‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 53 sur 74 · MALADIES DE L'OREILLE · texte numérisé non relu

MALADIES DE L'OREILLE

valeur en France n'est venu confirmer ces résultats. Ni M. Bouillaud ni M. Andral ne font mention du souffle encéphalique. M. Vernois dit l'avoir souvent et toujours inutilement cherché, dans huit à dix cas de méningite ; nous-mêmes, dans douze à quinze cas, soit de méningite, soit d'hydrocéphale chronique, avec ou sans tubercules du cerveau, nous avons cherché avec beaucoup de soin sur toutes les régions du crâne le phénomène dont il s'agit, et jamais qous n'avons été assez heu^ reux pour le trouver. Quoi qu'il en soit, l'auscultation appliquée aux maladies de l'encéphale est une voie nouvelle oi]|verte aux observateurs, et le succès de leurs tentatives serait accueilli avec d'autant plus de reconnaissance que le diagnostic des affections cérébrales est encore le plus souvent difficile» malgré les travaux importants de quelques patbologistes moderne».

Maladies de l'oreille (1).

c( Dans l'état de santé, l'oreille moyenne, c'està-dire la caisse du tympan et ses dépendances ou

aceon^agné d'un frémUsement cataire diffus, et devenait beaucoup plus doux lorsque Ton comprimait les carotides. » (Stillé, Eléments of gênerai pathology, PliiJadelphia, 1848, p. 356.)

(1) M. le docteur Ménière, médecin de l'Institut des sourds-muets, a bien voulu nous communiquer la note

appendices, les cellules de la base du rocher et de l'apophyse mastoïde , contiennent de Fair qui y pénètre par la trompe d*£ustache, et se renonvelle, sans que Ton ait la conscience de ce mouvement C'est surtout pendant l'acte de la déglutition que l'air arrive dans l'oreille moyenne. Cela se fait d'une manière lente , insensible ; et en auscultant l'oreille et la région mastoïdienne, on ne perçoit aucun bruit indiquant cette introduction de l'air dans ces cavités, dont toutes les parois sont inextensibles, à l'exception de la membrane du tympan.

« Quand , au contraire , il y a maladie de la trompe, épaississement de la membrane muqueuse qui la tapisse, alors il y a un obstacle au passage de l'air; et ce fluide, renfermé dans la caisse, ne pouvant plus se renouveler, se raréfie en raison de la chaleur et de l'humidité des parties qui le contiennent. Si l'on parvient à vaincre cet obstacle, soit par le cathétérisme de la trompe, soit par un violent effort d'expiration, le nez et la bouche étant fermés, on entend alors un bruit très-remarquable, dont voici les caractères :

« L'introduction de l'air , en quantité notable , dans la caisse du tympan, donne lieu à un bruit

suivante, où il rectifie et complète les aperçus de Laennee sur l'application de la stéthoscople au diagnostic des maladies de Toreille.

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de souffle simple, un peu aigu, quand il n'y a pas aaumulation de mucus dans rorellle moyenne. Presque toujours ce bruit s'accompagne d'un léger cliquetis , sorte de crépitation fine et sèche, produite par le tympan que l'air pousse en dehors, et qui perd une partie de sa concavité. L'examen de cette membrane, en ce moment même, fait voir qu'elle est poussée en dehors et ridée en plusieurs sens.

« Quand la caisse est plus ou moins remplie de mucus, l'air qui traverse cette masse humide occasionne un bruit de râle muqueux sous-crépitant plus ou moins fort, et qui peut aller jusqu'au gar^ gouillement. Ce râle humide présente un grand nombre de nuances qui dépendent de la quantité de matière contenue dans la caisse, de son degré de viscosité , etc. Lorsque la caisse est parfaitement sèche, comme cela arrive chez beaucoup d'individus devenus sourds par suite de tintement chronique , alors le bruit de souffle devient très-aigu, sous forme de sifflement, et, de plus, on entend une résonnance sèche produite par l'ébranlement du tympan, qui est devenu mince et friable.

« Lorsque la membrane du tympan est perforée, tous ces bruits sont entendus à une distance ï^us ou moins grande , suivant le degré de perméabilité de la trompe. Quelquefois le bruit muqueux et le sifflement sont couverts par les vibra-

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lions éclatantes des bords de la fistule tympanique; mais le plus souvent on peut distinguer aisément ces diverses espèces de bruits.

« n ne m'a jamais été possible, quelque soin que j'y aie mis, d'entendre aucun bruit dans les celldes mastoïdiennes , même lorsque la quantité considérable de matière mucoso-purulenle qui sortait de Toreille moyenne indiquait, concurremment avec d'autres symptômes, que l'affection catarrbale avait envabi ces cavités.

« Je dois dire que tous les bruits qui se passent an commet du pbarynx sont facilement entendus par l'oreille appliquée sur les parties latérales de la tête et de la face. Ainsi, lorsqu'une sonde a été portée h. travers les fosses nasales jusqu'à la partie supérieure du pharynx, derrière le rebord cartilagineux de la trompe d'Eustache, 11 arrive presque toujours qu'elle rencontre une certaine quantité de mucus ; si l'on insuffle de l'air, il se produit alors un gargouillement qui est perçu par l'auscultation pratiquée sur l'oreille externe, et qu'on pourrait prendre pour un bruit des cavités de l'oreille. Mais comme ce bruit s'entend également par les fosses nasales et par la bouche , cette coïncidence ne permet pas de se tromper sur le véritable siège du phénomène. »

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