‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 32 sur 74 · THÉORIE DE MAGENDIE · texte numérisé non relu

THÉORIE DE MAGENDIE

le cœur même. Or, il* est facile de s'assurer cpi'il en est tout autrement: sur trois chiens et deux moutons, dont nous avons mis le cœur à nu, nous avons entendu clairement les bruits du cœur ; ces expériences, parfaiteipent conformes à celle de MM. Hope, Bouillaud (1), et des divers comités,

(1) «» Le 23 février 1834, dit le professeur de la Charilé, je mis à découvert le cœur d'un coq vigoureux, chez lequel j'avais bien entendu, avant Topératton, le double bruit du cœur ; j'auscultai le cœur encore contenu dans le péricarde, puis dépouillé de cette enveloppe. J'ai ausculté à l'oreille armée du stéthoscope; j'ai renouvelé cette exploraUon à plusieurs reprises : eh bien! je puis affirmer que j'ai très-distinctement entendu le double bruit duUctac du cœur, et cependant il n'existait aucune espèce de contact entre cet organe et les parois pectorales. »» Ce double hrtUt était d'ailleurs facile à distinguer d'un bruit unique de frottement que le cœur exerçait contre le bout du stéthoscope. — « Je répétai, ajoute M. Bouillaud, la même expérience sur deux lapins d'une force moyenne ; elle fournit les mêmes résultats, c'est-à-dire que j'entendis parfaitement les bruits du cœur, lorsqu'il eut cessé d'être en rapport avec les parois pectorales. » (Traité clin, des maladies du cceur; 2* édit., 1. 1, p. 143.)

Les expérimentations du docteur Hope sur des mammifères concordent entièrement avec ces faits. Dans l'une de ces expériences, le cœur fut largement mis à nu chez nn âne, dont le pouls battait 48 fois par minute avant l'opération. En examinant alors ce qui se passait, par la vue et le toucher, on constata que dans tous les cas où les mouvements des oreillettes étaient réguliers, ils précédaient ceux des ventricules ; à chaque contraction de

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protivent d'tiîie manière incohtestablé que les tod bruite du cœur continuent à êtte perçus sans l*iil- ?* tetrention des parois thoraciques. 'i^

Mais si l'impulsion du cœur contre la poitrine ac n'est t)as la cause unique des bruits que l'auscul- 1 tatiott fait entendre» 11 ne l^'ensuit pas qu'elle n'ait aucune influence et qu'elle ne puisse concourir à ê les renforcer ; et bien que le inécanisme de for- i , mation proposé par M. Magendie ne soit pas l'ex- 53 pression com(^te de la vérité , du ïnoins ses expériences ont-elles le mérite d'établir tMwitivementla ^,

ces detnierâj on toy&lt la pointé dti ttmt frapper le tho- ' rax, et, eh appliquant le stéthoscope sut l'organe même, ' bti reftohntlt que le prethier bruit était isochrone â la cou- -i traction deS ventricules, et (Jue lé secoûd coïncidait avec . la diastole.

L'expérience répétée plus tard âtir (tii&tre nouveaux âtiés àliiënâ les mêmes résultats. On appliqua le stéthosfcope sur le venlricUle, et les deux bruits lurent claire^ rfyenl et indubitablement entendus par cêiii qui avaient « l'habitude de cet instrument. Pour s'assurer de l'isochro- Ulsmé indiqué pliis haut, la personne qUi auscultait le cœur comptait Un pour le premier bruit, deux pour le second, tandis qu'une autre personne iiispectalt attenti- ^ vément les mouvements du cœur, et comptait de éon côté, * un pour le mouveinent de contraction , deux pour celui \ de dilatation. Or, constamment ces deui personnes comptaient en même temps, et pour ainsi dire à l'unisson, les nombres un, deux. Donc le premier bruit était isochrone à la systole, et le second à la diastole. (Voir fiouillau op. cit., p. 146.)

puaiUCH. — BQUUXAUO. 3|5

coïncidence du choc '4q la pointe da eonnr et du premier bruit avec la coolractiou yentriculaire.

€^)eBdant, Bnrdacb admet encore le coutrc^re: seloa cfî physiologiste, « le premier bruit est occasi(Hmé siu^ultai^ément avec la systole des oreillettes, par Técoulement du sapg daus les ventricules, attendu que le liquide trouve dans ces cavités de Tair, qu'il cl^ass^, avant Tocclusion des orifices aariculo-veutficulaires, par les valvules triglochine et bicuspide, dauç le commencement des troncs artériels, vide lui-même par Vellet de la progression du liquide \ et le second bruit provient 4u saing lapcé par la systole 4^s veutncule^ da^s les artères, et qui, rencontrapt de Tair dans celles-ci, je (ait refluer vers les ventricule», dont la diastqle li^copiuieqGe aussitôt (1). ^

Tqut eu r^tablissapt la wmultauéité de la systole ayeç le clpç du c(eur et le bruit pourd, M, Pari(^ (â) fait, comme Burdacb, intervenir |a prémo^ d'qn fluide élastique ppur la production des bn^ts ; pelpn }wi, le pr€merm^\^ 4û à laprojeptiqn du ^g et de vapeurs a)} traders des valvules §ipuoïdes pepdaut la systde, et le secQ^d à la format jpp brusque de vapeurs pepdpt la diastole des

(1) Traité de Physiologie, trad. par M. Jourdan, Paris, 1837, t. VI, p. 234-36 et 265.

(2) Thèses deiPorit, juillet 1839, p. 3S.

ventricules. — Mais la présence des vapeurs ne nous semble pas plus admissible que celle de Fair : ainsi que le remarque M. le professeur Bérard, les gaz contenus dans le sang ne sont point àFétat de liberté, et il n'y a pas dans les cavités du cœur de vapeurs à Fétat de tension élastique.

M. Bouillaud, après avoir constaté expérimentalement (1) que le redressement du cœur et son choc contre les parois de la poitrine ont lieu au moment où les ventricules se contractent , ne met pas en doute la coïncidence du premier bruit avec la systole ventriculaire. Quant au mécanisme de production des bruits cardiaques , après avoir discuté la valeur des théories émises avant lui, il se trouve conduit par voie d'exclusion k la nécessité logique d'expliquer ces bruits par le j&k des valvules; il considère cette théorie conmie la plus applicable à tous les faits de l'ordre pathologique, et il Fexpose en ces termes : « Premier bruit. 1*» Redressement brusque, instantané des valvules auriculo-ventriculaires qui se choquent par leurs faces opposées: 2° abaissement des valvules sigmoïdes de l'aorte et de l'artère pulmonaire par la colonne sanguine que la contraction ventriculaire lance dans ces artères, à travers les orifices ventriculo-aortique et ventriculo-pulmo-

(!) Op. cit. !'• édit., 1836, — et r édit., 1841, p. 143.

THÉORIE 0£ GENDRlN. 317

naire. — Deuxième bruit. 1° Redressement des Yalndes sigmoïdes attirées par la tendance au vide pendant la diastole, et repoussées par la réaction de Taorte et de Tartère pulmonaire; choc des faces opposées de ces valvules pendant leur adossement : T abaissement soudain des valvules auriculo-ventricuiaires par suite de l'attraction qui accompagne la diastole ventriculaire et aussi en raison de la systole auriculaire qui, de concert avec la dilatation ventriculaire, fait pénétrer le sang dans les ventricules à travers les orifices auriculo-ventriculaires. »

On voit que M. Bouillaud fait entrer comme éléments, dans la production desdeux bruits, plusieurs conditions dont M. Kouanet ne tenait pas compte, telles que le refoulement des valvules sigmoïdes contre les parois artérielles pour le premier bruit, et rabaissement soudain des valvules auriculovaoïtriculaires pour le deuxième. Ces idées furent d'aDieurs partagées par M. Raciborski, et la théorie du claquement valvulairc était presque généralement admise, lorsque M. Gendrin reproduisit dans ses cours (4) celle de la collision du sang et du choc de ce fluide contre les parois du cœur.

