THÉORIE DE LA RESPIR. NORMALE
mort, il s'y produit surtout de la crépitation analogue à celle qu'on entend parfois chez quelques individus dans une très-grande inspiration.
Si, en raison de cette crépitation , les résultats obtenus sur le cadavre ne semblaient pas rigoureusement concluants, le doute devrait disparaître devant les expériences que nous avons faites sur un animal vivant (1) et qui prouvent qu'après
de Fanimal, nous a donné encore le même bruit vésicu-' laire crépitant. — Des expériences analogues répétées sur le cadavre d'un enfant, nouveau-né, avant et après Fouv^ore de la poitrine, nous ont donné des résultats semblables; seulement en auscultant sur le thorax, le mur» mure était moins manifestement crépitant qu'en auscultant sur les poumons à nu.
(1) Ohsercations sur un chien de taille moyenne, — 1° L'auscultation pratiquée sur le thorax fait entendre un bmit respiratoire naturel , qui semble se former dans le poumon même et sous Toreille ; le murmure de Flnspiralion est plus fort et plus prolongé j celui de Texpiration esta peine perceptible ; Tinspiration est accompagnée d'un brait rotatoire musculaire qu'il eût été facile de confondre avec le murmure respiratoire.
2" La trachée-artère est mise à nu, coupée complétem^t par une section perpendiculaire à son axe et mainteuae isolée des parties voisines. L'animal est agité , sa respiration est hrégulière : pendant quelques minutes, l'oreille appliquée sur le thorax ne peut distinguer que le brait rotatoire. Mais bientôt l'agitation du chien cesse, sa respiration se régularise, les mouvements respirateurs ne wnt plus qu'au nombre de 12, et alors on entend sur la
une section transversale de la trachée-artère , on continue d'entendre, sur le thorax , le murmure respiratoire, plus faible à la vérité, mais distinct et d'autant plus évident que rampliation de la poitrine est plus grande.
poitrine le bruit pulmonaire, bien qu'à l'oriflce même de la trachée il ne se fasse aucun bruit perceptible. Généralement le murmure vésiculaire était moins fort qu'avant la section de la trachée; mais de temps à autre il augmentait d'intensité quand Tanimal dilatait largement sa poitrine par une grande inspiration , et alors il se produisait simultanément un bruit à l'ouverture de la trachée-artère; de même, dans les petites inspirations, lorsque le thorax se dilatait faiblement, le murmure respiratoire s'entendait à peine.
Dans une expérience semblable que M. Raciborski fit sur un lapin, le murmure de la respiration avait continué, après la section de la trachée-artère, à être entendu sur la poitrine; M. Beau expliqua cette persistance par l'accélération des mouvements respirateurs et par l'arrivée en masse de l'air traversant la trachée ouverte et produisant à l'orifice un bruit qui venait retentir dans les vésicules pulmonaires. Or, dans notre expérience, on ne comptait, comme nous l'avons dit^ que 12 respirations par minute^ et il ne se produisait point à l'orifice trachéal de bruit appréciable. De plus, pour éviter que la colonne d*air déterminât aucun bruit en se brisant sur les bords de l'ouverture trachéale, nous adaptâmes à la trachée un entonnoir de verre dont le goulot avait un diamètre parfaitement égal; et à l'auscultation sur le thorax, le murmure pulmonaire persista, identique pour la force et pour le caractère.