ALLUMETTES
Briquets oxygénés.
Aux briquets phosphoriques, on a substitué les briquets oxygénés :
1° On se sert d’allumettes soufrées, qu’on garnit d’une pâte dite oxygénée , formée de -vingt-cinq parties de soufre, trente de chlorate de potasse, deux de lycopode, un cinquième de cinabre, le tout aggloméré et bien divisé dans une solution de quatre parties de gomme arabique et trois de gomme adragant. Une fois ce mélange desséché à l'extrémité de l’allumette, il suffit pour l’enflammer de la plonger dans de l’acide sulfurique, maintenu dans un flacon au moyen d’un pinceau d’amiante.
2° On modifie cette disposition incommode pour se procurer partout du feu en faisant une émulsion de phosphore avec une solution épaisse de gomme, en y ajoutant du chlorate de potasse et du bleu de Prusse pour colorer. Cette pâte, fixée et desséchée au bout des allumettes, produisait bien l’inflammation désirée, mais projetait des étincelles dangereuses en donnant lieu à une sorte d’explosion. On remplaça le chlorate par les azotates de plomb, de potasse, mais les dangers de la préparation furent bientôt établis par plusieurs explosions et accidents graves.
Allumettes.
Les allumettes ordinaires sont en bois de tremble, de pin ou de sapin; on le dessèche en bûches dans des fours à air chauffés à deux cents degrés environ, puis, on le scie de la longueur de l’allumette, de manière à former de petits cylindres. On découpe ceux-ci à l’aide d’un grand couteau fixé à une de ses extrémités, par une série de coups parallèles, puis croisés à angles droits, pour produire ces longs parallélipipèdes connus de tout le monde.
Soufrage. — Pour les soufrer, on les met en paquet de deux à trois mille au moyen d’un gros fil ; on les trempe, sur une longueur de cinq à six millimètres, dans du soufre fondu, maintenu à une température de cent vingt ou cent trente degrés ; on les secoue en les sortant du bain, afin d’enlever l’excès adhérent, si l’on fait simplement des allumettes soufrées.
PHOSPHORE
Si on veut les rendre inflammables, on les soufre par cinq ou six cents seulement, on les laisse adhérer par la base, comme peut les produire le découpage; ou bien on les dispose dans des cadres pouvant contenir Irente-deux rangées de quarante allumettes, maintenues par différents moyens; on serre le cadre après les avoir mis sur le même plan. On fait sécher ces cadres sur une plaque de fonte à deux cent cinquante degrés, et on les trempe dahs un bain de soufre à cent vingt ou cent trente degrés.
Allumettes inflammables sans bruit.
Les allumettes soufrées sont rendues inflammables, en po sant, pendant un instant les cadres qui en sont garnis, sur une table de marbre couverte d’une épaisseur de trois millimètres environ d’une pâte demi-fluide à la gomme ou à la colle et qui est à peu près celle-ci :
A la colle. A la gomme.
Phosphore blanc. . 2,5 2,5
Colle forte 2,0 Gomme. . . 2,5
Eau 4,5 3,0
Sable fin 2,0 2,0
Ocre rouge 0,5 0,5
Vermillon 0,1 0,1
Ou bleu de Prusse. . 0,5 0,5
Quand on se sert de gomme, on opère à froid sur le marbre, et à chaux avec la pâte à la colle; on fait l’émulsion de gomme et de phosphore ainsi qu’il suit :
Quand on emploie la colle forte, on la concasse, on la laisse gonfler dans l’eau, puis onia fond dans une espèce de cucurbite d’alambic chauffée au bain-marie. Dès que la colle est fondue et possède une température de cent degrés, on la pose sur un établi percé pour engager cet appareil, on y ajoute peu à peu le phosphore qui fond aussitôt. Pendant le refroidissement, on ajoute de plus en plus avec un morceau de bois garni de crins, de manière à obtenir une émulsion de phosphore très-divisé; on y incorpore le sable et la matière colorante, on étend cette pâte