‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 157 sur 240 · SEL GEMME · texte numérisé non relu

SEL GEMME

les lancer au dehors. L’eau condensée dans le trajet retombe dans des rigoles d’où elle s’écoule dehors.

Le sel humide est séché dans une série d'armoires parallèles, divisées en deux compartiments par un paquet de règles juxtaposées, laissant un petit intervalle entre elles; c’est sur ce parquet qu’on étend le sel. On fait arriver un courant d’air chaud dans le compartiment supérieur, il traverse le sel et se dirige saturé ou presque saturé d’humiditc dans une cheminée de bon tirage.

Les eaux étant rarement à un point de concentration suffisant pour qu’on puisse les soumettre avec économie, directement, au mode d’évaporation qui vient d’être exposé, on les fait arriver par des rigoles dans de grands bassins.

Des pompes les élèvent à la partie supérieure des bâtiments de graduation , d’où on les fait couler lentement sur de larges surfaces exposées au vent, afin d’évaporer l’eau.

Les bâtiments de graduation sont de longues constructions de charpente dont la plus grande face est exposée au vent qui règne habituellement dans la contrée, ou mieux à celui qui est le plus actif. Le sol est un bassin glaise qui reçoit les eaux à mesure de leur concentration. Les pièces de charpente sont établies sur des piliers en maçonnerie, et figurent une espèce de hangar dont les intervalles sont remplis de fagots d’épines; leur hauteur est de dix à quinze mètres, et leur longueur atteint cinq cents mètres; ces hangars sont couverts pour les préserver delà pluie.

On remplace quelquefois les fagots d’épines par des cordes tendues verticalement, et môme par des tables ; ce sont des cuvettes à bords très-peu relevés et inclinés tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, de manière à ce que l’eau de la première descende lentement jusqu’à la dernière ; ces différents modes d’évaporation ont pour but de présenter au liquide une grande surface, et de ralentir sa vitesse d’écoulement pour permettre à l’air de sécher sa surface, et de se saturer de vapeur d’eau, ce qui concentre nécessairement le liquide salé.

Des pompes élèvent l’eau, celle-ci s’écoule dans des rigoles percées de trous, munies d’ajutages qui la jettent sur les làgots

SEL

d’où elles arrivent lentement jusqu'au bassin. Ordinairement l’eau d’une première graduation subit une seconde graduation, et môme jusqu’à une cinquième, de manière à concentrer de plus en plus le liquide.

L’eau, arrivée à contenir IG à 20 pour 100 de sel, est évaporée dans des chaudières de la môme manière que l’eau salée provenant des trous de sonde; mais, à cause de la moindre pureté du sel, on divise l’évaporation en deux parties : le sehl otage et le salinage ou soccage.

On sépare les écumes qui se forment tout d’abord ; quand on a évaporé une grande quantité de liquide dans la chaudière, il se forme un abondant dépôt de schlot qu’on enlève à mesure qu’il se forme, on diminue le feu et continue pendant plusieurs heures à enlever le schlot. C’est au moment où le sel commence à se déposer que commence le salinage ; on maintient la température à quatre-vingts degrés, et on ramène le sel continuellement sur les bords de la chaudière, et ce, pendant soixantequinze heures environ. Après ce temps, les eaux mères devenant trop concentrées, et tendant à se déposer à leur tour, on les décante pour recommencer une nouvelle opération. Le sel enlevé pendant l’ébullition est le sel fin , ou en petits cristaux; celui qu’on relire à une température moins élevée est le gros sel.

On peut séparer des schlots une certaine quantité de sulfate de soude au moyen de l’eau bouillante provenant de la condensation d’un courant de vapeur sur la masse de schlot contenue dans une caisse fermée.

Sel marin.

Les sels de la mer se séparent par deux moyens :

1° Par la gelée;

2° Par évaporation lente et spontanée.

Le premier procédé ne peut s’employer que dans les pays froids; il consiste à soumettre l’eau de mer à une très-basse température, une partie se congèle, c’est l’eau peu chargée de sel, l’autre reste liquide, et devient de plus en plus riche en sel à mesure qu’on la fait congeler. 11 ne reste plus qu’à évapo-

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