USO AUSCULTATION DES VAISSEAUX
nores. » — Les bruits sont plus distincts chez les sujets maigres que chez les individus gras, parce que les artères de ces derniers sont entourées d'un tissu adipeux qui étouffe les sons.
Le bruit artériel est aussi plus fort et plus rude quand les parties sont tendues, lorsque, par exenvpie, la cuisse est dans Textension, ou que le col est fortement renversé en arrière et du côté opposé à celui que Ton ausculte. — Enfin le degré de pression exercée par le stéthoscope est l'une des conditions extérieures qui influent le plus sur la nature et l'intensité du bruit : souvent une légère pression Fexagère ; plus forte, elle le convertit en souffle.
C Quant à l'auscultation des veines, elle ne fournit guère, dans l'état normal, que des résultats négatifs. Nous avons souvent recherché si le cours du sang ne produisait pmt quelque bruit dans ces vaisseaux, et il nous a été impossible d'en saisir aucune trace.
Théorie des bruits vasculaires, — En comparant les différents bruits perçus dans les divers points du système artériel, on peut voir que dans l'aorte thoracique, dans les carotides et les sousclavières, en un mot, dans toutes les artères voismes du cœur, l'auscultation révèle un bruit double ; à mesure, au contraire, que l'on s'éloigne du c^itre de la circulation, ce bruit s'affaiblit de plus en plus ; le second surtout cesse bientôt complète-
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ment, et Ton n'entend plus enfin qn*nn bnrit oniqne coïncidant avec la diastole artérielle. Si Ton se nppelle les ressemblances de timbre et de riiy thme du bruit double avec les bruits cardiaques, on est conduit à penser qu'il résulte (au moins en partie) de la transmission de ces derniers.
On ne saurait contester cette explication pour le deuxième bruit artériel qui, [dus fort que le premier, dans les carotides, cesse tout à fût d'être perçu loin du cœur. Quant au premier, si l'on réfléchit à son intensité notablement plus grande dans les artères voisines de l'organe central de la circulation que dans les vaisseaux éloignés, on sera porté à l'attribuer aussi en partie à la transmission du biiit cardiaque; mais si l'on considère, d'autre part, qu'on retrouve encore ce premier bruit artériel dans des points où le deuxième n'est [dus étendu, il faut en conclure qu'il a une cause de fMXKluction qui lui est propre, et qui agit seule dans les régions éloignée^ du cœur.
Quelle est cette cause, et quel est son mode d'action? Lorsque pour connaître le mécanisme de production des bruits artériels, on a cherché à reproduire artificiellement les phénomènes de la circulation, lorsqu'à l'aide d'un piston, on atait passer des liquides à travers des tuyaux, on a pu consta- 'ter, en auscultant à l'extérieur, qu'il se produisait un bruit dont la force et les caractères variaient
ftS2 AVSGUiTATION QHS YAiSSEAPS.
se)Qp la forcç avec laquelie le liquide était mi$ ea mouvement, selon la A^ture des tubes, et selon le degyé d'inégalité de le^r surface interne ; de plu$, U sui^t, 4^s cesi eitpérîences, d*exercef pue compression sur un point de l'étendue des conduits, pour renforcer le son d'une nw\ière potable. Le luruit que Von déterminait à volonté était d'autant plus inteqse que, d'une part, les parois des tuyaux étaient plus sonores, et que, de l'autre, le frottement du liquide contre ces parois était plus marquéij soit par un s^roj^sem^ent daps la vitesse 4u fluide, soit par une augiuentation dans l'inégalité des surfaces , soiit enfin par uq rétrécissemeiE^t daut le diamètre du tube. Il ressortait naturetieopient de ces (aits que le bruit était le résultat du frottement des liqui4^ contre la sur&ce de$ tuyaux, et des vibrations déterminées da^& les parois
Ces conçlusioi^ s^'s^ppliquent au mécanisme de production des bruits artériels; en ^t^ les perditions physiquesî sopt k peu près les mêmes ; les artères représe^t^ ks tubes, le sang est le mobile, et le cœur est k\ puissance, le moteur.
Mais,, entre les tubes inertes employés dans les e^périeuces et les c^mw élastiques et contr^tiles que parcourt le saug, il est des différences qui doivent faire modiûer un p^u l'e^Ucation; il y a da^iis ces derniers quelques çomditîons qui manquent ^m les premiers : ce sont les courbures
aitérfelles, ce sont encore les é|>erotis ttbttlbrfeut placée aux poirits de division des vaisseaux, et 4ui augmentent le frottement d*unfe manière sensible. Il y a, en outine, dans les artèi-es une contractîlité vitale [qui pieut avoir une certaine influence.
I:e briiit artériel nous parait dbnc dépendre du frottement du sang dans les artères elles-înémés, et de rimpulsion latérale du liquide contre les parois. Ce choc et ce frottement sont augmentés sans doute par les courbures et les éperons des vaisseaux, et probablement aussi par ia réaction des artères. On pourrait encore admettre comme source du bruit les vibrations des parois artérielles et la collision moléculaire du fluide sanguin , phénomènes qui ont eux-mêmes un surcroît d'inteifeitè au niveau des éperons vasculâlres.
Nous comprenons ainsi pourquoi les bhllls sont inégaux dan§ les deux carotides et plus intenses dans la carotidie droite, où l'éperon opposfe Un obstacle plus grand qu'à gauche ; ponf qUOi letir force, égale dans les deux artères crurales, augmenté quand la cuisse est dans l'extension , position qui tend le Vaisseau, lui donne pour appui la branche du pubîâ, et augmente les vibrations des parois.
8 m. PBÉNOMÈNES PATHOLOi^lQVES.
Nous les diviserons en deux groupes : le premier comprendra les bniits morbides qui se pas-
sent dans les gros vaisseaux naissant du cœur; et, comme ils appartiennent presque tous à Taorte^ nous les désignerons sous le nom de bruits aartiques. Dans le deuxième, nous rangerons les murnmres qui se produisent dans les vaisseaux de second et de troisième ordre, sous la dénominatioa de bruits vasculaires.