RESPIRATION SACCADÉE
flwrbide, il est qudqaefoîs entrecoupé» et c'est ce qui constitue la respiration saccadée.
Respiration saccadée.
Caractères. — Ce phénomène s'observe surtout dans l'inspiration, qui semble se faire en plusieurs temps. — Il existe, tantôt sans altération d'intensité ou de caractère du bruit yésiculaire, et tant^ avec faiblesse ou rudesse de ce murmure. — Dans quelques circonstances, on le retrouve chaque fois qu'on ausculte; dans d'autres, il ne se montre que par intervalles.
Cause physique. — La cause de la respiration saccadée est tantôt évidente, et le phénomène dépend d'une irrégularité ians les mouvements alternatife des parois thoraciques : l'ampliation et le retrait de la poitrine sont quelquefois entrecoupés et ne s'achèvent qu'après plusieurs saccades ; d'où il suit que la pénétration de l'air dans le poumon et sa sortie se font pareillement en plusieurs reprises. Tantôt la cause est plus obscure et réside dans l'intérieur de la poitrine : il semble que les diverses portions du poumon ne se dilatent pas avec la même facilité, et que dans quelques-unes l'expanaon pulmonaire se trouve ralentie ou momentauément suspendue. Quelquefois enfin , la respiration est saccadée sans qu'il existe aucun état
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morbide^ chez des individus qai ne savent pds respirer et qui font» quand on les ausculte, des efforts convulsifs et entrecoupés.
Signification pathologique. — La respiration saccadée peut avoir lieu dans certains cas d'asthme Cm d'autres affections spasmodiques avec trotd)le du jeu des puissances ini^iratrices ; elle se rencontre aussi dans la pleurodynie, quand la douleur interrompt la dilatation du thorai; on la constate encore <|uelquefois dans la pleurésie chronique aiœc adhérences des plèvres qui gônent les monvem^ts d'expansion pulmonaire; enfin elle se lie assez souvent à ces affections tuberculeuses si fréquemment accompagnées de pteurésies paitielles du sommet du poumon : le soupçon d'une lésion de ce genre se confirmera À la respiration est rode en même temps ({u'elle est saccadée, et si le phénomène est borné à la partie supérieure de la poitrine 5 fl se changera {H*esque en certitude s'il y a simultanément de la matité et une dépression des parois tkoraciques dans le point correspondant
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C'est tantôt la durée absolue de la respiration qui est altérée, sans changement dans le rapport normal des deux temps qui la composent; tantôt c'est la durée relative de l'inspiration et de l'expi- Mion.
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A. Altérations de durée absolue. — Quand ceUe durée est augmentée, Taugmentation porte sur les deux temps , mais principalement sur le premier, et constitue la respiration longue. Le murmure respiratoire conserve alors son intensité naturelle, ainsi qu'on l'observe dans certaines affections cérébrales ; ou bien, il est plus fort, comme dans les <;a3 où se produit une respiration suppl^-^ mentaif e. Dans d'autres circonstances , il y a intensité moindre, et cet afiaiblissement devient Tal-^ tération principale (V. Respir. faible, p. 58»)
Quand la durée absolue est diminuée^ la respiration est cowrte; et tantôt le murmure vésiculaire conserve sa force normale, comme il arrive dans quelques affections nerveuses ; tantôt il est &hgkit, si une émotion morale , une course trop rapide ou quelque condition pathologique ont accéléré les mouvements respiratoires. D'autres fois la res[4ratiaa est courte et faible simuitanémcnt, et c'est ce dernier caractère qui mérite surtout de fixer l'attention.
B. Altération de durée relative, — Quelques maladies de poitrine se révèlent au stéthoscope par une perversion des rapports naturels de durée qui existent entre les deux temps de la respiration. Dans certains cas, l'inspiration est plus longue, l'expiration restant la même ou étant plus courte : celte variété est rare et a peu de valeur pour le dia-
gnostic. Souvent, au contraire, Fexpiration est plus longue, l'inspiration restant la même ou étant plus courte : cette variété, dont Tétude est importante, constitue X expiration prolongée.
Expiration prolongée.
Ce phénomène pathok^ique avait échappé à Laennec ; dans deux passages, il signale, à la vérité, le bruit expiratoire normal : « On entend, dit-il, pendant Vinspiration et {'expiration, un murmure léger, mais extrêmement distinct, qui indique Ja pénétration de l'air dans le tissu pulmonaire , et son expulsion. » (T. i, p. 46, 3* edit.) Plus loin, parlant de la différence que présente le murmure respiratoire des enfants, comparé à celui des adultes, il fait observer que « cette différence de bruit existe principalement dans l'inspiration, et qu'elle est beaucoup moins marquée dans l'expiration. » {ïbid.y p. 50.) Mais on ne trouve nulle part dans son livre l'indication du bruit expiratoire envisagé comme phénomène pathologique.
Au docteur américain Jackson revient le mérite d'avoir découvert l'existence de V expiration pro-^ longée dans plusieurs maladies pulmonaires : dans un travail lu, en 1833, à la Société médicale d'Othservation, il consigna la plupart des considérations pratiques qui se rattachent à l'histoire du phénomène, telles que sa coexistence, dans la phthisie.
