‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 129 sur 240 · MATIÈRES DÉTONANTES ET FULMINANTES (FABRIQUE DE). 5G · texte numérisé non relu

MATIÈRES DÉTONANTES ET FULMINANTES (FABRIQUE DE). 5G

peurs dégagées ne puissent nuire, le bassin dans lequel se fait la dissolution du mercure.

Pendant cette opération, faire usage d’un appareil condensateur pour toutes les vapeurs produites.

Construire l’atelier de tamisage de la poudre en châssis de toile goudronnée et sablée. — Ne le surmonter d’aucun étage.

Construire le séchoir de la même manière. — Mais la poudrière en maçonnerie.

Séparer les diverses parties de l’établissement par des talus en terre de trois mètres de hauteur.

Etablir en dehors des talus les fourneaux du séchoir, pour l'élévation de la température duquel il ne sera employé que la vapeur de l’eau chaude.

Peindre à l’huile et stuquer les murs.

Remplacer les vitres des ateliers par des papiers opaques, afin d’éviter les débris dans le cas d’explosion, et de ne pas donner lieu à la concentration des rayons solaires.

Pans les capsuleries, garnir le sol de lames de plomb dans le voisinage de la presse et des tables.

Ne jamais faire de feu dans les ateliers et n’y jamais pénétrer avec de la lumière.

Laver le précipité avec la plus grande précaution et recueillir avec soin la portion qui reste dans les eaux mères.

Ne pas laisser se répandre au dehors, ni sécher sur les parois des vases la moindre parcelle de ce précipité. — Si cela était, l'enlever avec une éponge humide qui sera ensuite lavée à grande eau.

Enlever la poudre avec une spatule en bois, et préférablement en corne. — La laver et la conserver, avant de la sécher, dans des baquets de bois blanc, sans nœuds ni fils. Recouvrir ces baquets avec de la toile cirée noire — tendue sur des cercles de bois et sans clous apparents.

Opérer le grenage dans des tamis de crin dont la partie inférieure sera garnie de lames de plomb d’une épaisseur de un millimètre au moins. — Proscrire les tamis de cuir qui se détériorent rapidement.

POUDRES

Après l’emploi du tamis, faire le grenage à la main , et non à la spatule, sur une table en bois blanc recouverte d'une étoffe de laine, sur laquelle sera étendue une toile cirée noire; c’e t sur cette dernière que tombera la poudre tamisée.

Défendre à l’ouvrier chargé du tamisage de se tenir dans l’atelier.

Suspendre le tamis et le mettre en mouvement par un ouvrier placé en dehors.

Ne jamais poser par terre dans l’atelier les bouteilles destinées à la charge des capsules.

Les placer dans une boîte de bois rembourée en crin ou en cuir.

N’y mettre que la quantité de poudre nécessaire à la fabrication d’une partie du jour.

Ne jamais transvaser, dans la pièce où est le magasin, la poudre des bouteilles-magasins dans les bouteilles de la consommation journalière, mais en dehors et sur une table recouverte d’une toile cirée noire.

Recouvrir d’une toile cirée, au-dessous de laquelle seront plusieurs étoffes de laine, la table des femmes qui chargent les capsules. — Ne jamais la placer devant la presse. — La main contenant les capsules qui doivent passer sous la presse devra être mise de côté, relativement à l’ouvrier qui les introduit, de façon à ce qu’il ne puisse être blessé, si une détonation avait lieu au moment où il place cette main sous les rouleaux de la presse.

Opérer le séchage en étendant la poudre par petites parties sur du papier gris en feuilles placées dans des boîtes en bois blanc de trois ccnt treize millimètres de hauteur et de largeur. — Éviter que la poudre ne s’introduise et séjourne dans les angles.

riacer ces boîtes sur les tablettes de l’atelier. — Ne rien mettre sur la tablette supérieure, dans la crainte de choc et d’explosion.

Séparer le pulvérin des grainettes à l’aide dn tamis. — Ne jamais chercher à écraser les grainettes.

MATIÈHES DÉTONÂMES ET FULMINAMES (faBUIQUE DE). 367

Ne pas mettre en bouteilles plus de cinq kilogrammes.

Envelopper les bouteilles avec du jonc et de la basane. — Les placer dans un lieu isolé, convenablement séparées les unes des autres, et dans une situation qui permette de les prendre facilement.

Établir un paratonnerre.

Ne transporter les capsules que dans des boîtes particulières en bois de chêne réunies en queue d’aronde garnies à leur intérieur d’une basane. — N’en transporter jamais plus de deux cent mille à la fois. [Mettre sur les boites une marque spéciale qui indique leur contenu. Et pour elles comme pour la poudre, quand il s’agit de les charger sur des chemins de fer, ne jamais les placer dans un convoi où il y a des voyageurs.

Limiter à cinq ans les autorisations.