(1) Leçons sur les maladies du cœur, faites à Thôpilal de la Pitié, et recueillies par MM. Colson et Diibreuil- Hélion ; Paris, 1842, p. 29 et sniv.

318 THÉpRIE DES BRUITS DU ÇCEUR. ;

Il admet cpe la çontractîpn commence dans les ai oreillettes et se prolonge par une progression ppri- ^k staltique aux deux ventricules ^ la fpis, çt qi|e le foi choc du cqpur a lieu pendant 1^ sy^tol^ ejt p^r le n fait piême de la systole \entriculaire. Qi|fi;tt §ux bruit? 4^ cœur, \e prenûer, dij-il, PU bri}jt ^Pr4» \^ a sa cause premièrp clans la cputraptiou 4pi ven- 5 tricules, et sa causes Imipé^iat^ da»§ les Yibfatious ^ qui ^résuUçut du changpmeut de forpi^ unprinaé, ^ ^ la colpnne du sang, et qui se tRUSWettppt aux • parois contractées du cœur (1). JjC deu^ièu^, pu bruit clair, a sa cause première dans le relâchen^ent , de^ ventricules immédiatement suivi de l'entrée du ^Up( 4aiis leurs cavités, et sa cause immédiate daus la percussiou du liquide poutre les parois 4u Cffiur % la basp des ventricules, ^t d^x^ le? vibratious qjii eu résultent (2),

(1) (c jC'est à la pointe du cœur que ee bruit a son maiimiim; c'est là que retentit le contre-coup de toutes les vibrations; c'est là qu'est rextrémité de leur résultante; et par suite du contact instantané du cœur avec les parois thoraciques, la transmission des vibrations sonores par contiguïté aux parois du thorax se fait facilement, avec toutes les circonstances les plus propres à la propagation du son. » {Ibid., p. 65.)

(2) « C'est à la base du cœur qu'il s'entend à son maximum; c'est surtout la partie supérieure des ventricules qui reçoif la percussion au plus haut degré, parce que c'est sur cette partie que vient s'épuiser la force d'impul-

THÉORIE PE CRUVEILHIE^. ?19

])I. Qen4rin plaçait ainsi la source des deux bruits dans les ventricules ; M. Cruveilhier, au contraire, s'appuy^nt d'observations faites sur un enfant dont le cœur était situé hors ^e la poitrine (1), plaça Ip

te du sang précipité dans les ventricules ; et il se propage d^s le trajet des grosses artères parce que Fimpul- &ipn es( perçue à un certain degré pigr le plancher des valvules sigmoïdes abaissées, dont Tébranlement se propage à la colonne sanguine contenue dans les artères. » hid,, p. 53.)

[1) Voici le sonunaire de la note publiée par M. Cru- Teilhier sur celte curieuse observation : Le cœur de Fenfant, qui était d'qilleurs pleine de vie et fortement constituée, est placé hors de la poitripe, dont il s'est échappé en entier à travers une pefforation circplaire qui occupe HpaïUp supérieure du sternum. 11 est nu, sans péricarde ; sa couleur est pâle, sa surface sèche; son axe est vertical et non point oblique comme 4aiis sa situation ordinaire. Les oreillettes sont très-peu 4éveloppées relativement au reste de Forgane.

Les deux vpntriculep se contractent simultanément ; il «n est de mén^e des deux oreillettes. — Pendant leur systole, les ventricules pâlissent; leur surface devient rugueuse ; leurs parois se resserrent dans tous leurs diamètres, et le sommet du cœur décrit ^ mouvement de «pirale de droite ^ gauche, et d'arrière en avant. C'est à celte contraction en spirale qu'est 4pe la percussion cQptre les parois du thorax. — La diastole ventriculaire §e fait 4'une manière brusque, et est accompagnée d'un moi^veïûent 4p projection du cœur en bas.

L'oreille appliquée contre le cœur entend les deux l^ruits dont le premier est plus faible que lorsqu'il est perç^ à travers les parois thor^cique^. (Se ^ruit augmpnte à fne-

yGooQle

siège des deux bruits à l'origine de l*aorte et de Tarière pulmonaire. Selon lui, le premier, coïncidant avec la systole ventriculaire et avec la dilatation des artères, dépendrait du redressement des

sure qu'on remonte de la pointe du cœur vers la base. En appliquant le doigt indicateur sur l'origine de Tarière pulmonaire, on sent un frémissement vibratoire net et distinct qui répond au resserrement de ce vaisseau. En posant la conque de Toreille sur un des points de ce doigt, conome si c'était le stéthoscope, M. Cruveilhier reconnaît aussi clairement que possible un bruit de claquement trèsprononcé qui coïncide avec la dilatation ventriculaire ; mais il recherche vainement un double bruit : il n'entend qu'un seul bruit, éclatant, bref comme celui du deuxième temps, et ce bruit correspond au resserrement de Tarière, et par conséquent à l'abaissement des valvules sigmoides.

M. Cruveilhier conclut de là que la cause du second bruit est manifestement dans le frémissement vibratoire des valvules sigmoides pulmonaires etaortiques, refoulées par la colonne de sang qui tend à rétrograder au moment du resserrement de Tartère. Quant au premier bruit, il l'attribue au redressement de ces mêmes valvules soulevées par l'ondée de sang que projettent les ventricules ; et si, dans l'état normal, le maximum du premier bruit est à la pointe du cœur, cela tient au choc de cette pointe, qu'il considère comme une cause de renforcement.

Nous admettons pleinement l'explication de M. Cruveilhier pour le deuxième bruit, ou bruit clair; quant au premier, ou bruit sourd, nous rappellerons seulementque M. Monod s'appuie du même fait pour l'attribuer au choc réciproque des parois des ventricules au moment de leur contraction. {Gaxette médicale, août 1 841 , et février 1 843.)

THÉORIE DE SKODA. 521

valvules sîgmoîdes préalablement abaissées , et le deuxième, qui coïncide avec la diastole venlricukire et avec le resserrement des artères, est le résultat de V abaissement de ces valvules refoulées par Tondée de sang rétrograde.

Le docteur Skoda, de Vienne (1), se fondant surtout sur des recherches cliniques, soutient de son côté que le premier et le second bruit du cœur sont produits simultanément dans les deux ventricules et dans les deux artères aorte et pulmonaire, tous les deux dans chacun de ces quatre points à la fois. En effet, si l'on ausculte avec soin pendant quelques instants en plaçant tour à tour le stéthoscope sur les quatre points de la ré* gion précordiale qui correspondent au sommet des ventricules droit et gauche et à Torigine des deux gros vaisseaux, on s'assure que les bruits qui s*y font entendre offrent entre eux des différences de fDrce, de clarté, et même de ton : ces différences, assez souvent sensibles même dans l'état normal, sont plus marquées dans l'état pathologique. De plus, dans les cas où Tauscultation révèle un bruit anormal en un point de la région du cœur, presque toujours à droite ou à gauche et au-dessus ou au-dessous de ce point, on retrouve les bruits normaux , qui offrent entre eux les différence;^

(1) Loe, du, 2e écUt, p. 172 et suir.