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avec la diminution de la souplesse et du moelleux du bruit deTinspiration, sa manifestation dans les cas où il y a accroissement de densité du tissu pulmonaire, et, dans certaines circonstances , la marche successive du caractère bronchique, de Texpiration à l'inspiration. La connaissance de ce phénomène morbide fut bientôt popularisée par les cours Cliniques de M. Louis à l'hôpital de la Pitié. D*un autre côté, M. x\ndral signalait aussi l'existence du bruit d'expiration dans la première période de la phthisie (1). Dès Tannée 1835, nous enseignions nous-mênaes les notions relatives à ce nouveau signe , dans nos cours particuliers d'auscultation, et le bruit expiratoire prolongé était un fait acquis à la science, et devenu vulgaire pour un certain nombre de personnes, quand M. Foumct reprit ce sujet de recherches d'un point de vue plus vaste et plus élevé : il fit une étude complète et approfondie du bruit d'expiration cx)nsidéré dans l'état normal et pathologique, et l'envisagea comparati-
(i) « En même temps que la présence <Tun ceilain nombre de tubercules en un point du poumon diminue en ce lieu Fintensité du bruit d'expansion pulmonaire , un antre phénomène peut se produire ; c'est un bruit plus fort que de coutume pendant le temps de l'expiration. Celle-ci s'accompagne d'un souffle beaucoup plus prononcé que celui qui coïncide avec le mouvement d'inspiration. » ( Clinique médicale , 3« édit., t. iv, p. 69} 1834-35. )
vement au bruit d'inspiration dans ses modifications diverses et dans toutes les maladies de l'appareil pulmonaire.
Caractères, — Le bruit d'expiration est plus ou moins prononcé : dans un grand nombre de circonstances, d'abord à peine sensible, il augmente par degrés, se rapproche peu à peu de l'inspiration par sa durée, l'égale, et finit même par la surpasser, de manière à donner lieu à un rapport inverse du rapport physiologique. Sa marche croissante frappe d'autant plus l'observateur qu'elle contraste avec la marche décroissante de l'in^ration rendue de plus en plus courte par les progrès de la maladie. — Assez fréquemment il paraît avant tout autre phénomène stéthoscopique. Quelquefois il se montre seul , sans altération de timbre du murmure respiratoire; mais le plus souvent ses caractères sont changés, et il devient plus bruyant, plus rude, plus bronchique, à mesure qu'il gagne en longueur. -^ Son j heu d'élection e^ le sommet de la poitrine.
Diagnostic différentiel, — Le bruit qui se produit dans la bouche, le pharynx et les fosses nasales , simule parfois celui de l'exph-ation prolongée ; mais l'un se passe dans le lointain , l'autre gous l'oreille, et un peu d'attention suffit pour faire apprécier exactement la distance ; l'un varie suivant la manière dont le malade respire ; l'autre est
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permanent et reste tongtemps semblable à lui-
RappeloQs ici qu'en dehors de toute eonditioii pathologique, Texpiration peut, chez certaini ia^ dividus, être prolongée au sommet droit de la poitrine ; ce fait, que les recherches de M. Louis (1) nous semblent avoir mis hors de doute, est im-^ portant à stgoaler : il empêdiera de prendre m phénomène naturel pour le signe d'une maladie.
Catm physïque.-^JiiCksQn expliquait ainsi qu'il soit Veacpiration prolongée : « Dans Tétat naturel, dit^Û (2), quand le tissu puhnonaire conserve sa sQuidesse et sa perméabilité ncurmales, le bruit respiratoire se compose ^ la fois de celui qui est causé par le passage de l'air dans les Immches et par son entrée dans les vésicules pulmonaires ; et comme ce dernier prédomine, il est seul entendu. Hais du moment où Tinfiltration tuberculeuse commence, les vésicules devi^ment chaque jour (dus rares, Texpansion vésiculaire diminue, et le lûidt de l'air qui traverse les bronches restant le même, il domine tous les jours davantage et finit par êtrr seul perçu. »
Mais on peut d)jecter à] cette hypothèse que, si elle était vraie, le bruit des bronches devrait
(1) Voy, plus haut, p. 33.
(2) Mém, de la Société viéd, d'Olweri?., 1 1, p. xv.
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s'entendre, même dans Fétat naturel , durant les derniers moments de J'expiration, temps pendant lequel le murmure vésiculaire normal n'est pas entendu.
Nous admettrions plus volontiers une autre explication : dans l'état physiologique, comme nous l'avons dit plus haut, l'air sort du poumon, pendant l'expiration, facilement, sans obstacle, et il ne produit en conséquence qu'un lM*uit court et faible ; mais quand des productions morbides, telles que des tubercules, sont iuliltrées dans le parenchyme puhnonaire, ces corps forment des saillies à l'intérieur des dernières ramifications bronchiques , et l'air rencontre, en sortant, des obstacles qui augmentent le frottement, d'où résulte une augmentation dans la force et dans la durée du bruit expiratoire.
Signification pathologique. — Toute maladie dans laquelle l'inspiration est plus courte {induration pulmonaire, pleurésie ^ etc.) peut se traduire, indépendamment de ses signes propres, par une augmentation de durée de l'expiration : mais le phénomène n'est alors qu'accidentel ou tout à fait secondaire. C'est surtout dans certains cas d'emphysème et de phthisie pulmonaire à la première période que ^expiration prolongée se montre d'une manière permanente.
Les détails consignés dans d'autres chapitres