Relativement aux poudrières et grandes fabriques de poudre :

Remplacer le paratonnerre par une armure métallique dont l’édifice sera recouvert, — armure composée de larges lames de métal réunies entre elles par des bandes métalliques, formant ainsi sur la surface extérieure un vaste conducteur qui se trouve lui-même en contact avec le sol par une grande surface.

Entourer la sainte-barbe d’une double rangée d'arbres, pour s’opposer, en cas d’explosion, à la projection des débris.

Substituer aux enveloppes en plomb qui contiennent la poudre, soit en magasin, soit quand elle est livrée au commerce, des enveloppes en étain, parce qu’avec le temps les acides contenus, ou se développant dans la poudre, convertissent ces enveloppes en carbonate de plomb pulvérulent et qu’alors la poudre reste sans protection, peut s’échapper des paquets, cl donner lieu, soit à des perles matérielles, soit à de très-graves accidents.

Enfin, quand des fds électriques passent au-dessus ou à côté des magasins à poudre, ou de grands établissements de capsuleric privée ou de guerre, adopter les dispositions suivantes :

( Académie des sciences , 1858.)

1° Substituer des fils souterrains aux fils aériens, dans la partie de la ligne qui serait à moins de ccnl mètres d’un magasin à poudre ;

fOUDRES.

ci° Rejeter le tracé des conduits souterrains en dehors de la zone où il serait dangereux d’admettre les ouvriers qui auraient à les construire, à les visiter ou à les réparer;

5° Etablir un. ou plusieurs paratonnerres sur des mâts de quinze ou vingt mètres de hauteur, à proximité de ces conduits souterrains, afin d’en protéger toute la longueur contre les atteintes directes de la poudre.

Poudre-coton (1" classe, par assimilation aux fulminates). Voir Collodion.

Sous le nom de pyroxyline et de coton-poudre, on désigne un corps ayant l’apparence du colon, dont il provient du reste, et qui s’enflamme instantanément comme la poudre de chasse, dont il produit les effets balistiques. 11 résulte de la combinaison de l’acide azotique monohydralé avec la cellulose. Ce corps est insoluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther, mais soluble dans un mélange de ces deux derniers, et surtout dans l’éther acétique, qui fournit le moyen de l'obtenir en poudre, en agitant constamment la dissolution en même temps qu’on l’évapore. On peut la considérer comme de l’amidon, dont une partie des éléments de l’eau de constitution est remplacée par de l’acide azotique anhydre.

La pyroxyline, soumise à une température peu élevée, cent quarante degrés environ, s’enflamme ; elle détone même audessous de cent degrés, si on l’a d’abord maintenue quelque temps à une température de soixante à quatre-vingts degrés ; elle ne donne pas de résidu ni de fumée ; elle n’attire pas l’humidité comme la poudre ordinaire; elle n’est pas altérée par son séjour dans l’eau.

La pyroxyline donne, en brûlant, de l’eau, de l’azote, de l’acide carbonique, et surtout de l’oxyde de carbone; aussi ce gaz, d’ailleurs inflammable, devenait dangereux dans les mines; on y a suppléé en mêlant à la pyroxyline le dixième de son poids de chlorate de potasse et même de nitre ; tout l’oxyde de carbone se transforme en acide carbonique, parce qu’il se trouve en présence d’assez d’oxygène pour le brûler.

On peut diminuer considérablement la propriété brisante du

XYLOÏDIiVE, PYROXAM, OU AMIDON AZOTIQUE. 360

coton-poudre; en le mêlant ou cardant avec une certaine quantité de coton ordinaire.

On a remarqué que le coton-poudre ne pouvait être desséché par des courants d’air chauffé par l’intermédiaire de plaques métalliques ou d'une maçonnerie, sans donner lieu à une inflammation ; tandis qu’on ne risque aucun danger en le desséchant au moyen d’un courant d’air chauffé à trente ou trenlesix degrés par circulation d’eau chaude ou de vapeur.

Détail des opérations. — Pour obtenir la pyroxyline, on fait réagir l’acide azotique très-concentré (monohydraté), mêlé à de l’acide sulfurique à soixante-six degrés sur du coton bien cardé : c’est ordinairement avec trois parties d’acide azotique et cinq d’acide sulfurique. L’acide sulfurique a pour but de permettre l’emploi d’un acide azotique moins concentré en s’emparant de l’eau que contient cet acide, et de celle qui résulte de la réaction. Le coton cardé, bien desséché, est plongé par parties dans le mélange refroidi des acides 1 ; on l’y laisse un quart d’heure environ, on le retire, on l’exprime, le lave à grande eau et le sèche; cent parties de cellulose ou coton pur donnent environ cent soixante-quinze de pyroxyline. On remplace quelquefois l’acide azotique par de l’azotate de potasse; l’acide sulfurique en sépare l’acide azotique, qui réagit comme s’il n’y avait pas de sulfate de potasse; le linge, le papier, la cellulose en un mot, peuvent remplacer le coton. Voir, au mot Etoffes , l’article Colloclion, t. I, p. 6G1.

