‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 16 sur 74 · THÉORIE D£ LA RESP!R. NORMALE. U · texte numérisé non relu

THÉORIE D£ LA RESP!R. NORMALE. U

Aous sommes donc en droit de conclare qu'il se forme pendant la respiration un bruit dans les bronches, dans leurs ramifications et dans les cellules pulmonaires. Quelles en sont les causes? On s*est demandé où sont les conditions de vibrations et de frottement sur la membrane lisse , unie , molle des bronches. Mais n'y a-t-il pas dans les conduits aérifères des portions pourvues de carti- Is^ , d'autres seulement formées par des membranes ? Le calibre des radicules bronchiques ne ?arie-t-il pas alternativement dans l'expansion et dans le resserrement de l'appareil puknonaire? On sait d'ailleurs qu'une colonne d'air silencieuse produit du bruit aussitôt qu'elle rencontre une lame qui la coupe; et l'arbre bronchique n'offre-t-il pas dans ses innombrables divisions une infinité d'éperons sur lesquels vient se briser la colonne d'air inspiré ? Enfin le déplissement des vésicules pulmonaires ne serait-il pas lui-même capable de concourir à la production du murmure respiratoire? C'est par la considération de ces dispositions anatomiques qu'on peut se rendre compte de la différence de longueur et de force des deux bruits de la respiration : les éperons bronchiques et Faifaissement du poumon ne font obstacle à l'air qu'à son entrée dans la poitrine; aussi les frottements sont plus prononcés dans l'inspiration, et le bruit inspircuoire est plus fort et plus long; dans

Texpiratioil au contraire, Tair qui sort dii poumon, ne rencontrant pas les mêmes obstacles sur son passage, s'échappe plus vite et plus librement, elle bruit expiratoire est en conséquence plUs court et plus faible. En résumé, sans contester l'influencé du bruit glôttique et son retentissement dans les difîérentes sections de l'appareil pulmonaire, nouS admettons qu'il se forme également, par le passage de l'air, un bruit dans les voies aérienneâ inférieures; et que, par suite de cette double cause , il se produit dans le système pulmonaire un bruit qui varié daiis ses parties diverses , laryngé dans le larynx, trachéal dans la trachée, bronchique dans les bronches, et bésiculàxre dans les vésicules.

Nous fondant sur ces principes pour indiquer les signes diagnostiques que l'où peut tirer du murmure de la respiration, nous dirons que sa présence ou son absence indique la pénétration du fluide élastique dans les voies aériennes, ou l'imperméabilité de ces mêmes voies, et que, s'il a ses caractères naturels de pureté, de douceur et d'intensité, il annonce l'état physiologique du système pulmonaire. Ajoutons, néanmoins, que parfois le bruit respiratoire ne paraît pas altéré à l'auscultation, malgré l'existence de quelque lésion de tissu, si cette lésion , limitée à une très-petite étendue et placée au centre du poumon, est entourée d'un

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pareac^yme sain qui étoafe» pour ainsi dire, {es plaintes de Forganemalade.

S Ilf. PHÉNOMÈNE^ PATHOLOGIQUES.

Nous avons vu quels étaient les caractères du hroit respiratoire normal l(»*sque le poumon pré* sentait toutes les conditions de Tétat physiol(^que : à une ou plusieurs de ces conditions viennent h être changées, le bruit respiratoire subira des modifications très-variables.

Que l'air arrive plus rapide et plus abondant à nneportiqu du poumon, que Faction d'un lobe smt doublée pour suppléer à Tinaction d'un autre lobe, le bruit naturel paraîtra exagéré dans le point correspondant de la poitrine, respiration forte ; — que les cellule pulmonaires soiepf moins perméables, que l'air pénètre lentement e^ en petite quantité, ou que le pouraon soit moips près de l'oreille, la respiration sera faible;-- que ces conditions morbides soient encore plus proponcées, que Tair n'arrive plus aux cellules, on n'entendra point le murmure vésiculaire : respiration nulle ou silencieuse ; — que les mouvements de la poitrine s'accélèrent, la respiration sera fréquente^ et rare s'ils viennent à se ralentir ; — que la pénétration et la sortie alternatives de l'air, au lieu de s'opérer d'une manière continue, semblant s'acconipUr en

