DES APONÊVUOSES DU COU
ipprofoudic du rôle que jouent les aponévroses dans la circulation veineuse peut iajourd*hui donner une satisfaisante solution de ce problème.
Dans le remarquable article qu*il a consacré à l'élude de ce point de physiologie, foici comment Bérard explique ce rôle des lames fibreuses : « Les afwnévruses qui fixeot les veines ayant des adhérences avec les os de cette région (sternum, première oftte, clavicule), tout cet appareil est tendu davantage dans le mouvement que la poitrine exécute pendant l'inspiration. Ce que j'avance ici n'est point théorique ; j'ai plosieurs fois examiné, sur le cadavre, l'influence du mouvement d'ascension commoniqué au sternum et à la première côte sur l'état de tension des grosses veines et cette région (1). »
Tout en admettant l'influence incontestable de l'ascension de la clavicule, du Mernam et même de la première côte sur Tampliaiion des troncs brachio-céphaliques feioeux et des veines sous-clavières, jecrois que Bérard n'a indiqué qu'un desartifices, et le nioius efficace, peut-être, de ceux qui maintiennent ces veines dilatées et les empêchent de s'affaisser sous l'influence de la pression atmosphérique. Je ne vois pas en effet comment, dans l'hypothèse de Bérard, on pourrait expliquer la résistance qu'opposent à la pression de ralmosphèrc toutes ces autres veines qui, comme fes jugulaires internes et les thyroïdiennes, n'ont aucune adhérence avec le système iMBenx? Pendant l'inspiration, leurs parois devraient s'aplatir, leur calibre s'effacer, cl par suite le cours du sang s'y trouver momentanément interrompu. Bien loin de là lenrs parois restent écartées, et le sang non-seulement n'y est point gêné dans son coors, mais afflue vers la cavité ihoraciquc avec une vitesse accélérée.
Ainsi qu'ont dû le faire pressentir les considérations anatomiques dans lesquelles je suis entré précédemment, c'est à la disposition des veines par rapport aux feuillets de Tapouévrose omo-claviculairc, qu'il faut attribuer ces résultats. Non<seulement par les insertions qu'elle envoie sur les sous-clavières et les troncs brachio -céphahques veineux, les parois de ces vaisseaux, fixées d'autre part au squelette d'une manière ioamoTible, sont tenues écartées, mais encore ses feuillets entre les(]uels passent les jugulaires et les thyroïdiennes, en se séparant sous l'influence de la contraction des muscles du cou et principalement des omo-hyoïdiens, dilatent ces veines, les ouvrent et maintiennent leur calibre contre la pression de l'atmosphère.
Voyez ce qui se passe chez les individus dont la respiration est accélérée; taudis fQ'à chaque inspiration la tendance au vide se manifeste par une dépression sensible de la peau des creux sus-claviculaires et stcrnal, le sternum et les clavicules s'élèvent et tous les muscles du cou se dessinent en relief sous les téguments. Sans doute cette contraction a pour résultat, en fixant les clavicules et le sternum, de donner un point d'appui aux muscles inspirateurs proprement dits ; mais il est impossible de ne pas reconnaître qu'elle est en même temps destinée à s'opposer à ce que, pendant ces énergiques inspirations, les parois molles du cou ne se dépriment au point d'effacer le calibre des veines et d'intercepter le retour du sang dans la cavité thoracique. Aussi, dans les incisions qu'on pratique sur cette région, les parois veineuses restentelles béantes et ne s'affaissent-elles point comme partout ailleurs immédiatement après leur section. On peut donc dire que, grâce à ces dispositions anatomiques, les veines intra-aponévrotiques du cou sont converties en véritables canaux veineux, amalognes à ceux (|ue Ton rencontre entre les feuillets de la dure-mère ou dans le foie.
(1) Ph. Bérard, loo. ct7., p. 176.
Quoi d*élonnant, dès lors, que la destruction de cesfouillels aponévroliqiies, d une grande (';tcndue, puisse délerniiner des symptômes de suffocation comme dm les cas cités par Béclaixl, Blandin, MM. Velpeau et Laugier? Les parois veineuMi, B*étant plus protégées contre la pt^ession atmosphérique, s^affaisseot; la circnbtioi s*embarrasse, non-seulement dans les petites veines thyroïdiennes et jugulaires aote^ rieures, mais aussi dans les jugulaires et les sous-clavières , d'où Tagitatiofl et Tanxiélé présentées par les malades.
Voici une autre conséquence de cette disposition.