Xyloïdinc. pyroxnin, ou amidon azotique.

Quand on traite l’amidon bien sec par plusieurs fois son poids d’acide azotique très-concentré, on le dissout; l’eau sépare de celte dissolution une matière blanche, pulvérulente, très-inflammable et instable, insoluble, qui est analogue à la pyroxyline. Celte matière n’a pas d’emploi ; elle est due au commencement de transformation qu’éprouve l'amidon sous l’influence de l’acide azotique.

1 On a remplacé le coton cardé par des lontisses de coton : on obtient ainsi une combinaison plus rapide et plus complète.

VFBrOW II vc . ind. II 2 i

POUDRES

La marmite azotique est encore le produit d’une semblable réaction; elle détone aussi très-énergiquement.

Les protosels de fer ramènent ces composés azotiques à leur composition primitive, en passant cux-mômes à l’état de sels de sesquioxyde.

Toutes ces préparations donnent lieu à un dégagement considérable d’acide hypoazotique.

Causes d’insalubrité. — Danger d’explosion.

Danger pour la santé des ouvriers. — Les vapeurs acides, comme dans le cas de dérochage, irritent la muqueuse des yeux, du nez, de la gorge et des bronches. — Crachement de sang. — Action sur les ongles et la peau des mains. — Taches jaunâtres.

Action sur la végétation.

Causes d’incommodité. — Dégagement considérable d’acide liypoazotique pendant la fabrication.

Prescriptions. — Opérer sous une large hotte, qui, par un tuyau spécial, porte très-haut dans l’atmosphère les produits gazeux acides.

Donner à la cheminée d’aération un fort tirage.

Aérer l’atelier.

Opérer sous un hangar est préférable.

Isoler les magasins comme ceux où l’on conserve la poudre.

Les construire en matériaux très-légers.

Ne préparer en grand que du coton pur non désagrégé.

Le soumettre à des lavages suffisants pour enlever tout excès d’acide.

Ne renfermer dans le même local, et à plus forte raison dans le môme baril, qu’un seul et môme produit pyroxylique.

Ne faire d’approvisionnement considérable de ces produits que ceux provenant du coton pur.

Ne jeter sur la voie publique que les eaux neutralisées (par la craie). Voir Eaux tièdes , t. I, p. 590.

Quant à la garde ou au transport du coton-poudre destiné à faire du collodion, — il faut l’introduire dans de l’alcool. — On évite ainsi toute cause d’explosion et on ne nuit pas au produit,

puisqu’il faut toujours dans ce cas ajouter plus tard une certaine quantité d'alcool à l’éther. — Ce coton-poudre, ainsi qu’on peut voir à l’article Collodion, se prépare d’une façon bien plus régulière et plus parfaite en se servant de colon en poudre (tontisses de coton), au lieu de coton en cardes. — La fabrication se fait alors avec une très-grande rapidité, et donne des produits toujours très -riches et toujours similaires.

Sulpctrc (azotate de potasse) (Fabrication et raltinage du) (3* classe).

— 14 janvier 1815.

Ce sel pur est anhydre, en prismes à six pans, soluble dans huit parties d’eau à zéro, et moins de la moitié de son poids à 1 PO degrés. Il est fusible à 500 degrés, et se prend par refroidissement en une masse transparente; on le désigne souvent en cet état sous le nom de cristal minéral. Il se décompose à la chaleur rouge en azotite ou en oxygène; à une plus haute température, il se décompose totalement, il ne reste plus que de la potasse. Mêlé à des corps combustibles et projeté dans un creuset, il détone; mêlé à la moitié de son poids de soufre, il donne une poudre très-inflammable, brûlant avec une lumière très-intense et un grand dégagement de chaleur.

Détail des opérations. — Production naturelle. — Le salpêtre ou nitre a été pendant longtemps exclusivement fourni par la nature, qui produit encore la plus grande partie de celui qu’on consomme. Il est contenu dans un grand nombre de plantes, mais en faibles proportions.

Dans les pays chauds, dans l’Inde, la Perse, l’Égypte, le nitre se produit dans le sol, et quand l’évaporation survient après les pluies, la dissolution aqueuse vient par effet capillaire cristalliser à la surface. A l’aide de balais nommés lioussoirs , on enlève le salpêtre superficiel et on l’expédie brut sous le nom de salpêtre de houssage. Puis on enlève quelques centimètres de terre, pour séparer par des lavages et des décantations le salpêtre qu’elle contient. On fait évaporer et cristalliser les liqueurs au soleil dans des fosses rendues imperméables.

Ce salpêtre tout naturel contient une forte proportion d'azo-

rOUDHES.

tate de chaux que l’on transforme en azotate de potasse. On peut le considérer comme le résultat des réactions suivantes.

