l'on prenait pour une fracture n'était autre que la suture d'un os wormien. Le malade guérit, et, six ans plus tard, l'examen de son crâne, qu'il avait légué à Nouvelle par reconnaissance, prouva que ce dernier avait eu raison.
DMnctions opératoires, — On sait que les inflammations des téguments du crâne s'accompagnent fréquemment de méningite, et l'on a attribué celte complication aux anastomoses multipliées des vaisseaux intra et extracrâniens. On s'est alors demandé si, dans les affections des organes encéphaliques, on ne pourrait pas réciproquement déterminer un dégorgement des vaisseaux méningiens par dos saignées capillaires pratiquées sur les téguments, d'où le conseil d'appliquer des sangsues et des ventouses à rextériein* du crâne, plus particulièrement aux tempes et aux apophyses mastoïdes.
C'est fondés sur ces niénies considérations, qu'un grand nombre de chiinirgieiis
(1) Art. FoNGis DE LA DURE-MKRK (lu DicUouvairc eu 30 vol.
(2) Voyez le chapitre J)u crâne.
(3) Velpeau, Anatomie chirurgicale, p. 228. (♦) Mélanges de chirurfjie, !. II, p. 262.