332 THÉORIE DES B|iniTS DU GCEUB.

d^à signalées. De ces faits cliniques l'habile stéthoscopiste de Vienne conclut que le foyer cte pn^duction des deux bruits e?t quîtfiruple pour pb^cun individuellement

Quant au mécanisme de leur fondation, s^lon le docteur 3koda le premier bruit ventricutaire est produit par le cbqc du sang contre le^ valvules bicuspide el tricuspide , et quelquefois par FimpulsiQU de la pointe du coeur contre le thorax ; le second Im^it ventriculaire dépend probablement du choc de la colonne sanguinp contre les parois des ventricules, ou quelquefois des yibrations des parois du cœur qui se djlatept m Yertu de leur élasticité.— Le premier bruit artériel pçt produit par l'impulsion du sang contre ie§f parois de l'aorte et de l'artère pulmonaire; et le ((euppiéwfi^ par le choc rétrograda de la colonne saRguipe ?ur les valvules sigmoïdesde ces vaisseaux.

Cette théorie, qui paraît, au premier abor4, a^sez étrange, a cependant plusieurs points d'anj^qgie avec celles de beaucoup d'autres pathologi^tes: tous les auteurs versés dans l'apscultation reconnaissent qu*un ou plusieurs bruits anormaux existant à la région précordialp, on peut, ep s'éloignant de ce point, retrouver les bruits normaux du coeur ^ et quant aux pauses de ces derniers , il est aisé de voir que le docteur allemand fait, pour es expliquer, des emprunts à plusieprs opinions déjà

éffiisteS pÊt MM. Pigeaux , Magendie et Rouanet Si les auteurs différent beaucoup d*opinion sur le toécanbiïie de production des bruits cardiaques, il est aisé de voir, par le précédent exposé, que tous, à Texceptiott de deux seulement, s'accordent silr le point capital de la question qui nous Occupe , et admettent la coïncidence entre le choc du cœur contre la poitrine et la systole ventriculaire. C'est un fait qui semblait prouvé sans réplique par les expériences de MM. d'Ëspine, Magendie, Hope, BouiUâtid, etc. : aussi cet âccord général des ob« ^rvâteurs , ces démonstrations expérimentales (tant de fois confirmées depnis) laissaient si peu de place au doute, que le professeur de la Charité disait dès 4835: « Ce serait désormais commettre un impardonnable contre-setis physMogitjuey que de faire coïncider l'impulsion et le choc du cœur contre la poitrine avec la diastole de cet oi^attc. » C'est cependant une opinion que M. Beau (1) re|)roduislt à cette époque, et qu'il a soutenue depuis avec un talent et une persévérance qui ont entraîné les convictions de MM. Béhier, Hardy (2) et Yalleix (3). D'après M. Beau, la succession des

(1) Archiv. génér, de méd*, décembre 1835, janvier 1839, juillet 184i.

(2) Traité élémentaire de pathologie interne, lâ46, t.i, p. 326.

(3) Guide du médecin praticien, 1843, t. m, p. IG. — M. Yalleix semble d'ailleura n'adopter qu'avec réserve le^

mouvements des cavités du cœur a lieu dans Tordre suivant : contraction des oreillettes, dilatation des ventricules, contraction des ventricules, dilatation des oreillette» ; puis , retour de la série (2' mèm,; p. 1); — il n'y a point projection du sommet du cœur en avant dans la systole (!*' fném.y p. 6), et le choc de la pointe contre la paroi thoracique a lieu au moment de la diastole , et est Feffet de la dilatation du ventricule , sous Tinfluence de la systole auriculaire; — le premier bruit du cœur, ou bruit inférieur, ou bruit ventriculaire, est produit dans le moment où Fondée Sanguine, chassée par la contraction de Toreillette, vient dilater brusquement le ventricule, et est le résultat du choc de Fondée contre la paroi du ventricule qui est placée vis-à-vis Torifice auriculoveûtriculaire ; —le second bruit, ou hmit supérieur, ou bruit aunculaire, est produit dans le moment

idées de M. Beau : entre autres difficultés qui ne lui paraissent pas résolues, » la principale, dit-il, est Tobstacle qu'éprouverait le sang à sa rentrée dans le ventricule après avoir été chassé dans Taorte, si, comme le prétend M. Beau, ce ventricule restait réellement contracté après la systole; et cependant il n'est pas douteux que le fait n'ait lieu dans le cas d'insuffisance dés valvules aortiques. »

« Espérons (ajoute M. Yalleix) que de nouvelles recherches viendront bientôt fixer définitivement notre opinion sur ce point intéressant. » {Archiv, génér. deméd., 1844; t. V, p. 326.)

OÙ se fait la dilatation de Toreillette, et est le résoltat de FarriTée de la colonne sanguine , qui, débouchant brusquement du tronc veineux , vient choquer contre la paroi antérieure de Foreillette.

Dans cette théorie , Tordre de succession des mouvements diffère de celui que Ton regarde généralement comme le véritable, et la coïncidence entre le choc , les mouvements et les bruits est complètement renversée , puisqu'ici le choc coïnciderait avec la diastole ventriculaire, et que c'est au moment de la dilatation qu'aurait Ueu le premier bruit du cœur.

Ces faits étaient tellement en opposition avec tout ce que le raisonnement et les expériences avaient appris, que M. Beau devait avdr de puissants motifs pour contredire ainsi Topinion générale. En effet, il se fonde sur l'expérimentation et sur le raisonnement II a fait des expériences sur des grenouilles, sur des coqs, sur des lapins et des chiens. Mais, de son aveu même, celles qu^il a tentées sur des chiens et des lapins ne lui ont presque rien appris, à cause de la rapidité des mouvements ou du peu de durée des contractions du cœur après l'ouverture de la poitrine. Restent ses observations sur les coqs et les grenouilles: or, M. Bouillaud (1) a vu sur le coq chaque contrac-

[\) Loc, cit., p. 143.

d26 THÉORIE ^^ fiHUITS W COEUR.

tàfïïi f0tijc\i\9jxe éM^^ accompapée an re^ress^ H^ ^ 9fraMt de la ppint^g du c^Bur. et nous- Di^es <i), ainsi que d'aulf^ obaenratmirs <2), BOjuis %^w^s TU, sur )to greaouiiles, le ventricule m iW)il}er ^ s*a))ai89er daps la diastole, ^lûs se ress^^ m f^^mt It^gèremeat sa poûHe an Ok»l»eQt f^ b systole s'aecooiptit

DIals €n admettafit que les choses se pasaeni i^^imf^ » cbeK les piseaux et les grauooilles , cp^aoM» le dit M. Beau, est-îleu ikait de cmidnre 4ue cas pbénomèues de la circulation sont identiquement les mêmes chez les maftimilères et cfaez rbopwe I iGette indxictioo est-elle juste » sujdtout |KN^ ]^ grenouUUf ? et les résultats obtenus sur des ^uJmaifx é petits, placés si bas dans l'échette

(t) Voir plu8 loin, p. 373.

