SEL GEMME
Causes d’insalubrité. — Odeurs fétides à la lin de l’opération et lors des vidanges des citernes.
Prescriptions. — Ne transporter les ébrouées que dans des voitures propres et bien closes.
Fermer hermétiquement l’atelier de travail, — y établir une cheminée d’appel de vingt mètres de hauteur à partir du sol de la rue, et dont la section aura un mètre carré à la base.
Paver ou bitumer le sol de l’atelier avec pente pour l’écoulement des eaux vers l’égout. — Etablir une série de diaphragmes sur leur parcours, afin d’arrêter les débris solides.
Curer le réservoir ou la citerne, à vif fond, au moins une fois par semaine. — Voir au mot Gras (Industrie des corps), 1. 11, p. 55.
SCHISTE (Huile de). Voir Huiles ( Industrie des), t. Il, p. 91. SECHAGE D’ÉPONGES. Voir Éponges, l. I, p. 612.
SÉCHERIES DE MORUES. Voir Conserves de substances alimentaires i Industrie des), t. I, p. 473.
SEL (Industrie du).
Kariinerieg de sel (5* classe). — 14 janvier 1815.
Sel gemme.
Détail des opérations. — Le chlorure de sodium , nommé sel gemme ou sel marin selon son origine, est anhydre, cristallise en cubes, et attire assez fortement l’humidité de l’air.
Le sel gemme se rencontre dans le sein de la terre sous la forme de couches cristallisées ou clivables, d’une couleur blanche, mais souvent colorées en jaune on en rouge par l’oxyde de fer ; on l’exploite à ciel ouvert ou par galeries et puits, selon la profondeur de la couche; quand le sel est pur il suffit de le pulvériser et de le livrer à la consommation. — - S’il est impur, on le dissout dans l’eau, dans la mine elle-même; pour cela, on pratique, à partir du sol et jusqu’à l’amas de sel, un trou de bonde de quinze centimètres de diamètre dans les trente ou quarante premiers mètres, et seulement de dix centimètres dans le reste de la profondeur. On suspend dans ce trou des tuyaux
SEL
de cuivre assemblés au moyen de vis; le dernier est fermé à sa partie inférieure, mais est percé latéralement sur deux ou trois mètres de petits trous destinés à donner passage à l’eau. Cette colonne de tuyaux est solidement soutenue par une poutre.
La portion la plus large du tube sert de corps de pompe : au point ou va commencer le tube inférieur est un clapet ou soupape, et un peu au-dessus de lui se meut un piston fixé à une longue tringle de fer pour lui donner le mouvement de l’exlérieur delà mine. On fait arriver de l’eau douce entre la surface extérieure du tuyau et les parois du trou de sonde ; cette eau dissout le sel, forme une couche salée plus dense que l’eau douce et reste au fond; elle se sature peu à peu ; il suffit donc d’en retirer une certaine quantité pour l’évaporer, et obtenir un résidu de sel qui s’élève jusqu’à 27 pour 100 quand le travail est en pleine activité.
Ces eaux salées arrivent dans de grandes chaudières d’alimentation en tôle nommées baissons , où elles s’échauffent par la vapeur qui s’élève des chaudières d'évaporation ; celles-ci concentrent les eaux jusqu’à un certain degré. L’évaporation s'achève dans d’autres chaudières plates, beaucoup plus grandes que les précédentes, et chauffées chacune par un foyer dont la fumée circule longtemps sous la chaudière avant de gagner !a cheminée. La cristallisation a lieu dans ces chaudières; l’ouvrier la trouble constamment en y promenant des râteaux pour ramener les cristaux sur les bords sur de petits plans inclinés, pour laisser égoutter les cristaux et ramener l’eau mère dans la chaudière. On renouvelle l’eau concentrée à mesure qu'on sépare les cristaux ; on n’arrête l’évaporation dans ces chaudières que lorsqu’il s’est formé sur les parois un dépôt considérable de sulfate double de soude et de chaux ou schlot qui intercepte le passage de la chaleur. C’est alors qu’on fait écouler les eaux mères qui contiennent principalement des sels déliquescents, et qu’on enlève ces dépôts.
Afin de ne pas obscurcir l’air des ateliers d’évaporation par les vapeurs ou buées qui se dégagent, on recouvre chaque chaudière d’un grand toit en planches, et d’une cheminée pour