‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 158 sur 240 · SEL MARIN · texte numérisé non relu

SEL MARIN

rer le liquide concentré par les gelées successives pour obtenir un sel fort impur.

Le second procédé , mis en pratique dans les pays chauds ou tempérés, consiste à évaporer l’eau de mer sur de grandes surfaces ou bassins peu profonds appelés marais salants , ou simplement salins. Ces marais sont de larges bassins peu profonds, divisés en nombreux compartiments que l’eau parcourt successivement avec une vitesse réglée à volonté et rendue trèsfaible; arrivée au dernier, l’eau s’est dépouillée de la plus grande partie de ses sels.

Ces marais, établis aussi près de la mer ou de la source salée qu'il est possible, doivent être en contre-bas du niveau de la source pour éviter d'avoir à élever l’eau par des machines; il faut toujours avoir des pompes pour faire passer l’eau d’une série de compartiments dans une autre.

Dans les derniers compartiments appelés tables salantes , où s'achèvent les dépôts des sels, on ne laisse qu’une légère couche de liquide à la surface, cinq à six centimètres seulement.

Le levage du sel ou sa récolte se fait au moyen de pelles; on l'amoncelle en tas allongés appelés camelles. Ce levage s’effectue une ou deux fois par an dans les marais de la Méditerranée, et presque tous les jours dans ceux de l’Océan.

Le premier dépôt auquel donne lieu l’eau de la mer dans les marais salants est de carbonate de chaux, coloré souvent en jaune par de l’oxyde de fer; il y a fermentation des matières organiques, développées au commencement de l’évaporation ; cette fermentation cesse bientôt dès que l’eau marque cinq ou six degrés, parce que la végétation ne peut plus s’établir dans un liquide à ce degré de concentration.

Quand les eaux marquent de quinze à dix-huit degrés, elles déposent une grande quantité de sulfate de chaux hydraté, semblable au gypse. 11 ne se produit pas de schlot, parce que le sulfate double de chaux et de soude ne se forme qu’à chaud. — A vingt-cinq degrés de l’aréomètre, il ne reste plus de sulfate de chaux, parce que ce sel est insoluble dans une eau chargée de sulfate de magnésie.

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Le sel marin se dépose ensuite, d’abord sous la forme de cristaux graduellement croissants, puis sous la forme de cristaux isolés, à cause de la présence dans l’eau mère d’une quantité progressivement croissante de chlorure de magnésium.

Quand l’eau arrive à marquer près de trente degrés, on l’évacue, parce que les sels de magnésie sont près de se déposer; on renouvelle l’eau salée trois ou quatre fois avant de lever le sel.

Ei(rnciioi) «les sel.** «les eaux mères.

Les eaux mères de la récolte du sel renferment de grandes quantités de sels, et, quand elles marquent trente degrés, elles contiennent ordinairement ; du chlorure de magnésium, du chlorure de sodium et du sulfate de magnésie.

En continuant leur évaporation sur le sol, on a pendant le jour du sel marin, et pendant la nuit, par refroidissement, du sulfate de soude; ces dépôts, s’effectuant sur la même table, donnent un mélange très-cohérent des deux sels. Si la température venait brusquement à s’abaisser jusqu’à dix degrés après un orage, il pourrait y avoir production d’un dépôt de sulfate de magnésie pur.

Les eaux amenées par concentration à trente-quatre degrés donnent des cristaux de sulfate de potasse, combiné au sulfate de magnésie; ce sel peut se séparer et se purifier facilement.

Arrivées à trente-six degrés, les eaux mères déposent du chlorure double de potassium et de magnésium; mais ce sel double est si déliquescent, qu'on est presque forcé d’avoir recours à la chaleur artificielle pour l’obtenir ; on l'obtient pur, si, avant celte opération, on a maintenu pendant quelque temps l’eau mère à une température de deux ou trois degrés seulement. Les eaux privées de chlorure de potassium et de magnésium, quand elles sont concentrées à quarante degrés, fournissent encore par un froid vif de gros cristaux de chlorure de magnésium.

On n’a donc retiré, pour ainsi dire, que des produits complexes des eaux de la mer, qui sont :

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