TBÉORIE DU COMITÉ 0£ DUBLIN
D'une première série d'expériences destinées à éclairer les mouvements du cœur (1) , le comité tira les conclusions suivantes :
l*" Dans le cœur des animaux à sang chaud la
minute; on anéantissait la sensibilité par un coup asséné Bor le front, et la respiration était entretenue artificiellement au moyen d'un soufflet adapté à un tube introduit dans la trachée-artère. Le cœur continuait de battre pendant une ou deux heures.
(1) Première expérience. — Sur un veau de deux jours, on enleva le sternum et une portion des côtes droites et gauches, et on put alors observer les mouvements. Le cœur, qui d'abord battait 144 fois par minute, tomba l>ientôt à 80; encore renfermé dans le péricarde, il avait un léger mouvement de balancement sur son axe longitudinal, et, pour le dire en passant, ce mouvement peut set^ vir à expliquer le phénomène du frottement dans l'état pathologique. En ouvrant le péricarde, et en rejetant sur le côté les bords de l'ouverture, on vit les appendices des oreillettes s'avancer, par un mouvement rapide, en haut vers le sternum, et aussitôt après reculer. Quand eUes se portaient en avant, elles étaient gonflées et molles au toucher; quand elles se retiraient, elles devenaient dures, moins volumineuses et aplaties. Aussitôt après le recul des appendices auriculaires, les ventricules prenaient, par un mouvement rapide, une forme un peu globuleuse à leur partie médiane, qui s'avançait vers le sternum, et en même temps leur sommet était poussé fortement dans la même direction. Tant que cet état se continuait, les ventricules étaient durs au toucher, et si on les saisissait avec la main au oonmiencement du mouvement ils donnaient un choc qui repoussait les doigts. Quand les ventricules étaient restés ainsi pendant un peu de temps, ils s'affais-
«ystde des Tentricnles suit immédiatenfeiit la systole des appendices aariculaires. — 2° Pendattt là systole des ventricules les oreillettes sont distendues par le sang venu des troncs veineux. — 3° Les ventricules , quand leur systole est unie,
saieAt tout à coup, et retonibaient vers la cblotme vertébrale : ils s'allongeaient et devenaietit larges, plats et mous au touclier.
Lorsqu'on eut observé pendant ({uelques minutes cette succession de mouvements, on introduisit un petit tnl>e de verre à travers une ponction faite à l'appendice auriculaire gauche, et l'on vit le niveau du sang s'élever dans ce tube pendant le recul de l'appendice, et, au cx)ntraire, baisser pendant l'élévation de celui-ci. On introduisit un tube pareil à travers une ponction du ventricule droit : quand les ventricules étaient globuleux et dans la tension, un jet de sang s'élançait dans le tube, puis redescendait dès que eeux-d étaient plats et mous. On fit une petite incision à l'artère pidmonaire au point où eUe nait du ventricule droit, et on en vit sortir un courant sanguin synchrone an jet de sang qui s'échappait du tube placé dans le ventricule droit. Un autre tube ayant été placé dans une plaie du Tentricule gauche, et une des artères mésentériques ayant été mise à nu et ouverte, on s'assura que la sortie du sang du ventricule précédait d'un intervalle aisément appréciable le jet fourni par les artères. La fémorale fut incisée, et Ton nota la même différence entre l'écoulement sanguin du ventricule gauche et celui de cette artère. Avant d'ouvrir la poitrine, les membres du comité avaient constaté que le choc du cœur, senti à travers le sternum et les cartilages des côtes, précédait le pouls des artères situées à différentes distances du cœur, d'un intervalle de
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tombent dans le relâchement et la flaccidité, et le ung passe avec rapidité, mais non pas avec force , des oreillettes dans leur cavité. — 4° Les oreillettes ne se videilt jamais complètement, et elles ne se contractent que peu sur le sang contenu dans leur
temps variable en raison de ces distances ; et ils 8*8880tèrrat égalmnent que le jet de iang de Tartère fémorale et eeluî des méseotériqnes étaient synchrones aux pulsations senties sur ces artères.
Dewnème expétience, — Un veau fut placé sur le côté droit : on enleva une portion des côtes gauches, tandis que le sternum et les cartilages des côtes droites furent laissés ésûs leur position normale, et on ouvrit le péricarde. On vit alors que quand les ventricules se durcissaient, leur pointe et une grande partie de leur surface antérieure s'appliquaient exactement au sternum ; et x[nand on plaçait la main entre cet os et la surface des ventricules, on là sentait pressée fortement chaque fois que les ventricules se rapprochaient du thorax. Quand les ventricules étaient dans le relâchement, leur surface antérieure était quelquefois en contact avec le sternum, et quelquefois peu éloignée de cet os ; et le c<»nité conclut de ce fait et de Texpérience précédente, que la situation du cœur dans le thorax varie suivant la position générale du corps (comme Tontnoté plusieurs observateurs) ; que, par exemple, dans le décubitus dorsal, le cœur s'éloigne un peu du sternum. Si le malade se couche sur la face, la partie antérieure des ventricules est constamment en contact avec la paroi thoracique antérieure.
Troisième expérience.^ Sur un lapin qu'on venait d'étourdir, on enleva le cœur : on le plaça dans la main, la surface antérieure des ventricules tournée en haut. Les
intérieur : oii n*obsefve de contraction active que dans leur appendice. — 5" Si Ton divise le temps qui sépare deux battements successifs du cœur en quatre parties égales, on peut en attribuer deux à la durée de la systole ventriculaire; un peu moins
ventricules continuèrent à battre pendaiit cpielque temps, et prirent alternativement les formes signalées dans la première expérience. Tant qu'ils étaient globuleux, leur corps faisait saillie en haut et leur pointe s'élevait considérablement au-dessus du niveau de la main, et, en mesurant avec un compas, on constatait à ce moment une diminution dans leur longueur et dans leur largeur. Quand ils passaient à Tétat de relâchement, ils devenaient pins longs, plus plats, et leur pointe s'abaissait vers la nudn de l'observateur. Le cœur fut ensuite placé de manière que la surface postérieure des ventricules regardât en haut, et on vit qu'il y avait, conmie tout à Theure, alternative de gonflement globuleux à leur partie moyenne et d'aplatissement ; mais la pointe ne se relevait point conune dans la première partie de l'expérience.
Quatrième expérience, — Sur une grenouille dont le sternum avait été enlevé, on constata les phénomènes suivants : le ventricule se gonflait, devenait mon et ae colorait en rouge, puis il s'affaissait, diminuait de volume, et devenait pâle et dur, et ces conditions alternaient avec des conditions semblables pour l'oreillette. U était évident, d'après la couleur du ventricule et de l'oreillette dans leur état de gonflement, que ces cavités étaient alors remplies de sang ; et, d'après leur moUesse, on jugeait que c'était la diastole qui avait lieu ; tandis que la systole se reconnaissait à leur pâleur et à leur diminution de volume. Pendant la diastole du ventricule, la sur*