PROTOXYDE DE PLOMB
Effets sur la santé des ouvriers, mais à un degré bien moindre que dans la fabrication de la céruse.
Causes d’incommodité. — Odeurs souvent détestables, pendant la fonte des vieux plombs, à cause de la décomposition par la chaleur des matières organiques qui s’y trouvent associées.
Il en est de même dans la revivification des plombs et des déchets de peinture.
Prescriptions. — Pour la fonte proprement dite, établir une large hotte au-dessus de la chaudière à fusion. — Faire communiquer cette hotte avec une cheminée de quinze à vingt mètres de haut.
Si les ouvriers demeurent dans l’atelier de fusion, entourer la chaudière d’un tambour à porte de tôle, mobile.
Pour la fonte des vieux plombs, établir constamment un tambour autour de la chaudière et faire parvenir les vapeurs produites dans le foyer du fourneau pour qu’elles y soient brûlées. — Cheminées de vingt à trente mètres pour porter très-liaul les gaz produits qui entraînent avec eux le plomb oxydé volatilisé, qui sans cela se déposerait sur les toits et altérerait les eaux de pluie et de citerne. On pourrait encore diriger les vapeurs par un chenal horizontal, terminé par une cheminée en poterie. — On obtiendrait un meilleur résultat en leur faisant traverser une succession de chambres dans lesquelles on ferait tomber une pluie d’eau acidulée.
Lillinrgc (Fabrication de la) (1" classe). — 14 janvier 1815.
Massicot (Fabrication du), première préparation du plomb pour le
convertir en minium (1" classe). — M janvier 1815.
Détail des opérations. — On connaît plusieurs oxydes de plomb et modifications des oxydes de plomb.
Sous-oxyde noir.
Le sous-oxyde noir n’a pas d'usage à cause de sa facile décomposition; il s’obtient en calcinant, à l’abri de l’air, l’oxalale de plomb.
Protoxyde — (Litharge-massioot).
Le protoxyde de plomb se présente sous deux états principaux : l’état hydraté et l’état anhydre.
TLOMB .
Hydraté. — Il est blanc, légèrement soluble dans l’eau, surtout dans l'eau sucrée. Sans emploi, si ce n’est dans les analyses.
Anhydre. — Il constitue ce que l’on désigne sous les noms de litharge, massicot... Il est variable dans sa couleur, est soluble légèrement dans l’eau, surtout dans l’eau sucrée, et peut se combiner aux bases pour former des plombites.
Le massicot est le produit de l’oxydation à une température peu élevée à l’air du plomb fondu. Il est jaune sale et n’est produit que pour fabriquer le minium.
La litharge est produite par l’oxydation du plomb à l’air et à haute température, de manière à fondre l’oxyde. Elle se combine moins facilement à l’acide carbonique de l’air que le massicot et elle forme toujours un produit secondaire. Sous le nom de litharge d’argent, on désigne la litharge jaune, qui doit cette couleur à ce qu’on l’a refroidie brusquement. La litharge d’or, au contraire, est rougeâtre, et doit cette couleur à ce qu’on l’a refroidie lentement à l’air, et qu’il s’est formé un peu de minium.
La litharge fondue coule comme une huile; elle peut absorber l’oxygène de l’air, quand on la maintient en fusion, et si on ne prend garde de laisser refroidir lentement, la masse peut rocher et donner lieu à des projections.
On peut l'obtenir cristallisée et pure, en versant de l’azotate de plomb dans un lait de chaux bouillant ou en laissant refroidir une solution bouillante de plombile de chaux.
Industriellement , quand on vient d’obtenir le plomb brut ou plomb d’œuvre, on le soumet à la coupellation pour séparer l’argent qu’il renferme : on opère dans un fourneau à réverbère dont la sole est concave ; l’oxydation du plomb s’opère et la litharge produite vient par des rainures couler hors du fourneau. Les premières portions contenant de l’oxyde noir, ou mieux, du plomb divisé, sont mises de côté pour servir comme minerai (abstrich) ; les portions suivantes forment la litharge supérieure, les dernières portions sont moins pures. Le résidu de la coupellation est l’argent presque pur contenu dans le plomb brut.