On sait, depuis les travaux de Barry et le rap}K)rt fait sur son Mémoire i Yktt demie des sciences par MM. Duméril et Cuvicr, que lors de Tinspiration et parseil de l'élargissement de la poitrine dans tous ses diamètres, il y a tendance à la fomiKioi d'un vide que viennent remplir brusquement deuxiluides, l'un, Tair atmosphérique qui se précipite par la trachée, l'autre, le sang veineux, qui accourt par les vrâa maintenues l>éantes au moyen du mécanisme qui vient d'être dit. Or il peut se ttn que le canal veineux venant à être ouvert, au moment où le sang est ainsi appdl dans la poitrine, le fluide atmosphérique s'y précipite en môme temps, d*où Vintf^ duction de Vair dans les veines. Cette terrible complication des plaies, iocoottt des anciens, et que les chirurgiens modernes ont beaucoup étudiée, paraît tU% d'après les faits observés jusqu'ici, très rapidement mortelle. Je âis parait ètrf,€$y quelques chirurgiens éminents, M. Velpeau, par exemple, ne sont pas éloignésdl cmirc qu'on a beaucoup exagéré ses dangers.
Je ne puis, on le conçoit, présenter ici une dissertation sur l'entrée de l'air les veines {)endant les opérations ; je me bornerai donc à dire, connne conséq des dispositions anatomiques signalées précédenmient, que le chirurgien, quiitf opère dans cette région, doit toujours maintenir le doigt appliqué sur la lèvrr(kli| division la plus rap))rochéc de la poitrine, aOn d'effacer les veines qui pourraient l)éantes, et qu'il importe surtout de chercher h mettre le malade dans uDcpnsititf telle, que les aponévroses soient tendues le moins possible. Il faut se souvenir, Si^ leurs, que cette tendance des veines ii rester béantes et à aspirer les fluides qoi' présentent à leur ouverture n'appartient pas uniquement à celles de la région idCrieure du cou, mais s'étend encore à celles du creux axillaire, de la partie supéfieit de l'épaule et des régions sus-hyoïdienne et parotidienue (1).
Les suppurations sont-elles régies par les dispositions a|)onévrotiqae§ tta ■ M'*^ régions antérieures du cou ? C'est là une question qu'il est permis de poser de tww* W^ * lorsqu'on voit des chirurgiens du plus grand mérite se partager sur la soluliottM 1 "' doit lui donner. f ' "^
M. Malgaigne a, selon moi, fait bonne justice des prétentions outrées ii»ài0^ giens trop exclusivement analomistos; mais il ne faudrait pas cependant toobfftf* l'excès contraire. Tout le monde sait aujourd'hui que les aponévrose» les pto''**ï^ 7* tantes ne sont pas toujours des barrières infranchissables pour le pus, ef l'oDo'i^f^ r pas ([ue les inflammations n'ont nullement besoin de membranes fibreusfif^'i^ ^ limiter. Il faut avouer cependant qu'une collection purulente, siloéc aa-dfl**'!' '^
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l'aponévrose cervicale superficielle, par exemple, a plus de peine à parrerir****^, rieur que lorsqu'elle est placée sous la peau ; il faut bien admettre wBSàip^^^ suit généralement plutôt telle direction que telle antre, et qu'il passe, pire«*r
(1) Voyez Système veineux en général^ p. 168.
I>K LA POITHINË. ikt
irande facilité de la régioa slcrno-mastoïdicniic profonde daus le creux suse, et réciproquemeni, ce qui ne peut s'cipliqucr que par la résistance que les plans musculo-aponévrotiqucs, résistance qui force les liquides à suivre 8 cdluieuses.
i la suppuration s'est développée dans les régions profondes, entre Taponéi-claviculaire et les gaines trachéales et carotidiennes, elle a une grande k descendre du côté de la poitrine, en suivant la trachée, Tocsophage et les
d'autant plus qu'elle y est, |X)ur ainsi dire, invitée par la pesanteur. Je obsener cependant que la position horizontale du malade neutralise en rtîe cette dernière influence.
ub admettre que Taponévrose cervicale sui)erficielle seule puisse enipéclier rs de se développer en dehoi*s, mais je crois que les muscles reliés par les es opposent une résistance qui mérite d*être prise en considération. Mannoir (de Genève), qui le premier les a décrites, les hydrocèles du cou as la pathologie chiiui*gicale un rôle important; toutefois leur siège n'a pu -e suflisamment précisé, les uns les faisant naître daus la thyroïde, lesautics ellules assez spacieuses du tissu cellulaire du cou, dont elles constitueraient sorte d'hydropisie. M. A. Richard (1) a démontré que les ganglions lyui-
dégénérés trouvaient devenir le point de départ d'une variété de ces colr|ueiises. Ce qu'il y avait de remarquable sur la pièce qu'il a présentée à la : chirurgie, c'était l'aplatissement subi par ces tumeurs qui, bien qu'en^ vaient été refoulées dans les jiarties profondes du cou, et cet aplatissement our le dire en passant, l'influence que peuvent exercer les plans musculo^ iques sur les collections liquides.