‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 124 sur 240 · POMMES DE TERRE · texte numérisé non relu

POMMES DE TERRE

Pommes de terre (Fécule de). Voir Amylacées {Matières), t. I, p. 233.

Pommes de terre (Sirop de). Voir Amylacées {Matières), t. I, p. 238.

POMPES A FEU. Voir Machines à vapeur, t. 11, p. 181.

542 roTASSE.

PORCELAINE (Fabriques de). Voir Céramique ( Industrie ), t. ], p. o (15.

PORCHERIES. Voir Abattoirs, t. I, p. 117.

POTASSE (Industrie de la).

Potasse (Fabriques rte) (5* classe). — 15 octobre 1810. — li janvier 1815.

Potasse (Fabriques rtc), quand ce produit est obtenu par la calcination des résidus provenant de la distillation de la mélasse (1" classe'.

— Décret du 19 février 1853.

La potasse est dans la nature répandue sur presque tous les sols, à l’état de sels à acides organiques ou inorganiques. On ne peut la retirer que des cendres provenant de la combustion des bois dans les pays où on ne peut leur donner uneaulre destination, et de celle de toutes les plantes terrestres. Les plantes marines contiennent presque exclusivement des sels de soude. (Voir Sonde.) La potasse était autrefois connue sous le nom d'alcali végétal fixe. Dans le commerce, on l’appelle encore salin.

La potasse du commerce est un corps amorphe, fusible, rarement d’une pureté satisfaisante, difficilement cristallisable, déliquescent, se dissolvant par conséquent dans une faible quantité d’eau, insoluble dans l’alcool, et donnant par les acides forts un dégagement d’acide carbonique.

Potasse des cendres de bois.

Détail des opérations. — Pour l’obtenir, on incinère dans une fosse dont l’aire et les parois ont subi un hallage suffisant les différents bois des forêts du Nord; on choisit pour cela un endroit bien abrité des vents. Les cendres, qui forment de I à 5 pour 100 du poids du bois employé, sont soumises à une lixiviation méthodique par déplacement avec l’eau chaude, et quand on a des liqueurs marquant dix à quinze degrés, on les évapore d’abord dans deux chaudières en tôle, puis dans une chaudière en fonte : le résidu de l’évaporation constitue le salin qu’on détache à l’aide d’un ciseau cl d’un maillet; on chauffe l’eau destinée au lessivage avec la fumée des trois foyers des chaudières d’évaporation.

rOTASSE ET SOL'DE DE LA MÉLASSE.

Le salin est soumis à une calcination clans un four à réverbère muni de deux foyers dont la flamme pénètre jusqu’au fond du four et vient ressortir par la porte par laquelle on introduit le salin. Le four est chauffé au rouge avant l'introduction du salin; celui-ci se dessèche peu à peu, il se fond même s’il est un peu trop humide, et décrépite parce qu’il confient des chlorures alcalins. 11 adhère bientôt à la sole, mais en repoussant la croule supérieure, la flamme faisant boursoufler la partie inférieure, la fait bientôt se détacher spontanément. Au bout d une heure de calcination, les matières végétales prennent feu, noircissent le salin en laissant un dépôt de charbon, mais blanchissent de nouveau en les retournant de temps en temps sous l’action de la flamme : il faut avoir soin de ménager la calcination, de manière à éviter la fusion des chlorures sur la lin de l’opération.

Pour purifier celle potasse, en la débarrassant de la plus grande partie des sulfates et chlorures qu’elle renferme, on la dissout à froid dans son poids d’eau; les sels étrangers ne se dissolvant presque pas dans une liqueur saturée de carbonate de polasse, se déposent ; il ne reste plus qu’à les séparer et à évaporer de nouveau la liqueur. — On arriverait au même résultat en exposant sur des entonnoirs les fragments de potasse dans un endroit humide comme une cave, la potasse tombe en deliquium et coule dans les vases que l’on a soin de placer audessous ; les sels étrangers restent sur l’entonnoir.

La potasse dite perlasse (de pearl ashes , en anglais, qui signifie cendres perlées ) est une belle potasse bien blanche qui nous vient d’Amérique.

Potasse et soude de la mélasse.

La mélasse provenant de la fabrication du sucre de betteraves, dont les résidus sont connus sous le nom de vinasses, contient une grande quantité de sels de potasse et de soude, et sert aussi à la production de la potasse du commerce. On la dissout dans l’eau, de manière à lui faire marquer 11 degrés Baumé; on la sature par l’acide sulfurique, on la fait fermenter

POTASSE

à une température de vingt degrés, avec 2 1/2 pour 100 de levûre de bière; on obtient un liquide alcoolique qu’on distille et qui donne environ vingt-quatre litres d’alcool absolu par cent kilogrammes de mélasse. La vinasse ou résidu de la distillation, contenant les sels, est évaporée dans des chaudières bombées, disposées en étage et chauffées comme il va être dit. Quand la vinasse est amenée en consistance sirupeuse, on la laisse déposer son sulfate de chaux; on verse le liquide brun éclairci sur la sole d’un four à réverbère, et on active l’évaporation en agitant la masse ; les substances organiques s'enflamment bientôt, et la chaleur développée par leur combustion sert à chauffer les chaudières d’évaporation. Le résidu charbonneux est éteint dans des étouffoirs quand la solution filtrée en est incolore, ce qui prouve que toute la matière organique est détruite.

