TRAVAIL EN GRAND DE TOUTES LES MATIÈRES RÉSINEUSES
Les décoctions sont placées dans des vaisseaux évaporateurs en cuivre, à larges surfaces ; on les agite constamment pour activer l'évaporation.
Usages. — On a essayé de fabriquer du gros papier à enveloppe avec le marc.
Le suc ou le jus de réglisse sert à colorer la bière, à conserver le tabac, en le maintenant dans un état d’humidité convenable. On en fait un très-grand usage en Corse et dans les manufactures du gouvernement.
Causes d’insalubrité. — Odeur et gaz putrides, quand les marcs entrent en fermentation.
Causes d’incommodité. — Buée des chaudières à évaporation.
Odeur désagréable.
Dépôt des résidus des décoctions accumulés dans les cours.
Eaux de fabrication.
Prescriptions. — Pratiquer l’évaporation des décoctions sur des fourneaux recouverts de larges bottes communiquant avec la cheminée. — Elever la cheminée à quinze mètres.
Bien ventiler l’atelier où se font les décoctions à feu nu.
Ne jamais laisser accumuler les marcs, — s’en débarrasser tous les jours. — On peut les vendre pour engrais.
Ne pas laisser couler sur la voie publique les eaux odorantes et colorées provenant de la fabrication, mais les conduire à l’égout par un caniveau couvert.
RÉSINE (Huile de). Voir Huiles (Industrie des) , t. II, p. 86. RÉSINEUSES (Matières).
Travail en grand de tonies les matières résineuses, soit par la fonte
et l'épuration de ces matières, soit pour en extraire la térébenthine (1" classe). — 5 février 1825.
On doit réunir sous une même dénomination les substances autrefois décrites séparément sous les litres de résine , gommerésine , baumes. — Ce sont des sucs formés de principes immédiats dans lesquels on rencontre toujours des huiles volatiles, un ou plusieurs éléments résineux, un acide et des matières salines. Les huiles volatiles, plus ou moins pures, s’épaississent àl’air par suite de l’aclion de l’oxygène ou par simple évapora-
tion. C’est par la distillation qu’on extrait l’huile essentielle. La résine donne environ un quart de son poids d’essence. — Le résidu s’appelle brui sec , arcanson , colophane.
On trouvera dans les articles qui suivent tout ce qui est relatif au travail des matières résineuses. ( Goudron , — Arcanson , — Térébenthine.)
Arcnnsons, ou résine de jtin (Travail des), soit pour la Tonte, soit pour eu extraire la térébenthine (1" classe, 2” en vases clos, sans odeur ni fumée). — 9 février 1825.
Détail des opérations. — Voir l’article Térébenthine.
Avec les arcansons on fabrique l’huile de résine.
Pour cela, on a des chaudières à distillation en tôle ; on les charge d’arcansons ou de brai sec. On les ferme, et on chauffe de manière à décomposer la résine, afin de la transformer en une substance oléiforme volatile, à une température élevée et condensable dans un serpentin.
Pendant l’opération, il se dégage et se répand dans l’air, mais le plus souvent dans l’établissement seulement, une huile plus volatile, pyrogénée, accompagnée de traces d’essence de térébenthine qui donne lieu à une odeur spéciale.
La distillation dure quarante-huit heures.
On peut obtenir la même huile par la distillation de l’arcanson, sans qu’il y ait ni fumée ni odeur. Des procédés nouveaux et brevetés sont mis en pratique dans l’usine des sieurs Maurel et Fenaille, rue de Vaugirard, n° 16, à Issy, près Paris. (Voirie dossier n° 45, 6 août 1852, rapport Boutron. Conseil de salubritédela Seine.) — Voir, au mot Huiles ( Industrie des), l’article Huiles de résine, t. II, p. 86, et plus loin l’article Goudron , t. II, p. 400.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.
Causes d’incommodité. — • Vapeurs odorantes.
Fumée.