(2) M. Sunnay a repris cette quesjtion litigieuse dans i^n remarquable travail sur les mouvements et les bruits nor- HMux du cofur {Gaxette médicale, 1S52). Voulant savoir « qni a Ueo vu, » U a renouvelé les vivisections sur les grenouiUes, et U s'exprime ^insà : « Voici ce que |'ai&nne avoir vu dans des expériences bien des fois répétées devant différents témoins, et ce que j'ai écrit les pièces sous les yeax(: » au moment de la contraction, le ventricule fâUt, ce rapetisse et donne au doigt une impulsion énergique.... en même temps la pointe du cœur est souleviée et elle se recourbe très-légèrement en avant et en bant.... Bans la dilatation au contraire le ventricule rougit et augmente dans tous ses diamètres ; la pobite du cœur s'abaisse et sa base est portée en avant... (pcMsim),

THÉOBIÈ DE BEAU. 537

^fflitimle, A>nt le cœur tfa ^ detit cârité^ flépoËrvnes de valvtile atÉrictilo-vèiïtrîfctûàire , peri^ reiit-îls autoriser S souteiiirqtteles Mte «mt âbs^ Imnent setoWalMes âhnë Fe^)ècehtiinaitic? Hifvey (i) et haller (2) attaient déjà sigriàlê des différence» èfitte les mo^eiÈteBH Un cmûr shiïple die2 tes grenouîHes et aim-es driimsttx S sdrig frdd,et eenx dtt cœur douUe ehel? le» atiiiâ&ttx à sang chmid : èeâ» dissaûblaûees tmt été codéftatëe* de fièuteaB dad» ces dentiers temps (3) ; M. le B' Parchappe , dans une bonne monographie sût la structure et les lâcfQvementsducœtir, apareillenient déinouti-é^ par des expériences sur des greïtouilles, deâ satamandres et des lapins, qde te métauisiïld de la circulation centi^ n'est ptô identique âaun

(1) Dans un passage, il s'exprime ainsi : « In pi8clî)U8. et ranis, et similibits (quae ùnum yentriculum habedt corâis, et pro anrlculâ vesicam qtianiclaiti in basi cordls positam refertissimam sanguine)^ hanc videbis vesicam primé eeirtmlai, et subaequi posteà eordis coatractionem aperëssimè. » (Op. cit. Taelus 63.) — Âilleiirs il dit, au eontràire : « Isti duo motus, amleularom vÈiuBt aller ven-* tnealeram, ità per eonsecntionem fkint..., ut arobo simui fiant, et nnicos tantùm moins appareat, prssertlm in e»*lidioribus animalibus. » ifhid, Tactos 75.)

(2) « Post auricularmn constriotionem eelerrimè to oa-» lido et sano animale, aliquantè lentiùs in fri§ido..., le^ul* tinr tentrieulorum ooatractio. » (Op. cit., % uu.)

(3) Foi/e^lanotedelapageaè?.

les diverses espèces animales (1). Nous avions donc raison de repousser Tanalc^e qu*on voudrait établir entre les mouvements cardiaques chez les batraciens et les mammifères : Texpérimentation est d'accord avec le raisonnement pour Mre rejeter une telle assimilation, et celle-ci est d'autant moins admissible qu'elle tendrait à poser des princq>es eu contradiction avec les résultats de nombreuses vivisections pratiquées sur des animaux dont l'organisation se rapproche beaucoup plus de celle de l'homme.

Pour ce qui est de l'enchaînement des mouvements du cœur, Harvey et Haller, qui ont fait de la physiologie de cet organe une étude si approfondie, se sont assurés que, sur les animaux d'ordre supérieur, la systole de l'oreillette et celle des ventricules n'alternent pas, comme le suppose M, Beau, mais que la contraction commence dans l'oreillette, et se propage aux ventricules, de manière à former

(1) « Dans chaque espèce animale les mouvements et leurs efifets empruntent des caractères spéciaux à la structure spéciale du cœur. Et, dès lors, Tobservation directe des mouvements du cœur vivant, chez une ou plusieurs espèces animales, ne peut fournir des inductions analogiques, susceptibles d'être lé^timement appliquées à rinter» prétation des mouvements du cœur, chez les autres espèces et chez Thomme, que dans la limite des rapports similaires de structure. » (Parchappe, Du cœur, de sa struc^ tun et de ses mouvements ;Vms, 1S48, p» 94.)

TBÉOAlË DE BEAU. 329

en quelque sorte un seul mouvement (1). G*est un fait que Fou pouvait pressentir d'après certaines dispositions anatomiques (2) et qui se trouve confirmé par les expériences récentes les plus décisives : nous Tavons vu manifestement sur des chiens (3) ; le docteur Hope Ta constaté sur des ânes (^), et M. Parchappe l'a retrouvé sur les lapins d'une manière évidente (5).

S (i) Harvey, dont nous avons déjà cité un passage relatif à ce sujet, dit dans un autre endroit : « Motus ab auriculis incipere, et in ventricuios progredi visus est. » {Ibid, Tactus ô7.) — Pius loin il ajoute : « Si quis cordis motum diligenter in vivà dissectione animadverterit, videbit cor sese erigere, et motum unum fleri cum auriculis continuum. » (Ibid. Tactus 78.)

(2) « Les parois des oreillettes et celles des ventricules reçoivent des nerfs d'origine commune, et qui n'ont point, sur les unes et sur les autres, de branches et de rameaux isolés et indépendants. Deux parties qui sont sous influence d'un même appareil nerveux incitateur ont nécessairement ime action commune, qui peut s'accomplir successivement, mais jamais altemaUvement ; il n'est pas possible qu'un même appareil nerveux soit à la fois en action €t en repos. » (Gendrin, loc, cit., p. 46.) jl^i^D

(3) Voyez la note de la page 37ô.

(4) « La systole de Fordllette consiste en un mouvement de contraction très-léger et bref, plus considérable dans l'appendice qu'ailleurs, et se propageant vers le ventricule par une sorte de mouvement vermiculaire, dont la fin semble se continuer avec la systole de ce ventricule. » (loc. cit,)

(5) « La systole du cœur comprend deux mouvementa , 28.

Selon M. Beau, ce serait seDleme&t au moment de la systole auriculaire que le sang pénétrerait dans les ventricules, et la colonne liquide y serait poussée instantanément et avec énergie; en conséquence, cet observateur reconnaît aux oreillettes une force de contraction très-puissante; mais c'est ce qu'il est diflicile d'admettre quand oh songe, d'une part, combien les parois des oreillettes sont minces, et présentent peu de colonnes charnues (1), et quand, d'autre part, on se rappelle qu'à l'exception du repli valvulaire d'Ëustachi, les orifices veineux des 'oreillettes sont dépourvus de valvules capables d'empêcher le reflux du saiig dans les veines caves (phénomène qu'on observe précisément dans le cas d'insuffisance de l'orifice

successifs, la systole des oreillettes et la systole des vaitricules. Ces deux mouvemcnls se produisent chacun avec la rapidité de rëclair, et se succèdent si immédiatement qu'ils semblent se continuer. » (Loc. cit., p. 105.)

(1) « La structure du cœur démontre l'impossibilité qu'il y a à ce que la masse du sang qui distend l'oreUlette soil instantanément déplacée par la seule force de eontracUon de ses ûbres ; car les appendices auriculaires présentent seuls des colonnes charnues prononcées; le resté de l'oreillette est en grande partie constitué par une membrane fibreuse non contractile^ derrière laquelle se trouve unft couche charnue dont l'action n'est pas même portée au point de rider notablement cette couche fibreuse, eonune on le voit par l'aspect lisse et uni qu'elle présente. * (Oendrhi, loc, cit., p. 4&.)

