‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 41 sur 74 · V. ALTÉBATIONS DE TIMBRE ET DE CARACTÈRE DES BRUITS DU COEUR · texte numérisé non relu

V. ALTÉBATIONS DE TIMBRE ET DE CARACTÈRE DES BRUITS DU COEUR

Les bruits du cœur peuvent, comme nous l'avons vu, présenter dans leurs caractères des nuances variées , sans cesser pour cela d'être dans des conditions normales. Au delà de certaines limites, qu'il n'est pas toujours facile de fixer, conmience l'état pathologique: tantôt ces altérations portent principalement sur le timbre des bruits , tantôt ceux-ci ont perdu le caractère de netteté qui les distingue.

Parmi les altérations de timbre , les plus fréquentes sont celles dans lesquelles les bruits sont

plus sourds ou plus clairs qu*à i*état naturel Ces modifications porteront soit sur tous les deux, soit sur un seul ; elles sont en général plus marquées au bruit systolique. Elles dépendent ordinairement d'un état pathologique , soit des valvules, soit des parois du cœur : ces deux éléments peuvent y concourir isolément ou à la fois; feu effet, comme Facticm des parois du cœur est une cause des bruits normaux et principalement du premier, on peut expliquer par des modifications d'épaisseur de ces parois , le caractère sourd ou dah* de ces mêmes bruits et surtout du bruit systolique.

Mais- comme le jeu des valvules contribue aussi à la production des bruits , et comme il a la plus grande part dans la manifestation du deuxième, on conçoit que des changements dans l'épaisseur de ces replis membraneux, dans le degré de leur élasticité, etc. , feront varier le timbre des bruits et surtout du second. D'ailleurs comme il résulte des expériences de M. Rouanet, que la nature des parois auxquelles s'attachent des membranes qui vibrent , influe sur la nature de leurs sons, il s'ensuit encore que le claquement des valvules peut être altéré par les modifications survenues dans les parois du cœur. Quoi cfu'il en soit de ces explications, le caractère sourd des bruits annonce quel- ^elms un épaississemeut des valvules et plus sou*

klU PHÊNOMt)!^ PATBOU]|£rlQU|&» OU CŒUR.

vent uoe l^yp^rtroplùe ^ parois ; ^ ça(ti» 4W'« uière lésipA ost pou 4put^ii$a s'il ^iste eu so4m (emps uue iq)pulsioa fort^ et étepdue.

|iaa« certains ois, Tobservateur trouve a\ii bjuit» u un timbre 5£(; ot dur^ 9s«eiE seioblable li c^lui que produiraient 4eiu lames 4e parcbepuOi eu 8e cl^oquaut l^iisquement et fortement Tune cûUpre l'autre. 0 Ce timbre qu« U. BouiHaufl a désigné sous le npm de claquemmt pu bruit 4^ parçhemitif tiT^bre parcheminé y coïncidait, cba^ les individus dont il a eiMminô le c«eur après k| mort, avec im état d'épaississemeut bypertfo]^-^ que et de rigidité considérable des valvules gau^ cbes, et de la valvule mitrale eu partic^r.

D'autres fois, « ou entend uu bruit âpre, étoqfé, légèremeut enrçm , ou tout ^ fait rauque, e^ m trQ^v^f après la moi^t ki^ valvules pliitôlfoi^nieii** sées, boursouflées, que véritabtem^Qt bypwrtrçh pbié^, et molles, flasque, an lieu 4'étre imsm et résistante comme daus le cas précédeut »

Une des altératioos les plus remarquables des bruits du Cfi^r^ <:ousiste e^ un r^Uijiniisw^e^ méiaUiqm plus ou uhûus prononça. Taiitàt c^ n'est qu'mn tio^re légèrem^t argentm 4^ ^m bruits et surtout 4^ pr^PÛer ; tautôt c*99l une résQunauoe t]rmpamqu^ (i;)rteme{it (sareaérisée éii claquement veutriculafre { 4»9sq«^4^i^ ^$ fi»6o« clMque ImpuWou 4u çmvf «itaiccoPHN^ée é'im

tiatemeat qui rçteutit comme un écho mét^lUqp^ ^ritJQUté au bmit échtaot da la systole.

Qa imUe très-bieo ce bruit, im, appdipiaut )^ paume de la maip »ur son oreille , on àçsax^ ^ petits coups brusques sur le dos de cette maiu av<^ le doigt de ceUe qui est restée libres et, eu raison de cette ressemblance, M. Filbos (1) l'a d^sig^ sous le nom de tinternew^ (mriçulç-méioMiiim^

DiYerses conditions matérielle» ou dynamique^ paraissent eoncourir à la production de cq pbénomène ; soit uoe induration de la pointe du cœur^ soit des contractions énergique^, une impul^ violente sur up point* sombre du tborax, tel que (^ sternum ou }e$ cotes, soit ei^orele v(ûsin«%ed*une cavité distendue par de» gaz.

Le retentissement métallique est eu général d*aut^t {dus prononcé que les battements et Tinh pnlsjion du cœur «ont plus éuergiques j— oq Teft* tend mieu^ çbez les individus maigres que cb^ ceux qui ont pu embonpoint considérable ;'-|]ope a pu le faire cesi^r en déprimant un espace iuter^ cq^tal» de mauière ^ empécber le cboc de la ppintfi de Turgaue contre une côte saillante ^ Tintérieur | -• M. Pechambre a retrouvé le tinnitus chez det igdi^idus qui avaient TeitPfnac disteuftu par 4(^ gs^î— (W^. uous avca>i cunstat^ m timtee mk^

(1) Thèses de Paris, 1833, n** 1-32, p. 14.

tallique des bruits cardiaques et un tintem^t manifeste chez un malade atteint de pneumo-tliorax et dont le cœur était repoussé à droite sous le sternum (1). M. Louis nous a dit avoir obsenré plusieurs faits de ce genre.

Le retentissement métallique des bruits du cceur doit, en conséquence, être rattaché à Texistence de palpitations nerveuses ou d'une distension gazeuse de Testomac ; il se lie parfois à une induration des parois vcntriculaires , et, s'il avait une certaine intensité, il pourrait faire soupçonner un pneumo-thorax, dans le cas où Ton aurait constaté qu*il ne tient pas à une tympanite stomacale.

Les altérations de timbre mentbnnées précédemment sont quelquefois isolées ; dans d'autres circonstances, les bruits du cœur ont perdu simultanément le caractère de netteté, de pureté, qu'ils ont naturellement Ils deviennent, tantôt un peu soufflantSy tantôt un peu râpeux; ce n'est encore ni un vrai souffle, ni un vrai bruit de râpe; mais ces modifications légères constituent la transition des bruits normaux aux bruits anormaux bien caractérisés. Quant à leur valeur pathologique, on peut dire qu'elles annoncent le premier degré de lésions diverses, dont l'existence, à un d^ré plus avancé, sera révélée par les bruits anor-

(!) Foye;r U note de la page 242.

maux proprement dits, que nous étudierons tout à l'heure.

Les altérations dans le timbre et dans les caractères des bruits peuvent d'aiHeurs être plus prononcées à gauche de la région précordiale, et moins tranchées à droite, et vice verscL Si, par exemple, elles étaient manifestement plus marquées à gauche, tandis que plus à droite les bruits paraîtraient normaux, elles annonceraient que les lésions des parois ou des valvules affectent [dus spécialement le cœur gauche.

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