MINE ORANGE
bien mélangé les différentes parties. Le minium prend les noms de minium à deux, trois feux, selon qu’il a subi deux ou trois oxydations successives.
0)i peut éviter l’emploi des caisses en fer, en mettant simplement l’oxyde de plomb sur la sole. 11 faut toujours prendre garde d’élever la température au delà de 400 degrés, de peur de fondre la masse et de décomposer le minium.
Usages. — Le minium sert à faire les émaux des faïenciers, différents travaux de peinture, et surtout les diverses espèces de cristal, flint-g’ass, etc., pour lesquels il doit être privé de tout oxyde de cuivre qui colorerait la masse vitreuse ; il sert aussi à faire des mastics de machines, etc.
Pour éviter les pertes de sucre que causent dans les produits du raffinage les formes en terre cuite, si perméables au sirop, on a proposé de les enduire intérieurement d’une couche de peinture faite avec la céruse, le minium et une huile siccative. Il faut proscrire ce procédé auquel on peut substituer un enduit, ou la terre de pipe, mêlée à l’oxyde de zinc, qui remplace sans danger la céruse.
Causes d’uns \lubrité. — Tous ceux du travail du plomb.
Mais particulièrement l’abord du fourneau, quand il n’est pas bien aéré, à cause des vapeurs qui se dégagent.
Danger du blutoir, par la poussière qu’il occasionne et répand dans l’air où se trouve l’ouvrier.
La mise en baril et le tassement.
Intoxication par la peau et les voies respiratoires.
Exhalaisons moins dangereuses que celles du massicot.
Prescriptions spéciales. — Conduire sous le manteau d’une cheminée haute de quinze à vingt mètres, les ouvertures des chauffes et de la sole où l’on élève la température du massicot.
Mettre l'ouverture supérieure du fourneau en communication avec un chenal horizontal de larges dimensions avant de se rendre à la cheminée de tirage.
Ventilation très-énergique.
Tirage excellent appliqué au fourneau à réverbère où le plomb se transforme en massicot, et celui-ci en minium.
PLOMB
Broyer le massicot entre des meules renfermées dans deux tambours à l’état de pâte liquide.
Ne pas charger la trémie directement, — mais y faire parvenir le minium sans pénétrer dans le hangar où est le blutoir.
Tenir le hangar bien fermé pendant le blutage, et n’y pénétrer qu’une heure après la fin des opérations.
Pour la mise en baril, prendre le minium à la pelle avec beaucoup de précautions. — L’asperger de temps en temps d’un peu d’eau, — et le faire arriver, par un plan incliné, du blutoir au baril, — en plein air.
Plomb de chasse (Fabrication «lu) (3e classe). — 15 octobre 1810. = U janvier 1815.
Détail des opérations. — Le plomb pur ne peut pas être employé à la fabrication des grains sphériques destinés à la charge des armes de chasse. Un millième d ’ arsenic suffit pour lui donner la propriété de se granuler: on emploie ordinairement trois millièmes pour le plomb doux, et jusqu’à huit millièmes pour les plombs aigres, ou de deuxième fusion, qui contiennent 4 à 6 pour 100 d’antimoine et trouvent un emploi dans celle fabrication ; quand le plomb contient plus de 5 pour 100 d’antimoine, on le ramène à cette quantité par du plomb pur. Trop d’arsenic donne une forme lenticulaire aux grains de plomb, pas assez leur fait prendre une forme aplatie et creuse sur le côté, ou même allongée en queue si la proportion en est très-faible.
La fusion de l’alliage s’opère dans une chaudière de foule : on y met mille kilogrammes par exemple de plomb; on dispose sur les bords deux pelletées de terre et dix kilogrammes d'arsenic au milieu ; on ferme la chaudière avec un couvercle scellé avec un mortier ou ciment; on chauffe pendant trois ou quatre heures, et coule en lingots après avoir écume le bain. C’est avec un ou deux de ces lingots, riches en arsenic, qu’on ajoute un métalloïde au plomb qui doit être granulé.
On remplace quelquefois cette méthode par celle-ci : on fond environ deux mille kilogrammes de plomb. On recouvre la surface du bain avec un peu de suif pour empêcher 1 oxydation;
PLOMB DE CHASSE (FABRICATION Du). 551
on enlève les crasses à mesure que la fusion s’opère; on ajoute du sulfure d’arsenic (réalgar) par fractions, en brassant continuellement et enlevant les crasses qui se forment tout d’abord, Les dernières crasses qui viennent nager à la surface du plomb servent à faire le filtre qui doit granuler le plomb et l'empêcher de prendre une forme allongée .