Réactions diverses, ou théorie probable de la formation. — 1° On sait que les pluies d’orage, si fréquentes dans les pays chauds, contiennent de l’azotate d’ammoniaque; dès lors on peut comprendre la présence de quantités notables d’azotate dépotasse, de chaux, de magnésie, par double décomposition des carbonates de ces bases; leur transformation en azotate et carbonate d’ammoniaque;

2° L’air contient de l’ozone, c’est-à-dire de l’oxygène modifié; il jouit de la propriété de se combiner, directement à l’azote pour faire de l’acide azotique qui s’unit aux bases et donne des azotates;

o° L’ozone réagit sur l’ammoniaque et la change également en acide azotique; aussi, les matières animales en putréfaction contenues dans les matières terreuses et poreuses produisent facilement de l’acide azotique et par conséquent des azotates;

4° L’électricité combine l’azote à l’oxygène, c’est à lui que l’on peut également attribuer la formation de l’azotate d’ammoniaque dans les pluies d’orages;

5° L'oxydation des composés ammoniacaux produit de l’acide azotique; l’oxygène, contenant de l’ammoniaque, se change en acide azotique en passant sur du platine ou quelques autres corps poreux, légèrement chauffés. On voit dès lors combien est importante la présence des vapeurs ammoniacales dans les nitrières, et celles des corps poreux.

Les réactions qui donnent lieu à la formation des azotates ne sont pas toujours bien déterminées dans les nitrières; on croit que les différentes circonstances qui président à leur formation varient suivant les pays et les éléments en présence. On sait que cette formation n’a lieu fructueusement qu’à une température de 15 à ‘25 degrés; qu’il faut une certaine humidité, une quantité assez abondante de carbonate poreux, et que la présence de substances azotées en décomposition ne semble pas nécessaire dans les pays chauds.

On rencontre souvent dans la nature des nitrières naturelles ;

l’île de Ceylan en renferme un assez grand nombre, elles contiennent des feldspath dont la décomposition fournit de la potasse, du carbonate de chaux, de la silice, de l’alumine, qui rendent les matières poreuses.

Le département de Seine-et-Oise contient les grottes de la Roche-Guyon et autres; l’Inde'et l’Égypte en fournissent beaucoup. Toujours le salpêtre ainsi obtenu renferme une forte proportion d'azotate de chaux, et même quelquefois de magnésie.

Les nitrières artificielles suédoises sont formées de cabanes contenant de la terre ordinaire mélangée à du sable calcaire; ou de la marne et des cendres lessivées. On arrose la masse avec de l’urine d’animaux domestiques, on la remue une fois toutes les semaines, en été, et une fois toutes les deux ou trois semaines en hiver; on empêche l’accès de la lumière en fermant les volets de la cabane. Ce procédé est quelquefois pratiqué dans des carrières françaises .

En Suisse, le plancher de certaines étables étant surélevé par rapport au sol, on creuse sous l’étab le une fosse de même surface et de deux ou trois pieds de profondeur dans laquelle on met une terre sablonneuse. Les urines viennent tomber sur cette masse poreuse, et au bout de deux ou trois ans, on la lessive, ce qui donne une quantité de salpêtre très-importante. La masse lessivée peut servir de nouveau à la nitrification et avec grand avantage, car on peut alors lessiver fructueusement chaque année.

Procédé Thouvenel. — On a proposé aussi, pour obtenir du nilre, de faire séjourner du fumier de bergerie avec de la terre, puis d’exposer ce terreau à l’influence des matières alcalines et de l'air. La préparation des terres se fait en laissant pourrir sur place le fumier de mouton recouvert sur terre : on retourne la terre après quatre mois et on reeommencc de même. Au bout d’un an, on prend celte terre et la place dans un hangar dont le pourtour est fermé par un mur de terre propre à la nitrification. La couche de terre ainsi employée a un mètre environ d’épaisseur, on la remue de temps à autre avec des crochets de fer, on l’arrose avec l’eau de fumier dans laquelle on a délayé

POUDRES

des crollins de mouton, de cheval, et qu’on a laissé préalablement fermenter pendant quinze à vingt jours; après deux ans de traitement, on lessive. Dans les derniers temps on évite l’addition de toutes matières animales ou végétales non décomposées surtout, qui coloreraient les sels et rendraient difficile la cristallisation.

En Prusse, au lieu d’étendre sur le sol naturel ou préparé le terreau qui doit être nitrifié, on dispose celui-ci en murs parallèles qui présentent cet avantage d’offrir une plus grande surface à l’air.

Plâtras de démolitions. — Les plâtres provenant de démolitions contiennent souvent une assez forte proportion de matériaux salpêtrés.

