G A LIPOTS OU RÉSINE DE PIN (TRAVAIL EN GRAND DES
Ces feuilles sont trempées dans un mélange de poix et de goudron; on les fait refroidir et sécher à l’air; elles sont appliquées au dehors des navires ou entre les planchers qui forment le pont ou le bordage; on les fixe avec des clous de cuivre; elles sont parfaitement imperméables, et si élastiques, qu’elles s’allongent et se retirent sans gerçures, et résistent aux attaques des vers.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie par suite de l’emploi ou de l’emmagasinement du goudron.
Causes d’incommodité. — Fumée et odeur très-désagréables.
Prescriptions. — Isoler complètement l’établissement.
Recouvrir les chaudières où le goudron est en fusion de couvercles avec tuyaux communiquant avec la cheminée dont la hauteur devra surmonter de cinq mètres les toits environnants.
Faire ouvrir les foyers et cendriers en dehors des magasins et de l’atelier et y entretenir une ventilation très-active.
Gulipots ou résine de i>in (Travail en grand des), soit pour In fonte
ou l'épuration de ces matières, soit pour en extraire la térébenthine (1” classe). — 9 février 1825.
On désigne sous le nom de yalipot une résine térébenthinée, solide, demi-opaque, d’un blanc jaunâtre, sous forme de croûtes, qu’on récolte l’hiver, particulièrement dans les landes. Elle provient des derniers produits de la sécrétion annuelle des pins, et se forme après la récolte ; elle se sèche sur le tronc lui-même, car elle est peu fluide, contient fort peu d’essence et. se forme à une température assez froide.
Usages. — Il sert à préparer la poix blanche. — Pour cela, on le chauffe, on le tamise et on le bat avec de l’eau pour le blanchir et augmenter son poids.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.
Causes d’incommodité. — Odeurs très-désagréables et se répandant au loin.
Prescriptions. — Établir l’usine à cinq cents mètres de toute habitation.
Construire une cheminée haute de vingt-cinq à trente mè-
400 résineuses (matières).
1res, destinée à recevoir et à porter les vapeurs produites dans l’atmosphère.
Placer les foyers et cendriers des fourneaux en dehors des ateliers où se font la fonte et la distillation.
Construire les ateliers et les magasins en matériaux incombustibles.
Ne les éclairer pendant la nuit que par des lumières placées derrière des verres dormants, ou à l’aide de lampes de sûreté-
Munir les chaudières de couvercles métalliques à charnière, de manière à pouvoir les clore, en cas d’inflammation de leur contenu.
Ventiler les ateliers à l’aide de cheminées d’appel alimentées par des ouvreaux à la partie inférieure de la pièce.
Goudrons (Travail en grand des), soit pour la fonte et réparation de ces matières, soit pour eu extraire la térébenthine. (1" classe . — 9 février 1825.
Goudron (Fabrication «lu) (1" classe). — 14 janvier 1815.
Goudron (Fnbrûfucs de), à vases clos (1'* classe, primitivement rangée dans la 2”). — 14 janvier 1815. 9 février 1825.
Détail des opérations. — Quand les arbres à térébenthine ne donnent plus de produits directs, on les abat; on les laisse sécher pendant un an, après les avoir divisés en tronçons. On en remplit des fours coniques, évasés, creusés en terre, ayant six à sept mètres de diamètre. Au centre, c’est-à-dire au sommet du cône inférieur, se trouve un orifice communiquant par une gouttière en tôle à un tonneau plus inférieur qui reçoit les produits distillés. Cet orifice est fermé avant l’opération avec une grosse perche, autour de laquelle on range les bûchettes de bois comme pour une meule à charbon ; on forme un cône en gens contraire du premier et on recouvre celui-ci de gazon. On met le feu en cinq ou six endroits, après avoir enlevé la perche. 11 faut modérer le feu, éviter une carbonisation prompte qui détruirait le tout; au bout de trois jours seulement, on débouche l’extrémité de la gouttière pour laisser écouler le produit formé, on la débouche ensuite deux fois par jour, tant que dure l’opération.
DISTILLATION DU GOUDHON .
