BLANC DE HAMBOURG
Causes d’insalubrité. — Empoisonnement habituellement lent, de toute l’économie, par suite de l’absorption, par les voies respiratoires, par la peau et par le mélange aux aliments et aux boissons des sels de plomb.
Ordre, par degré de nocuité, des diverses parties de la fabrication du carbonate de plomb, où ce danger est imminent :
1° Épluchage ou battage des écailles du plomb recouvert de carbonate; — 2° Pulvérisation et blutage; —5° Trillage des résidus; — 4° Séjour dans les étuves et les séchoirs; — 5° Manipulation de la céruse en pâle pour la mettre en pain ; — 6° Embarillage ; — 7° Exposition du plomb à la vapeur de l’acide acétique ; — 8° Action de retirer le plomb des pots, après qu’il a séjourné dans cet acide.
Causes d’incommodité. — Dégagement de vapeurs et de poussières.— Bruits liés à la manipulation.
Exhalaisons nuisibles. — Dégagement d'acide carbonique, sous l’influence de la chaleur élevée à laquelle on soumet le carbonate de plomb adhérent aux lamelles.
Prescriptions. — Toutes celles contenues dans les instructions du conseil d’hygiène de la Seine.
Ventilation énergique des ateliers, et surtout de ceux où s’opère le battage, la pulvérisation, le blutage, la mise en pots, — par les procédés du colonel Paulin, — en faisant la prise d’air en dehors des ateliers. — Recouvrir d’une hotte avec bon tirage, la chaudière où s’opère la fonte du plomb. — Ne fondre que du plomb neuf, et couvrir le métal en fusion d’une couche de charbon végétal assez épaisse pour empêcher le contact direct de l’air avec le métal. — Opérer à la mécanique et dans des appareils clos , le battage, la moulure et le blutage.
Ces appareils devront être isolés des ateliers où séjournent les ouvriers occupés à d’autres travaux. — Ils seront recouverts, à leurs ouvertures, par des bandes de papier collé el vernis avec les vernis ordinaires ou au collotlion.
Les ouvriers qui dépotent la céruse et la mettent en pain devront porter un masque qui couvre toute la figure, et des gants.
Tous les ouvriers de la fabrique auront une blouse de travail.
VERNOIS, I1YG. 1>P. II.
TLOMli.
Ils ne prendront aucun repas dans les ateliers.
Avant de manger, et en sortant de la fabrique, ils se laveront la ligure et les bras et mains avec de l’eau acidulée à l’aide de l’acide sulfurique (un gramme pour un litre d’eau).
On leur conseillera d’être propres et sobres, et d’éviter surtout les excès de liqueurs alcooliques. — On leur distribuera, toutes les fois que cela sera possible, des limonades sulfuriques et du lait en abondance. — On leur fera faire des lotions savonneuses, — et on leur donnera des bains sulfureux.
Toutes les fois que cela sera possible, il y aura un médecin attaché à la fabrique, qui la visitera plusieurs fois par semaine.
Quant aux autres accidents déterminés par l’absorption lente ou rapide des sels de plomb, dans les diverses industries, — il faudra, pour y remédier, s’adresser au secours ordinaire de la médecine.
Si des échantillons de liqueurs ou de produits soupçonnés de contenir du plomb sont soumis aux conseils d'hygiène, il s’agira de procéder à la recherche de ce sel par les moyens chimiques usuels. — On ne saurait ici les indiquer, à cause de la variété des échantillons qui peuvent être soumis à l’analyse, et des moyens alors aussi différents et variés qu’on devra employer.
Dans l’industrie dentellière, on a proposé de remplacer l’emploi du carbonate de plomb par le sulfate de plomb, dont l’action nuisible sur l’économie est très-faible, ou par le sulfate de chaux. Ce moyen doit être recommandé.
Défendre aux parfumeurs ou pharmaciens de débiter sous le nom de blanc de fard des préparations auxquelles est ajouté un sel de plomb.
Défendre la clarification des vins, cidres et bières, et le raffinage du sucre par les sels de plomb.
Poursuivre tout vendeur de soies , qui, dans le but d’augmenter le poids de la marchandise, les trempe dans 1 acétate de plomb. Beaucoup d’ouvrières ont ôté malades par suite du travail de ces soies.
