‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 115 sur 240 · BLANC DE PLOMB OU DE CÉRUSE (FABRIQUE DE · texte numérisé non relu

BLANC DE PLOMB OU DE CÉRUSE (FABRIQUE DE

1° Ancien procédé (procédé hollandais).

Détail des opérations. — Le procédé hollandais, le plus anciennement employé, consiste essentiellement en ceci :

On fond des lames de plomb à l’aide d’une chaudière en fonte recouverte d’une hotte fermée et munie d’une porte à double vantaux à coulisses, pour que, dans la fusion des lames anciennes recouvertes de poussières plombifères, il ne se répande aucune particule dans l’air ambiant. — Les lames sont coulées dans des lingo tières à fond plat ou creusées en sillons, de manière à présenter une grille à jour pour multiplier les surfaces, et pouvant être placées sur une table tournant sur pivot. Les lames laminées sont plus difficilement attaquables que les lames simplement fondues, et présentent moins de surface.

Ces lames sont ployées en spirales; elles doivent subir l’action de l’air, de l’acide acétique et de l’acide carbonique à une température de trente-six à soixante degrés.

L’acide acétique provoque l'oxydation du métal; il se forme de l’acétate neutre, puis, l’action oxydante continuant, de l'acétate tribasique que l’acide carbonique, provenant d’une source quelconque (et c’est le fumier en fermentation dans le procédé hollandais), précipite en céruse et forme de nouveau de l’acétate neutre. Celui-ci repasse à l’état basique et privé d’une partie de son oxyde par l’acide carbonique, et ainsi de suite.

Les fosses ou loges sont en maçonnerie; elles sont parfois d’un mètre au-dessus du sol; elles ont quatre mètres en carré à la base et six de hauteur. On y dépose une couche de fumier de quarante centimètres d’épaisseur et un lit de pots d’un litre contenant de 1/4 à 5/4 au plus, d’un vinaigre à bas prix, et une lame de plomb retenue au-dessus du liquide par des saillies.

On recouvre tout le lit de pots avec trois ou quatre couches de lames de plomb; on établit au-dessous de celles-ci un plancher en bois recouvert de fumier arrosé de vinaigre, on y place des pots et des lames comme pour la première couche.

PLOMB

L’air doit pouvoir circuler pour opérer la fermentation du fumier cl obtenir la chaleur et l’acide carbonique nécessaires à l’opération; aussi, on réserve alternativement d'un côté et de l’autre des cheminées qui pcrmettcntunelibre circulation à l’air.

11 faut trente à trente-cinq jours si on emploie du fumier, et quarante-cinq jours si on opère avec du tan épuisé.

Le tan épuisé ne donnant pas de vapeurs sulfhydriques comme le fumier , procure une céruse plus blanche et exempte de sulfure de plomb.

Quand la fermentation est terminée, on démonte les couches; et à l’aide d’un monle-sac on élève les plombs chargés de céruse. Les lames sont étendues sur une toile sans fin et passent par un mouvement continu entre des rouleaux de bronze cannelés; les parties friables, c’est-à-dire les parties carbonalées tombent à travers un blutoir dans un récipient contenant de l’eau; les lames ainsi dépouillées servent comme des neuves, ou bien on les refond si elles sont trop amincies. On a proposé de les ouvrir sous l’eau par mesure de précaution.

Pulvérisation. — Une chaîne à godets élève la céruse du récipient à neuf moulins à meules horizontales; les produits à broyer passent successivement dans sept de ces moulins; les deux autres étant destinés à les suppléer dans le cas de réparation.

La pâte liquide qui résulte du broyage est lassée dans des pois coniques d’un demi-litre et plus, où elle sèche à l’air ou dans une étuve.

La mise en poudre de ces trochisques a lieu en les faisant arriver par une toile sans fin d'une trémie à un moulin à cannelures, puis sur des tamis à brasses , d’où elles passent dans une caisse spéciale.

Tout le moulin est enveloppé d'une chambre qui communique à une cheminée de fort tirage; les poussières qui y sont entraînées peuvent encore être recueillies en injectant un jet de vapeurs qui les entraîne en se condensant.

Pour avoir de la céruse très-fine, on peut opérer par lévigation. On la broie souvent pour la livrer aux arts avec de 1 huile

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