‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 165 sur 240 · RAFFINAGE. ÉPURATION · texte numérisé non relu

RAFFINAGE. ÉPURATION

rangs de creusets; chacun d’eux est recouvert d’un disque luté avec de l’argile. Chaque creuset communique par une tubulure à un récipient de terre placé au dehors de la voûte et destiné à condenser les vapeurs; le soufre encore liquide vient couler dans des baquets de bois remplis d’eau. Le soufre brut ainsi obtenu contient 5 à 4 pour 100 au moins de matières étrangères bitumineuses et terreuses pour la plupart.

Raffinage. Épuration. — Le raffinage se faisait autrefois en fondant le soufre brut dans une chaudière de fonte, le laissant déposer, puis décantant pour le séparer des matières étrangères.

On opère maintenant ce raffinage par distillation ; l’appareil consiste en deux cylindres de fonte, fermés à l’une de leurs extrémités par un obturateur, et terminés à l’autre par un cylindre de même diamètre courbé en col de cygne. La partie antérieure est chauffée, et les gaz passent avec la fumée dans une cheminée rampante, puis dans des carneaux où ils chauffent une chaudière placée au-dessus des cylindres, destinée à fondre le soufre et à le séparer de la plus grande partie des substances étrangères; elle est munie d’un couvercle en tôle et d’un robinet à l’aide duquel on fait passer le soufre fondu dans les cylindres de fonte.

Celte chaudière préparatoire est d’une haute importance, et empêche l’introduction dans les cylindres des matières bitumineuses qui accompagnent le soufre, et qui peuvent, en présence des vapeurs sulfureuses de l' hydrogène sulfuré qui se forme , donner lieu à des détonations dans la chambre; les accidents ne se présentent presque plus; on évite encore de nettoyer chaque fois ces cylindres , opération incommode et dangereuse pour les ouvriers.

L’extrémité des cornues vient affleurer la paroi interne d’une chambre de quatre-vingts mètres cubes environ construite en forte maçonnerie de briques cimentées avec de la chaux et du sable; on peut intercepter et rétablir la communication de la chambre avec les cylindres au moyen de registres ; une porte en fer ou en plomb est destinée à permettre l’entrée d’un homme dans la chambre; cette porte est maçonnée pendant le travail.

SOUFRE

Quand on commence l’opération, on ne charge qu’un des cylindres de soufre brut; et quand la distillation est en train, le soufre place dans la chaudière supérieure a pu se fondre en quantité suffisante pour alimenter le deuxième cylindre; on ouvre alors le robinet et on laisse couler cent cinquante litres environ ; on ferme ce robinet, on enlève le tube de communication et le remplace par un tampon de poterie garni d’argile.

Pour prévenir les effets de la dilatation de l’air dans la chambre, on place à la partie supérieure de celle-ci une soupape à contre-poids, et formée simplement d'une plaque de tôle; autant que possible, il faut, pendant l’opération, éviter la présence de l’air à l’intérieur.

Soufre en canons. — Chaque cylindre est chargé toutes les quatre heures ; on obtient ainsi dix-huit cents kilogrammes de soufre par vingt-quatre heures, c’est-à-dire cent cinquante kilogrammes par cornue par quatre heures. Le soufre peut bientôt rester liquide dans la chambre; on reconnaît qu’il est liquéfié en jetant par l’une des soupapes un bâton de soufre qui produit un bruit semblable à celui d’une pierre tombant dans l’eau; on le soutire après huit ou neuf chargements, en enlevant une tige conique en fer qui se trouve au niveau inférieur de la chambre. Ce soufre liquide est versé dans des moules en buis, ronds, légèrement coniques et humides, qu’on refroidit promptement pour en retirer, à l’aide d’un tampon, les canons de soufre ; ceux-ci sont translucides et orangés, mais deviennent bientôt jaunes et opaques par un changement d’état moléculaire. Le soufre en canons est préféré dans les opérations où le soufre doit être pur et non acide comme dans la fabrication de la poudre.

Soufre en fleurs. — Tour avoir le soufre en fleurs, il faut condenser immédiatement la vapeur de soufre, sans passer par l’étal liquide, comme cela arrive dans la formation de la neige; on y arrive en se servant des appareils précédents, et empêchant la température de la chambre de s’élever au delà de cent dix degrés; on réduit pour cela le nombre des distillations à

Page 1