III. ALTÉRATIONS d'iNTBNSîTÉ DES BBUITS DU COBUR
L*ii)tei)sité des bruits du cœur peut être augmentée ou diminuée : tantôt ils sont forts , éclatants, parfois entendus par le malade lui-même , accompagnés d'une impulsion énergique qui imprime au stéthoscope ou à la tête appliquée sur la poitrine des soulèvements très - remarquables ; tantôt , au contraire, ils sont tellement affaiblis , que Foreille deTobservateur ne les perçoit pas plus que la main placée sur la région précordiale ne sent les battements. — Il y a du reste une corrélation habituelle entre les changements survenus dans la' force et dans retendue des bruits.
Signification pathologique, — Vaugnwntaiion ([intensité peut dépendre, soit d'une hypertrophie avec dilatation des cavités du cœur, ou d'une induration du tissu musculaire de ses parois , soit d'une excitation nerveuse locale ou générale, d'une pléthore sanguine, ou de la réaction d'un état phlegmasîque sur le système circulatoire. — Généralement alors l'intensité et l'étendue des bruits sont augmentées dans une proportion égale; l'impulsion est aussi plus forte, si ce n'est dans les dilatations passives, où elle est, au contraire, moins énergique.
V affaiblissement des bruits tient à des alté-
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tîons différentes, telles qu'une atrophie du cœur, une hypertrophie concentrique , une diminution dans la fermeté du tissu musculaire, le ralentisseinent de la circulation, Tatonie générale ou partielle du système nerveux, etc. Dans ces circonstances, le rapport entre retendue des bruits, leur intensité et le choc de la pointe du cœur, est encore con- ^rvé, excepté pour l'hypertrophie concentrique, qui est accompagnée d'une forte impulsion.
L'affaiblissement des bruits reconnaît en outre pour causes, d'autres conditions morbides, placées, soit dans le péricarde, un épanchement, par exemple, qui éloigne le cœur des parois thoraciqUes et ,'étouffe, pour ainsi dire, les sons qu'une paroi osseuse conduisait mieux en les renforçant; soit en dehors de l'appareil circulatoire, telles que l'interposition d'une lanie épaisse de poumon emphysémateux, entré le cœiir et le thorax, qui empêcherait plus ou moins complètement les bruits d'arriver à l'oreille.
Aux modifications d'intensité se rattachent naturellement les cas dans lesquels les bruits du cœur sont perçus à distance. Laennec rapporte (t. m, p. 133) que sur plus de vingt sujets il a entendu les battements cardiaques « à une distance de deux pouces à deux pieds de la poitrine ; » et sur ce nombre, « trois ou quatre au plus étaient attaqués de maladies organiques du cœur; tous les autres ue
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présentaient qne des palpiutions purement ner* veuses. »
Laennec avoue d'ailleurs n'avoir pu saisir \^ conditions pathologiques auxquelles on dol( ratta*cher ces battements si forts : plusieurs motifs lui faisaient croire que le phénomène était dû le plus souvent à une exhalation gs^euse plus ou moins abondante dans le péricarde (1) : il pensait aussi (sans toutefois en avoir vu aucun exemple ) qu'il pouvait dépendre de l'ossification de la pointe ou de quelque autre partie extérieure du cœur.
M. Rouillaud (t i, p. 122) a également rencontré des sujets chez lesquels les bruits du cœur s'élevaient à un tel degré d'intensité, dans des cas de piJpitations passagères ou réellement morbides, qu'on pouvait les entendre à quelque distance des parois de la poitrine ; chez aucun de ces malades il n'existait de pneumo-péricarde.
L'un de nous a récemment observé une jeuat; fille atteinte de palpitations depuis un an, c(iez laquelle on entendait les bruits du cœur à un pied
(1) Laennec, quelques jours ayant de succomber à l'affection tuberculeuse qui le ravit prématurément h îa idence, entendit très-dietinctement sur lui-même les battements de son cœur ; comme il constata que son estom^ était distendu par des gaz, il crut qu'il devait attribuer le phénomène à cette pneumatose, et ce qui le confirma dans cette idée, c'est que l'éructation de quelques gaz Ht cesser les bruits.
des parois du thorax. La région précordiale pré* sentait une impulsion manifeste, une matité plus étendue que dans Tétat naturel et un bruit de râpe présystolique (1).