MINIUM (fARIUCATION Du) .
Usages. — La litharge sert à la fabrication des sels de plomb; à rendre les huiles siccatives, à fabriquer la céruse; elle peut former des scellements avantageux.
Avec la litharge et le sel ammoniac fondus ensemble, on obtient, pour la peinture à l’huile, le jaune minéral, ou jaune de Cassel, ou jaune de pain ou de Vérone.
Oxyde puce, ou acide plonibique.
Il est couleur puce, comme son nom l’indique ; il se combine aux bases pour former des plombâtes.
Il enflamme le soufre par simple frottement ; c’est un agent d’oxydation. On l’obtient en traitant le minium par l’acide azotique faible, et, faisant bouillir à plusieurs reprises; le protoxyde seul se dissout. On peut aussi l'obtenir en traitant le protoxyde en suspension dans l’eau par le chlore. 11 y a d’autres moyens de préparation, inutiles à décrire ici, puisque ce corps n’a pas d’application industrielle.
Causes d’insalubrité. — Émanations dangereuses.
El tous les autres accidents dépendant du plomb.
Prescriptions. — Surmonter les creusets destinés à la fonte d’une voûte qui conduira les vapeurs dans un large chenal allant à la cheminée, qui aura quinze mètres de hauteur.
Faire la coulée dans des vases de refroidissement sous le large manteau d’une cheminée haute.
.flinimn (Fabrication tlu). préparation «lu plomb pour les potiers, faïenciers, fabricants «le cristaux, etc. (l" classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.
Minium.
Le minium est formé d’une combinaison de protoxyde de plomb avec le bioxyde ou acide plombiquc, dans lequel il y a excès d’oxyde de plomb.
11 est rouge ou orangé, peut se décomposer sous l’influence des acides en protoxyde qui se dissout et oxyde, puce qui reste : il redevient protoxyde sous l’influence de la chaleur en perdant de l’oxygène. — On peut le priver de l’excès d’oxyde de plomb qu’il contient toujours dans le commerce en le faisant
PLOMB
digérer quelque temps avec de l’acétate neutre de plomb ; il se forme un sous-acétate.
Mine orange.
La mine orange est un minium obtenu de l’oxydation à l’air du carbonate de plomb par la chaleur; elle sert en peinture. Traitée par l’acétate neutre de plomb, elle donne du minium pur.
Détail des opérations. — Le minium ordinaire s’obtient en oxydant le massicot à l'air. Pour obtenir ce massicot, on emploie du plomb bien pur; le plomb peut au besoin être purifié par le moyen suivant : on le fond ou on le coule dans de longs cylindres, on le brasse avec un bâton et le laisse reposer, on décante la partie supérieure et on la met de côté pour les usages métalliques ordinaires, car celle portion retient la plus grande partie des métaux étrangers. Les deux tiers inférieurs sont fondus sur la sole d’un four à réverbère, et agités avec un râteau en fer pour renouveler les surfaces et repousser le massicot. Le plomb doit être maintenu au-dessous de 400 degrés, pour éviter la fusion de l’oxyde ; les dernières portions s’oxydent difficilement, et sont mises de côté pour une nouvelle opération.
Le massicot obtenu est broyé dans des moulins semblables à ceux qui ont été décrits pour la préparation de la céruse.
Pour séparer le plomb du massicot broyé, on prend l’oxyde en suspension dans l’eau, et on le passe dans des tamis de toile métallique fine, au-dessus de tonneaux contenant de l’eau.
Les résidus laissés sur les tamis et dépôts provenant des lavages et décantations sont calcinés comme le plomb. — L’oxvde broyé, tamisé et lavé, est mis dans des terrines et porté à l’étuve où il se dessèche; puis on le réduit en poudre et on le tamise dans des trémies fermées hermétiquement comme pour la céruse.
Quand l’oxyde est ainsi préparé, on le place, par sept ou huit kilogrammes, dans des caisses en fer battu, dans les fours qui servent à la calcination du plomb ; on n’empêche pas l’accès de l’air, et on chauffe modérément. Le massicot absorbe peu a peu l’oxygène de l’air, se transforme en minium ; après plusieurs heures, on le retire du four et on l’y replace après avoir