TfiÉOftlB D£ MkV* SM

trkuspide) (1). L*ot)inion que nous fioutenoÉë te^ pose d'ailleurs sur les résultats directs de Tetpérimentatton. Hope n*a tu âiir les âdes <lu'un mouvement de c<mtraetlon ti^s-léger des oreilteues, plus profioncé dans Tappendifee qu'ailleurs (2). M. d'Ei^ine, dans ses expéi-ietices sdr lès lapiris et les chiens, n'a constaté détobtrdctlôn qilè dans le» appendices auriculaires (3) ; M. Bodillàud^ Opérailt

(1) « L'énergie ded mouvements des oreillettes h^est pas comparable â celle des mouvemetits analogues ()ui sd pissent dans les TeatHcales. Ceàt ce qu'on aunH pu induire à priori, de la disposition môme des oreiliettes, sans avoir égard à la différence de forme et d'épaisseur qui existe entre elles et les ventricules. En efTet, il n'existe point, à propretnetit parler, de valviiles à Temboucbure des veines dans les oreillettes. Or, si la contractioli énergique des oreillettes eût été nécessaire pour Tintroduction du sang dans les ventricules, la présence de telles valvules eut été indispensable, sans quoi le sang, fortement et brusqoemeht pressé par les oreillettes, aurait reflué en très-grande partie dans les veines, de même que, pendant la systole ventriculaire, le liquide serait repoussé dans les oreillettes, si, pendant qu'elle s'opère, les valvules aurlcolo-ventriculaites ne fermaient les oriflces dû même nom. >» (Bonillaud, loe, cit, p. lit.)

(2) Voyez la note 4 de là p. 329.

(3) « J'ai cherché plusieurs fols à voir la contraction des oreillettes, et je n'y al jamais pu parvenir ; ces deux cavités m'ont semblé toujours complètement immobiles. Les appendices auriculaires seuls m'ont paru doués d'un véritable mouvement de contraction, leur dilatation se

sur un coq, Ji'a vu ni senti distinctement aucune contraction des oreillettes (1) ; enûn M. Surmay conclut de ses vivisections sur les grenouilles, que « l'oreillette présente seulement à sa partie k plus antérieure un affaissement brusque qui puisse se comparer à celui du ventricule, quoiqu'il soit infmiment moins marqué et moins énergique. « (Loco alr.,p. 8.)

Sans nier la contraction des auricules , disons qu'elle nous a paru un peu énergique dans les appendices seulement, et nous ne saurions admettre que le sang n'arrive dans les ventricules que par la systole auriculaire : s'il en était ainsi, les ventricules devraient rester immobiles et resserrés après leur systole, et garder leurs parois rapprochées jusqu'à la contraction suivante des cnreillettes. Or l'expérimentation démontre qu'à la systole ventriculaire succède immédiatement la diastole. Haller déduit cette proposition d*im grand nombre

faisant probablement d'une manière insensible et non instantanée, car je n'ai jamais pu la voir bien précisément. Après avoir vu, j'ai voulu toucher, pour voir si ce dernier sens ne me révélerait peut-être pas les phénomènes qui échappaient au premier. J'enveloppai donc les oreillettes avec la main, en faisant en sorte de ne pas toucher les ventricules, afin que leurs mouvements ne m'induisissent pas en erreur ; et je ne pus sentir de battements manifestes que vers les appendices auriculaires. » (Loc, cit,) {{) Loc. du, p. 144.

de vivisections ; le même fait a été évident pour Hope, sur des ânes, et nous en avons constaté la réalité sur le chien. Que cette dilatation soit Feffet d*an mouvement actif ou le résultat du seul relâchement des fibres, elle ne saurait avoir lieu sans qa*en même temps le sang n*afflue dans la cavité du ventricule (1). Si la diastole est active, il est impossible que le sang ne s*y précipite pas aussitôt (2). Dans le cas même où le ventricule serait

(1) « Au moment de la diastole, toute résistance à la pression du sang cesse du côté de la cavité vide et agran* die. Le sang en mouvement se précipite dans cette cavité. » (Parchappe, loc, cit,, p. 119.) — « La réalité de Pintroduction simultanée du sang dans Toreillette et le ventricule, au moment où les deux cavités sont à Tétat de rdàcbement, et où le cœur entier est à Tétat de repos, se manifeste aux yeux dans les expériences sur les animaux. Il est fadle alors de constatex* que le sang parvient jusque dans le ventricule indépendamment de la contraction des oreillettes. » (Ibtd., p. 127.)

(2) « Les ventricules ne peuvent se dilater sans attirer, et pour ainsi dire aspirer dans leur cavité le sang des oreillettes, lesquelles consUtuent réellement le réservoir de la pompe que représente le cœur. » (BouiUaud, loc. cit. p. 110.) — ** Aussitôt que le ventricule a donné son impulsion, au lieu de rester pâle, j'y vois entrer une petite ondée qui descend de Toreillette, s'y étale et lui donne une couleur rose.... C'est manifestement en deux fois que se fait la répléUon du ventricule....Ul y a, dans iemouvement qui précède la systole auriculaire, un relâchement du ventricule qui attire le sang de l'oreillette. » (Surmay, looo cit., p. 8 et 11.)

seulement relâché , on ne voit pas ce tpÉ fefsiH obstacle à Firruption de la colonne de sang tersë incessamment dans Foreillette , et poussé par la force désignée sous le nom ievù à tetga (1).

Pour prouver que le sang pénètre dans les ventricules uniquement pendant la cootratctîclti attirfculalre et par le seul fait de cette contraction, M. Beau s'appuie sur une expérience qn*il regarde comme irréfragable , et qui consiste à couper la pointe du cœur de manière à ouvrir les deux ventricules par leur partie inférieure. Quand cette q)ération est faite, dit-il, on voit « que le sang ae sort de ces pavités qû^immédiatement après la contraction auriculaire , sous forme de jets brefs et rapides , tandis qu'on n'en voit pas jaillir la moindre quantité dans Fétat de repos on de panse s on peut aussi pratiquer seulement uiie incision dans Tune des cavités ventriciilaires , et, ajoutet-il, on s^rçoitdes jets de sang qui ne sortent du ventricule que dans le momentoik se fait la contraotion des oreillettes. ^ Malgré le léger désaccord entre ces deux passages, relativement à l'instant

(1) «c Lorsque le cœur a opéré sa contraction, ses ventricules étant aussi vides que possible, il se relâche : le sang, obéissant alors à toutes les puissances qui le ineu-> vent, descend par les orifices auriculo-ventriculaires, et se précipite dans les tcnlricules. »» (Gendrtn, loc* ctt., p. 63.)

TBÊOBIE DE BEiUJ. &35

i^rkk de h sortie duinide sanguin hors dn ?entaode , cette expérience a pvu coayaincante , et die a ùéààé qaeîqaes personnes à se ranger à Tofmm de M. B^ui sur la diéorie des mouvements a des hmits du cœur. Le fait aurait certes une {^mée Takmr s*â s'était présenté constamment, et f^'i n'étadt infirmé par des observations contradio- Dwpes. L'expérience de k re$cisi(m de la pointe dn cœur semblait avoir d'autantplus de poids, qu'Htrvey l'avait pratiopiée il y a deux cei^ ans, et avec ks mêmes résultât; mais on parait avoir oublié ^'îl n'avait vu le fait énoncé par M. Beau que dai» m moment ou les ventpcdes n'exécutant plus ancon mouveanent, l'oreillette seule se contractait «BCore (puisante soUim attrictdd) ; et il n'en a pins été de même sur des animaux dont le cœur battait avec vigueur: Harvey dit positiv^Bent que ÀVm fait une indsion dans la cavité du ventricide , on voit le sai^ Jaillir avec force au dehors, à chaque mouvement du cœur, au momem même 4e la amtramon vemriculaire (i).