Pour opérer le granulage, on se sert de casseroles en tôle à fond plat, percées de trous bien ronds et sans bavures; de calibres qui varient avec la grosseur des grains que l’on veut obtenir. On emploie toujours trois passoires à la fois; on les place sur les grilles saillantes d’une espèce de réchaud triangulaire en tôle, placé immédiatement au-dessus de la chute. Ces passoires sont distantes l’une de l’autre et chauffées séparément par du charbon qui maintient le plomb à une température convenable pour la dimension du grain à fabriquer. On fait tomber le plomb d’une hauteur de trente mètres environ pour les dimensions ordinaires, et de cinquante mètres pour les plus gros échantillons ; il faut ordinairement une tour construite exprès et ayant de trente à quarante mètres de haut, ayant un couloir placé à l’un de ses angles, au bas de laquelle se trouve une cuve à demi pleine d’eau acidulée, pour recevoir le plomb granulé.
Cela fait, on place les crasses dans la passoire, en les pressant suffisamment, on y verse du plomb en quantité telle que la vitesse donnée par la pression ne soit pas trop grande ; les grains se forment nettement si l’opération marche bien, et donnent une colonne bien constante, si aucun courant d’air n’y apporte de dérangement. Les grains retirés de la cuve placée au bas de la tour sont séchés à l’air ou dans une étuve; on les passe dans des tamis percés de différentes grosseurs afin d’obtenir des grains identiques pour chaque numéro. On isole les grains défectueux par un plan incliné, au bas duquel roulent directement les grains ronds, tandis que les autres se déjeltent de côté, ce qui permet de les séparer.
Quelques grains restent encore altérés et peu lisses; ils sont d’ailleurs tous ternes; on les soumet au rodage et au lustrage;
PLOMB
pour cela, on les introduit dans un tonneau octogonal, mis en mouvement par un axe horizontal ; on y met six parties de plombagine pour cent mille kilogrammes de plomb, on tourne jusqu’à ce que les résultats soient parfaits.
Causes d’insalubrité. — Aucune évidente, — puisque la manipulation n’est pas immédiate.
Bien rarement des accidents d'intoxication pour les ouvriers.
Causes d’incommodité. — Fumée du fourneau. — Vapeurs arsenicales de la chaudière à fusion. — Poussière métallique.
Prescriptions. — Aérer vivement l’atelier. — Adapter une large lioltc en maçonnerie au fourneau sur lequel s’opère la fusion de l’alliage. — Fermer la partie antérieure de ce fourneau par une porte en tôle. — Adapter à la chaudière de fonte un double couvercle et le luter convenablement avant d’allumer le feu. — Diriger les vapeurs du foyer et celles qui peuvent naître de la fusion dans une cheminée haute de quinze à vingt mètres et pourvue d’un fort tirage. — Construire le fourneau et l’atelier en briques et fer. — Pratiquer la mise en lingots sous une hotte. — Recommander aux ouvriers quelques lotions spéciales et les engager à mettre des gants pour opérer le triage et le lissage. — Exiger la présence du chef d'atelier lors de la fonte de l’alliage à l’arsenic.
Plomb ( Crochets isolants pour In télégraphie, fabriqués avec les résidus de cristallerie, réduits en poudre, contenant du).
Détail des opérations. — On trempe les crochets en fer dans une solution épaisse de gomme, et on les saupoudre à l’aide d’un tamis, avec la poudre des résidus des cristalleries, puis on les passe au feu. — Cette opération se répète plusieurs fois de suite : les ouvrières qui tamisent les tiges sont prises rapidement de tous les signes d’empoisonnement aigu par le plomb. — (Gengivites, salivations, — paralysie saturnine.)
Prescriptions. — Les mômes que pour la fabrication de la céruse. (Voirie Mémoire deM. Ladreyt de la Charrière, Archives de médecine, novembre 1859.)
Documents relatifs à l'industrie du plomb.
I. INSTRUCTION DU CONSEIL DE SALUBRITÉ CONCERNANT LES FABRIQUES DE BLANC
de plomb. (Du 14 avril 1857.)
Instruction sur les précautions à mettre en usage dans tes fabriques de blanc de plomb, pour y rendre le travail moins insalubre.
Les fabricants qui entendent leurs intérêts doivent veiller à la santé de leurs ouvriers et prendre des précautions pour les mettre à l’abri des accidents qui, ordinairement, sont la suite du travail de la céruse ; ces précautions sont les suivantes pour le procédé, hollandais :
11 faut :
1° Que le local destiné à la construction des ateliers soit vaste et bien disposé pour le renouvellement de l’air ;
2° Que l’atelier, dit la fonderie, soit construit de façon que les chaudières où l’on fond le plomb pour le réduire en lames, et où l’on refond le plomb en lames qui a été exposé dans les couches et qui n'a pas été attaqué, soient placées dans la hotte d’une cheminée ayant un tirage forcé ;
5° Que l’atelier d’épluchage, où l’on opère la séparation du plomb carbonaté de celui qui ne l’est pas, soit bien ventilé, soit en employant le tirage de la cheminée, soit par tout autre moyen, et qu’il en soit de même de l’atelier où l’on opère le battage pour détacher le plomb carbonate des lames où il adhère encore.
