‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 51 sur 74 · MALADIES DU FOIE · texte numérisé non relu

MALADIES DU FOIE

pressions) sur la région correspondant à la Tési*cale, il sera possible d'entendre de la a^épitatton produite par le frottement réciproque des concrétions calculeuses. Lisfranc, qui le premier signala ce fait (1), a réussi à déterminer ce bruit de collision chez un sujet dont le foie débordait les fausses côtes, et chez lequel, après la mort, on trouva plusieurs calculs dans la vésicule.

Sur un malade, dont M. Martin-Solon a p&blié rhistoire (2), la ré^on de la vésicule biliaire , auscultée médiatement, communiquait à l'oreille, pendant les fortes expirations, une crépitaticm résultant du choc de calculs multiples, et ce choc était en outre sensible à la main ; cinq calculs furent rejetés par les selles, et à une exploration répétée quelques jours après, il fut impossible de retrouver, soit avec les doigts, soit avec le stéthoscope, la sensation de froissement qui avait été distinctement appréciée.

Dans l'observation suivante, que l'un de nous a recueillie à l'Hôtel-Dieu, l'auscultation servit encore à confirmer le diagnostic d'une lésion curieuse et rare de l'appareil biliaire. Un homme âgé d'environ cinquante ans avait depuis longtemps

(1) Mémoire sur de nouvelles applications du stétho" scope; août 1823.

(2) Bulletin de thérapeutique, 1849, t. xxxvi, p. 300.

un ictère foncé; dans le cours de sa maladie, il torint une expectoration abondante d'une matière verdâtre et amère. Ce liquide était-il versé directement du foie dans les voies respiratoires ? — La rareté d'un fait semblable nous faisait hésiter à en admettre la réalité ; mais l'auscultation ayant révélé l'existence d'un gargouillement tout à fait à la base et en arrière, du côté droit de la poitrine, mit hors de doute l'existence d'une communication fistuleuse établie entre les conduits biliaires et les brondies, et l'ouverture du cadavre démontra la justesse de ce diagnostia

Un autre malade, que nous avons pu suivre pendant un moisàTHôtel-Dieu, nous pr^nta des phénomènes stéthoscopiques non moins extraordinaires. Il avait eu un abcès par congestion, qui faisait à la région dorsale une saillie considérable; Tabcès s'était ouvert q)ontanément dans les bnm-* ches et le pus avait été rejeté par la bouche. La tumeur du dos disparut, mais les crachats puriformes persistaient, et, en auscultant en arrière, à gauche de la colonne vertébrale, au niveau de la neuvième côte, on entendait par intervalles , surtout dans les grandes inspirations et pendant la toux, du gros gargouillement et parfois ces espèces de cris donnés par les cavernes tuberculeuses. Dans ce cas, il restait certainement un trajet fistu- Ieux« étaUissant une communication entre les vmes

CALCULS VÈSlCkWL Ski

aérifêres et un pdnt de la colonne vertébnde non dcatrhé.

Rate. — L'anscoltatioil n'a rien appris sur les affections de la rate ; dans quelques cas seulement où il s'agirait de juger si cet organe est augmenté de volume, elle pourrait servir (moins bien que la percussion) à déterminer ses limites supérieures , en faisant connaître que la respiration s'entend dans le voirinage de la rate, moins bas que d'or* dinaire.

Reins. — L'auscultation sarrira-t-elle au diagnostic de qudques affections des reins? On peut supposer que, dans un cas de calculs multiples^ en contact dans l'un des bassinets, une pression exer« cée par la main sur la région lombaire correspondante îen^ entendre un frottement dû aux rugo-* sites de ces concrétions ; mais c'est un fait sur lequel l'expérience n*a pas encore suffisamment prononcé. — Nous en dirons autant de la suppo^ sition d'une fistule rénale communiquant à Texterieur ou avec un point du tube digestif : la péné* tration de l'air ou des gaz intestinaux dans les cavités du rein pourrait déterminer des phénomènes stéthoscopiques particuliers, et le stylet boutonné y rencontrant des calculs, donnerait Ûeu, par son choc, à la production d'un bruit

Vessie. — Dans son mémoire sur les applications du stéthoscope à plusieurs affections chirurgicales,

ikU AUSCULTATION DE L'aBDOMEN.

lisfranc signala les services que Tanscultatioa pouvait rendre dans la recherche des calculs vésicaux: « Pour que le cylindre fournisse des sensations plus distinctes , dit Lisfranc (1) , on l'applique , dépourvu de Tembout , sur le corps du pubis et sur la partie postérieure du sacrum : alors, si le cathéter est introduit dans une vessie vide, et qui ne contient pas de calculs, les mouvements réguliers que Ton imprime à cet instrument font entendre des sons qui ressemblent à ceux de la pompe foulante mise en jeu. — Si Ton place des tissus mous dans la vessie, le stéthoscope ne fournit pas d'autres données que celle qui vient d'être indiquée. — Mais toutes les fois qu'il y existe un calcul, on entend une espèce à& cliquetis extrêmement distinct, ou bien des sons semblables à ceux que fournit l'action d'une lime sur un corps dur. Les plus légers mouvements imprimés au cathéter donnent ces sensations. »

Poursuivant ces indications , que Laennec a reproduites et confirmées, M. Moreau de Saint- Ludgère (2) a essayé de rendre l'auscultation vraiment immédiate; et, dans ce but, il a proposé d'adapter, à l'aide d'un morceau de liège, au pavillon d'une sonde métallique, la plaque d'un sté-

(1) Loc. cit., p. 26.