<l) « Ex quihus €l>serYati8 raliODi consentaneam ett, cor, eo, quo movetar, tempore, et andiquè constringituT..., aecundùm ventriculos coaretari, ei contentum sangiûnem protmdere. Et nemo ampliùs dubitare poterit, guùm, usquè in yentriculi cayîtatem inâjcto vulaere, singulis JDQtibuB, 8ive pudsatioi^iis eordis, in ipsâ teneione, prosiiire eum impeta foras eontentum BangaiDem viderit. » Loc. cit., Taetua 42 et 48. ) — Le fait est confirmé par

Halier a répété Texpérience qui consiste à cmper la pointe du cœur, et, d'après lui, on Yoit de la manière la plus évidente (luculentùsimè) , un jet de sang lancé hors de la cavité ventriculaire à chaque mouvement de systole (1). Nous l'avons faite pareillement sur des grenouilles , et nous avons constaté aussitôt un écoulement de sang contimi, qui augmentait, il est vrai, au moment de la contraction des oreillettes.

Dans une autre de nos expériences sur un mouton vigoureux , après la section des côtes , on fit par mégarde une plaie au ventricule , et immédiatement il s'échappa un jet de sang continu , plus marqué par saccades ^ sans qu'il fût possible de distinguer avec netteté à quel mouvement cellesci correspondaient Enfin M. le docteur Fauvel a eu occasion de voir sur un fœtus de quatre mois le sang s'écouler par une plaie du ventricule gauche, d'une manière continue tant que le cœur eut une certaine énergie.

Ainsi donc l'expérience de M. Beau démontre

une expérience de M. Surmay : « Une ineision étant faite au ventricDle droit près de la pointe , un jet de sang s'éiance hors du cœur; il est continu et présente une impulsion qui parait coïncider avec la contraction des ventricules. » (Loco cit, , p. 10.)

(1) « Resecto cordis apice, Inculentissimè conspicitur, ut in singulis cordis contractionibus pars aliqua cruoris indè propellatur. » (Loc^ cit,, S vu.)

seulement que la systole auriculaire a pour effet de projeter du sang dans le ventricule ; mais elle ne prouve point que le ventricule se remplisse uniquement par suite de la contraction auriculaire et que le liquide sanguin, affluait des veines dans Toreillette, ne pénètre pas également dans la cavité ventriculaire.

Mais c'est surtout sous le rapport de la coîncid^ce des mouvements et du choc du cœur, que TopiniondeM. Beau nous semble s'éloigner le plus de la vérité : et d'abord ne comprend-on pas que si le choc du cœur coïncidait avec la diastole ventriculaire, ce choc précéderait évidemment le pouls des carotides ; tandis que , au contraire , il est facile pour tout le monde de constater le synchronisme entre la pulsation du cœur et celle des grosses artères?

Consultons maintenant les données expérimentales : Harvey (1) et Haller (2) ont démontré de la manière la plus positive que l'impulsion contre tes parois de la poitrine a lieu au moment de la

(i) « Simul itaque, et eodem tempore, contingunt, tentào cordis, mucronis erectio et pulsus qui forinsecùs Bentitur ex alluBione ejus ad pectus, etc. >» (Loc. cit.. Tactus 43.)

(2) « Neque enim in diastole cor pectus ferit ; neque id unquam cum \ivi animalis spectaculo conciliari potest. » {Loc, «7., S V.)

338 THÉORIE D^ BRUITS W GCBUR.

systole vei^triculaire. Le fpême fait nous a 3eipb)^ évident sur des chiens ; 9t d*£spuiQ et IJope Yojxt noté dans leurs eiqpérience^ 9ur ie$ lapins , sur des chiens el sur dps ânes, et M. P^chappe , le constatant de nouveau sur des nta^umfèr^s, Ta formulé catégoriquement (1). On oppose ^ oçs observations précises un cas de monstruosité p9jr i^eac^

(1) « Si l'on cherche dans les mouvements du cœur même, les conditions qui paraissent devoir déterminer |e phénomène du choc, l'opinion soutenue par Harvey et par Haller semble inmiédiatement conforme à la vérité. L'observation attentive des battements du c<eur dans lep espèces animales chez qui 1^ face postérieure du cœur n'adhère pas au péricarde, permet de reconnaître, avec la plus entière évidence, pendant chaque période, une locomotion de la masse ventiiculaire du cœur, qui consiste essentiellement en fleux j^ouyefnents alternatifs da b^^pi^^ de la masse des ventricules -sur la base du cœur, Tun en haut et en avant, l'autre en bas et en arrière... L'oscillation en avant coïncide avec la systole; l'oscillation en arrière, avec la diastole ventricuiaire. La paroi tiioraeiqoe eonstituaq]^, par ra^^port au cœur, un plan antérieur et |i j^eu près parallèle, c'est au terro,e de l'osciljation en avai^ que le cœur doit rencontrer la paroi thoracique, et la frapper de sa pointe indurée. » {Loc. cit, p. 135.)— « Au moment de leur systole, les ventricules, par un mouvement brusque et rapide,... projettent la pointe du cœur en avant et en haut... Dans ce déplacement... la masse ventricuiaire éprouve un mouvement de bascule sur sa base, de manière à ce que son sommet, représentant l'extrémité du rayon, décrive de bas en haut et d'arrière en avant, un arc de cercle, *» (IWd,, p, 100.)

THÉOKIE I)E BEAU. , 339

da sterntim et des cartilages costaux danë lequel M. Thodnas Robinscm (1) aurait vu le somlnet du cœur s'élever, au moment de la diastole, et retomber, par un mouvement subit, lors de là systole. Mais c'est Finverse qu'ont noté plusieurs observateurs qui font autorité dans la science : la coïncidence du choc et de la systole a été constatée sur l'homme par Harvey (2), chez un enfant atteint d'ectopie du cœur par le docteur Martinez (3), dans un cas semblable par MM. Cruveiihier et Moood (6) I et, enfin M. Fauvel s*est assuré de sa réalité sfcir iifl fœtus dont il a vu le cœur à nû (5).

(1) Bébier et Hardy, loc. ciL, p. 337.

(2) «e Etifim in homine vidit prudenter infortunio qsub, Harydue, in systole arteris cor ^nergere et dilatari, tune YCTo pectos ferire et prominulnm esse, quandèsursùm erïgitur, et in se contrahitur. » (Halier, loe» Ht^ $ vj p. 393.)

(8) Observatik) rara de corde in mbnstruoso infantulo ; inDtsput, anat. Hallerii, vol. ii, p. 973 ; Gottingœ, 1747.

(4) Voyex la note de la page 319.

(5) Le foetus, qui avait environ quatre mois, ne respirait point et n'exécutait aucun mouvement ; mais l'action du coBur se manifestait par une impulsion régulière, et les battements au nombre de soixante-dix ne furent bientôt que de quarante par minute. Le cœur, examiné à découvert, en présence de plusieurs personnes, était agité de mouvements réguliers de contraction et de dilatation séparés par un instant de repos. Ces mouvements étaient synehrones dans les deux moitiés du viscère. Du côté gauche.

