ACÉTATE TR1BAS1QUE, OU EXTRAIT DE SATURNE
11 rend plus combustibles le papier, le bois, le linge, le charbon ; il sert à faire l’acétate d’alumine des indienneries, le chromate de plomb, etc.
On l’obtient en saturant l’acide acétique de lilharge, de manière à laisser la dissolution très-légèrement acide, évaporant et faisant cristalliser à la manière ordinaire. On se sert de cristallisoirs en faïence graissés légèrement pour mieux détacher les cristaux. On lui enlève la faible trace de cuivre qu’il tient de la litharge par un contact suffisant avec des lames de plomb.
Autrefois, on l’obtenait avec des lames minces de plomb et l’acide acétique avec le concours de l'air. Le plomb est fondu en lames, comme il est dit à la fabrication de la céruse hollandaise. Les lames de plomb sont mises dans des terrines avec un tiers de leur poids environ de vinaigre distillé, de manière à ce quelles ne plongent que partiellement dans le liquide; on les retourne de temps en temps pour faire oxyder le plomb baignant dans le liquide, et tant que les lames n’ont pas disparu ; on traite la dissolution pour la faire cristalliser ; cet acétate ne contient pas de cuivre.
Pour éviter les manipulations qui sont sans cesse à recommencer à cause des eaux mères que donnent toujours les procédés de fabrication ordinaires, on a mis en usage le mode opératoire suivant dans quelques fabriques d’Alsace. On distille le vinaigre, et, au lieu de condenser sa vapeur et de la saturer par la litharqe, on reçoit cette vapeur dans une caisse contenant de la litharge, l’acide se sature au fur et à mesure et la vapeur d’eau se dégage seule. Quand la litharge est entièrement transformée en acétate neutre , on change la direction de la vapeur acide et on la fait arriver dans une nouvelle caisse. Pendant la saturation de celle-ci, la première s’est éclaircie par repos ; on en fait écouler le liquide décanté dans des cristallisoirs. Les ouvriers n ont presque jamais le contact des matières toxiques , et les dangers ont presque disparu par l’emploi de ce procédé.
Acétate tribasique, ou extrait de saturne.
Ce sel incristallisable ou difficilement crislallisable s’obtient en faisant dissoudre à froid ou à chaud de l'oxyde de plomb à l’acétate neutre. C’est celui qui sert à la fabrication de la céruse de Clichy. — Il contient trois fois plus d’oxyde de plomb que le précédent.
On peut avoir un acétate plus riche encore en oxyde de plomb, en faisant dissoudre à l’acétate neutre tout ce qu’il peut d’oxyde de plomb à l’aide de la chaleur ; par refroidissement on a un acétate sexbasique sans emploi industriel.
L’acide acétique, le vinaigre, peuvent, au contact du cuivre, du plomb, devenir promptement vénéneux; on sait que la combinaison ne s’effectue qu’en présence de l’air ; aussi peut-on faire bouillir l’acide dans le cuivre, sans danger, parce qu’il n’y a pas dissolution d’oxygène, et il serait éminemment dangereux d’en laisser séjourner à froid pour les usages alimentaires.
En Angleterre, on permet encore d’épurer ou raffiner le sucre avec le sous-acétate de plomb. — Tl en résulte un sucre plombifère. Ce procédé porte le nom de Patent-Scofern. — Malgré tous les soins apportés pour en faire disparaître les traces à l’aide de l’acide sulfureux et de la filtration, le sucre garde toujours du plomb. — Le plus défectueux vient des colonies anglaises. L'autorité] devrait en prohiber l’entrée en France. Voir, au mot Sucres ( Industrie des) , l’article Raffinerie de Sucre.
Causes d’insalubrité. — L’acétate de plomb seul peut donner lieu à des accidents, par suite du maniement de la lilharge. (Voir Plomb et Carbonate de plomb.)
Prescriptions. — Pour la fabrication de l’acétate de plomb, la plupart de celles indiquées à l’article Carbonate de plomb.
Blnnc de plomb ou de céruse (rubrique de), carbonate de plomb
(2* classe). — 15 octobre 1810. — Il janvier 1815.
II y a trois méthodes pour la fabrication de la céruse.