(2) Thèses de Paris; 1839.

CALCULS VÉSICiLUX. 5/i5

thoscope. L'instrument ainsi disposé est introduit dans la vessie; on ausculte en appliquant l'oreille sur la plaque, et les sons arrivent alors directement à l'observateur.

La difficulté de tenir l'oreille sur la plaque du cystocope de M. Moreau, et d'imprimer en même temps à la sonde les mouvements nécessaires pour produire le choc, suggéra à M. Leroy d'Étiolles l'idée d'adapter à toute sonde exploratrice un tube acoustique flexible et d'une grande longueur. Ce tube acoustique, formé d'un fil de laiton roulé eu spirale , et revêtu de caoutchouc et d'un tissu de soie, se fixe par un bout sur le cathéter, et s'applique à l'oreille, par l'autre extrémité, au moyen d'un pavillon d'ivoire. Il parait que cet appareil transmet les sons avec une grande intensité, et sans altération.

Qael que soit le procédé qu'on emploie, on aura une idée assez juste, d'après la nature du bruit que manifestera le choc de la sonde contre les calculs, du degré de solidité des concrétions, de leur disposition, de leur mobilité, et peut-être même de leur nombre.

Dans le but de reconnaître (ce qui est difficile par le cathéter seul) un petit fragment de pierre logé dans une cellule, ou très-peu saillant, ou en^ touré de faisceaux musculaires durs et hypertrophiés, dont le contact avec la sonde produirait des

sensations presque semblables à celles que fournirait le calcul , M. Leroy d'ÉtioUes a encore imaginé (1) d'adapter au bas d'une sonde en caoutchouc des viroles métalliques larges de quelques millimètres, et distantes d'un centimètre. Le cathéter métallique ordinaire, passant au-dessus d'un fragment disposé conmie nous l'avons dît plus haut, donne un son continu, et qui est insuffisant, tandis que par les viroles métalliques placées à distance les unes des autres, il éprouve des secousses qui, transmises surtout par le tube acoustique en caoutchouc, peuvent révéler l'existence de corps trèspeu saillants. M. Leroy d'Étiolles assure qu'il a eu de fréquentes occasions de recourir avec avantage à cet instrument (2).

Ainsi, à l'aidé de l'auscultation, il sera possible d'établir un diagnostic positif, et l'on ne confondra pas un fongus ou une tumeur moUe de la vessie avec une concrétion calculeuse. A&isi encore, on évitera ces fatales erreurs parfois commises par des chirurgiens qui taillèrent des individus dcmtla vessie ne contenait point de calcul

(0 Ghrestien, de la Percussion et de V Auscultation dans les maladies chirurgicales, p. 132.

(2) M. Comay a également proposé tin instrument pour reconuÀitre par les sensationi fournies à Foréille les corp* solides engagés dans les cavités et dans les parUes molles, et il Ta désigné sous le nom de stéréoscope. (Galette médicale, 1846, p. 4Î3.)

CALCULS YÊSICAUX. 547

Utérus et ovaires. — L'auscultation appli<|tiéeà l*utérus révèle, dans la grossesse, des signes importants dont nous parlerons plus loin. Dans les maladies^ elle ne fournit pas d'autres phénomènes que des bruits de souflDle qui se passent dans les gros vaisseaux placés derrière Tutérus, et qui dépendent de la compression que cet organe exerce lorsqu'il est considérablement augmenté de volume, par des tumeurs développées dans ses parois on par des produits anormaux formés dans sa cavité.

Lorsqu'il existe des tumeurs hypogastriques , ovariques , tubaires , etc. , l'auscultation pourrait en indiquer la nature ; et la perception de battements doubles ferait reconnaître qu'il s'agit d'une grossesse extra-utérine. Un bruit de souffle aurait moins de valeur pour annoncer cette dernière lériott, puisqu'il pourrait être dû à la compression des artères iliaques.

Gros vaisseaux de V abdomen, — Enfin, en auscultant sur les différents points de l'abdomen qui correspondent aux gros vaisseaux, on entendra parfois des souffles ou des bruissements^ qui dépendront, soit d'anévrysmes de l'aorte (1), des artères illiaques, etc. , soit de la compression exercée sur les vaisseaux par les viscères abdominaux

(1) Voyez Auscultation dé Vaorte, p. 496.

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eux-mêmes (rate, foie), ou par des tumeurs de différente nature.

SECTION m.

Maladies de L'encéphale.

L'auscultation, qui a enrichi la science de tant de signes importants pour les affections de poitrine, a peu fait jusqu'à ce jour pour le diagnostic des maladies de Tencéphale. DansFétat physiologique, en appliquant l'oreille sur les divers points de la tête, on entend d'une manière distincte la résonnance de la voix, qui est souvent remarquable par un caractère chevrotant; les bruits de la déglutition sont encore facilement perçus; le murmure respiratoire, fort et caverneux quand on place le stéthoscope sur la joue, est moins distinctement transmis quand on ausculte sur le crâne ; enfin, les bruits du cœur n'arrivent plus que très-faibles jusqu'à l'oreille; mais on ne peut saisir aucun bruit propre à la tête et qui ait sa source dans l'encéphale.

Se développe-t-il des bruits nouveaux dans Fétat pathologique ?— En 1833, M. le docteur Fischer,

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