On lessive la masse, on la laisse déposer après évaporation pour en séparer les sels cristallisables; on obtient finalement un mélange de carbonate de potasse et de soude.

Potasse pure.

On obtient du carbonate de potasse pure, pour les différents usages des arts, en brûlant dans une bassine en fonte chauffée au rouge naissant un mélange à parties égales d'azotate de potasse bien raffiné et de crème de tartre; le bitartrate se décompose, donne du carbonate et du charbon, lequel réagit sur l’azotate, le change en carbonate en donnant lieu à un dégagement d’azotate et d’acide carbonique. — Le carbonate de potasse serait encore plus pur si on le retirait du bioxalale de potasse plusieurs fois cristallisé, en le décomposant dans un creuset de platine.

La potasse peut se fabriquer comme la soude par le procédé de Leblanc en employant le sulfate de potasse retiré des marais salants, mais celte fabrication n’a pas encore lieu.

Potasse d'Amérique.

La potasse rouge d’Amérique est une potasse rendue caustique par la chaux, on l’évapore dans des chaudières de fonte dont

potasse; factice.

ori élève la température de manière à la fondre; on la coule en plaques qu’on expédie dans des barils bien cerclés. Elle est rouge et doit sa couleur à un peu d’oxyde de fer.

Potasse factice.

Quand le commerce ne pouvait apporler en France la potasse caustique d’Amérique, la soude n’ayant pas le crédit quelle a aujourd’hui pour la remplacer, on faisait et on fait encore une soude caustique d’un pouvoir blanchisseur égal, d’un aspect tout semblable, qu’on vendait sous le nom de potasse; la soude caustique mêlée à 53 ou 40 pour 100 de sel marin pour en diminuer la richesse alcaline était fondue, puis mêlée à 1/2 pour 100 de salpêtre pour changer en sulfate les traces de sulfure qu’elle contenait; on y ajoutait 1 pour 100 de sulfate de cuivre; on agitait la masse avec un bâton de chêne; on réduisait ainsi le cuivre à l’état de protoxyde qui donnait la conteur rouge désirée.

Acétate de potasse, ou terre foliée végétale.

L’acétate de potasse est éminemment déliquescent et par conséquent soluble, il se dissout aussi dans l’alcool.

On l’obtient bien pur et blanc avec des matières premières de bonne qualité, du vinaigre ou de l’acide acétique bien incolore, et du carbonate de potasse jusqu’à saturation. On maintient toujours un petit excès d’acide pendant l’opération, de manière à éviter toute coloration; ce que l’on pourrait faire disparaître par le noir animal purifié. On l’évapore lentement en consistance de miel.

Si on lui fait éprouver la fusion ignée, il prend la forme de lames feuilletées. Il sert en médecine.

Il peut donner de l’hydrogène proto-carboné par distillation avec un excès de potasse. — On connaît un biacétate qui, chauffé, donne de l’acide monohydraté.

POTASSE

Bicni'lioiiutc <Ic potasse.

Ce sel cristallise facilement; on l'obtient en faisant passer pendant longtemps un courant d’acide carbonique dans une dissolution de potasse; il se dépose en cristaux. 11 a peu d’usages et peut presque toujours être remplacé par le bicarbonate de soude qui coûte moins cher.

Causes d’insalurrité. — Pour la fabrication par la calcination des mélasses.

Danger d’explosion des fours.

Causes d’incommodité. — Buées abondantes et nauséabondes.

Odeurs vives et désagréables causées par les gaz provenanl de la décomposition ignée des mélasses (vapeurs d’azote et d'acide carbonique.)

Prescriptions. — Diriger les gaz provenant de la calcination dans un foyer incandescent pour y être brûlés, avant qu’ils ne s’engagent dans la cheminée.

Munir le fourneau à calcination de larges ouvreaux, afin de faciliter l’usage du ringard et de prévenir les explosions auxquelles peut donner lieu l’accumulation des gaz et la décomposition plus ou moins instantanée des matières soumises à la calcination.

Mettre le fourneau à calcination en rapport constant avec un fourneau fumivore toujours entretenu au roiuje blanc , afin d’assurer la complète combustion des gaz.

Faire rendre la portion des gaz non brûlés et les vapeurs produites par l’évaporation des eaux alcalines soumises à la concentration, ainsi que tous les autres gaz, dans une cheminée commune construite en maçonnerie, et ayant trente-trois mètres d’élévation au-dessus du sol.

Construire le fourneau à calcination en briques réfractaires et fer.

Surmonter d’une large hotte la chaudière de concentration des vinasses.

Ne laisser écouler de la distillerie d’alcool de mélasse que les

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