Lixiviation. — Quel que soit le moyen employé pour opérer la nitrification, il fauten séparer les sels solubles. On divise les plâtras avant de les lessiver, et l'on place les substances divisées dans des tonneaux percés à la partie inférieure pour faire écouler les eaux de lavage; on opère méthodiquement; et les eaux de lavage faibles servent à de nouvelles lixiviations.

Liqueurs. — La lessive obtenue renferme des azotates de potasse, chaux, magnésie et quelques autres sels. 11 faut opérer la saturation des liqueurs , c’est-à-dire la transformation de tous ces azotates en azotate de potasse.

On emploie la potasse que l’on verse dans la lessive, elle fait déposer immédiatement la chaux et la magnésie à l’état de carbonates, il se forme de l’azotalc de potasse à la place.

Si l’on employait le sulfite de potasse au lieu du carbonate à cette opération, on ne se débarrasserait pas du sulfate de magnésie, à cause de sa solubilité; aussi, pour éviter cet inconvénient, on commence par transformer l’azotate de magnésie en azotate de chaux par addition d’un petit excès de lait de chaux : on agite et laisse déposer de la magnésie; c’est alors que le sulfate de potasse peut servir avantageusement à précipiter la chaux à l’état de sulfate.

L’emploi de la chaux a aussi pour effet de dégager l’ammoniaque de ses combinaisons; l’emploi du carbonate de potasse

SALPÊTRE (FABRICATION ET RAFFINAGE Du). 575

donne lieu à la formation de carbonate d'ammoniaque qui ne se déqage que pendant l'évaporation.

On peut opérer la saturation des liqueurs en les faisant passer sur des cendres dans un cuvier. Ces cendres, bien tamisées et neuves, sont humectées de manière à former corps sous la pression des doigts; on en dispose une couche d’environ seize centimètres sur une toile grossière placée au fond et on la tasse; on en ajoute de nouvelles couches bien tassées aussi à l’aide d’un pilon jusqu’à la moitié du cuvier. On unit la surface des cendres et on la recouvre de paille pour empêcher que la chute des liquides ne vienne à briser la surface. On fait couler les eaux salpêtrées sur ces lits de cendres qui fournissent du carbonate et du sulfate de potasse, et on reçoit la liqueur formée presque exclusivement alors d’azotate de potasse à peu près décoloré.

On peut encore opérer cette transformation des sels de chaux en se débarrassant d’abord des sels de magnésie par un lait de chaux, et employant un mélange à équivalents égaux de sulfate de soude et de chlorure de potassium. La chaux se précipite sous la forme de sulfate, d’ailleurs, pendant l’évaporation, le mélange agit comme si l'on avait ajouté un mélange de sel marin et de sulfate de potasse; on peut admettre aussi qu’il se forme de l’azotate de soude que le chlorure de potassium décompose à son tour.

Quand on a réuni une quantité suffisante de liqueur, on en remplit une chaudière de cuivre montée sur un fourneau. A mesure que l’évaporation s’effectue, on entretient la même quantité de liquide dans la chaudière; on doit éviter toute addition considérable qui, en suspendant l’ébullition, retarderait beaucoup l’opération. On fait arriver le liquide d’une manière continue en plaçant la chaudière à saturation au-dessus du fourneau d’évaporation, ou mieux encore, au-dessus d’un bassin chauffé par la flamme perdue du fourneau, fournissant un liquide qui possède déjà une certaine chaleur.

Pendant l’ébullition, il se forme une grandequanlité d’écumes qu’on enlève et qu’on rejette dans les phàtras à l’aide d’une écumoire La liqueur se trouble en laissant déposer des carbonates

rOUDP.ES.

de chaux el de magnésie que l’acide carbonique tenait en dissolution ; on les nomme boues.

Pour empêcher leur précipitation et leur adhérence sur le fond de la chaudière, on place au-dessous un chaudron mobile dans le sens vertical au moyen d’une poulie, et venant à six centimètres du fond de la chaudière; presque tout le dépôt s’y réunit sous l'influence du mouvement d’ébullition; on le vide dès qu’il est presque plein, et on le replace.

Quand le sel marin que contiennent les liqueurs va se déposer, on enlève le chaudron ; et comme sa solubilité n’est guère plus forte à chaud qu’à froid, on le retire partiellement du fond de la chaudière où il se dépose sur la fin de la concentration.

Dès qu’une goutte de la liqueur prise pour essai peut cristalliser, on modère le feu et on laisse opérer le dépôt cristallin sur les parois ; on décante soigneusement après quinze ou dixhuit heures de repos, à l’aide de puisoirs, de manière à ne pas troubler le dépôt.

La liqueur est portée dans des bassines de cuivre où elle se cristallise complètement en peu de jours; on trouble la cristallisation pour diviser et laver les cristaux.

Les eaux mères concentrées peuvent donner de nouveaux cristaux, mais si impurs et colorés, qu’on préfère souvent les réunir aux plâtras et aux eaux de nouvelles lixiviations.