I,c goudron est moins pur que le bi ai-gi as. Les deux coips mélangés servent au calfatage des navires, le goudion seul, privé de son acide acétique par une douce chaleur ou la saturation par la craie, sert pour enduire les voiles et les cordages.
Huile de cade.
Le goudron bien préparé esl surnagé d'une huile noire que l’on vend quelquefois pour de Y huile de cade.
Celle-ci, véritable, esl l’huile qui surnage le goudron provenant de la distillation à feu nu de l’oxycèdre. (, Juniperus oxycedrus .)
Goudron de gaz, ou goudron minéral, ou coaltar.
Le goudron de gaz ou goudron minéral est celui qui provient de la condensation des produits de la distillation de la houille ; il est demi-liquide et bien connu par sa couleur noire et son odeur éminemment empyreumatique.
Usages. — On a cherché à l’employer comme combustible dans le chauffage des cornues à gaz, mais on avait besoin d’appareils de combustion particuliers pour éviter la détérioration des fours. Son plus grand emploi est maintenant dans la fabrication des férus ou houilles agglomérées et du charbon de Paris. Uni au plâtre pulvérisé (trois à quatre parties sur cent de plâtre), il constitue un désinfectant des matières organiques putrides. — (Voir, au mot Combustibles ( Industrie des), les articles Charbon de Paris , t. 1, p. 453, et Houille agglomérée, t. 1, p. 454.)
Distillation du goudron.
L’appareil distillatoire est une grande chaudière en tôle chauffée inférieurement et latéralement jusqu’au niveau le plus bas du liquide. La partie supérieure de cette chaudière a la forme d’un dôme, et esl recouverte de matières peu conductrices ; ce dôme porte un tube qui correspond à un serpentin dans lequel s’effectue la condensation des produits volatilisés. Au sortir du serpentin, les gaz non condensés se rendent sous une chaudière contenant le goudron qui doit servir à l’alimentation de
YF.ÏINOIS, IIÏU. 1ND . II.
402 ItÉSIXECSIS (matières).
l’alambic ; on y allume ces gaz, de manière à utiliser la chaleur provenant de leur combustion e.L à empêcher l’infection qui en résulterait si on les laissait se rendre directement à la cheminée. Le goudron, chauffé par les gaz perdus, se liquide complètement et se débarrasse des traces d’eau ammoniacale qu’il renfermait; celle-ci vient surnager; il faut, dans tous les cas, éviter l’introduction de cette couche d’eau dans la chaudière dislillatoire. Elle y occasionnerait un boursouflement qui pourrait faire sortir une partie de la matière au dehors.
La chaudière est munie à sa partie inférieure d'un tuyau et d’un robinet de vidange pour soutirer les résidus de chaque opération. 11 faut éviter de soutirer 1 ebrai dans l’atelier, s’il y a des lumières ou du feu, parce que, les vapeurs étant très-inflammables, et même explosibles quand elles sont mélangées àl' air, il pourrait en résulter une explosion et un incendie ; à cet effet, on laisse la chaudière refroidir jusqu’à cent quatre-vingts degrés avant d’opérer le soutirage. — On reçoit le brai dans une chaudière, on le mêle avec environ quatre fois son poids de chaux ou de craie, et on le chauffe de nouveau avant de l’employer à la confection des trottoirs. (Voir Bitume, t. I, p. 281.)
Ce brai est sec si l’on a chassé par la distillation 50 pour 100 de matières volatiles ; il sert à enduire les tuyaux destinés à la conduite des gaz, ou tuyaux bituminés ; il semble inférieur à l’asphalte naturel pour la fabrication des trottoirs.
Distillation du bog-head (huiles du goudron).
11 nous vient d’Ecosse des quantités considérables d’un schiste bitumineux ; c’est avec lui qu’on fabrique le gaz dit portatif; il est aussi plus riche et coûte plus cher ; on l’emploie beaucoup dans la fabrication du gaz comme aussi à celle des huiles pour l’éclairage. — MM. Darcet et compagnie l’exploitent à Colombes, près Caris, au moyen de procédés brevetés et par l’application des bains métalliques au chauffage des cornues ; ce moyen de chauffage fournit des huiles plus pures et plus abondantes, et fait durer les cornues plus longtemps.
L’huile brute est traitée par l’acide sulfurique concentré, la-