Dans sa fabrique de Moulin-lés-Lilles, M. Lefèvre a fait établir un atelier spécial pour le battage du plomb ; cet atelier, peu large et très-long, est muni aux extrémités de portes qui donnent sur une cour, de manière à avoir un courant d’air, qui enlève rapidement par des fenêtres à bascules qui s’ouvrent dans le haut de l’escalier, les molécules les plus ténues de céruse qui se répandent dans l’atmosphère pendant le battage des lames de plomb ; M. Lefèvre n’a pu employer dans sa fabrique un appareil (un cylindre cannelé) qu’il a fait construire par M. Ilalelle, dans le but de séparer le plomb carbonaté des lames non entièrement attaquées. Nous devons dire cependant que ce moyen est usité en Allemagne (voir l’ouvrage de M. Marcel, Voyage dans l'empire d’Autriche) ;
4° Que les ouvriers chargés du battage ne soient employés qu’à tour de rôle à celte manutention, regardée comme une des plus insalubres (ceL usage est adopté à Moulin— lès-Lilles ; qu’ils soient munis de blouses et de gants; enfin qu’ils aient la bouche et le nez couverts avec un mouchoir un peu humecté, ou, mieux encore, que ces ouvriers soient revêtus de l'appareil Paulin *;
5" Que les meules destinées à réduire le blanc de plomb en poudre et à
• Cet appareil a pour but de permettre à un homme d'entrer et de travailler dans tout lieu infecté par une raison Quelconque, et d'y séjourner pendant un temps indéterminé. 11 peut également préserver les ouvriers des émanations malfaisantes que produisant une foule d'arts industriels. Il se trouve chez M. Guérin, rue du Marché-d’ Aguesseau.
sec soient placées dans un atelier vaste, où la ventilation soit forcée; que les ouvriers qui placent le blanc de plomb sous les meules l’y posent le plus doucement possible, en évitant de faire de la poussière ;
6° Que les blutoirs soient isolés, entourés d'un bâtis en bois recouvert soiL en plâtre, soit en papiers superposés eL collés, soit encore d’une toile serrée et calandrée, de façon que la poudre la plus ténue ne puisse se frayer un passage et s’échapper des bâtis qui renferment le blutoir (un blutoir salubre a été décrit dans le Bulletin delà Société d’encouragement, tome XXV, page 212 et suivantes);
7° Que les ouvriers qui soignent les meules où l’on réduit en pâte la céruse, que ceux empotant et dépotant la céruse portent des gants pendant ce travail;
8° Il faut, quand on met en baril les pains de céruse et qu’on secoue le tonneau pour opérer le tassement, couvrir la partie supérieure du tonneau pour que la poudre, soulevée par l’effet de la secousse, ne puisse se répandre dans l’atmosphère de l’atelier ;
9° Que les ouvriers ne prennent aucun repas dans les ateliers, et qu’ils soient forcés, avant de sortir le matin et le soir, de se laver les mains dans de l'eau aiguisée d’acide sulfurique, puis se les laver dans l'eau ordinaire. (Un gramme d’acide sulfurique pour un litre d’eau, ou une once pour trentedeux litres.)
10° N’admettre, autant que possible, dans les ateliers, que des ouvriers sobres et qui ne s’adonnent point à la boisson, et renvoyer ceux qui se livreraient à des excès ;
11° Il serait en outre nécessaire d'exiger des ouvriers cérusiers qu'ils eussent des blouses qui resteraient à l’atelier, et qui seraient lavées de temps en temps ;
12° 11 serait utile qu’un médecin, pris dans la localité, fût chargé de la santé des ouvriers qui travaillent dans les fabriques de céruse;
15° 11 faudrait que les manufacturiers lissent tous leurs efforts pour combattre par le raisonnement l'insouciance de la plupart des ouvriers pour le danger; insouciance qui, pour le conseil, est en grande partie cause de la gravité des accidents observés.
Les précautions que nous venons d’indiquer ici s'appliquent en grande partie aux fabriques de céruse par le procédé français; ces fabriques ont surtout besoin d'être aérées; la présence dans les ateliers d'une grande quantité d’acide carbonique, qui a entraîné avec lui de l'acétate de plomb, étant une des causes déterminantes des accidents observés dans ces fabriques.
Chevalier, rapporteur ; Marc, vice-président ;
Beaude, secrétaire.
Approuvé par nous, conseiller d'État, préfet de police,
G. Dklessert.