Le sel marin provenant de l’extraction du salpêtre ne peut guère servir aux usages domestiques ; il contient presque toujours du cuivre enlevé aux parois de la chaudière.

Raffinage. — Le salpêtre de première cuite ainsi obtenu a besoin de subir l’opération du raffinage.

Ancien procédé. — Ce raffinage s’opérait autrefois de la ma nière suivante : on mettait dans une chaudière six parties d'eau pour trente de salpêtre; on portait à l’ébullition bien soutenue, on enlevait les écumes et matières grasses qui venaient surnager, puis on procédait au collage. Cette opération consistait à verser dans le liquide bouillant une dissolution de colle-forte dans l’eau, à brasser fortement, ce qui portait toutes les impuretés à la surface ; on ajoutait de l’eau froide quand les écumes

diminuaient; on faisait bouillir de nouveau pour écumer, et on répétait plusieurs fois cette addition d’eau dans le môme but. On laissait refroidir à demi et lentement, et décantait dans des bassins de cuivre recouverts pour laisser opérer une cristallisation lente.

Si ce salpêtre renfermait encore des chlorures, on le traitait par l’eau à l’ébullition et le collait comme il a été dit, et on recommençait trois ou quatre fois celte opération, on laissait ensuite égoutter et sécher les cristaux.

Nouveau procédé. — Le raffinage s’opère maintenant presque exclusivement parle procédé suivant :

Six cents kilogrammes d’eau placés dans une chaudière reçoivent successivement jusqu’à trois mille kilogrammes de salpêtre; on enlève les écumes à mesure de leur formation. Après un ou deux jours d’un pareil traitement, on élève la température jusqu'à l’ébullition, et on retire le sel marin déposé, en ajoutant de temps en temps de l’eau froide pour faciliter la séparation.

On clarifie avec un kilogramme de colle de Flandre et même du sang de bœuf, quand il ne se dépose plus de sel marin ; on brasse, et, par des additions successives d’eau froide, on arrive à avoir mille kilogrammes d’eau. Quand la liqueur est claire, débarrassée d’écume, on enlève presque tout le feu; on décante le lendemain la liqueur encore très-chaude, marquant soixantesept à soixante-huit degrés, à l’aide de puisoirs et en ayant soin d'occasionner un trouble dans la liqueur; on la porte dans un cristallisoir h large surface, dont le fond est formé par deux plans inclinés sur lesquels on ramène le sel à mesure de sa crislallisation; on agite constamment la liqueur pour n’avoir que des petits cristaux, et on sépare la masse cristalline à mesure qu’elle blanchit.

On la porte dans des caisses de lavage, on y verse successi vement des eaux saturées de salpêtre; enfin, on arrive à de l’eau pure, de manière que la liqueur, qui s’écoule par le bas de ces caisses est saturée à la température à laquelle on opère; on ne laisse écouler qu’après un contact de deux ou trois heures chaque fois.

POUDRES

Après cc lavage, le salpêtre est porté dans un bassin de dessiccation. Chauffe par la fumée de la chaudière de raffinage, on le remue souvent pour empêcher son adhérence, et le tamise pour briser les mottes. Les eaux de cristallisation et de lavage subissent un traitement à peu près semblable à celui du nitre brut.

Azotate de soude, et sa transformation en azotate de potasse.

Sous le nom de nitre cubique, on désigne souvent l'azotate de soude. 11 est en cubes, déliquescent, ce qui l’empêche de servir à la fabrication de la poudre à canon; il sert à fabriquer l’acide azotique, et, comme engrais, on le trouve au Pérou sur plus de cent lieues carrées avec une épaisseur variable.

On le transforme souvent en azotate de potasse, soit par le chlorure de potassium, et alors on enlève le sel marin à mesure de sa formation pendant l’ébullition, soit par le carbonate de potasse, en laissant cristallisera basse température. Le traitement par le chlorure de potassium semble le plus commode et celui qui donne les meilleurs résultats. Cette opération, qui remplace aujourd’hui celle pratiquée autrefois sur les azotates de chaux et de magnésie retirés du lavage des plâtres, est d’une extrême simplicité et permet d’agir sur une grande masse de matières avec une facilité de manœuvre qui n’exclut pas cependant la sagacité et l’habileté nécessaires à l’ouvrier chargé de diriger le travail. On sait que l’azotate de potasse est peu soluble à froid, mais très-soluble à chaud : sa force de cristallisation est ainsi en raison de la quantité de sel entraîné en solution par la chaleur. Si donc une forte quantité d’azotate de soude, sel très-soluble, est dissous dans une faible quantité d’eau chaude, en même temps qu’une quantité proportionnelle de chlorure de potassium, il se fera un échange mutuel de bases alcalines dont les résultats se montreront au moment où la température ne sera plus suffisante pour tenir en solution l’azotate de potasse, ou plutôt les éléments susceptibles d’en produire. Car c’est l’insolubilité relative du nouveau sel qui est la cause de sa formation dans l’espèce. Ce sel, une fois cris-

DOCUMENTS RELATIFS A l’iNDUSTRIE DES POUDRES.

tallisé, esl séparé des eaux mères, égoutté et soumis au lavage à l’eau froide pour lui enlever les dernières portions de chlorure alcalin qui le souillent. 11 est ensuite rapidement séché pour être livré aux raffineries de l’État où il est obtenu dans toute sa pureté; pureté sans laquelle il ne pourrait produire l’effet qu’on en attend dans la fabrication de la poudre de guerre. (Voir comptes rendus de Bordeaux, 1855.)