Des feits et des considératioiis que nous venons d'exposer sur les mouvements du cœur découlent de graves objections à la théorie de M. Beau sur les bruits : si les ventricules sont déjà en partie remplis de sang avant Finstant où Toreillette se contracte , si cette contraction est elle-même si peu énergique, comment la colonne sanguine lan-

qui était plus visible, la contraction se manifestait d'abord dans les appendices auriculaires. Elle était brusque, rapide, et se propageait instantanément au reste de l'oreillette. Dans ce moment le yentricule ne présentait aucun mouvement appréciable de dilatation ni de soulèvement; puis, sans interruption, le mouvement de contraction se transmettait au ventricule, de la base à la pointe ; celuici se rétrécissait comme s'il eût été comprimé circulairement, et sa pointe se redressait. En cet instant, le ventricule était dur au toucher et Ton voyait les grosses artères se gonfler, tandis que Toreillette, déjà pleine avant la fin de la contraction ventriculaire, demeurait immobile. Aprèa un instant très-court, pendant lequel le ventricule restait contracté, celui-ci devenait tout à c^up plus gros, plus mou, et sa pointe, loin d'être soulevée, s'affaissait. L'oreillette était toujours inunobile, et les grosses artères diminuaient un peu de volume. Venait alors un intervalle durant lequel le cœur présentait un repos complet dans toutes ses parties, jusqu'à ce qu'un mouvement de l'appendice auriculaire annonçât le retour d'une nouvelle contraction.

Relativement à la coloration du cœur, voici ce que nous avons remarqué : la coloration des oreillettes était beaucoup plus foncée que celle des ventricules : c'était celle d'une veine distendue. La coloration des deux ventricules

THÊOBIE DE BEAU. 9/il

cée dans le ventricule par les oreillettes peut-eUe produire un choc capable de donner lieu au premier bruit du cœur? £t si ce premier bruit est produit au moment de la dilatation Tentriculaire , comment expliquer sa coïncidence avec Texpan^ sion des grosse^ artères, qui est Teffet immédiat de la contraction du ventricule?

n'était pas la même : celle du ventricule droit était plus foncée et se rapprochait de celle des oreillettes. Quant au ventricule gauche, il avait une teinte rosée qui p&lissait à l'instant de sa contraction, et redevenait brusquement plus vive quand il se dilatait.

Ces phénomènes ont été observés attentivement et toujours sans variation pendant au moins un quart d'heure. On annonçait à haute voix le mouvement qui allait se produire, ce qui était très-facile, attendu qu'il n'y eut bientôt que trente contractions à la minute.

Alors, suivant le procédé de M. Beau, on coupa avec des ciseaux la pointe du ventricule gauche. U s'ensuivit un écoulement continu de sang qui, s'accumulant dans le péricarde, ne permit plus de rien distinguer de préeis. D'ailleurs le ventricule cessa presque aussitôt de se contracter.

Avec une pince, on souleva la pohite du cœur de manière que l'ouverture pratiquée au ventricule se trouvât dirigée en haut : on vit alors qu'à chaque contraction de roreillette, le sang sortait plus ou moins par l'ouverture suivant l'énergie de cette contraction, tandis que, dans l'intervalle, il arrivait jusqu'au bord de la solution de continuité sans avoir de tendance à s'échapper. L'oreillette seule continua ainsi ses contractions pendant quelques instants, bien qu'elle fût en grande partie affaissée. Enfin

%k2 THÉORIE DES BRDITS D0 GCEUIL

M. Bcaa se tire de cette difficulté en admettant dfiins chaque révolution du cœiir trois temps, qui correspondent , le premier au bruit sourd , le second au bruit clair, et le troisième au grand sileftce, et il place tant de phénomènes au premier temps qu'A le fait coïncider avea la contraction des oreillettes, avec la dflatàtlbn des ventrictdes.

des motivemehts irrégdliefs se inanifestèreiit, et peii à peu la contraction s'éteignit.

Ainsi, il a para de la dernière évidence : !• Que le soulèvement de la pointe du coeur coïncidait avec la contraction des ventricules et non avec leurtiilatation.

2" Que les oreillettes se remplissaient immëdiatemetit après leur contraction, avant même que les ventricules eussetit achevé la leur.

3' Que la diastole des ventricules succédait à leur systole, et non à cette des oreillettes, qui n'arrivait qu'un instant plus tard.

Maintenant, comme conséquence relativement aux rapports des mouvements avec les bruits, il en résulte clairement que le premier bruit coïncide bien avec la systole ventriculaire et non avec celle des oreillettes ; et que le second bridt est synchrone À la diastole ventriculaire et non à celle des oreillettes.

On remarquera que ces conclusions sont appuyées sur dès données supérieures à toutes celles qui découlent d'expériences faites sur dès animaux, car l'ouverture du thorax n'apportatt aucun trouble dans la circulation, puisque le fœtus n'était pas encore organisé pour respirer et qu'a n'y avait production d'àtlcutte douleur. {Hôte communiquée,)

avec leur choc, avec leur contraction , et avec riÉipulsion du sang contre les parois des gros vaisseaux. En procédatit de la sorte, M. Beau n*a pas de peine à accocûinoder sa théorie avec tous les faits connus de la physiologie et de la pathologie dtt cœur.

Quônt ati deuxtème brtiit, il est difficile d'admettre qu'il soit le résultat de Tiri-uptiod du sang dans les oreillettes. Il faudrait d*àbord (}ue ces cavités se vidassent complètement à chacune de leurs contractions, et que le sartg s'y précipitât par ondées : or il résulte des observations citéeîJ pltiS haut, que les oreillettes sont des espèces de réservoirs dans lesquels le sang afflue par un courant continu : en effet, dans Tunë de nos expériences, une plaie faite à la veine-cave supérieure a donné lieu à un jet de sang continu et peu fort. Les oreillettes ne présentent donc point les conditions voulues potir la production d*un choc éttèrgiqiie ; et Ton ne conçoit pas qu'il puisse s'y produire un bruit clair et bref comme le deoidènie bhiit du cœur (1). D'ailleurs , M. Cruveilhier a ton-

(1) « L'oreillette ne se vide jamais complètement , car die n'est jamaii complètement pMe.... La dilatation auriculaire a commencé pendant la systole des ventricules et par conséquent avant le second bruit t ce n'est donc pa« avec rarrivé« du sang danft les oreiUettes que l'on peut faire coïncider ce brilit} lorfiqu'il 8eiprodii)t> le sang coule

34& THÊOBXE DES BRUITS DU CCEUR.

staté de la manière la plus positive sur Tenfant dont il a vu le cœur à nu, que le bruit clmr coïncide avec la dilatation ventriculaire.

Si les opinions que nous avons émises n'étaient pas prouvées d*une manière suflBsante par les faits que les divers auteurs déjà cités ont constatés isolément , elles seraient , sans doute , pleinement démontrées par les observations collectives que nous allons rapporter, et dans lesquelles les phénomènes, ont été examinés longuement et avec soin, et notés par plusieurs observateurs réunis en comité.

Une première série de recherches fut entreprise en 1835, sous la direction du docteur Ch. AVilliams (1) ; ce médecin regarde d*abord comme démontré par des expériences antécédentes :

1° Que les oreiUettes se contractent les prenûères et sans bruit ; — 2° que la contraction des oreillettes est suivie immédiatement de la systole ventriculaire, coïncidant avec le premier bruit ou bruit sourd. Cette systole, en tendant la coDve:Mté antérieure des ventricules , fait frapper leur pmnte contre les côtes, et de là Timpulsion du cœur;

en courant continu dans les oreillettes, et cela ne parait pas devoir s'accompagner d'aucun son....» (Surmay, loco cit., p. 7 et 20.)

