‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 14 sur 74 · THÉORIE DE LA RESPIR. NORMALE · texte numérisé non relu

THÉORIE DE LA RESPIR. NORMALE

à les distinguer l'un de Fautre. D'autres fois encore, le bruit pulmonaire peut exister alors même qu'il n'y a plus de glotte : nous avons vu des italades chez lesquels l'extinction absolue de la voix par suite d'affections sypliilitiques permettait d'admettre la destruction des cordes vocales , et chez lesquels néanmoins le murmure vésiculaire s'entendait dans la poitrine avec ses caractères habituels.

Une preuve certaine que le bruit puknonaire peut se produire indépendamment du bruit glottique, c'est que le murmure persiste avec ses caractères ordinaires dans des cas où l'air ne pass^ plus du tout à travers le larynx, par exemple, chez les individus opérés de la trachéotomie. L'un de nous a rapporté (Archives génér, de méd, , juillet 1838, obs. VI) l'histoire d'un malade chez lequel, avant l'opération, il y avait beaucoup de bruit au larynx et silence dans la poitrine ; après la section de la trachée-artère , tout bruit avait cessé à l'arrièregorge et à la glotte, et le munnure vésiculaire était très-distinct. En vain objecterait-on que, dans des cas de ce genre, le bruit produit à l'orifice de la

tance. Le murmure produit par Tinspi ration et l'expiration dans rintérieur de la poitrine est moins fort chez lui que chez la plupart des hommes. » (Laennec, t. 1, p. 53, 3« édition.)

canule remplace celui de la glotte : il n'en peut être ainsi, car le bruit pulmonaire est, après Topération , parfaitement semblable au murmure normal , bien que les sons formés par le passage de Tair à travers le tuyau métallique aient un timbre tout à fait différent du bruit glottique ordinaire. Ajoutons qu'avec un peu d'attention on entend simultanément les deux espèces de bruit, et il est facile , en auscultant la poitrine , de distinguer sous l'oreille le doux murmure de la respiration , et, plus lointain, le son métallique produit par l'air qui traverse la canule.

En outre, c'est un fait d'expérience que, par l'insufflation au moyen d'un tube adapté à la trachée-artère , on détermine des bruits dans l'intérieur même du poumon (1) ; seulement, après la

(1) Nous avons extrait d'un cadavre un appareil pulmonaire, puis, à travers un tube de verre introduit dans la trachée eid'égal diamètre,Vun de nous expirait saiw faire de hruit à la bouche ; quand il souillait doucement et avec lenteur , Toreiile appliquée médiatement sur le poumon n'entendait rien ; mais sMl soufflait plus vite et plus fort, de manière à dilater les cellules superficielles, on percevait un bniit manifeste consistant en très-grande partie en une crépitation vésiculaire.— Dans le but d'éviter cette crépitation , nous avons répété l'expérience sur l'appareil pulmonaire d'un chien, aussitôt après l'avoir tué, et nous avons obtenu un résultat identique. — L'insufflation des poumons d'un mouton, un quart d'heure après la mort

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