Défendre sur les navires l’usage de vases et ustensiles en plomb pour contenir des liquides et des aliments, vu qu’il faut
CARACTERES d’iMPRIMERIE (FONDERIE DE). 323
attribuer très-probablement à la présence du plomb les accidents connus et décrits sous le nom de coliques sèches , etc.
Caractères d’imprimerie (Fonderie de) (3‘ classe). — 15 octobre 1810. —
U janvier 1815.
Détail des opérations. — Les fonderies de caractères sont destinées à reproduire par la fusion dans des moules métalliques, qui servent très-longtemps, les différents signes employés dans la typographie.
Ces caractères doivent être identiquement semblables pour le même signe, conserver entre eux une distance rigoureusement constante, avoir leurs quatre faces d’équerre et une hauteur égale, afin que’ des deux côtés il n’y ait aucune saillie. C’est dans le but d’obtenir ces conditions physiques constantes que l’on a soin de comparer avec la plus grande attention les moules qui doivent servir à leur fonte.
Le métal qui forme les caractères doit se mouler facilement, et, par conséquent, n’avoir pas une grande tendance à cristalliser; il doit être facilement fusible et peu oxydable; parce que sans cela on n’obtiendrait que des résultats défectueux, souvent même aucun bon résultat. La dureté doit en être suffisante pour résister à l’écrasage, et pas trop grande, parce qu’il serait cassant, et que les opérations qui suivent la fonte devenant plus lentes, rendraient les caractèi’es plus coûteux.
Le zinc, même en petite quantité, ne peut servir à cause de son point élevé de fusion et de sa grande oxydabilité au rouge. C’est le plomb durci par l'antimoine que l’on emploie ; l’alliage fait avec 15 pour 100 d’antimoine est plus fusible que le plomb lui-même ; il se dilate en se solidifiant, ce qui est d’une grande importance pour la beauté des caractères. On a proposé l’addition de 6 pour 100 d’étain pour rendre les caractères plus résistants, et même de 1 pour 100 de cuivre pour diminuer la tendance de l’étain à cristalliser.
L’arsenic pourrait aussi bien durcir le plomb que l’antimoine, mais son action sur l’économie l’a fait rejeter. D’ailleurs, l’alliage a une grande tendance à cristalliser.
On a proposél’emploi de caractères très-durs et résistants, faits
PLOMB
avec un alliage de zinc el d’étain, mais son oxydabilité et sa dureté qui mettaient obstacle à la retouche l’ont bientôt fait rejeter.
Le fourneau des fondeurs en caractères consiste dans un bâtis circulaire, élevé en briques ou moulé en argile d’une seule pièce; il supporte une cuiller en fonte divisée en six compartiments, parce qu’il est destiné à six ouvriers se servant la plupart du temps d’alliages différents appropriés à leur genre de travail. Les ouvriers sont disposés autour de ce fourneau ; le feu est entretenu avec une grande régularité et alimenté avec du bois bien sec. On a cherché à remplacer le bois par la houille, et mieux par le coke, mais le feu est plus difficile à régulariser, et l’on a besoin d’une cheminée plus élevée qui donne un tirage plus puissant.
Le moule qui sert à couler les caractères est en fer, composé de deux pièces symétriques qu’il suffit d’ouvrir pour que le caractère se détache. Je n’entrerai pas dans le détail de description du moule et des moyens pratiques mis en usage pour produire les beaux caractères ; je dirai seulement qu’on les coule d’une manière analogue aux balles de plomb, et qu’on leur fait subir un travail mécanique pour leur donner toute la perfection nécessaire. On doit rapprocher de cette industrie la fonte de l’antimoine. (Voir Fonderie de métaux, t. II, p. 24.)
Causes d’insalubrité. — Inconvénients de la manipulation du
Prescriptions. — Précautions générales contre ces inconvénients. (Voir t. II, p. 321.)
E.nminugc et fonte du plomb (2' classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier ISIS.
Détail des opérations. — La fonte du plomb, pour le couler ensuite en lingots ou en saumons, se fait dans des chaudières ou dans des creusets, selon la pureté du métal que l’on traite. — Cette opération n’offre rien de compliqué.
Quant aux détails relatifs au laminage, — voir au mot Laminage des métaux, l’article Laminage du plomb, t. Il, p. 125.
Causes d’insalubrité. — Vapeurs toxiques.