‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 163 sur 240 · BICARBONATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

BICARBONATE DE SOUDE

de soude. On la colore quelquefois avec de la sciure de bois.

Causes d’incommodité. — Sa causticité, dans l’usage qu'on en fait.

Prescriptions. — Ne la préparer qu’au fur et à mesure des besoins, et en petite quantité.

Ne pas la laisser à la disposition du public ou des enfants.

Bicarbonate do soude.

Ce sel est formé d’un équivalent de soude et de deux équivalents d’acide carbonique.

On l’obtient en faisant réagir l’acide carbonique sur des cristaux de soude humectés et concassés. On les dispose en couches de six à huit centimètres sur des filets tendus par des châssis et soutenus par des traverses ; ces châssis sont parallèles, disposés dans des chambres de maçonnerie ; des planches inclinées, placées sous chaque châssis, empêchent les égouttures de venir tomber sur les châssis inférieurs et les déversent de côté.

Les chambres, où sont ainsi disposées ces rangées de châssis, communiquent entre elles de manière que l’acide carbonique non absorbé vienne les saturer.

L’acide carbonique attaque les cristaux en formant du sesquicarbonate, puis du bicarbonate; ce dernier sel ne retenant qu’un dixième de l’eau de cristallisation du carbonate neutre, laisse couler les neuf autres dixièmes ; il reste sous une forme spongieuse presque complètement débarrassée des sels étrangers qu’il retenait.

Les châssis, ainsi chargés de bicarbonate, sont portés dans dés chambres où ils se dessèchent sous l’influence d’un courant d’acide carbonique sec chauffé à quarante degrés.

L’acide carbonique peut être fourni par une source naturelle, comme à Vichy; on forme une maçonnerie autour de la source et on la recouvre d’une cloche dans la partie supérieure de laquelle vient se loger l’acide carbonique qui passe de là dans des chambres ou dans des tonneaux ou cuves qui y suppléent.

On peut obtenir ce bicarbonate en traitant la dolomie (carbonate de chaux et de magnésie), par de l’acide sulfurique

SOUDE

faible, clans un vase en fonte fermé et doublé de plomb et agité mécaniquement au moyen d'une poulie. L’acide sulfurique est ajouté peu à peu , l’acide carbonique se dégage, vient se laver dans un flacon contenant de l’eau, puis passe sous le faux-fond percé d’une cuve contenant des cristaux de soude humide, où la réaction s’opère pour former du bicarbonate; comme il a été dit précédemment, on fait en même temps du sulfate de magnésie et on le sépare du sulfate de chaux avec lequel il est mêlé dans le vase de fonte.

Le dégagement d’acide carbonique peut être produit par l’action de l’acide sulfurique sur la craie. — On rejette le sulfate de chaux.

Si l’on emploie les résidus de marbre et l’acide chlorhydrique, on obtient de l’acide carbonique et un chlorure de calcium assez pur et cristallisable.

Usages. — Le bicarbonate de soude sert à la fabrication de certaines eaux gazeuses au moyen des acides, et à la dorure par ’mmersion.

KlypoMiiUltc (le soude*

11 est cristallisé, incolore, inaltérable à l’air, très-soluble dans l’eau, forme des combinaisons solubles avec les oxydes de mercure, d’or et d’argent.

Détail des opérations. — On l’obtient : 1° En exposant longtemps à l’air les différents sulfures de sodium ;

2° En faisant passer un courant d’acide sulfureux dans une dissolution de protosulfure de sodium jusqu’à décoloration de la liqueur;

5° En saturant de soufre et à l’ébullition une dissolution de sulfite neutre de soude, filtrant et laissant cristalliser après concentration suffisante. Ce procédé le donne plus commodément et plus pur que les autres.

Usagés. — On emploie ce sel dans les arts, surtout en photographie.

SULFATE DE SOUDE (FABRICATION Dû).

Sulfate de soude (Fabrication du), à vases ouverts (!'• classe). — li janvier 1815.

Sulfate de soude (Fabrication du), A vases clos (2* classe). — 1 1 janvier 1815.

