‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 24 sur 74 · RALE CRÉPITANT · texte numérisé non relu

RALE CRÉPITANT

longtemps, sans fièvre , et surtout s'il y a coïncidence d'une hydropisie plus ou moins générale, on devra diagnostiquer un œdème du poumon. — Si le râle occupe un ou plusieurs points circonscrits de la poitrine; s'il n'est pas remplacé au bout de quelques jours par du souffle bronchique, ou si ce souffle est, comme la bronchophonie et la matité, très-peu marqué ; si les signes d'aiïection pulmonaire se sont manifestés dans le cours d'une maladie du cœur, et surtout si le malade a rendu des crachats de sang pur, on reconnaîtra à cet ensemble de phénomènes une exhalation sanguine dans fe tissu pulmonaire. — Il ne faut point oublier que le râle n'est pas constant dans l'œdème, et qu'il manque souvent dans l'apoplexie du poumon. En effet, l'infiltration sanguine est fréquemment trop bornée ou située trop profondément pour donner lieu à un bruit morbide appréciable. D'ailleurs, le râle ne se produit que si le sang exhalé reste fluide dans les cellules : alors même, il est souvent mêlé de rhonchus sous-crépitant , lorsque le sang passe dans les tuyaux bronchiques; il manque enfin si rhémorrhagie ne s'est faite que dans le tissu intercellulaire , ou si le sang est concrète dans les Tésicules.

Conclusion : valeur sémiotique. — En raison de l'extrême fréquence de la phlegmasie du poumon opposée à la rareté comparative de l'œdème

15& BRUITS ABfORMAUX.

et de l'apoplexie, le râle crépitant, surtout quand ses caractères sont bien tranchés, est le signe pres^ que pathognomonique de la pneumonie à la période * d'engouement.

L'existence d'une pneumonie étant révélée par le râl^ crépitant, la considération du siège de ce phénomène peut quelquefois indiquer la nature de la phiegmasie. En ef^t, nous avons observé que rinflammation franche du lobe supérieur du poumon envahit la moitié postérieure beaucoup plus fréquemment et beaucoup plus tôt que la moitié antérieure; nous avons constaté pareillement « comme conséquence de cette toi de pathoh^e, que les signes phyâques de la pneumonie franche débutent presque toujours en arrière, et quand It phiegmasie gagne la partie antérieure» ils persistent d'ordinaire avec ^us d'évidence postérieurement* On peut tirer de ce Ait un principe d'auscultation d'une grande importance pour le diagnostic, c'est que, si du râle crépitant est entendu au sommet de la poitrine, exclusivement en avant; s'il est ctrconserit à un petit espace ak il persiste assez longtemps au même degré , avec coïncidence de symptômes fébriles, on devra soupçonner que la pneumonie est tuberculeuse.

BALB Seim-GBÉPITAIIT. iS3

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