PROCÉDÉ THÉNARD ET ROARD
d’œilleltc à laquelle on ajoute de l’huile et de l’essence de térébenthine.
Procédé Thénard et Roard.
Procédé de Clichy. — Ce procédé consiste à faire de l’acétate de plomb tribasique et à enlever l'excès d’oxyde du sel neutre par un courant d’acide carbonique.
La cuve où s’opère la fabrication de sous-acétate de plomb contient environ deux cents hectolitres; on y met de l’acétate neutre et de la litharge en proportions voulues, on agile pour opérer la dissolution. Puis on fait passer le liquide dans une semblable cuve où le plomb métallique, le chlorure d’argent et les matières insolubles de la litharge se déposent. On décante dans un récipient d’environ neuf mille litres, fermé par un couvercle à agrafes et que traversent huit cents tubes sur vingt rangs et en rapport avec un tube commun, qu’une vis d’Archimède ou une cagniardelie remplit constamment d’acide carbonique. Ces tubes plongent d’environ trente-deux centimètres dans le sousacétate liquide.
L’acide carbonique était fourni autrefois parla combustion du charbon de bois; on y a substitué économiquement la craie et le coke, qui fournissent abondamment de l’acide carbonique et donnent de la chaux grasse. Quand l’acide carbonique refoulé dans le liquide n’est plus absorbé, on décante l’acétate neutre qui surnage la céruse pour lui faire dissoudre de nouveau de l’oxyde de plomb et le faire servir à une nouvelle opération. La mise en poudre et la forme commerciale sont les mêmes que par le procédé hollandais.
Celte céruse est généralement moins divisée que la précédente et moins estimée : elle serait plus divisée si l'on opérait à chaud avec une solution plus concentrée.
Troisième procédé. Modification du deuxième. — Ce procédé consiste à humecter la litharge broyée avec 1 pour 100 d’acétate de plomb dissous, à faire traverser ce mélange par de l’acide carbonique provenant de la combustion du coke et de la craie ou autres carbonates de chaux, en ayant soin de produire dans le
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mélange une agitation continuelle. C’est la même théorie qui explique ce procédé et celui de Hollande, dont il se rapproche beaucoup.
Quatrième procédé. — Ce procédé, qu’on ne peut pratiquer économiquement que dans les endroits où le sulfate de plomb n’a presque aucune valeur, comme dans les indienneriës où l’on fait de l’acétate d’alumine (par l’alun et l’acétate de plomb), consiste à changer le sulfate de plomb en carbonate.
Pour y arriver, on divise parfaitement le sulfate de plomb dans l’eau avec des billes ou des moulins broyeurs avec du carbonate de soude ou d’ammoniaque; il se forme du sulfate de soude ou d’ammoniaque et de la céruse; celle-ci est mêlée à environ 1 pour 100 d’acétate tribasique pour être livrée sous la forme ordinaire.
Céruse de Mulhouse.
On vend sous le nom de céruse de Mulhouse du sulfate de plomb mis sous forme de pain ou de poudre; on l’obtient dans les indienneries par double décomposition de l’alun par l’acétate de plomb ; il se fait de l’acétate d’alumine et du sulfate de
Il est vénéneux quoique insoluble, et noircit comme la céruse au contact des émanations sulfureuses ; il lui est inférieur parce qu’il couvre moins bien. On le mêle quelquefois à la céruse à cause de son plus bas prix.
Blanc de Krems, ou blanc d'argent»
C’est la plus belle céruse, choisie en écailles, du blanc le plus pur.
Blanc de Hollande.
Le blanc de Hollande est une couleur blanche formée par un mélange intime d’une partie de céruse et de trois parties de sulfate de baryte.
BI.AXC Dli HAMBOUItG.
Blanc de Venise.
11 est formé d’une partie de céruse pour une partie de sulfate de baryte.
Blanc de Hambourg.
11 est formé d'une partie de céruse pour deux parties de sulfate de baryte.
Ces différents mélanges sont quelquefois frauduleusement substitués à la céruse pure, mais la fraude est heureusement facile à déceler. Le sulfate de baryte, ou spath pesant , barytine, n’a presque aucune valeur par lui-même, parce que la nature le fournit abondamment ; il est complètement insoluble et sans aucune propriété vénéneuse; il possède cet avantage sur la céruse, c’est de ne point noircir au contact de l’hydrogène sulfuré ou des sulfures.
On a beaucoup diminué le danger de la fabrication du blanc de céruse, par le grand nombre de précautions que l’autorité a imposées aux directeurs d’usines de cette nature, et par les conseils donnés aux ouvriers et partout affichés.
Ces prescriptions et ces conseils sont presque tous définis dans les instructions des conseils d’hygiène. — 11 y aura peu de chose à y ajouter.
Quoique la manipulation des préparations de plomb soit trèsnuisible à la santé de l’homme et des animaux, on a cependant maintenu la fabrication du blanc de céruse dans la deuxième classe des établissements insalubres. — L’autorité elle-même n’a pas cru, en face de la diminution des cas de maladie et de la nécessité de l’emploi du carbonate de plomb dans l’industrie, en peinture, surtout, où elle ne peut être jusqu’à un certain point seulement remplacée par le blanc de zinc, devoir en proscrire l'usage. On peut, en peinture, se servir de l’oxyde d’antimoine, aussi bien que du carbonate de zinc, de l’oxychlorure de zinc (Sorel), ou même que du blanc de kaolin (argile blanche à porcelaine) pour remplacer le carbonate de plomb. — Il n’appartient donc qu’aux chefs d’ateliers de veiller 5 l’exécution rigoureuse des ordonnances et prescriptions.
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Usages. — L’usage des préparations diverses de plomb donne souvent lieu à des accidents qui sont signalés à l'autorité cl renvoyés à l’examen des conseils d’hygiène.
Je citerai Y enrobage de la soie en botte (fraude destinée à augmenter son poids) par l’acétate de plomb, et qui peut empoisonner les ouvriers qui travaillent la soie et la portent souvent à la bouche.
La clarification du cidre et de la bière par le môme sel qui a déterminé de très-graves maladies.
L’emploi du blanc de céruse dans l’art de remettre à neufles dentelles souillées, soit pour faire disparaître les traces des doigts, soit pour dissimuler les raccordements des dessins. Dans celle opération, les ouvrières saupoudrent leur travail avec du carbonate de plomb réduit en poussière, et en respirent une grande quantité. (On a conseillé d’y substituer le sulfate de plomb non vénéneux, ou le sulfate de chaux).
L’usage des sels de plomb dans la peinture à l’huile.
Le travail des plumes teintes avec la muréxide à laquelle on ajoute comme mordant l’acétate de plomb.
Le travail de la tôle vernissée ; la pâte contenant beaucoup de litharge.
L’usage des tuyaux de plomb pour les conduits d’eau, de pluie surtout. (On devrait les remplacer par les tuyaux de plomb étamés.)
L’habitude d’envelopper le tabac dans des feuilles de plomb , ce qui donne lieu à des accidents. (Voir Tabac.)
L’emploi de fard contenant de l’acétate de plomb, a été accusé d’être nuisible.
Partout, en un mot, où il peut se produire du carbonate ou de l’oxyde de plomb hydraté. Je signalerai enfin l’inconvénient d’envelopper la poudre dans des feuilles de plomb. Avec le temps, il se forme du carbonate de plomb, l’enveloppe devient friable, et la poudre s’échappe et se perd.
Il n’y a que des précautions générales à indiquer contre la manipulation du plomb, et j’ai réuni dano- un seul article tout ce qui a rapport au plomb.