Détail des opérations. — Ce sel, bien connu, s'obtient :

1° Par les quatre premiers moyens décrits pour obtenir le sulfate de potasse, en substituant le mot soude au mot potasse.

2° Par l’action de l’acide sulfurique sur le chlorure de sodium, préparation décrite à la fabrication de l'acide chlorhydrique.

5° On peut le retirer en soumettant à l'action de la chaleur le sel marin mêlé au sulfate de fer; il se forme du sulfate de soude et de l’oxyde de fer qu’on sépare par lavage.

4° Enfin on le retire des eaux de la mer, par abaissement de température quand les eaux sont suffisamment concentrées.

En parlant des marais salants, il a été traité des moyens employés pour retirer les divers sels que peut donner la mer.

Nouveau procédé pour la production du sulfate de soude artificiel. — « Ce procédé, vraiment digne de fixer l’attention des savants et des industriels, et qui vient d’être expérimenté dans les établissements métallurgiques de MM. Œschger, Mesdach et C"3, à Biache-Saint-Waast (Pas-de-Calais), est appelé par sa simplicité et son économie à révolutionner toutes les industries qui emploient la soude. U a, en outre, l'immense avantage de tirer parti d’un produit, le soufre, contenu dans les pyrites, les anthracites, les minerais, etc., qui était jusqu’alors évaporé en pure perte.

« Nous copions textuellement les brevets qui viennent d’être pris dans les principaux Étals de l’Europe et de l’Amérique.

« L’invention consiste dans un nouveau mode de fabrication de la soude sulfatée propre à être employée directement dans la verrerie, ou à cire transformée en carbonate de soude.

« Au lieu d’employer l’acide sulfurique pour décomposer le chlorure de sodium, on expose simplement ce sel à un courant d’acide sulfureux obtenu du soufre, des pyrites de fer ou du

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grillage des minerais sulfurés de plomb, de cuivre, de zinc, etc.

« L’acide sulfureux décompose l'eau d’hydratation du sel marin, ou celle que l’on ajoute pendant l’opération, soit à l’état de liquide, soit à l’étal de vapeur; l’hydrogène se porte sur le chlore pour former de l’acide hydrochlorique, et l'oxygène mis en liberté, ainsi que celui qui provient de l’air, mélange, transforme l’acide sulfureux en acide sulfurique, et le sodium en acide sodique. Ces deux corps, en réagissant l’un sur l’autre, forment du sulfate de soude.

« Il se produit aussi des sulfites et hyposulfites de soude qui sont transformés, comme les sulfates, en carbonate de soude par le procédé ordinaire.

« Le mode de fabrication à employer est extrêmement simple. Il suffit d’exposer le chlorure de sodium à faction de l’acide sulfureux dans les canaux d’un four qui en dégage, ou sur des tôles chauffées par la flamme perdue de ce four, ou par des foyers spéciaux; ou bien l’on amène le courant d’acide sulfureux dans une dissolution de sel marin ; ou bien enfin l’on introduit l’acide sulfureux par des canaux à claire-voie dans des chambres contenant le sel marin sur lequel on ajoute de temps en temps une certaine quantité d’eau. Les vapeurs qui s’échappent de l une des chambres où s’achève la réaction peuvent être conduites vers une autre chambre où la combinaison commence, si les vapeurs contiennent encore de l’acide sulfureux. »

Causes d'insalubrité. — Dégagement de vapeurs acides, surtout de vapeurs d’acide muriatique, nuisibles à la végétation, et portées souvent à de grandes distances. — Ces vapeurs déterminent des laryngites et de la toux chez les ouvriers.

Causes d’incommodité. — Odeurs désagréables.

(En vases clos), très-peu d’odeurs et peu de fumée.

Prescriptions. — Construire les fours en briques cl fer.

Condenser ou brûler toutes les vapeurs produites.

User de l’appareil dit cascade de Clément.

Élever la cheminée à trente mètres au-dessus du sol.

Opérer en vases clos pour être placé en deuxième classe, et

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