Il s’est établi une industrie ayant pour objet de soumettre au lavage à chaud les sacs qui ont servi à transporter le salpêtre. — On concentre ces eaux et on les évapore. Il en résulte du nitrate de potasse, qui est ensuite revendu aux marchands.

Causes d’ insalubrité. — Danger du feu.

Causes d’incommodité. — Fumée.

Buée des eaux de condensation de cuisson.

Prescriptions. — Diriger les buées produites pendant la condensation des eaux de cuisson sous un manteau recouvrant les chaudières, dans une cheminée qui dépassera de cinq à six mètres les toits voisins.

Éloigner des foyers les magasins destinés à conserver les produits secs.

Pievêtir d’un contre-mur en dalles, dans toute la longueur du manteau et de la cheminée d’évaporation, les parties voisines ou attenantes aux murs mitovens.

Documents relatifs à l'industrie des poudres.

I. ORDONNANCE CONCERNANT LES FEUX d’aRTIFICE, LA VENTE ET LE TIR DES TlfXES

d’artifice sur la voie publique. (Du 7 juin *1858.)

Nous, préfet de police,

Considérant que des accidents graves sont résultés de la négligence apportée dans te tir ou dans la confection des pièces d’artifice, et surtout dans l’emploi de mortiers ou d’obusiers en fer ou en fonte ; que le tir de pétards et autres pièces d’artifice sur la voie publique a également causé des accidents dont il importe de prévenir le retour;

Vu ;

1° La loi des 16—24 août 1790 ;

2° Les arrêtés du gouvernement du 12 messidor an VIII et du 3 brumaire an IX;

3° Les articles 319 et 320 du Code pénal;

rovniiEs.

4“ Les ordonnances de police du 12 juin 1811 et du 5 février 1821 ;

5° L’arrêté du 24 juin 1841;

G0 L’ordonnance de police du 50 juin 1842;

Ordonnons ce qui suit :

I. Les artificiers ne pourront employer, pour la direction des l'usées, que des baguettes faites avec des brins de bois très-léger, tels que sureau, saule, osier, etc.

Les baguettes destinées aux fusées de petites dimensions ne pourront avoir plus de 15 millimètres de diamètre au gros bout.

II. Les grosses fusées tirées isolément dans les fêtes publiques ne pourront porter de baguettes; elles devront être dirigées par des ailettes en carton ou par tout autre moyen analogue.

III. Les mortiers destinés à tirer plusieurs coups, quel que soit leur mode de confection, seront enterrés jusqu’au niveau de la partie supérieure de la bombe. La portion du mortier hors du sol sera entièrement entourée d’une caisse en bois de chêne de 8 centimètres d’épaisseur, assemblée à queue d’arondes. L’intervalle entre les parois de la caisse et du mortier, qui devra être d’au moins 5 centimètres, sera rempli de terre passée à la claie et pilonnée.

Si l’on fait emploi de mortiers en bronze, la caisse dont il vient d’ètre parlé pourra être supprimée.

Les mortiers en matière autre que le bronze et ne devant tirer qu’un seul coup devront être enterrés jusqu’à la bouche et entourés de terre remblayée comme il est dit ci-dessus.

II. articles de la loi du 13 fructidor an v. (13 fructidor an Y — 50 août 1797.)

21. La loi du 11 mars 1793 (vieux style) est rapportée: En conséquence, il est défendu à qui que ce soit d’introduire aucunes poudres étrangères dans la République, sous peine de confiscation de la poudre, des chevaux et voitures qui en seraient chargés, et d’une amende de vingt francs quarantequatre centimes par kilogramme de poudre (ou dix francs par livre).

Si l’entrée en fraude est faite par la voie de la mer, l’amende sera double, en outre de la confiscation de la poudre.

22. L’importation et l’exportation des salpêtres sont également prohibées; la contravention sera punie des mêmes peines que lorsque les poudres sont la matière du délit.

Il sera cependant permis d’entreposer des salpêtres dans les ports de France pour les réexporter ensuite, en se conformant à ce qui est prescrit par les lois sur l’entrepôt.

