‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 23 sur 74 · RALE CRÉPITANT · texte numérisé non relu

RALE CRÉPITANT

page au parenchyme. Il faudrait d'ailleurs s'aider encore d'autres signes pour établir avec certitude le diagnostic différentiel

11 est un autre bruit qui pourrait lE^cilement induire en erreur une oreille peu exercée : le frottement pleurétique est parfois constitué par une série de petits craquements successifs, par une espèce de crépitation inégale , qui se rapproche du Téritable rhonchus crépitant C'est sans doute cette Tariêté de bruit qui a fait dire qu'il existait un râle crépitant dam La pleurésie. Mais ce crépitus est moins nombreux , moins égal et moins fin que celui de la pneumonie; il n'a pas lieu dans tous les mouvements respiratoires, et n'est pas si exclusivement limité à l'inspiration. M. Damoiseau, qui a étudié ce bruit avec soin, le distingue aussi du râle crépitant : Il a, dit-il, quelque chose de sec, de rude, de frottant : il est plus disséminé et souvent on perçoit en quelques autres points un frottement pleural évident. D'ailleurs, quand on observe le phénomène pendant quelques jours, on constate qu'il augmente peu à peu d'intensité et qu'il finit par donner lieu à un véritable craqueineut ascendant et descendant, perceptible même à la main appliquée sur la poitrine (1). Cestransfor-

(1) Damoiseau, Recherches sur plusieurs points du diagnostic des épanchements pleurétiques^ dans les Archives 9én, de méd., octobre 1843.

150 BRUITS âNORMAUX.

matkms ne permettent pdnt de mécoonattre li nature du bruit morbide que Ton doit rapporter au glissement Tune sur Fautns des faoBses iwnih iMtm dépotées sur les deut feuillets de la j^vre.

Du reste, la pleuréi^ peut se compliquer ai pneumonie, et le rtie crépitant perçu énns oe cas aj^artient moins à rinflammation de la plèvre qu'à celle du poumon lui-môme» Toutefois, il ne ' nous s^nble pas impossiUe qu'il se {produise dans la pleurésie un véritable râle vésicuïatre : il suffit que le tissu du poumon mi pénétré de iuides pour que, dans une très-igrande inspiration, le déplissement des cellules pulmondres et le décdle^ ment des parois des ^trémités brcmdûques do»* nent lieu à une crépitation fine et nombreuse dans l'intérieur des voies aérifères.

Cause physique. — On admet généralement que le râle crépitant est produit par le passage de l'ittr à travers les liquides contenus dans les vésicules pulmonaires. Si Ton s'en rapporte en eflfet aux impressions de l'ouïe, il semWe que des matières liquides sont pénétrées par l'air inspiré, et qu'il se forme alors des bulles qui éclatent avec bruit; la petitesse , le nombre et l'égalité de ces bulles paraissent démontrer qu'elles se produisent dans des cavités petites, nombreuses, égales en volume, telles que sont les cellules pulmonaires. Chez les vieillards, les bulles sont souvent plus grosses,

RAUE GRiPITAIfX. 151

ptrce que les Yéskules du poumoa se sont agrao^ dieg par suite de Tabsorptioa du tissu inter-vési^ cilaire (1) ; chez les enfonts, au contraire, où les oeUales sout si petites , les bulks nous ont paru quelquefois d'une finesse extrême.

Signification pathologique. — On entendra du râle crépitant dans la pneumonie, dans certaines limnes de congestion pulmonaire , dans ïadème et dans V apoplexie du potamnu

Diagnostic raisonné. — C'est dans la pneumonie que k rftle crépitant se produit le plus fréquemnmit et avec ses caractères les plus trandiés; il se nontre dans le premier degré de la maladie, c'està^ilire \ la période d'engouement pulmonaire ; puis fl fait place à la rei^ation bronchique kn^ue la pneumonie passe à l'état d'bépadsation, et il repartit plus tard quand le poumon repasse par la période d'engouemmt ^ marchant vers la résoluticm {râle crépitant de retour). C'est surtout au ^bntque la crépitation est fine, sèche et nombreuse, tandis qu'au moment du déclin les buUcs sont ordinairement un peu plus grosses et plus hnmides.

A l'époque où le râle crépitant fait place à la re^iration bronchique , il résulte quelquefois du

(1) Hourmann et Dechambre, De la pneumonie chef les fiiillardt.

mélange des deux phénomènes une variété de bruit désignée par M. le docteur Grisolle sous le nom de bruit de taffetas, parce qu'elle donne à l'oreille qui ausculte la sensation d'un morceau de taffetas neuf que Ton déchire. Ce bruit n'existe que dans l'inspiration; M. Grisolle pense, d'après un fait, qu'il caractérise une induration limitée à la surface du poumon.

Dans la congestion pulmonaire active, le râle crépitant se montre quelquefois ; mais le plus souvent ses bulles sont plus grosses, plus humides, visqueuses et comme continues, et alors il mérite mieux le nom de sous-crépitant — Il en est de même dans les congestions pulmonaires passives qui surviennent, sans phl^masie, chez des individus débilités. Ajoutons que cet engouement passif occupant les parties déchves du poumon, le rhonchus suit, pour son siège, la même loi physique, et qu'il est remarquable par sa persistance, en raison de la longue durée de la maladie. D'ailleurs, que la congestion soit active ou passive , le râle n'est ni accompagné ni suivi de souffle bronchique, à moms qu'il ne survienne une véritable hépatisation pulmonaire.

Plusieurs caractères particuliers distinguent également le râle crépitant de Vœdème et celui de V apoplexie pulmonaire : si les bulles sont trèshumides et moins fines, si le rhonchus persista

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