plusieurs reprises, la respiration sera dite saccadée; elle sevdL longue siTexpansion pulmonaire est lente et graduelle ; courte, si le fluide élastique est inspiré rapidement et aussitôt expiré ; s'il est expulsé lentement, en même temps qu'existent des lésions capables de renforcer le bruit, on aura l'expiration prolongée; — que le diamètre des bronches ou que la densité du tissu pulmonaire viennent à être modifiés; le bruit respiratoire offrira des différences de force et de timbre proportionnées îiu degré de ces altérations ; que le poumon ait perdu de sa souplesse par le dépôt de tubercules disséminés dans son parenchyme, la respiration deviendra rude; — que la densité de ce viscère soit plus grande; que, par suite de l'oblitération des cellules, les bronches soient seules perméables à Fair et forment des tubes à parois plus solides, la respiration sera bronchique ou tubaire; — que le poumon soit creusé d'excavations, elle sera caverneuse;— ces cavernes sont-elles très-vastes, ou bien une perforation pulmonaire donne-t-elle accès à l'air dans la cavité pleurale, le bruit qui en résulte aura un timbre encore plus creux et plus retentissant : ce sera la respiration amphorique.

Dans les conditions diverses que nous venons de passer en revue , le murmure respiratoire est modifié dans sa force ou dans son timbre; dans d'autres états morbides , il est obscurci ou rem-

placé par des phénomènes acoustiques nommés plus spécialement bruits anormaux. Ainsi, que la plèvre soit revêtue de fausses membranes, les mouvements de déplacement du poumon produiront un véritable bruit de frottement; — que les voies aériennes soient tapissées ou obstruées par des mucosités, le passage de Tair y produira divei-s bruits (râles) constitués par des sifflements, des ronflements {râle sibilant ou ronflant) , ou formés par des bulles de grosseur variable ( râle crépitant , souS'Crépitantj caverneux).

Enfin, dans d'autres circonstances, pourront se manifester des bruits dont les caractères ne sont pas déterminés d'une manière aussi précise, et que les auteurs ont désignés par diverses dénominations [craquements y froissement ^ etc.) (1).

(i) Rien de plas aisé que d'étudier sur le premier venu \(» phénomènes physiologiques de l'auscultation; il n'en' est pas de même des phénomènes pathologiques: comme les maladies où ils se présentent manquent souvent, on a essayé pour faciliter l'étude de ces bruits morbides, de les reproduire sur le cadavre. Les expériences que nous avons faites et que nous avons rapportées plus haut (p. 41) démontrent que, pendant l'insufflation d'un appareil pulmonaire, on entend de la respiration lyronchique en auscultant sur les bronches ; on obtient de même de la respiration tabaire en insufflant le poumon après avoir injecté dans son tissu une matière qui le solidifie (Fournet). Si l'on soofQe dans la trachée-artère, après avoir attaché à Tune

5k PHÉNOIIÈNES PATHOLOGIQUES.

Si nous embrassons d*un coup d'ceil les diverses modifications pathologiques énumérées plus haut, nous voyons c[u'Qn pçut rattacher facilement à quatre ordres les altérations du bruit respiratoire :

1° Altérations d'intensité;

2° — de rhythme;

30 — ^ caractère;

U° Altérations par bruits anormaux.

Cette division est fondée sur les faits; nous la suivrons comme la plus naturelle et la plus pratique. — Nous commencerons par étudier les modifications morbides du murmure respiratoire exploré sur la poitrine ; celles de la respiration laryngée et trachéale seront traitées dans un article particulier.

de ses divisions une vessie dont on fait varier la capacité, on détermine artificiellement la respiration caverneuse ou amphorique. En injectant dans les bronches des liquides de densité différente, on produit pareillement des râles (à bulles variables suivant le volume des ramilicatiens bronchiques (Piorry,Pétrequin). Enfin, il est possible de simuler sur le cadavre Thydro-pneumo-thorax, et de reproduire la respiration amphorique et le tintement nUtalHque : il sera plus facile encore de déterminer ces bruits dans une vessie à moitié pleine de liquide {Voyex Tintement métallique).

BRUIT RESeiRATOIBS ALTtlÊ.

56 ALTÉRATIONS DInTENSITÊ.

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