A66 BRUITS ANORMAUX DU CCEUR
celui des deux bruits auquel il appartient — Le souffle se prolonge souvent dans les carotides ; il n'en est jamais ainsi pour le bruit de frottement — Enfin les souffles qui sont permanents ne sont guère sujets qu'à de légères Tariations d'interisîlé, et , s*ils changent de caractères, c'est seulemeiit après de longs intervalles, tandis que les transformations dû bhiit de frottement sont, en généi-al, beaucoup plus rapides. Ajoutons que le bruit de buffle et te bruit de frottement peuvent se tronver réunis : cette coïncidence se manifeste par l'existence simultanée des caractères propres à chacun de ces deux bruits anormaux.
Cause physique. — Pour le péricarde, comme pour la plèvre, les conditions physiques nécessaires à la production du bruit de frottement sout l'existence de surfaces rugueuses, leur contact et là possiMité de leur glissement ; c'est le passage de ces aspérités les unes sur les autres qui déterminera le bruit
Ces conditions seront remplies, lorsque des pseudo-membranes se trouveront déposées, soit sur les detix feuillets du péricarde, soit sur ud seul, ou bien quand des ossifications développées sous le feuillet libre (comme nous en avons vu un exemple) ou sous le feuillet viscéral du sac membraneux, formeront des saillies rugueuses. Il faut de plus qu'il n'y ait pas, daàs le péricarde, assez
BkUIT DE FROTTEMENT. i^l
ùe liquide pour éloigaer l'un de Fautre les deux feuillets au point d'empêcher leur cof^t^ct, et que des ad^éri^ojc^s trop i^t^ues ne gênent poin^ la liberté de leurs mouveiaeuts. Dans ces circoi^stauoes, les surfaces configuës glisserout Tune sur l'autre au moment de la systole et de la di§stx)le , d'où naîtra un frottement dont J'inteiisjté, les caf^tèj-es ex J'jétepdue seront en rapport avec la cppsibtance et l'étendue des pseudo-membf ânes et l'énerçie des mouvements du cqeur.
l^ frptî;eBjentpéricardiq)[je est souvent plus fort ^e le frpttement pleural; et cependant ilsemble- ^^it qu'il en dût être autrement, puisque, dans l'ipparjeil pulniQuaire, la plèvre qui tapisse las parois tl^raciques /offre plus de résistance que le p^ricaf 4^ pariétal, et est ei^ copséquepce une p^eillei^e condition à^ frotten^ent ; mais, en reya^^^^y le feuillet viscéral du péricarde, accolé à l'organe de la circulation, présente un^ résîstancfs plus grande que le feuillet pulmonaire de la plèvre, ^f, eu oi;tra, le^ déplacemei^ts du cœur sont plus éne^ques et plus rapides que cetix des poqimons. l^dppeioQS-nous aussi que l'organe, quand flfr^ppis le thorax, se trouve nécessairement avoir un point 4'appui sm* les côtes ; et que, dans plnsieuf s des cas où j[<B bruit de frottement est le plus intense, conune dans les complications de péricardite avec hypertropliie du cœur, le feuillet pariétal du pé-
ricarde est accolé d'une manière assez intime aux parois thoraciques.
On concevra fadlement que la rudesse du bruit soit ea raison (firecte de la densité et de la dureté plus grande des pseudo-membranes ; oa s'expliquera de même la coïncidence fréquente et parfois exclusive du phénomène avec la systole (moment oà le frottement à la face antérieure du cœur a le plus d'énei^ie), la force plus grande du bruit pendant la contraction ventriculaire , son ^intensité plus prononcée quand les mouvements du cceor sont plus énei^itpies, quand le malade se penche en avant, de manière que le contact avec la pard thoracique soit plus inmiédiat, et enfin pendant l'expiration qui rend aus^ ce contact plus coInpleL
Signification pathologique. — L'énoncé des conditions physiques nécessaires h la production do frottement indique assez que ce bruit anormal se lie à l'existence de la pericardite : mais il montre aussi que le phénomène ne se manifiestera qu'à certaines phases de la maladie, et l'observation de toutes les modifications matérielles qui peuvent survenir dans le cours de la phlegmasie du péricarde, rend aisément compte des variétés du bruit, sous le rapport de sa force , de ses caractères, de sa coïncidence avec le premier temps ou avec le second, de son étendue, de sa persistance, de sa disparition ou de son retour.
BRUIT DE PROrrEMENT. 669
En effet, le bruit de frottement pourra se produire dans les premiers jours de la péricardite, lorsque Tinflammation a donné lieu à une exsudation pseudo-membraneuse, et que la quantité du liquide est encore peu considérable. Il diminuera à mesure que Taugmentation de Thydro-péricarde rendra moins parfait le frottement des deux surhces ; il cessera si Tépancbement est assez abondant pour distendre le sac membraneux au point d'empêcher leur contact ; il reparaîtra au déclin de la maladie, quand le liquide diminue de quantité ; puis il cessera vite si des adhérences étendues se forment rapidement entre les deux feuillets, ou bien il persistera si le travail d'adhésion est lent, et il deviendra de plus en plus rude si les pseudomembranes sont de plus en plus fermes et résistantes.
Le bruit de frottement pourra manquer si les fausses membranes n'existent qu'à la face postérieure de l'organe ou sur le feuillet pariétal cor« respondant — Il sera borné à un espace peu considérable si l'exsudation albumineuse ne s'est faite que dans un point circonscrit de la face antérieure, ou si les glissements sont limités par suite d'adhérences ou M'une accumulation trop grande de li^ quide. — Il sera, au contraire, étendu à toute la région précordiale, si les fausses memln-anes sont générales, et, dans ce cas, il aura d'ordinaire son
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maximum d'u^tensité vers Iç B[^melon, t^ où le cœm* frotte avec le plus de (orçe contre le péricarde, et où la paroi thoraçiq^^ lui forme up point d'îippm.
yaleur sémmique. — ^^e bruit de f^ottemem du péricarde caractérise aussi certainement la péncar^ite , que le frottement pleural annonce la pleurésie, hn^ valeur pour le daguostic est même plus grande comparativement , çn rîtison du peli^ nombre et de Tincertitude des signes iri^cateurs de la phlegmasie du péricarde, tandis (}ue Vivt flammatiou 4^ la plèvre se révèle p^r des phé9<h mvnç^, noflnbreux et d'une appréciation facile.
E^ résumé, le bry,it de frof^n^ent signaU SQÙ l*exisjl,eîicç dç la, p4ricarditç çc^çc fay^ses vjieafi' brç^^ et çimçidence de peu de Liquide^ , sqù, la, présence à La face antérieure du cœur de certaines altératiot^ covfiécy.tives, — Le frôlement déno^ q^e Vexsudation psen^o-iiçiembrattev^e e^ ré^c^te, molle, milice, et à peinç r.^gue^^. — Le frotteinent ri^e, le brtMt d^ cuir i^euf, aqmij^ceiM que ks pseudo-mepabianes» sq^t phis anciq;ines« pk|$ épaisse^, plus inégs^les çt plus rési^^tan^s.— Enfin, le br\iit de r^c(emeç^ se lie à Isi fonnatioi» de (4r^(^uits morbi(^ ptus dur§, tels que des plaques cartilagineuses ou ossiforuies dans les pseudomembranes, des lames osséo-calcaires développées dans le péricarde pariétal, ou bien encore descon-
AUSCULTATION DES VAlSSEAUt. UH
crétions solides logées entre les fibres du cœur et faisant saillie sous la membrane séreuse qui le revêt