Prescriptions. — Isoler les emmagasinages d’arcansons. Placer les ouvertures des foyers et cendriers en dehors de l’atelier et des magasins. — Construire ceux-ci en matériaux incombustibles.
ta.mn artificiel. 597
Ventiler les ateliers à l'aide de cheminées def er d'appel alimentées par des ouvreaux à la partie inférieure de la pièce.
Bien luter les chaudières.
Opérer autant que possible, et dans toutes les usines de création nouvelle, la distillation en vases clos.
Élever les cheminées à trente mètres.
Condenser les vapeurs.
Brûler la fumée.
Avoir de l’eau en quantité suffisante.
Avoir dans l’usine une pompe à incendie.
Isoler l’usine des habitations voisines.
Colophane.
Arcanson colophane.— Quand la térébenthine cesse de donner de l’essence à la distillation, on soutire par un tuyau de vidange le résidu encore bouillant, et on le fait couler dans des moules en sable où il se refroidit et devient friable, c’est ce qu’on appelle la colophane. On l’obtiendrait plus pure en chauffant du galipot jusqu’à ce qu’en en projetant quelques gouttes sur un corps froid elle durcisse et conserve sa transparence. Quoique colorée, brune presque noire, elle est toujours parfaitement transparente en lames minces. Elle sert à faire des mastics hydrofuges et à divers usages analogues. On l’emploie aussi pour l’extraclion des huiles de résine et la fabrication des savons de résine. Elle entre comme corps fixant dans certaines couleurs dont se servent les fabricants de fleurs artificielles (vert et bleu Bobeuf).
On obtient encore une autre colophane, d’un jaune doré, et sans doute non complètement privée d’essence, en faisant cuire à l’air dans une chaudière le ijalipol purifié par filtration.
Usages. — On s'en sert pour fabriquer des savons à bon marché.
Tannin artificiel.
C’est le nom qu’on donne à une substance obtenue par l’action de l’acide sulfurique et surtout de l’acide azotique sur les sucs, résineux.
Chanvre imperméable (Préparation et travail (lu), procédé lliirriizy
(2* classe, par assimilation avec le feutre goudronné). — Arrête ministériel du
28 mars 18-iO.
Détail des opérations. — Elles ressemblent en grande partie à celles qui ont pour but de fabriquer des tissus solides et imperméables, comme est le feutre goudronné. On emploie pour cela les déchets du chanvre, on les feutre assez grossièrement, on les réduit en galettes ou en morceaux de dimensions variables, et on les plonge ensuite dans unendui imperméable. Dans ces derniers temps, on a tenté de remplacer le chanvre par diverses matières textiles, telles que le Formium tenax. — Et les essais faits en Angleterre ont été assez satisfaisants.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.
Causes d’incommodité. — Odeurs et vapeurs désagréables.
Prescriptions. — Isoler l’établissement surtout.
El agir comme pour les feutres goudronnés. (Voir Térébenthine, Goudron et Vernis).
Feutres goudronnés propres nu doublage des navires (Fabrique de)
l2* classe). — 31 mai 1833.
Détail des opérations. — On étend la bourre, ou l’étoupe qui doit former le feutre, au moyen d’une carde à rouleau; la matière peignée est placée entre deux pièces de toile métallique, de la dimension de la feuille à former (deux mètres sur cinquante centimètres) : ainsi contenue, l’étoupe ne peut ni s’agglomérer ni s’étendre. On la trempe dans une chaudière de goudron bouillant, d’où elle ne sort que pour passer entre les deux rouleaux d’un laminoir qui n’y laisse que la quantité de goudron nécessaire à la solidité et à l’imperméabilité. — On fait sécher les feuilles ainsi préparées sur des claies en roseaux ; après quoi on peut les rouler sans crainte de les casser ni de les faire coller.
On fabrique en Angleterre un feutre pour doublage de navires, avec du poil, des rognures de peaux, qu'on mélange ou non avec de la laine, pour en faire des feuilles de toutes dimensions par les procédés de fabrication du feutre à chapeaux.