25. Les poudres ou salpêtres saisis par les employés des douanes seront par eux déposés au magasin national le plus prochain affecté à ces matières : la moitié de la valeur de tous les objets confisqués et des amendes prononcées appartiendra aux saisissants et sera partagée entre eux.

24. La fabrication et la vente des poudres continueront d’être interdites

à Ions les citoyens autres que ceux qui y seront autorisés par une commission spéciale de l’administration nationale des poudres.

11 est également interdit aux citoyens qui n'y seraient pas autorisés de conserver chez eux de la poudre au delà de la quantité de cinq kilogrammes (environ dix livres un quart).

La surveillance de ces dispositions est confiée aux administrations départementales et municipales, aux commissaires du Directoire exécutif près d'elles, et aux affaires de police.

125. Lorsque l’une de ces autorités ou les préposés de l’administration des poudres auront connaissance d’une violation du précédent article, ils requerront la municipalité du lieu de prendre les moyens nécessaires pour constater les délits.

26. La municipalité sera tenue de déférer à celte réquisition : en conséquence elle fera procéder à une visite dans la maison désignée, si les circonstances du fait l'exigent; cette visite ne pourra s’exercer que par deux officiers municipaux accompagnés d’un commissaire de police, en plein jour, et seulement pour l’objet énoncé en la présente loi, conformément à l'article 559 delà constitution.

Dans les communes où il n'y a pas de municipalité, cette visite sera faite par l’agent municipal et son adjoint, lesquels se feront assister par deux citoyens du voisinage.

Dans le cas de conviction, l'affaire sera renvoyée aux tribunaux qui feront la poursuite suivant les lois.

27. Ceux qui feront fabriquer illicitement de la poudre seront condamnés à trois mille francs d’amende. La poudre, les matières et ustensiles servant à sa confection seront confisqués ; et les ouvriers employés à sa fabrication seront détenus pendant trois mois pour la première fois, et pendant un an en cas de récidive. Le tiers des amendes appartiendra aux dénonciateurs; le surplus, ainsi que les objets confisqués, seront versés au trésor public et dans les magasins nationaux.

28. Tout citoyen qui vendrait de la poudre sans y être autorisé, conformément à l'article 24, sera condamné à une amende de cinq cents francs, et celui qui en conserverait chez lui plus de cinq kilogrammes (ou environ dix livres un quart), à une amende de cent francs.

Dans l’un et l’autre cas, les poudres seront confisquées et déposées dans les magasins nationaux.

29. Il est aussi défendu aux gardes des arsenaux de terre et de mer, à tous militaires, ouvriers et employés dans les poudrières, de vendre, donner ou échanger aucune poudre, sous peine de destitution, et d’une détention qui sera de trois mois pour les gardes-magasins et militaires, et d'un an pour les ouvriers et employés des poudrières.

Les ouvriers des raffineries et ateliers nationaux de salpêtre qui en détourneraient les produits encourront les mêmes peines que les ouvriers des poudrières en pareil cas.

50. Tout voyageur ou conducteur de voitures qui transportera plus de

POUDRES

cinq kilogrammes (ou dix livres un quart) de poudre, sans pouvoir justifier leur destination par un passe-port de l’autorité compétente, revêtu du visa de la municipalité du lieu de départ, sera arrêté et condamné à une amende de vingt francs quarante-quatre centimes par kilogramme de poudre saisie (ou dix francs par livre), avec confiscation de la poudre, des chevaux et voitures; mais si le conducteur n’a pas eu connaissance du chargement, il aura son recours contre le chargeur qui l’aurait trompé et qui sera tenu de l’indemniser.

Néanmoins, dans la distance de deux lieues des frontières, les citoyens resteront soumis à tout ce qui est prescrit par les lois pour la circulation dans cette étendue.

51 . Les capitaines de navires, de quelques lieux qu’ils viennent, à leur entrée dans des ports maritimes, seront obligés, dans les vingt-quatre heures, de faire, au bureau des douanes, ou, à défaut, au commissaire de la marine, la déclaration des poudres qu’ils auront à bord, et de les déposer dans le jour suivant, dans les magasins nationaux, sous peine de cinq cents francs d’amende; ces poudres leur seront rendues à leur sortie desdits ports.

52. Les poudres prises sur l’ennemi par les vaisseaux ou bâtiments de mer, seront, à leur arrivée dans les ports de la République, déposées dans les magasins de la marine, si elles sont bonnes à être employées pour ce service; et dans ce cas le ministre de ce département les fera payer au même prix que celles qu’il reçoit de l’administration nationale des poudres.

Mais si les poudres des prises, après vérification contradictoirement faite, ne sont pas admissibles pour le service de la marine, elles seront versées dans les magasins de l’administration des poudres, qui les payera en raison de la quantité de salpêtre qu’elles contiennent et au prix auquel est fixé celui des salpêtriers.

Certifié conforme :

Le secrétaire d'État, Hugues B. Maret.

Le conseiller d’État, préfet, Dubois.

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