(I) T/ie paihology and diagnosig of dUeases of the chest; 4e édition; Lendoo, 1840, p. 396 et sniv.

THÉOBIE DE G. WILUAMS. 3^5

de plus , en lançant dans les artères une nouvelle quantité de sang , la contraction ventriculaire détermine la pul^tion artérielle qui lui est syndirone dans les artères voisines du cœur, mais qui la suit, dans les vaisseaux plus éloignés, à un intervalle marqué par la transmission de Tondée sanguine ; — 3° qu*à la systole ventriculaire succède immédiatement la diastole, qui coïncide avec le second bruit ; — /i° qu'il y a un intervalle de repos , à la fin duquel les oreillettes se contractent ; puis la série des mouvements se répète comme la première fois.

Voulant ensuite déterminer quelles sont les causes des bruits du cœur, le docteur Williams , assisté de plusieurs professeurs, médecins ou chirurgiens d'hôpitaux , fit de nouvelles expériences sur des animaux de grande taille (1) et en déduisit ces propositions:

Le premier bruit n'est point déterminé par l'ir-

(1) Première expérience,^ On introduisit environ vingt grains de woorara (*) mélangé d'eau, dans une plaie faite à la hanclie d'un ânon de deux mois ; Tanlmal expira au bout de quinze minutes. On entretint artificiellement la respiration, on ouvrit la poitrine, on incisa le péricarde, et on mit le cœur à découvert. Les battements étaiept réguliers, énergiques. Les oreillettes se contractaient immédiatement ayant les ventricules. Le double bruit du

(*) Ce poison convient mieux qu'un autre pour suspendre Taclion du nyslènie nerveux sans affecter l'irritabililé du cœur ;

346 THÉORIE DÈS BftUrrS DU CCËUR.

mption du sang dans les grosses artères, eomme le pense Carlile : c'est ce qui résulte des observa-

eœur coïncidait évidemment avec la systole et la diastole ventriculaires. On observa ensuite, et Ton nota par écrit les faits suivants, qui résultaient d'examens répétés en présence de MM. les docteurs Hope, Arnott, Babington, Good, H. et J. Johnson, Peregrine, G. Smith et Tatum.

l** Le premier bruit s'entendait également fort sur tous les points des ventricules.

2* Le deuxième bruit était perçu le plus distinctement près de l'origine des grosses artères, et s'entendait en ce point, même dans les contractions les plus faibles, lorsqu'U n'était plus appréciable sur d'autres points des Tentricules.

Z" Si l'on pressait avec le doigt ou le stéthoscope sur l'origine des artères, le deuxième bruit cessait constamment de se faire entendre. Une pression plus légère donnait lien a un bruit de si£flement on de souket coïncidant ayee le premier bruit du cœur.

4* Si l'on pressait avec le doigt sur les oreillettes, de manière à les repousser dans les orifices auriculo-ventriculaires, la cotitraction des ventricules devenait faible et irrégulière ; mais le premier bruit continuait de se faire entendre seul, quoique alTaîbli.

il tue en détruisant la sensibilité animale dont dépend la respiration. Si alors on maintient la respiration artiKciellement, le cœur continue à battre, et la circulation persiste pendant longtemps ; dans les expériences, les battements continuèrent étier— f^ques pendant plus d'une heure après l'extinction de la vie animale, et aarai^t pu se prolonger au-deU, si les beèoina de l'expérimentation l'eussent exigé; mais cette période do temps fut tout à fait suifisante pour l'évidence et la certitude do» résultat*.

THÊOSIE DE C. WlIXI^m. ^Ul

û(m 4, 6, 7, 8 «t 9 de la première série d'expériences, et de robservatioi^ 9 de la deuxième série ^

6» A chaque systole, on sentait avec le doigt la tension soudaine des ventricules, et comme un choc brusque, avec lequel le premier bruit coïncidait exactement.

6" L'oreillette gauche fut incisée et la valvule mitrale en partie détruite ; le sapg s'écou}a par saccades à chaque eoDtraction ventriculaire ; mais le premier bruit accompagnait encore la systole, tandis qpe le deuxième cessait de se faire entendre.

î" On ouvrit de même l'oreillette droite, et le jpremier' bruit persistait encore.

80 A travers Toriflce mitral, j'introduisis le doigt dans le ventricule gauche, et je comprimai le ventricule droit de manière à empêcher Hutroduction du sang dans les deux cavités ventriculaires. Les ventricules continuèrent à se contracter avec force (surtout quand j'irritais avec Tongle la paroi interne du gauche], et le premier brait persista, mais moins clair que lorsqu'ils se contractaient pleins de sang.

9» 1.68 mêmes phénomènes se produisirent après que l'on eut enlevé l'aorte et l'artère pulmonaire.

Avant l'indsion des oreillettes {ut suprà 6 et 7), le deuxième bruit se faisait entendre chaque fois que le cœur battait avec force ; niiais après qu'on les eut ouvertes, ce bruit disparut, quoiqu'il y eût encore plus de trente battemeitfa, la plupart ëôerg^ques.^ On observa dix ou douze fortes contractions après l'introduction du doigt (ut suprâ 8). — L'expérience dura une heure vingt minutes, depuis le coramracement de la respiration artificielle.

Deuxième expérience.— Quinze grains de woorara (pulvérisé et délayé dans de l'eau) furent introduits dans une plaie faite à la hanche d'un ânon d'environ six semaines ;

ZhS THÉORIE DES BRUITS DU GGEUR.

puisque ce premier bruit persistait , aloi^ qu'il n'arrivait que peu de sang dans les artères , alors

ranimai expira au bout de trente-cinq minutes. La respiration fut aussitôt entretenue artificiellement; on ouvritla poitrine en incisant les cartilages costaux, et en cassant trois ou quatre côtes, de manière à découyrir la moitié gauche de la cavité thoracique. Les résultats suivants furent constatés en présence de plusieurs personnes :

1** Avant d'ouvrir le péricarde, bn entendit les deux bruits très-distinctement, quoique le cœur n'eût plus au- 'cun contact avec les parois de la poitrine.

2* Les deux bruits furent encore perçus manifestement malgré Tinterposition d'un lobe du poumon placé entre le cœur et le stéthoscope.

3* Le péricarde ayant été complètement ouvert, on entendit le second bruit le plus distinctement à l'origine de l'aorte et de l'artère puUnonaire : en ce point il était plus fort que le premier ; U était d'ailleurs bref, clair et semblable à un claquement. SI l'on plaçait le stéthoscope sur les parois ventriculaires, on entendait le deuxième bruit moins distinctement ; il paraissait plus sourd et plus éloigné.

4® Quand on appliquait le cylindre sur l'aorte à environ trois pouces de son origine, on entendait le deuxième bruit seul et succédant à la contraction des ventricules sentie par le doigt de l'observateur.

ô* Si l'on comprimait pendant quelques secondes Taorte et l'artère pulmonaire entre le pouce et l'index, le premier bruit était accompagné d'un bruit de souffle, et le deuxième cessait de se faire entendre, aussi longtemps que durait la compression de ces vaisseaux. Cette expérience fut répétée à plusieurs reprises par le docteur H ope et par moimême.

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