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DE LA COLONKE VERTÉBRALE

§ ir. — DE LA COLONNE VERTÉBRALE.

Envisagée au double poiut de vue statique et dynamique, la colonne vertébrale mérite d'attirer toute l'attention du chirurgien. Courbée en différents sens, creuse et mobUe, die est formée de vingt-six pièces ; vingt-quatre constituent les vraies vertèbres, et les deux autres, le sacrum et le coccyx, ont reçu le nom de fausses

Supérieurement, elle soutient la tête ; inférieurement, elle s'articule avec le basBÎD» sur lequel elle repose comme sur une base, et dont elle complète la ceinture (neuse ; sa portion moyenne supporte la cage thoracique.

Les dimensions antéro-postérieures des vertèbres vont en augmentant assez réguiièreoient de haut en bas, en sorte que la colonne, prise dans sa totalité, représente ooe pyramide à base inférieure. Toutefois, ainsi que le fait observer ^inslow, cet acoroissement n'est pas parfaitement uniforme, et le rachis présente un renflement fusifomie au niveau de la septième cervicale et de la première dorsale, renflement plus particulièrement dû à l'augmentation du diamètre transversal.

La hauteur de la colonne vertébrale ofl're des variétés suivant les différents âges de h vie aaxquelson l'examine; ainsi elle augmente jusqu'à l'âge adulte, puis parait diniiniier dans la vieillesse, phénomène qu'il faut attribuer à l'exagération des courbares, et peut-être aussi à la résorption des corps vertébraux et des disques qui les mii»eiit Cette hauteur n'est pas la même lorsqu'on mesure le rachis en suivant ses flexQQsilés» ou au moyen d'un ûl à plomb. Dans le premier cas, M. Cruveilhier lui aasigne 2 pieds k pouces, et seulement 2 pieds 2 pouces dans le second.

Chez tous les individus de même âge elle paraît avoir sensiblement la même longueur, circonstance importante pour le diagnostic des déviations, et qui prouve que les différences dans la taille tiennent surtout au développement plus ou moins considérable des membres abdominaux.

Les expériences du docteur AVasse (1) ont mis en luniière un fait singulier, à HToir : que la hauteur de la colonne vertébrale n'est pas la même le matin et le soir, oe que les uns attribuent à l'aplatissement des disques intervertébraux, sous Tindoenee de la pesanteur, les autres à l'augmentation des courbures. Quelle que soit l'explication qu'où adopte, toujours est-il que le fait est exact, et tout le monde ait que les conscrits dont la taifle ne dépasse que de quelques millimètres la mesure légale, cherchent à obtenir cette diminution par un exercice forcé, pris immédiate- Beat avant la mensuration oflicielle.

Les courbures de la colonne sont très heureusement disposées pour la résistance et la mobilité. Daqs le sens antéro-postérieur elle décrit supérieurement une courbe ï Gonveiité antérieure; à la région dorsale, c'est l'inverse, et le thorax y gagne une ampliation manifeste; puis survient la courbure lombaire à convexité antérieure, à laquelle succède la concavité sacro-coccygienne, qui forme paroi de la cavité du petit bassiu. Toutes ces courbures, qui se succèdent si régulièrement, ont pour but évident de décomposer les forces et le mouvement, dont la transmission au crâne, par une tige droite et inflexible, eût infailliblement, dans le saut, la couine, et même la marche, fait éprouver à l'organe mou et pulpeux renfermé dans la cavité oncépha-

^l) PhVosophical Transactions, t. XXXVIIl.

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lique, des ébranlements répétés et dangereux. C*esi encore au moyen de ces inflexions alternatives qae le rachis dml d'échapper k un grand nombre de lésions traumatiques, particulièrement aux fractures, qui brisent si fréquemment ces colonnes rigides et sans flexibilité qui forment les membres inférieurs; le rachii Tiolenté cède, puis rericnt sur lui-même k la manière d'un ressort.

Parmi ces courbures, il en est une qui peut plus facilement élre exagérée, et portée au delà de ses limites naturelles par les Tiolences extérieures, c*est la cervicale; plus mobile que les autres, elle se trouve dépourvue de protection laléralemeot, et supporte tout le poids du crdne et de la face. Ajoutez retendue moins considéraUe de ses corps vertébraux, et vous aurez l'explication, par les données anatomiquci, de la fréquence incomparablement plus grande des luxations de la portion cervicale du rachis.

On a beaucoup disserté sur une courbure latérale que présente généralement b colonne vertébrale, au niveau des troisième, quatrième et cinquième vertèbres dorsales, courbure à concavité dirigée à gauche. On l'attribuait ^éralement I h piésence de l'aorte, lorsque Bichat avança qu'elle était produite par rinclinaison répéife du tronc à gauche dans les efforts habituels, opinion adoptée par Béclard, pm par M. Gruveilhier, dans sa deuxième édition. Mais des observations plus récentes de transposition des viscères recueillies par M. Grisolle et M. Géry, dans lesquelles oi a trouvé Taorte à droite et la concavité vertébrale dirigée de ce cAté, paraissent avoir modiGé l'opinion de M. Gruveilhier. La solution de ce problème importe peu i'A leurs au praticien, qui doit seulement retenir que cette courbure est normale

La face antérieure^ formée par le corps des vertèbres, est saillante, régaliéreiMfll arrondie et offre de distance en distance des saillies dues k la présence des iBatp» intervertébraux, qui font, en général, un léger relief au-dessus des dépresrioiiB transversales qu'on remarque sur le corps de chaque vertèbre. Presque partout dfc est dépourvue de couches musculaires, et là même où il en existe, comme k la ri* gion cervicale, elles sont trop peu épaisses pour masquer la forme des os; anal a-t-on donné le conseil d'explorer à travers le pharynx la face antérieure des vertèbres du cou, pour juger si quelques-unes des pièces qui composent cette rCgioi n'avaient pas perdu leurs rapports normaux. La face antérieure du coccyx dia l'homme, de cet os et du sacrum chez la femme , peut être explorée avec ftdBli par le doigt introduit dans le rectum ou le vagin ; on peut ainsi se rendre coopte des déviations de ces pièces osseuses qui ont pu, dans certains cas, apporter obstacle k l'accouchement

Les faces postérieures et latérales sont beaucoup plus Irrégullères et offrent dei émiuences multipliées désignées sous le nom d'apophyses^ représentant autant de bras de levier sur lesquels s'insèrent les puissances musculaires qui doivent tnowifit les différentes pièces du racliis.

La face postérieure mérite surtout d'attirer toute l'attention ; c'est la seule en eftl qui soit accessible à l'exploration dans toute son étendue, et encore ne l'est-elle tpé par l'intermédiaire des apophyses épineuses, dont le sommet est quelquefois à peiflé appréciable, à cause du relief que forment chez quelques personnes les masses nntf* culaires couchées dans les gouttières vertébrales.

Celle série d'apophyses conslituc une crcle ou sailHc oiululcuso à laquelle oh i donné le nom d'éiûnc, laquelle, en général, suit assez bion les coqMJ \ertébrauxdaDs leurs déviations, cl penucl de reconnaître et d'apprécier leur déplacement. Cependant

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